de ces pauvres vieillards qui tentent de se souvenir — ft. hernando {0.0}

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Mar 28 Fév 2017 - 21:28
ft. hernando

C’est le silence dans ton cœur. Les cris dans ton âme.
Rien n’y personne ne pourrait te troubler, voilé de ton indifférence, le regard fixé vers la beauté du ciel nuageux. Tu aimerais t’envoler, parfois. T’envoler, et voir le monde sous un autre angle, car tu n’as jamais pris l’avion. Peut-être que tu ne t’en souviens pas. Tu ne te souviens pas de grand-chose, Camel. Ne ris pas, ce n’est pas drôle. Arrête-toi, tu vas attirer les regards sur toi.  
Je sais bien que tu n’en as que faire. Je sais bien que seul ton regard sur ce ciel voilé est important actuellement, que seules tes pensées qui tournent et virevoltent dans tous les sens, sont ta préoccupation. Peut-être qu’un jour tu sortiras de ton monde, peut-être qu’un jour tu te souviendras de qui tu es et de ce que tu faisais, et que tu recommenceras.

Ton bras se lève, à la recherche de la hauteur. Il cherche à attraper les nuages, à attraper les cieux et peut-être même les étoiles que tu ne vois pas. Peut-être veut-il laisser le vent souffler autour de lui et se laisser emporter. Peut-être part-il à la recherche qu’un quelconque monde meilleur qu’il ne trouvera jamais. Alors il chute et se pose sur ton torse, se glissant pour attraper cet objet, cette croix, ce signe d’une religion.
Un vague sourire apparaît sur ton visage. Cette croix, tu la connais Camel. Tu sais que tu la connais. Mais tu ne sais pas ce qu’elle est pour toi. Ce n’est qu’une vague idée d’un vague monde que tu ne connais plus. Ce n’est qu’un sentiment de perte profonde, un sentiment de vide, de manque. De besoin peut-être. De quête de sens.
Elle tourne entre tes doigts, cette croix en fer, un peu abîmée, ancienne, qui a sûrement dû vivre un moment, qui a dû mourir et revivre tout au long de son existence. Une existence. Entière. Des souvenirs et des âges. Des rêves et des désirs.

Et toi, tu es encore là, Camel, perdu dans tes pensées, perdu dans ce monde inconnu, avec juste une croix, un quelconque signe de ce qui fut un jour ton existence. Une trace d’un passé perdu et d’un futur inconnu. Et tu y repenses parfois, à cette phrase, celle qui dit que pour savoir où l’on va, il faut savoir d’où l’on vient. Mais tu ne viens de nulle part.

Rire. Silence
Regards. Honte. Dégoût parfois. Non, ne les laisse pas te faire sentir anormal. Ce n’est qu’un simple tatouage, Camel. Ca ne définit aucunement ce que tu es et qui tu es. Tu le sais. Et pourtant. Et pourtant.
Soupire.
Et tu te lèves. Tu nettoies rapidement ton pantalon noir qui a dû se salir. Tu te grattes la tête. Un instant. Gêné de ta propre présence. Honteux.

Va-t-en, ne reste pas là. Tu dois te fondre dans la masse, même si tu n’y arrives jamais réellement. Tu dois disparaître aux yeux du monde. Camel. Tu n’es qu’un Philia. Quelqu’un de perdu. Quelqu’un du bas. Une faiblesse, une tare. Un simple humain.
Rien.

La tête baissée, tu rentres dans la cathédrale.
Froid. C’est sans doute la première sensation qui s’empare de toi. Tu sens le froid. La pénombre de la cathédrale mal positionnée. Il n’y a personne. Personne à part toi. Toi et ta conscience. Alors tu avances. Tes pas claquent sur le sol et tu t’enveloppes un peu plus dans ton pull, bien peu suffisant pour la fraîcheur trop présente à ton goût.
Les bancs s’enchaînent et tu finis par t’asseoir sur l’un d’eux. Ton regard se balade sur tous les murs, sur ce plafond voûté. Tu n’es jamais rentré dans une église. Du moins, pas dans tes souvenirs. Tu ne connais pas tout cela. Tu ne connais pas ces pierres qui résonnent, ces colonnes de pierre qui soutiennent le bâtiment qui, avouons le nous, te fait tout de même peur, bien que tu le trouves beau.

Et, dans un éclair de lucidité, tu la sens, qui rampe. Tu la sens qui rampe au fond de ton âme, se débattant, enragée, déterminée à se faire sentir, car tu l’oublies trop en n’étant jamais chez toi, seul. Tu la sens, le sourire aux lèvres, qui arrive. Cette solitude au goût si familier, à l’allure si amère, si prenante, si présente.

Et tes épaules s’affaissent.



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Mar 28 Fév 2017 - 23:23




de ces pauvres vieillards qui tentent de se souvenir
So the days float through my eyes
But still the days seem the same
Hernando fut un fervent croyant. Malgré la douleur et le sang ; malgré la poussière et la guerre ; malgré les horreurs et les corps s'accumulant. Immuable, sa foi était telle cette cathédrale qui s'élance vers le ciel ; ses flèches élancées pourfendant les démons qui osaient l'approcher. Elle était cette force tranquille sur laquelle il pouvait toujours compter. Sa main gantée caresse délicatement la croix cachée dans son chemiser. Le cuir craque doucement, l'agrippant en un seul mouvement. Il a cru pouvoir s'y raccrocher ; se confier. Il a cru beaucoup de chose, mais tout cela parait si lointain, si éloigné.

Pater noster, qui es in caelis
sanctificetur nomen tuum


Hernando fut un fervent croyant, mais les temps ont changés. Alors que ses parents sont décédés ; il continua de prier. Lorsque ce fut son abuelito ; il continua de prier. Prier, encore, toujours. Les yeux fermés. Ses mains enveloppant délicatement sa croix en une prière murmurée. Il croyait en un au-delà à ce moment là, à une certaine rédemption qu'il pourrait mériter. Lorsque Erik tomba malade, il se mit à le rassurer. Son mari lui avait sourit difficilement ; à croire qu'il savait ce qui allait lui arriver. Alors le voici ; attendant d'être crucifié. Ses croyances balayées ; ses espoirs aspiré dans le gouffre béant qu'est devenu son âme damnée.

Lorsque la balle traversa son corps ; lorsqu'il sentit la vie lentement le quitter, il fut soulagé. Un instant il pensa que cet Enfer sur Terre serait terminé et qu'il pourrait rejoindre ses biens aimés. Tout cela pour ouvrir les yeux quelques minutes plus tard ; ressentant vivement ses entrailles se reformer. Il voulu pleurer jusqu'à voir ses larmes sécher ; crier jusqu'à en perdre la faculté de parler. Il ne fit rien de tout cela ; le visage de marbre, les habits ensanglantés.

Adveniat regnum tuum ;
Fiat voluntas tua
sicut in cælo et in terra.


Hernando fut un fervent croyant, alors pour expurger ses péchés, il se rend. Il se rend dans cette cathédrale glacée pour prier ; prier pour ces âmes qu'il peut encore sauver. Ces âmes qui méritent, elles, d'être sauvées de cette damnation teintée d'éternité. Alors il prie, dès qu'il peut trouver le temps, dès qu'il n'est pas trop occupé. Parfois il prie de chez lui, les yeux fermés, les lèvres murmurant quelques ave maria, ses pensées dirigées vers la famille qu'il espère toujours en vie. Souvent il vient prier dans ce lieu sacré ; cette cathédrale abimée, seul vestige d'une religion dépassée.

Ses pas résonnent dans ce lieu de culte délaissé. Peu nombreux sont les croyants qui prennent la peine de se déplacer. Coincée au centre de Manhattan, non loin du QG des Agapè, la cathédrale semble écrasée — petite, minuscule, face aux constructions de verres qui s'étendent vers le ciel. Même lui n'y vient que lorsqu'il trouve le temps ; trop occupé.

Chupacabra étend ses larges ailes ; ravie de pouvoir accompagner son lié. Elle se pose sur l'immense croix qui domine l'espoir ; représentant le blasphème, la damnation qu'Hernando ressent à chaque fois qu'il est ressuscité. Une tête blonde le distrait de ses pensées. Il connait la plupart des habitués ; après tout, ils sont peu à NYC à prendre la peine d'encore se déplacer. Ses talons claquent sur le sol marbré de la cathédrale. tac. tac. tac. Il s'approche du jeune homme en quelques grandes enjambées, son manteau volant derrière lui ; ailes d'un ange damné. Sa présence se fait menaçante, surmontant le jeune voûté.
Ses yeux se posent sur sa nuque dévoilée. Oh.
— « Oh. »
Ses mots suivent sa pensée avant qu'il ne puisse l'empêcher.
— « Excusez-moi, je ne suis pas habitué à voir du monde ici, je ne voulais pas vous déranger » finit-il par prononcer.
Hernando fut un fervent croyant. Désabusé, il n'a jamais cru pouvoir croiser une autre âme souhaitant trouver quelque chose dans ce lieu hanté

Pater noster, qui es in caelis
sanctificetur nomen tuum
Adveniat regnum tuum ;
Fiat voluntas tua
sicut in cælo et in terra.

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Mer 1 Mar 2017 - 1:07
ft. hernando

La grande porte s’ouvre. Ton regard reste fixe. Tu essayes de ne pas regarder la personne qui entre. Tu n’as rien à faire ici, Camel. Manhattan n’est pas la partie de la ville où tu devrais être. Reste calme et fais toi petit.
Mais tu es seul. Il n’y a que toi ici. Et ce quelqu’un maintenant. Un petit soupir s’échappe de tes lèvres. Et tu fixes tes chaussures noires. Tu es mal à l’aise et tu aimerais disparaître, et pourtant tu restes ici. Là. Assis sur le banc, sans rien faire, si ce n’est penser et écouter ce qui t’entoure.
Des battements d’ailes. Tu relèves la tête et as le temps de voir un immense oiseau – chose sûr, comparé au petit colibri qui accompagne tes journées- se poser sur la croix.
Etonnement.
Es-tu en train de rêver ?
Impressionné, tu le regardes, fixement. Et pendant ce temps, les pas résonnent à travers la cathédrale, comme sonnant le glas d’une sentence. Comme amenant le début d’une pièce de théâtre. Ils claquent, chaque fois plus près. Et à chaque instant, ton envie de t’en aller grandit.
Dépêche-toi, Camel. Bientôt, la fuite te sera impossible. Bientôt le piège se refermera.
Tu te redresses.
Et une exclamation. Tu lèves le regard vers l’homme qui se tient là. Immense, tout comme son anima. Il te toise. Il fixe ce tatouage, dans ton cou. D’un geste de gêne, tu te passes la main sur la nuque et baisse le regard.
Malaise.
Souris, Camel, tu le fais tout le temps. Ce n’est pas parce que cet homme est grand et semble pouvoir te briser d’un simple souffle, que tu dois te figer et prendre une position de peur.

Alors tu relèves la tête, et tu lui décroches ton plus beau sourire. Ces sourires. Ceux qui sont bien trop faux pour qu’on les croie. Ces magnifiques sourires qui n’ont pourtant aucun sens, qui ne sont qu’hypocrisie. Ces sourires de mensonge, de gêne, parfois de haine.

Excusez-moi, je ne suis pas habitué à voir du monde ici, je ne voulais pas vous déranger.

Silence. Tu ne sais quoi dire, Camel. Tu es là. Là, tel un pauvre agneau, perdu. Un agneau perdu au fin fond du monde, entouré de loups. Que fais-tu là ? Tu étais à la recherche. A la recherche d’un passé, comme tu l’es toujours, comme tu le seras toujours. Et te voilà maintenant face à une personne qui, aux vues de sa tenue, n’est pas comme toi, n’est pas rien.  
Alors tu ouvres la bouche, un instant. Et tu la refermes, muet. Ton sourire n’est plus là depuis un moment, et tu sens Ersal s’agiter et se réveiller sous ton pull, sans doute face à la présence de quelqu’un, ou bien d’un autre anima qu’elle ne connaît pas. Tu passes ta main et la sors pour la poser sur ta cuisse.

Finalement, tremblante, ta voix s’élève.
J’imagine que vous avez autant le droit que moi d’être ici, vous n’avez pas à vous excuser.

Petit sourire timide pour accompagner tes mots.
Les pensées déferlent dans ton esprit. Qui est-il ? Une personne importante, sans nul doute. Mais que fait-elle ici ? Que ferait une personne importante dans un lieu de religion, qui plus est, est vide ? La sensation de ne pas être à ta place te rattrape, mais figé par cette présence peu rassurante, tu restes, là, sans réaction. Une poupée. Une poupée de chiffon, sans vie, sans raison d’être, à la recherche d’une raison d’exister, d’un combat à mener.
Ton regard se perd, tu te perds à travers ces réflexions qui te parcourent. Plus que qui tu es, tu cherches à savoir ce que tu es, dans cette nouvelle société dirigée et organisée selon les effets qu’une Lune a eu sur les gens ? N’est-ce pas ridicule ? N’est-ce pas vain ? Des cases, encore.
Des étiquettes, toujours.
Alors voilà, tu es un humain, Camel, rien d’autre qu’un humain parmi des mutants, des hybrides, des personnes qui ont pris le pouvoir, des perdus, des recherches, des criminels et des assassins.
C’est ce que tu penses, Camel. Un simple humain. Mais tu n’en sais rien, en vérité. Tu n’en sais encore strictement rien.

Tu te mords la lèvre et secoues la tête. Ton regard encore embrumé se pose sur cet homme debout.

Asseyez vous, ne restez pas planté là comme un pot de fleur, dis-tu naturellement.

Camel. Tu devrais réfléchir à ce que tu dis.
Exaspérant.



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Sam 4 Mar 2017 - 16:52




de ces pauvres vieillards qui tentent de se souvenir
So the days float through my eyes
But still the days seem the same
Hernando observe cette nuque dénudée avant de se détourner. Une main opaline vient cacher l’encre noire qui marre sa peau cristalline. Gêne ; Malaise. Hernando sent dans ses tripes qu’il aurait mieux fait de se taire ; de ferme ses lippes. Ses sourcils se froncent envers sa propre bêtise alors que l’inconnu lui offre un sourire. Un sourire qui lui donne envie de crier ; un sourire qui ressemble à ceux des martyrs que l’on doit sanctifier. Ses yeux se ferment, ses cils immaculés caressant ses pommettes tachetées. Il ressemble à ces angelots ; si purs, si beaux, qui pourtant ne sont que le reflets distordu de la réalité. Hernando sent sa gorge se serrer, ses poings se fermer à ses côtés. Il aurait mieux fait de passer son chemin, de l’ignorer comme il le fait si bien.

Après tout, il ne sait pas pourquoi il s’est avancé, pourquoi il s’est mis à parler. Il aurait pu si bien continuer, s’asseoir comme à son habitude dans la troisième rangée avant de prier. Son anima l’observe de son regard perçant, un sourire narquois au coin du bec. Il connait ses humeurs ; après tout ils ne sont qu’un. Il sait qu’elle ricane dans sa tête de son inhabilité à se socialiser. De son inhabilité à savoir faire le bon choix lorsqu’il s’agit d’ignorer. Même son rire condescendant serait le bienvenue dans ce silence pesant.

Silence auquel il s’est pourtant habitué, après toutes ses années. Silence qui le poursuit partout, enfermé dans sa cage dorée. Silence qu’il oublie après trois verres de bourbon avalés. Silence qu’il recherche malgré tout en ce lieu sacré. Silence qu’il venait de briser et qui emplissait l’église d’une chape de plomb qui le faisait frissonner.

— « J’imagine que vous avez autant le droit que moi d’être ici, vous n’avez pas à vous excusez. »

Hernando sent sa gorge se nouer ; qu’est-il devenu pour forcer un enfant à ainsi s’excuser. Que fait-il de ses journées pour qu’un jeune homme tel que lui soit autant gêné d’avoir sa nuque ainsi dévoilée ; remarquée. Il passe une main gantée sur sa propre nuque marquée du sceau des agapès. Il en retirait une telle fierté, il y a seulement quelques heures de cela. Il sait que le système n’est pas parfait, pourtant il lui semble fonctionner. Cela fait-il si longtemps qu’il ne s’est plus déplacé dans les bas quartiers pour observer la réalité ? Cela fait-il si longtemps qu’il se voile la face sur les conséquences du racisme primaire de la royauté ?

Ses yeux se posent sur l’anima de cet inconnu ; il semble si petit mais si plein de vie, contrairement à l’ombre glacée que pose l’argentavis, sur sa croix, perché. Il se prend à penser qu’elle le représente si bien ; un être qui vole haut, si haut, qu’il ne sait plus distinguer le sol sous ses pieds. Un être qui aime se perché en hauteur et qui en oublie ce que ça fait de vivre en toute humilité. Un être narquois, qui observe la vie qui grouille sous ses pas, sans s’en soucier. Hernando se prend à frissonner à cette terrible idée. Si Erik était toujours là — S’il était toujours là, bien des choses ne seraient pas arrivées.

— « Asseyez vous, ne restez pas planté là comme un pot de fleur. »

Un rire surpris passe la barrière de ses lèvres abimées, alors que chupacabra agite sa tête d’un air affligé. Hernando sent ses épaules se détendre inconsciemment face à son honnêteté ; si rare à trouver. Il s’installe sans plus attendre à ses côtés, le cuir craquant à chacun de ses mouvements. Sa main gantée vient se refermer son collier ; croix et plaque abimée s’entrechoquent au creux de sa paume avant de se faire embrasser. Ses yeux se sont fermés un instant ; prenant le temps d’une pensée pour ceux qui sont décédés. Pourtant, sa curiosité a été piqué par ce jeune philia au sourire d’une grande timidité.
— « Un pot de fleur ? Rien que ça ? » sort-il, les yeux légèrement plissés. « Je ne voudrais pas vous importuner plus que je ne l'ai déjà fait » rajoute-il, songeur.
Ses dents brillent sous la lueur tamisée des quelques cierges allumées. Il est celui qui a payé pour que la cathédrale puisse en posséder. Malgré le retour de l’électricité, les bougies restent une denrée rare que beaucoup se sont arrachés ; pillant églises et autres lieux de cultes sans la moindre impunité. Le silence reprend le dessus entre ces deux êtres inconnus. Hernando ne sait pas de quoi parler ; quoi demander. Ses vieux instincts lui disent de foncer, alors que son image ; ce masque qu’il porte perpétuellement lorsque son visage est dévoilé, le pousse à se taire pour ne pas vexer. Après un regard du coin de l’oeil appuyé, un bref sourire fait son apparition.
— « Je ne pensais pas trouver quelqu’un à cette heure de la journée. » dit-il distraitement. « Venez-vous souvent ? » demande-t’il calmement


Venez-vous aussi souvent que vous le pouvez ? Venez-vous aussi souvent que moi qui suit bien trop occupé. Comment cela se fait-il que je ne vous ai jamais rencontré ? Toutes ces questions pressent contre ses lèvres sans qu’il ne les laisse s’échapper.

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Sam 4 Mar 2017 - 18:47
ft. hernando

Rire.
Il emplit la cathédrale, pourtant doux. Il a une voix porteuse. Tu n’avais pas réellement fait attention. Plutôt grave. Toujours plus grave que la tienne, sûr. Un peu caverneuse et rauque, sans doute.
Petite chose que tu es, Camel.
Tu souris, sincèrement peut-être. Tu n’en sais encore trop rien, mais tu ne t’es pas forcé, cette fois. Et il est toujours là, dressé devant toi. Ses épaules font un léger mouvement, semble s’affaisser doucement. Calme.
Calme.
Et il s’assoit. Le bruit de ses vêtements vient craquer en écho au bois un peu ancien du banc. Tu t’écartes légèrement. Non pas car il est trop proche, mais pour lui laisser de la place. Tu t’étales souvent Camel. Parfois un peu trop.

Ses mains attrapent une croix qu’il vient coller à ses lèvres gercées. Et le temps passe. Tu l’observes, tout ce temps. Les questions défilent. Elles s’entrechoquent, tentent de se donner des réponses seules. Elles tournent, virevoltent, encore. Encore. Qui est-il ? Le visage un peu baissé, la nuque a découvert, tu vois son tatouage. Agapè. Là-haut, ainsi. Tu hoches la tête, dans le vide, réponse à toi-même. Tu ne l’as jamais vu, est-il si important que ça ? Peut-être n’est-il qu’un scientifique ? Ou peut-être un politicien qui tente de se repentir, qui essaye de se jeter à travers la religion afin de se faire pardonner. Ou peut-être de s’offrir un pardon à lui-même, chose bien plus dure.
Mais il ne ressemble ni à un personnage politique, ni même à un scientifique, non.
Et il prie, un moment. Tu ne sais pas s’il fut long, ou s’il passa plus vite que tu ne le pensais. Camel tu te perds beaucoup dans tes pensées, comme à ton habitude.

Un pot de fleur ? Rien que ça ?

Timide sourire. Un pot de fleur. Oui, un pot de fleur, planté face à toi, qui n’avait même pas pensé à s’asseoir. Un grand pot de fleur, un peu trop grand comparé à ta taille moyenne.
Et tu secoues la tête, aux paroles qui suivent. Tu ne prends pas même le temps de répondre. Tu arrêtes de le regarder, et finis par appuyer ton dos contre le dossier. Le regard planté sur les vitraux colorés qui parsèment la cathédrale. Et tu laisses tes pensées dériver, c’est bien une des seules choses que tu sais faire, Camel.
Pourtant, ton esprit retourne irrémédiablement vers cette chose, cette unique pensée, celle-là. Les Agapè. Qui sont-ils réellement ? Que veulent-ils réellement ? Le pouvoir ? La paix ? Un ordre ? L’argent ? Mais rien de tout ça n’a plus de sens. Tout ça n’est plus que mensonge dans un monde chaotique. Dans un monde déjà bien tourmenté, avant même qu’Elle n’arrive et bouleverse l’ordre du Monde. Avant qu’Elle n’arrive et bouleverse les plus basiques principes des sociétés. La « normalité », un doux mensonge auquel plus personne ne peut prétendre à présent. Peut-être toi, encore, et certains qui se cachent. Se cacher, mais pour combien de temps encore ? Le restant de leur vie ? Quel bel idéal.

Soupir.
Peuvent-ils y changer quelque chose ? Eux, tu entends. Les personnes là-haut, et pourtant assises à côtés de toi, et en train de prier. Peuvent-elles encore bouleverser l’ordre du monde, ou faut-il que le bas se révolte et crée une révolution ? Encore ? Mais.
Tu serres les poings, Camel.
Il y a tant de choses à comprendre. Tant de choses à expliquer. Tant à découvrir et à remettre en causes. Que penses-tu y faire ? Refaire le monde ? Refaire le monde depuis ton banc, dans cette cathédrale ? Qu’attends-tu ? L’inspiration divine ? Parlons-en. Tu étais seul à ton réveil. Seul avec ce petit oiseau qui ne t’a plus lâché depuis cet instant. Et qui était là pour vous ? Sûrement pas cette inspiration divine.
Ricanement.
Le monde ne se refera pas de tes petites mains et de tes grandes pensées, Camel. Et tu ne le sais que trop bien. Tu n’es qu’une poussière, un humain, un être perdu dans un monde perdu, dans un univers inconnu. Rien. Strictement rien. Du vent sans doute.
Colère.
Respire.
Souffle.
Soupire.

Tu ne fais plus attention, trop emballé dans tes pensées, à crier sur le monde, à détruire et reconstruire chaque brique d’un mur trop grand à ton goût. Il te regarde, et tu le verrais, tu remarquerais les questions qui débordent de ses yeux, les interrogations sans réponses, la curiosité freinée par son propriétaire.
Et c’est lui qui te tire de tes pensées défilantes.

Venez-vous souvent ?

Tu secoues la tête pour te tirer de tes pensées. Regard. Non. Ta tête fait un signe négatif. Non. Tu n’es jamais venu ici, à vrai dire. Ou peut-être que tu ne t’en souviens pas. Tu ne te souviens que de certaines choses après tout.

Je ne suis jamais venu. Enfin, je ne me souviens pas, tu réponds.

Coups d’œil perdus, que tu jettes à travers la cathédrale, à la recherche de quelque chose qui accrochera tes yeux.
Lui, semble habitué. Tu peux le voir, Camel, rien qu’à sa surprise de te voir ici. Personne ne semble venir. Le néant. Le silence total. Cette cathédrale doit se sentir seule, parfois. Tu attrapes ta croix attachée en collier, et tu la retires. Tu la fixes.

J’avais juste cette croix sur moi.

Tu parles un peu trop. Pourquoi commencerais-tu à te confier ?
Tu n’as pas la réponse, mais moi je l’ai. Parce que tu n’as rien à perdre, tu as, quelque part, comme beaucoup, déjà tout perdu. Famille, amis, souvenirs. Tu ne sais plus trop où tu en es, dans cette vie. Tes regards sont vides de souvenirs et d’expériences. Tu n’as aucune carapace, tu es un livre ouvert, Camel. Un enfant perdu et abandonné dans un monde trop grand pour lui. Tu as beau avoir appris à connaître les hommes, les sociétés et les comportements, avant tout ça, s’il y a quelqu’un que tu ne connais pas, ou du moins plus c’est toi.

Pourquoi ou pour qui priez-vous ?

Question abrupte. Honnêteté que certains pourraient dire de mal placée.
Peu importe.

Ca fait longtemps que tu n’as plus rien à perdre.




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Dim 5 Mar 2017 - 21:33




de ces pauvres vieillards qui tentent de se souvenir
So the days float through my eyes
But still the days seem the same
Hernando sent ses lèvres s’ourler en un timide sourire voilé — écho du dessin des lippes de cet inconnu, incertain. Sans pouvoir s’en empêcher ; la décision enlevée de ses mains par le destin, il se met à penser. À penser à cette humanité qu’il refuse parfois de regarder ; perché si haut dans son bureau. À penser à tous ces êtres qu’il condamne d’un simple trait de stylo. À penser à tous ces destin balayés d’un simple mouvement de poignet. Ces pages qui s’empilent, qu’il ne fait que survoler avant d’y apposer sa signature fatiguée. Ce n’est pas pour cela qu’il avait signé ; il y a quelques années. Il y avait cru à ces idées ; à cette façon de redresser la société. Et peut-être y étaient-ils arrivés ; maxwell et lui, comme ils l’avaient désirés. Ils avaient fait miroité un nouvel ordre ; une nouvelle stabilité, dans laquelle chacun aurait pu se découvrir et se dévoiler.

Son sourire se fait amer lorsqu’il y pense ; ils n’auraient pas plus échouer. Il se retrouve confronté à cette réalité qu’il souhaitait éviter. Il se retrouvé confronté à la honte que leur système a causé. Milles illusions brisées comme les reflets des ailes d’un papillon ; irisés. Il refoule la nausée qui le prend à la gorge ; dégouté. Il inspire une bouffée, ses yeux se fermant un instant, pour se recentrer.
— « Je ne suis jamais venu. Enfin, je ne me souviens pas »
Sourcil haussé ; il est difficile à imaginer que l’on ne puisse pas se souvenir de cette splendeur glacée. La cathédrale st-patrick est un ersatz d’un temps passé ; un souvenir que l’on aurait mieux fait d’enterrer. Ses flèches semblent si fragile à côté de tous ces buildings d’acier ; filament d’un passé que l’on aurait souhaité oublié. Dernier refuge pour des êtres qui n’ont plus que leurs croyances pour les sauver. Elle reste si grande ; si accueillante, malgré sa vulnérabilité étonnante. Si peu de gens prennent la peine de la visiter ; parfois par simple curiosité comme le jeune homme à ses côtés. Parfois des êtres qui lui ressemble, habitués désabusés.

Il observe le jeune philia manipuler doucement ; délicatement, une croix argenté. Hernando se demande l’histoire placé dans cet objet abimé. Il ne semble pas savoir quoi faire, ses doigts maladroits contre le métal ; comme s’il ne savait pas comment la manier. Ses paroles arrête le sourire en train de se fermer. Ses mots prennent un tout nouveau sens, qu’Hernando n’aurait pas pu soupçonner. Ses sourcils se haussent alors que ses yeux glissent sur la figure recourbée ; comme s’il pouvait déceler des secrets dissimulés. Comme s’il portait en bannière ses souvenirs envolés.

S’il était différent ; il aurait pu ressentir son coeur se serrer — pointe de pitié incontrôlée. S’il était différent, il aurait poser sa main sur son épaule, tentant de le rassurer. Il aurait pu émettre ces mots vides de sens censés le rassurer. S’il était différent, il se serait excusé, contrit de l’avoir dérangé dans sa quête de vérité. Mais Hernando n’est pas cet être là, cet être qui s’excuse tout bas, cet être qui marche sur la pointe des pieds pour ne pas vous déranger. Alors Hernando hoche la tête gravement, les sourcils froncés, les yeux concentrés sur cette croix argentée.
— « Pourquoi ou pour qui priez-vous ? »
Cette question soulève un trait amer sur la toile que forment ses lippes gercées. Difficile question que celle-ci. Difficile réponse que celle-ci. Hernando pourrait disserter pendant trente ans sur ses raisons ; entre son désir d’absolution et sa raison qui se décline au file de ses résurrections. Son sourire se fait doux-amer, alors qu’il se met à penser à sa mère ; à son père, à tous ceux qu’il aimerait revoir une fois, au bord de mer.
— « Je prie pour tout ceux qui ne peuvent pas, je prie pour tout ceux qui sont dans l’au-delà, je prie pour tout ceux qui ne me reverrons pas. » souffle-t’il doucement.
Hernando se confie sans jamais se dévoiler ; jeu perpétuel entre différentes réalité. Lui qui a si souvent espéré, sans trop y penser, qu’il pourrait tous les retrouver. Idéal de pureté immaculée. Le voilà souillé par le monde infernal qui se déchaîne à leurs pieds ; face à cette terrible réalité qu’il se doit d’assumer. Face à ce pouvoir faisant de lui un être damné. D’un mouvement contrôlé, il enlève son gant, tendant ainsi sa main dévoilée ; demandant. Marquée par les années dans les tranchées ; au milieu d’une jungle amazonienne étouffante ou d’un désert aride et glacé. Réseau de cicatrices entrecroisées, qui ressortent sur sa peau basanée.
— « Puis-je ? » demande-t’il, pour la forme, avant de s’emparer de la croix du philia.
Celle-ci roule entre ses doigts dévoilé, son pouce abimé caressant doucement la base du pendentif argenté. Il la tourne ; la retourne, l’observant sous toutes les coutures avant de s’exprimer :
— « Une fabrication européenne je dirais ; française ou allemande. » dit-il, sans vraiment y penser. « Elles sont vraiment différentes » murmure-t’il absorbé.
Mouvement fluide ; il défait son collier pour placer sa propre croix à côté. Les différences se font alors frappantes ; l’une simple et épurée, l’autre fortement ornée et décorée, de petites pierres délicatement incrustées. Son pouce caresse une nouvelle fois le métal poli, avant de la rendre à son propriétaire ; presque contrit.

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Horny Maxwell
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Dim 5 Mar 2017 - 23:09
ft. hernando

Craquement.
Entends-tu, Camel ? Le doux bruit de ton cœur qui craque. De ces émotions qui déferlent en toi. Cette perte, que tu ressens au plus profond de ton âme. L’entends-tu ? Ce besoin incessant qui s’empare de toi, cette recherche qui te pousse à avancer, encore, encore. Encore. Plus loin. Sans jamais t’arrêter. Cette quête de sens qui te tourmente, sans jamais te laisser de repos. L’entends-tu, ce craquement dans ton cœur ? Ce vide dans ton âme.
L’entends-tu ?
La vois-tu, cette carapace. Cette fine carapace que tu t’efforces de forger, à la sueur de tes sentiments. Cette fine carapace qui, chaque jour, se détruit un peu plus. Cette carapace inutile que tu tentes pourtant encore de mettre en place. Mais elle est inutile.
Ne te fatigue pas plus, Camel.
Inutile.
Vain.
Arrête-le, cet espoir qui te maintient en vie.
C’est ce que tu aimerais te dire, chaque jour, c’est ce que tu aimerais penser, chaque jour. C’est ce que tu aimerais. Mais tu souris trop, Camel. Tu vois la bonté là où il n’y en n’a plus. Pas même dans ce monde. Il n’y a rien. Rien de plus que du néant. Du vide. Une mort sordide.

Et tu n’es pas le seul. Tu n’es pas le seul, à être tourmenté par les souvenirs. Toi car ils ne sont plus là. Lui car ils semblent être encore trop présents. Trop amers. Peut-être sent-il encore le goût du bonheur sur sa langue ? Peut-être peut-il encore toucher ses souvenirs du bout des doigts ? Se rappeler l’intensité qu’ils avaient ?
Et, un instant, tu l’envies. Tu l’envies, de savoir qui il est, tandis que toi, tu es Camel. Juste Camel. Un peu perdu, un peu retrouvé. Un peu là, un peu là-bas.

—  Je prie pour tout ceux qui ne peuvent pas, je prie pour tout ceux qui sont dans l’au-delà, je prie pour tout ceux qui ne me reverrons pas.

La beauté des mots. Tu le sais, tu le sens, tu ressens trop ce que tu ne devrais pas. Tu peux presque toucher la tristesse qui émane de ces mots. Et lui, tu en es sûr, il peut encore toucher ses souvenirs du bout des doigts. Peut-être qu’il s’efforce à les éloigner, mais ne peux s’empêcher de les garder à ses côtés. Il est bon, il est bon de se souvenir.

Et, avant même de t’en apercevoir, il tient ta croix dans ses mains. Ton cou légèrement tiré dans sa direction, afin de ne pas tendre de trop la simple corde qui retient l’objet. Et ton regard se pose sur cette main, plutôt grande, que tu trouves belle.
Marquée.
Marquée par la vie, semblerait-il. Marquée par des événements qui te sont inconnus. Marquée par tant de choses. Cicatrices. Douleur. Tu observes ce visage qui fixe ta croix.
Harmonieux. Tu ne saurais dire. Douceur ? Sérénité. Interrogation, peut-être.  Tu commences à lever la main. Tu aimerais la poser sur ces cicatrices qui strient ce dur visage, et pourtant si doux. Tu es tactile, Camel. Mais retiens-toi. Tu ne peux pas. Tu ne dois pas. Ta main retombe délicatement.
Mais tu ne peux t’empêcher de te demander. Pourquoi ? Pourquoi de telles cicatrices ? Qu’a-t-il vécu ? Pourquoi venir prier pour des gens qui ne le reverront jamais ? Pourquoi prier des gens qu’il ne reverra jamais ? Pourquoi des mains abîmées ? Les pensées déferlent, sans que jamais tu ne puisses les arrêter.

Une fabrication européenne je dirais ; française ou allemande.

Un écho. Lointain. Tu t’en rappelles maintenant. De cette langue. Tu as toujours su la parler. Pourquoi ? Une partie de ces souvenirs effacés. Et lui, il est là, à attraper sa propre croix pour venir la poser contre la tienne. Et tu fermes les yeux, et il parle. Mais tu n’écoutes pas réellement. Non, tu n’écoutes pas. Tu ne fais pas l’effort. Ton esprit est déjà loin. Là où personne ne pourra t’atteindre. Ton esprit s’est échappé dans les méandres de son jardin secret, de ses sentiments et émotions peut-être trop bouleversantes.
Tes yeux se rouvrent et viennent accrocher le regard de cet homme immense.
Et un instant, tu te perds dans cet océan de noirceur que sont ces yeux. Tu restes là, planté, le corps figé, les pensées en arrêt, pour observer ces orbes noirs. Absence de couleur. Absence de lumière qui t’ont pourtant toujours fait peur, aussi loin que tu puisses t’en souvenir. Réveille-toi, Camel.
Tu secoues légèrement la tête.

— [français] Alors, c’est pour ça ?

Doux sourire qui apparaît sur ton visage. Peut-être ne comprendra-t-il pas. Ca importe peu, n’est-ce pas, Camel ? Français, ainsi. Tu aurais peut-être pu t’en douter.

Merci.


Sourire.




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Jeu 9 Mar 2017 - 22:14




de ces pauvres vieillards qui tentent de se souvenir
So the days float through my eyes
But still the days seem the same
Hernando laisse ses lèvres délicatement se poser sur le métal glacé. Simple caresse — simple mouvement à peine esquissé, simple pulsion à laquelle il n’avait pas pu résister. Deux étrangères qui se laissent glisser le long de cette voie ferrée, avant de s’envoler ; écran de fumée. Son sourire se fait amusé — presque narquois, en écho à celui de son anima perché. Ils se ressemblent tant ; ils sont tous les deux condamnés à errer dans cette éternité qui ne leur était pas destiné. L’un à planer entre les grattes-ciels, quelques centaines de milliers d’années après avoir été exterminé. L’autre à voguer entre ces requins affamés ; souriant, essayant de tout faire fonctionner pour après se réfugier dans ses souvenirs abimés. Hernando est cette âme en peine qui tente tant bien que mal de naviguer à contre-courant. Il tente de s’imposer ; grand, si grand, et pourtant il n’est qu’un géant de glaise, prêt à s’effriter. Il est tel cette cathédrale ; vestige d’un temps passé qu’il faudra un jour remplacer. Quelle douce utopie, quelle amère envie.

Ses lippes se détachent, laissant en trainée la marque d’une buée sur la croix argenté. Il n’aurait pas dû faire ça ; il ne se serait jamais permis de faire ça. Peut-être était-ce à cause de ces yeux ambrés ; ce caramel doré qui semble vibrer. S’il ne lui avait pas avoué ; il n’aurait pas pu croire qu’il avait oublié. Tant de vie ; tant de chose se passent à travers ces deux perles dorées. Océan en mouvement qu’aucun nuage ne saurait assombrir. Ses prunelles se font rêveuses ; elles partent vers des contrées inexplorées ; ou peut-être bien trop connues pour être ignorées. Qui sait ? Les doigts d’Hernando continuent de glisser machinalement le long de leurs croix entremêlées. La métaphore de leurs êtres ; de leurs destins qui se sont entrecroisés. Cette croix argentée ; si fine, si fragile, si dépouillée, comme la mémoire de cet être irréel ; quasi éphémère à ses côtés. Face à sa propre croix surchargée de toutes ses décorations, de tout son passé ; de tous les regrets qui l’accompagne à chacune de ses foulées. Deux êtres si différents ; deux crois qui n’auraient jamais dû se rencontrer, se retrouver au creux d’une même main abimée.
— « [français] Alors, c’est pour ça ? »
— « Quién sabe. » (Qui sait.)
Quelques mots murmurés, un sourire amusé accroché au coin des lèvres. Ses onyx viennent de planter dans les deux iris émerveillées — comme ayant enfin trouvé une pièce de puzzle de son passé. Un doux sourire esquissé ; un merci à peine prononcé. Ce jeune homme est attendrissant par son étonnement ; par son honnêteté ; par ses prunelles miels qui lui donnent envie de l’embrasser. Hernando sent ses propres lippes se mouvoir en concert ; écho de cet éclat de joie qui se dessine sur la frimousse du jeune philia. Ses prunelles infernales tracent avec attention les constellations qui marrent ce visage aux traits fins ; presque enfantins. Il sent ses entrailles se serrer ; chupa chups émet un claquement de bec amusé. Observatrice ; elle a vu ses yeux le détailler, elle a vu cette flamme s’allumer ; ce blasphème en train de se former. Coup d’oeil appuyé, elle agite ses plumes avant de relever la tête, agacée.

Ses prunelles charbonnées retournent dans leurs compères dorées, leurs sourire se font timides, voire hésitants. Leurs lippes se tordent pour former un dessin tremblant ; le coin légèrement remonté en une moue amusée. Ils partagent un bonheur commun ; l’espace d’un instant ; le temps d’une éternité. Autour d’eux, le monde pourrait être réduit à feu et à sang, ils se regarderaient toujours, leurs iris entremêlées, leurs lippes plissées. Sa paume lâche l’emblème sacré pour se poser, l’espace d’un moment, dans ses cheveux éparpillés. Vibrants ; étonnamment chatoyants, ils attirent le regard sombre de l’agapè. Son index s’enroule autour d’une mèche cuivré, la ramenant délicatement derrière l’oreille constellée de cet inconnu bien trop intriguant. L’intrus se rétracte ; comme brûlée, elle revient se poser tel un papillon châtié sur sa jambe contractée.

Hernando cherche dans ce regard ambré la moindre gêne ; la moindre étincelle de contrariété. Lui qui peut se montrer si assuré ; le voilà hésitant tel un enfant. Quel bien piètre commandant ; quel piètre agapè. Si ses subordonnés le voyaient ainsi, tel un papillon fasciné par cette lueur ; cette lumière qui va le brûler.
Il se fait Icare, si proche du soleil qu’il se sent chuter.
Chuter dans cet enfer fait de miel aux éclats chatoyant et de sourires brisés.

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Jeu 9 Mar 2017 - 23:41
ft. hernando

Tu es là. Le regard tremblant. Les yeux dans le vague. Ton corps te lâche. Tu ne contrôles rien, Camel. Mais, après tout, pourrais-tu, ne serait-ce qu’un instant dans ta vie, contrôler l’être que tu es ? Tu n’as jamais rien contrôlé. Tu n’as pas contrôlé cette chute, cette nuit fatidique des rayons aux couleurs de la vie qui coule dans tes veines. Tu n’as pas contrôlé ce jour, marqué, telle une bête à laquelle on attribuerait un simple numéro. Et on le crierait, oui, on le crierait 3649, Philia. Vous n’êtes rien de bon. Vous pouvez allez à l’abattoir. Vous pouvez disparaître, personne ne s’en préoccupe.
Rien.
Rien.
Rien.
Ce mot résonne dans ton cœur. Il résonne au plus profond de ton âme, et te laisse là, pantelant. Ca n’a aucun sens, Camel. Rien n’a de sens. Tu n’as pas de sens. Pas même moi. Pas même cette église, ni même cet homme, là, face à toi, qui embrasse cette croix, seul vestige de ton passé que tu ne retrouveras jamais. Tu ne le sais pas, tu espères, tu espères trop.
Ce sentiment, pesant. Celui-là, qui t’emprisonne et te garde dans une morosité éternelle. Ce sentiment, hargneux, qui ne laisse de chance à personne, celui-là même qui t’empêche de vivre et d’avancer. Après tout, Camel, où va-t-on, si l’on ne sait pas d’où l’on vient ?. Nulle part. Et tu ne vas nulle part, encore. Tu es encore bien trop perdu. Et pourtant, les morceaux se recollent. Ils s’assemblent. Des vides se remplissent, des pièces se sourient.
Et au milieu, il a toi. Il y a toi, et ton cœur. Il y a toi et ta souffrance. Il y a ce sentiment, qui te lâche, un instant. Qui disparaît. Il y a cette pression qui s’en va. Et tu fermes les yeux. Tes jambes tremblent, sans doute encore un peu. Sans doute encore beaucoup.

Et au milieu, oui, il y a toi. Et cet homme. Un peu étrange. Un peu différent du monde qui t’entoure. Il y a cet homme, à la recherche d’une paix intérieure. Et son âme résonne avec la tienne. Elles se lient, le temps d’un instant, celui d’un sourire, de regards enchaînés. Sa souffrance est tienne, à la recherche d’une douceur, d’une prière et d’un avenir pour ceux qu’il aime. Et, sans doute, lui fais-tu écho, avec ce regard égaré, ces jambes à la recherche d’un quelconque appuie sans nom.  
Mais rien n’est là. Rien ne transparaît. Et toi, tu souris toujours. Sans doute un peu plus amèrement.
Tu n’en sais rien.
Tu ne sais pas.
Tu n’as jamais su.
Tu ne veux pas savoir.
Et tu ne le peux pas.

Et ton cœur, bat au rythme d’une musique lointaine qui remonte à travers ton esprit. Une ritournelle, qui s’emballe, qui rêve de voyage et de beauté. Une ritournelle, à la mélodie dansante, aux regards de braise et aux douceurs des parfums de fleurs.
Et ton cœur, s’embrase, d’une étincelle inconnue, de celles qui cherchent la beauté du monde. De celles qui cherchent à comprendre la réalité des choses. Une étincelle de mélodie, une étincelle de souvenirs, celle des folies.

Douceur.
Tout se calme.
Le silence, dans un murmure incertain, au gré d’une simple main, emporte toutes ces émotions éteintes.
Camel, pourquoi ? Oui, pourquoi ce calme, si soudain ? Pourquoi, cette sensation de pouvoir t’envoler d’un instant à l’autre ? Pourquoi, cette impression de n’être plus rien que du vide, calme, serein, et pourtant si emballé ? Et, ce regard, aussi noir que cette nuit qui t’effraie, comment arrives-tu à y voir une quelconque once de lumière ?
Les réponses, tu ne les auras sans doute jamais. Mais je les connais. Elles sont là, au fond de toi. Elles sont parfois perdues, parfois rient-elles de nous, mais elles nous font vivre. Ces réponses, sont l’espoir. Cet espoir qui te fait croire, cette douceur d’un avenir. Mais tu ne le sais pas, il est là, loin, au fond de ton cœur. Elle le voit, elle, Ersal, toujours au même endroit, occupée à te fixer te relier à quelque chose de bien plus fort que toi ou que n’importe qui. Elle te voit te lier à quelque chose que tu ne maîtriseras pas, que personne ne maîtrisera jamais. Mais elle n’a pas encore les mots, personne n’a les mots. Ils s’envolent, ils s’échappent et seul le temps les rattrape.

Et, elle se retire, brûlée. Mais tu restes là, figé, serein, apaisé.
Tu ne sais pas réellement ce que tu fais, là, encore. Tu ne sais pas pourquoi cet inconnu semble si proche, et pourtant si lointain, pourquoi il y a cette impression de déjà-vu. Ni même pourquoi tu te mets à sourire. Camel. Tu souris, avec ce regard. Ce regard de douceur, celui de tendresse. Ce regard que tu donnes à quelqu’un que tu affectionnes.
Tu n’en sais rien.

Camel.




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Dim 19 Mar 2017 - 0:33




de ces pauvres vieillards qui tentent de se souvenir
So the days float through my eyes
But still the days seem the same
Hernando observe cet être irréel ; cet être qui ne peut exister ; cet être entouré d’un halo doré. Cet homme ; ce jeune homme ; cet enfant assis à ses côtés ; cet ange au sourire plein d’onctuosité. Avec ses perles ambrées et ses pommettes tachetées. Ses cils caressent sa peau ; fils dorés qui se déposent sur sa peau halée. Il papillonne un instant ; éberlués.

Ce prénom ; caresse murmurée au creux de son oreille. Soupire à peine prononcé ; à peine articulé. Il n’est qu’un souffle qui passe entre deux lippes pressées. Il n’est que fumée ; le reflet troublé de cet être qui se trouve à ses côtés. Spectre d’une vie passée ; promesse d’une vie à réaliser. Simple pont qui relie cet être oublié à celui qu’il peut devenir ; à toutes ces possibilités. Canevas blanc qui se raccroche à ses couleurs passées ; il a tant à créer ; à découvrir ; à explorer. Hernando se demande ce qu’il aurait pu devenir ; ainsi dépouillé. Hernando se demande ce qu’il resterait de lui ; de cet être ; de ce qu’il est aujourd’hui. Il n’est que l’ersatz de cet homme ; fantôme qui erre sur ses terres. Il est ce spectre qui hante les nuits ; qui arbore un visage humain ; déchiré entre mortalité et humanité. Il est ce monstre ; ce non-être qui flotte entre les mondes sans jamais pouvoir se poser ; arriver ; fermer les yeux et enfin plonger.

Il se sent cruel ; cruel envers cet enfant qui n’a rien demandé. Alors que ses propres pensées l’emmène ; et s’il avait tout oublié ? Et s’il avait lâché prise et s’était libéré de son passé ? S’il devenait cette toile d’une blancheur immaculée ; ce nouveau départ qu’il a tant désiré ? Et s’il se débarrassait de ces chaines qui retiennent ses pieds. Un froissement d’aile le ramène à la réalité ; tout ceci n’est que rêve et désir insensé. Pourrait-il prétendre être Hernando une fois toutes ses expériences ; sa vie oubliée ? Ses songes tourbillonnent alors que ses pensées frissonnent. Qui est-il ? Pour quelle raison la destiné a-t’elle décidé de l’épargner ; d’ainsi le tourmenter ? Un rire amer passe la barrière de ses lèvres avant qu’il ne puisse l’en empêcher ; il est fatigué. Fatigué d’ainsi se questionner ; fatigué de ses pensée égoïstes face au philia qui vient de se confier.

Ses lippes se referment ; coquilles d’huitre malmenées. Elles se tordent légèrement ; imperceptibles ; deux lignes pressées ; dessin d’un enfant mécontent. Il repense un instant à ces deux syllabes murmurées ; ca-mel. Sonorités étranges qui se mélangent sur sa langue ; elle roule doucement et sa voix s’élève en ces lieux sacrés.
— « Camel ? »
Ce prénom glisse entre ses dents ; illumine ses prunelles d’obsidienne qui brillent doucement. Ce prénom est doux, si doux ; caramel fondant. Il est pourtant froid ; impression gelée d’un être oublié. Éclat de glace d’un miroir brisé. Reflet distordu d’un inconnu. Ce prénom lui laisse un arrière goût de cendres ; quelque chose ayant existé ; quelque chose dont on ne retrouve que les restes brûlés. Brûlés sur un autel que l’on a oublié ; sur un autel n’ayant jamais existé. Sa main se crispe sur sa cuisse dissimulée ; ses doigts fourmillent d’envie. Envie de se déployer ; envie de caresser ces pommettes constellées. De se glisser entre ces mèches embrassées. Il se retient, les dents serrés, les yeux distant. Sa tête se penche légèrement ; oiseau intrigué. Chupacabra imite le mouvement ; là-haut perchée. Ils se ressemblent tellement ; ils s’imitent si facilement. L’anima devient humain ; l’humain devient animal. Cercle vicieux qu’il ne font que répéter.

Finalement sa main s’échappe ; incontrôlée. Elles vient se glisser ; entourer sa comparse. Doigts serrés, paumes collées. Le mouvement est hésitant ; maladroit ; inconvenant.
— « Enchanté Camel. » dit-il, filament d’un sourire pressé contre ses lèvres. « Tu peux m’appeler Hernando. » conclut-il

Ses lippes se posent ; instant volé contre ses phalanges rosées.

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Dim 19 Mar 2017 - 21:13
ft. hernando

Camel.
Oui. C’est toi. Tu le crois. Tu y crois. Et il y a ce souffle. Ce regard que tu lances. Il y a ces souvenirs qui se terrent au fond de ton âme et qui ne reviendront jamais. Il y a ces soupirs, cette folie qui s’imprègne des plus beaux souvenirs. Il y a ce nom. Murmuré. Cette caresse, cette perte. Cette identité, que tu as laissée, il y a bien longtemps. Car tu n’étais rien qu’une coquille vide de sens. Une coquille à la recherche de ce quelque chose, de cette chose insensée avec laquelle on veut s’emplir. Tu n’étais rien qu’une âme, errante, à la recherche de ces choses inconnues que personne n’a jamais vues.
Tu n’étais rien que ce prénom, vide de sens. Ce prénom, rempli de souvenirs. Cette identité perdue, créée, oubliée, retrouvée.
Symbole d’un passé loin derrière. Vestiges du passé. Cette dernière chose qu’il reste de ce que tu étais, tu la lui offres. Le sourire aux lèvres. Tu lui offres, à cet inconnu, les ruines de ton âme, la destruction de ces lumières rouges qui s’abattent sur le monde.

Oh, Camel. Que fais-tu ? Que fais-tu encore là. Tu ne le sais pas, mais tu ne fuiras pas, comme le voudrait ta raison. Sans doute, jamais n’aurais-tu dû donner cette chose, si précieuse, ce que tu es. L’essence même de ton existence, présente comme celle disparue. Pourquoi donner ce nom, ce mot, si doux, si important, à cet homme à l’apparence si brute. Tu ne sais rien. Tu ne sais rien de lui et il ne sait sans doute encore rien de toi. Et, tu lui offres la beauté d’une destruction, celle d’une vie entière. Tu lui offres la beauté des mots, plutôt que de préférer ce silence, si apaisant.
Tu l’entends, il rythme chaque parole qui s’envole, chaque parole qui s’échappe de vos lèvres. Légères, et pourtant, si lourdes de sens. Il y là deux hommes, perdus dans les méandres d’une vie bercée. Et vous êtes là, l’un face à l’autre. Tes genoux sont à présent orientés vers sa personne. Tes mains délicatement posées sur tes cuisses, à la recherche d’une échappatoire. Ton corps résonne d’une peur, si profonde, si inconnue, si différente.
Et vous êtes là oui, l’un face à l’autre, toujours, à échanger, ces regards si particuliers, ces regards, qui allument les flammes à travers les mers, qui illuminent ces cieux pourtant si nocturnes. Et vous êtes là, comme ces vieillards, qui tentent désespérément de se souvenir de ces temps perdus. Ces regards éclairés de beauté.
Ces regards distants, à la recherche de ce jardin caché, celui-là, au fond de l’âme. Ces regards fugitifs, qui tentent de se dérober à la réalité des choses. Et tu le vois bien, alors que ce visage se penche et que se bruissement d’ailes vient recouvrir vos lèvres closes.

Et, sa main s’avance. Elle vient attraper la tienne, un instant. Et cette chaleur humaine, si particulière, si rassurante et puissante, elle vient. Elle vient entourer la fragilité de tes doigts, leurs rêveries alors qu’ils venaient autrefois s’abattre sur les touches de cet instrument si noble.
Peau contre peau, tu le sens. Elle est rugueuse, dure, et quand bien même, cette douceur reste là, elle l’emporte, elle l’emmène. Et un doux sourire vient s’emparer de tes lèvres. Il se lit jusqu’à tes yeux et ton nez qui se plisse légèrement sous cette dangereuse impression de sécurité.

Enchanté Camel.

Il y a ces choses, qui arrivent. Et même si tu crois que les contes de fée n’arrivent que dans les contes de fée, Camel, il y a des choses qui arrivent, oui. Et tu ne contrôleras rien, bien que tu le veuilles. Il y a des sensations qui ne se maîtrisent pas. Il y a des regards qui ne trompent pas. Il y a ces étincelles qui ne s’éteindront pas, et, quand bien même on essaierait de souffler dessus, elle ne prendrait que plus d’ampleur. Elle s’envolerait, cette étincelle. Elle s’allumerait, elle deviendrait un feu, qui brûle, au fond.
Et peut-être qu’un jour, la fumée t’envahira, sans que tu n’aies rien pu faire. Mais il en est ainsi. Les contes de fée n’existent que dans les contes de fée. Et certains feux finissent par s’étouffer, tandis que d’autres ne font que grandir, chaque jour un peu plus, davantage, et peut-être que là, tu pourras dire, à ton tour, que tu es enchanté.
Mais jusque là, tu te tais.

Tu peux m’appeler Hernando.

Et dans un soupir, tu sens ses lèvres, glacées, brûlantes, qui se posent sur ces rêves de musique retenus au bout de tes doigts. Sans doute n’as-tu pas senti cette douceur qui parcourt ton échine et te laisse une impression de nouveauté. Sans doute n’as-tu pas senti ce battement de cœur, interrompu, l’espace d’un instant, et ton pouls qui s’emballe, sans raison. Tu ne comprendrais pas réellement, après tout. Car il y a des choses qui ne sont pas à comprendre, et tu le sais, même si tu n’aimes pas cet inconnu dans lequel on te laisse.

Les mots ont une importance, ils ont une force que chacun utilise à sa manière, comme cette familiarité qui s’installe, ces vous brisés. Mais les noms, eux, représentent bien plus. Ils représentent une existence, un contrôle, une maîtrise. Ils sont là, ils ont une matière, on pourrait les sentir, les palper du bout des doigts, alors que justement les siens enroulent les tiens.
Camel, réveille-toi et sors de tes pensées. Le silence que tu as laissé ne pourrait s’éterniser. Et, Ersal s’envole, dans un piaillement. Elle n’est pas dupe. Elle a vu, tout comme ce grand oiseau l’a vu. Ils ont vu, tous deux, qu’il y a ces choses qui ne se contrôlent pas, et qu’elles se forment jusque dans les cathédrales, jusque sous les regards divins.

Ce nom, il résonne encore dans ton esprit, il rebondit contre les parois de ta conscience. Il y laisse la douceur de la paix, les rêves de bravoure, il y laisse des sourires perdus.

Je crois bien que vous-…

Silence.
Cette distance, que tu instaures. Tu n’y peux rien. Tu aimerais la laisser, loin derrière. Mais il y a ces regards admiratifs que tu lances.  Et tu reprends.

Je n’avais jamais encore entendu ce prénom.

Esquive.
Camel, c’est toi, qui le comparais à une plante il y a un instant encore. Et tu en ris, sans doute. Doucement, pour ne pas heurter.

Mais tu ris ; doucement.




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Lun 27 Mar 2017 - 0:15




de ces pauvres vieillards qui tentent de se souvenir
So the days float through my eyes
But still the days seem the same
Hernando est un être damné ; condamné à errer. S’il fut un jour pieu ; vertueux, tout ceci s’est envolé ; simple pression de lèvres glacées. Il aurait pu — aurait dû, se retenir ; frémir ; s’arrêter. Il aurait pu faire tellement de chose ; simplement sourire ou partir. Pourtant, il avait choisi de s’abaisser ; de serrer ces doigts abimés ; de caresser de ses lippes engourdies ces phalanges rougies. Action que nul ne peut laisser passé. Action inconvenante que l’on voudrait oublier. Ses prunelles scrutent celles de cet être éthéré à la recherche de la question posée.
Puis-je ?
Puis-je continuer à ainsi me damner ?
Puis-je vous entraîner ; à mes côtés ; dans cette décente effrénée ?


Ces questions se brisent contre sa peau glacée ; murmures à peine prononcés ; à peine évoqués. Ce ne sont que des interrogations brisées ; laissée au vent ; libre de s’envoler. Ce ne sont que les pensées diluées d’un être désillusionné. Vieil homme brisé ; jeune homme évaporé. Ombre parmi les vivants qui ne fait que subsister. Il tente désespérément de s’accroché ; naufragé. Ses doigts s’agrippent à ceux de cet être ; ce camel qui commence à peine d’exister. Ses yeux dorés le font chavirer ; halo de pureté. Il se sent étouffer ; ses poumons se désagrègent alors qu’il ne fait qu’inspirer. Buée glacée ; nuage de fumée qui sort de ses lippes pressées. Il cligne des yeux ; une seconde passée. Il relâche cette main ; cet interdit qu’il vient de dépasser. Rictus amer du bout de ses lèvres contrariées ; écho à ce sourire si pur et éthéré.

Il sent ses organes se tordre ; se détacher. Sensation de résurrection ; frisson incontrôlé. Il se met à penser ; à penser à toutes ces émotions qu’il devrait réprimer. À tout ce qu’il ressent en cet instant ; à ce corps si proche et tentant. Il déglutit ; la gorge sèche ; les yeux rivés. Rivés sur cette pomme dévoilée ; délicieuse tentation qu’il rêve de croquer. Marque au fer rouge ; morsure ensanglantée. Il fut un temps où il aurait été horrifié par de telles pensées ; fruit d’un esprit possédé. Mais depuis ces années ; depuis cette lune qui l’a condamné ; il sent peu à peu son contrôle s’échapper. Ses doigts glissent ; s’agrippent ; souhaitant un instant attraper cette fumée ; ce filament ; futilement. Il n’est plus que cendres ; cendres coagulées par le sang versé. Marionnette d’un destin ennuyé ; il erre sur cette Terre tel son chevalier. Claudiquant ; essayant ; échouant. Il se fait tuer ; assassiner ; ébouillanter ; décapiter ; pour revenir quelques instants plus tard en bonne santé. Cycle éternel qui ne fait que se répéter. Tel le serpent qui se mort la queue ; Ouroboros. Symbole d’éternité.

Un rire narquois le fait sursauter alors que son argentavis secoue son long cou arqué. Il n’est qu’un imposteur ; un menteur. Existence exaltée ; simulée. Simple machine dont le bourbon est devenu la seule façon de le faire marcher ; golem animé. Face à ces yeux ambrés ; à ce sourire croqué ; à ces pommettes constellées ; il se sent transformé. Chrysanthème immaculé. Cet être ; ce philia inconnu ; ce jeune homme inattendu lui fait ressentir des sentiments qu’il pensait oubliés ; enterrés avec cet être aimé.
— « Je n’avais jamais encore entendu ce prénom. »
Rire délié.
Prunelles amusées ; il n’est plus maître de son corps ; de sa destiné. Ses doigts s’accrochent ; ils pressent, caressent. Curieux ; insatiables. Ils explorent ces contrées vallonnées ; abimée ; dans lesquelles toute une histoire s’est crée. Mouvement presque inconscient ; lippes soulevées. Son autre main vient caresser ses bouclettes éparpillées. Vagues d’ébènes ; elles glissent sur son front  ; incontrôlées. Son sourire se fait indulgent ; enfin conscient de la pureté du jeune homme à ses côtés. Sa voix épuré ; ses iris dévoilées. Il est cet ange qu’il a tant cherché. Il est cet être auquel il aurait presque envie de se confier ; de toute avouer.
— « C’est pourtant un prénom plutôt commun chez les latino. » dit-il doucement ; cherchant ce regard ambré. « Je viens du Mexique. » rajoute-t’il, pensif.
Hernando fronce ses sourcils ; étonné. Éberlué par cette envie de partager. À croire que tout son entrainement ; toutes ces années passées à se contenir ; à se retenir ; ont été oubliés. Oubliés face à un visage d’ange et un rire fait de cristaux dorés. Comme hypnotisé ; lentement exalté ; il ne peut pas s’empêche de vouloir le toucher. Toucher du bout de ses doigts scarifiés leurs semblables abimés. Éclats d’obsidiennes reviennent sur cette peau tatouée ; marque noir sur cet épiderme immaculé. Fleur de cerisier ; un symbole si doux ; éthéré. Devenu sur la nuque de ces jeunes hommes ; femmes et hybridés, la marque de la différence. La marque de leur honte et du racisme de la société. Il se demande parfois, comment peut-il connoter une telle absurdité. Alors que toute sa vie ; il a subit. Subit ces brimades et ces remarques ; ces rires étouffés et ces supérieurs biaisés. Tout cela parce qu’il n’était pas né sur ce sol sacré.

Et le voilà étendard d’un système d’autant plus biaisé. Il ne peut pas s’empêcher de frissonner ; incontrôlé. Et si ce Camel n’était que le reflet brisé d’une beast affamée ? Ses yeux glissent le long de ses épaules dévoilées ; observant chaque détail qui pourrait l’indiqué. Rien ne sort de l’ordinaire ; pas de cornes ou de mâchoire aux crocs acérées. Il porte autour de lui un air de neutralité ; presque inoffensif ; presque comme s’il n’était pas impliqué.
— « Je peux … ? C’est une question assez délicate. » commence-t’il, étonnement gêné. « Tu- Tu ne ressembles pas aux autres hybrides que j’ai déjà rencontré. Est-ce que- » arrêt ; il mouille ses lèvres sèches. « Tu ressembles à un humain. » fini-t’il.
Sa main gantée vient caresser son propre tatouage ; bien conscient que ce n’est pas le genre de question qu’il faut poser. Il aurait pu — il aurait dû se retenir, fermer les yeux, inspirer et laisser sa curiosité passer. Mais celle-ci grignote ses entrailles comme s’il était en train de ressusciter. Insatiable ; intenable. Il se devait de l’étancher.

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Lun 27 Mar 2017 - 1:20
ft. hernando

Les mots s’échappent. Tu le sens bien. Aucun de vous deux ne contrôle quoi que ce soit. C’est le bruissement des feuilles qui tombent. Inlassable, le temps les laisse tomber, il les abandonne, alors que les arbres se sont efforcés de les garder, contre eux. Ces feuilles, jaunies, incontrôlables. Et, tu le sens bien. Tu sens ses sourcils qui se froncent en te regardant. Tu sens ce regard perdu, cette sensation, tu la connais. Il y a là les mots qui s’échappent, des choses que l’on ne contrôle plus. Il y a des regards que l’on jette à la dérobée, en espérant que ces choses s’arrêtent, car elles peuvent être douloureuses. Elles peuvent faire ressurgir ces sentiments qui se tapissaient au fond de la cage.
Ces sentiments que l’on s’efforce de garder enfermer dans cette cage dorée, au fin fond de notre âme. Ils sont là, ils se tapissent avec un sourire sadique. Ils espèrent. Ils veulent s’échapper. Ils viendront vous prendre, prendre votre cœur, votre corps et vos esprits. Ils vous rendront fous, si vous les gardez à jamais en vous.
Et tu vois là, à travers ce regard de douce folie, ses traits si réguliers, et pourtant si durs, cette envie. Cette envie de crier, de se laisser aller, de crier que tout ira bien. Il y a là cette envie de tout perdre, de tout recommencer, de tout gagner. Il y a là cette envie de laisser les mots s’écouler.

Et ses doigts qui, doucement caressent les tiens, comme s’ils s’étaient trouvés, dans un monde trop immense, dans des rêves bafoués. Tu les presses, doucement, tu les gardes, pour toi. Cette sensation, ce besoin de les serrer dans tes mains, de ne jamais les laisser s’en aller. Tu les serres, comme si tu allais t’envoler, ou comme s’il allait disparaître. Tu ne sais plus. Tu ne sais rien. Ton estomac se tord, comme d’une façon que jamais tu n’as voulu connaître. Camel. Je te connais.
Toute ta vie. Tu t’es efforcé toute ta vie, et ça, tu ne le sais pas. Mais, à chaque instant, tu as repoussé ces sensations. Toute ta vie, tu t’es efforcé de rester neutre, de ne pas t’attacher. Et, le Camel d’avant serait déjà sorti de cette Cathédrale où s’abrite les prémices de sentiments que tu aurais auparavant aimé jeter aux quatre vents. Mais tu ne contrôles plus rien.
Il n’y a plus rien que tu ne puisses contrôler. La boucle est bouclée, Camel. Les choses ne vont que continuer, grandir, se développer, et la graine ne vient que d’être plantée, que tu es déjà, perdu, là, quelque part. Tu ne comprends pas, tu ne comprendras sans doute pas. Mais, ce sont deux destins qui viennent de se lier, à travers les pays, à travers les âges et l’éternité. Et, sans doute que ce n’est que le début d’une fin qui se déroule, avec une lenteur effrayante. Mais tu ne te poses pas ces questions, Camel.

Et il te fixe, les yeux dans les yeux. Tu sens ce regard, qui te pèse, qui t’enveloppe d’une douceur que tu n’as encore jamais connue. Il y a là la douceur d’un être perdu, le désir, parfois, tu aimerais peut-être y croire. Il y a là les rires oubliés, le goût amer de la vie qui ne fait que se délier, et ses doigts qui ne perdent pas, que tu gardes inlassablement contre les tiens, alors même que tu ne t’en rends pas compte. Et tu es perdu, Camel. Et pourtant, tu es là, face à cet homme immense, qui pourrait t’inspirer une peur, avec sa stature, ses yeux noirs, sa peau sombre, ses cicatrices qui semblent parsemer son corps. Mais il y a ces boucles qui retombent sauvagement sur ce front. Il y a ce regard étrange et envoûtant.
Qui glisse, lentement, sur ton corps, à la recherche. Tu le sais déjà. A la recherche de qui tu es. A la recherche de ce que tu es. Et tu attends, juste, ces questions, qui vont tomber, que tu as souvent dû affronter. Car tu n’es rien. Tu n’es ni hybride, ni avec un pouvoir. Rien de plus qu’un simple humain, un être faible, obligé et condamné à vivre dans un monde qui ne fait que s’assombrir et devenir plus violent à chaque instant. Tu es condamné à une vie que tu aurais aimé ne pas avoir à vivre, quand bien même tu arrives à t’en sortir, grâce à certaines personnes.

Mais tu n’es qu’un humain Camel. Et son regard te cherche, il cherche, une quelconque trace, quelque chose qui te rendrait un peu moins humain, un peu plus étrange, un peu plus monstre, peut-être. Il cherche, ce que tu es. Ce que tu fais là. Et pourquoi tu es là, marqué de rose, marqué d’une couleur si dégradante à présent.
Et c’est un supplice, qui s’étend, et c’est ton regard qui se baisse, qui s’arrête sur vos doigts toujours accrochés, toujours à la recherche de l’autre, perdus.
Et, c’est, la voix sans doute un peu honteuse, le goût amer des choses au bord des lèvres, que tu oses prendre la parole, toi.

Je ne crois pas avoir un jour muté.

Des mots qui s’abattent comme une douce sentence. Des mots que très peu pourraient ressentir au plus profond d’eux. Car, Camel, tu es humain. Tu le crois, dur comme fer, tu n’as jamais muté, tu n’as jamais eu à devoir contrôler un pouvoir, car tu n’étais rien d’autre que toi-même, comme tu l’as toujours été, ou presque.
Et les mots sortent d’eux-mêmes.

J’ai juste perdu mes souvenirs, ma mémoire, pause, soupir, gorge qui se serre.

Tu mords ta lèvre, tu ne sais pas pourquoi tu parles. Tu ne devrais pas. Personne ne devrait à entendre ça. Retiens toi Camel.
Qu’est-ce que tu cherches ? Une pitié ? Sans doute pas. Tu ne cherches rien. Tu as juste, ce besoin, incessant, de te confier, ce désir de montrer qui tu es, que tu n’es pas rien, que tu as dû te relever. Tu as envie. Tu aimerais, aussi, qu’on te regarde, qu’on se dise que tu as réussi à t’en sortir, alors que tu avais tout perdu. Tu aimerais, tu aimerais. Alors, tu parles, sans même t’en rendre compte. Tes lèvres se délient dans un sourire amer.

J’ai tout perdu. Je me suis simplement réveillé, en sachant que j’étais Camel, vous savez.

Vous ne savez pas, non. Sans doute pas. Combien, il est dur, de se réveiller d’un sommeil brumeux, de chercher à savoir qui l’on est, ce que l’on fait ici, ce que tout cela est. Vous ne savez peut-être pas, à quel point il est dur de se réveiller, et de se demander si on a toujours été seul, si on a eu un jour une famille. Vous n’en savez peut-être rien. Mais, toi, Camel, tu l’as fait. Et tu aimerais, sans doute, qu’un jour on te regarde, et qu’on se dise, que tu as réussi à vivre, malgré tout ça.
Tu  t’efforces de garder tout ça pour toi. Tu n’aimes pas t’exposer, tu ne veux pas t’imposer. Tu ne veux pas. Tu ne comprends pas. Tu ne sais pas, tu ne sais plus. Ton cœur s’emballe. Tu aimerais tout s’en aille. Ta rage. Ta colère. Tu aimerais que la tristesse s’éteigne, que les souvenirs déferlent, que tu saches enfin qui tu es, ce que tu fais ici. Tu aimerais connaître la vraie raison de tout cela. Cette mascarade incessante qui  pourrait te rendre fou. Tu aimerais que ces larmes que tu ne contrôles pas s’arrêtent. Camel ; Camel ; Camel.
Tu aimerais te contrôler.
Tu aimerais, contrôler toutes ces choses que tu n'arrives pas à, ne serait-ce comprendre.
Ce besoin, de reconnaissance.
Ce désir, ces rêves, bafoués, oubliés.
Tu aimerais ; ne pas être désespéré.
Sourire amer.

C'est sans doute de la peine qu'est née cette impulsion, cet étrange besoin, que tu n'as jamais cherché. Et, avec douceur, tu t'avances, et viens chercher ces lèvres gercées, dans un murmure de larmes.

Juste un instant.



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Dim 2 Avr 2017 - 23:37




de ces pauvres vieillards qui tentent de se souvenir
So the days float through my eyes
But still the days seem the same
Hernando sent son être résonner ; son être tout entier vibre aux paroles de cet être à ses côtés. Ses simples mots ; perles sur ces lèvres gercées sonnent tel un glas dans ses pensées. Gong de la dure réalité. Hernando se met à penser ; à réaliser ce qu’il a dû endurer. Ces doigts abimés ; ces yeux ambrés ; ces boucles emmêlées tout cela appartient à un être qui ne devrait exister. Une aberration ; un grain de sable dans ce mécanisme. Il dévie la machine ; il montre que celle-ci n’est pas si parfaitement huilée. Ses yeux se posent sur cette fleur de cerisier qui ne devrait pas exister, sur l’absurdité de la situation. Il n’aurait jamais osé ; osé imaginer ; laisser ainsi ses pensées vagabonder à l’idée qu’un humain — simple humain ; fragile humain ;  puisse encore exister. Impossibilité devenue réalité ; il n’avait pas réalisé qu’il pouvait rester des êtres in-affectés. Inaffectés par cet astre sanglant ; inaffectés par ces pouvoirs brûlant.

Pendant un moment il y avait cru ; il avait cru être un des seuls survivants. Un des derniers humains à fouler cette Terre sacrifiée. Un des derniers humains à proprement parlé. Avant que le froid l’envahisse ; avant que ce bec l’engloutisse. Avant qu’il ne se réveille terrifié ; certain d’avoir enfin atteint cet état sacré. Qu’il se réveille seul ; abandonné ; sans cet être tant aimé qu’il souhaitait voir à ses côtés ; sans ses cheveux de blés et son sourire amusé ; sans ses yeux bleutés et son menton carré. Qu’il se réveille seul ; accompagné du rire d’un anima contrarié ; d’un anima sans lequel il n’aurait pas pu avancer. Malgré les vacheries ; malgré les moqueries. Il est resté à ses côtés ; fidèle ami ; fidèle à son lié.

Hernando observe cet être se décomposer ; se délier en une nuée de perles salées. Larmes cristallines qui s’agglutinent ; larmes cristallines qui débordent de leur calice doré. Rivières sur ces pommettes carmin ; elles le fascinent. Il se sent hypnotisé ; paniqué ; envoûté. En cet instant, son regard se rive sur ces larmes angoissées ; dernier rempart de cet être infortuné.

Baiser volé.
Baiser salé.


Lèvres abimées ; simple pression exaltée, désespérée. Caresse à peine appuyée ; murmure d’un prisonnier ; prisonnier de ce passé qu’il ne peut retrouver. Instant volé qui se brise à peine séparés ; éclats de verres éparpillés. Lames d’obsidiennes viennent se perdre dans ces prunelles dorées ; incapable de comprendre ; de procéder. Il se recule ; étonné ; subjugué ; bouleversé.

Camel le laisse entrevoir tant de possibilités ; de différentes réalités qui pourraient se réaliser. Ce jeune homme ; si frêle à ses yeux semble le chambouler. Il change sa perception de choses ; de sa propre réalité. Il n’aurait jamais pu imaginer ce baiser ; cette pression envolées, deux ailes qui papillonnent, déliées. Instant d’éternité déjà terminé. Sa main vient se poser contre sa tempe mouillée ; son pouce caresse quelques larmes cristallines échouées sur sa peau opaline.
— « Cariño… »
Murmure soupiré ; exalté. Surnom affectueux qui coule sur ses lèvres gercées ; malmenées par le sel de ses larmes désespérées. Il ne sait quoi dire ; comment réagir. Ce baiser l’a prit par surprise. Il se doute que ce n’était pas prémédité ; simple action sous le coup de l’émotion. Tel un naufragé qui s’accroche à sa bouée.
— « Tranqullo. No debes ponerte así. »
Sa langue maternelle coule sans qu’il ne puisse l’arrêter. Murmuré au creux de sa gorge pour le rassurer. Ses yeux de jais se plongent dans ses perles dorées ; le forçant à le regarder. Il ne veut pas le voir fuir tel un colibri agité ; apeuré. Il ne veut pas le voir disparaître ; derrière un pilier. Ses doigts viennent se glisser entre ses mèches bouclées, caressant l’arrière de son crâne doucement ; presque tendrement.
— « Sh. Cariño, no tengas miedo. »

Front contre front ; cheveux emmêlés.
Lèvres fourmillant de cet instant envolé.

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Lun 3 Avr 2017 - 1:11
ft. hernando

juste un instant.

Ces paupières fermées, ces yeux en larmes. Ces douces perles roulent le long de tes joues, dans un silence incertain, Camel. Tu es perdu, perdu face à tout cela. Perdu au plus profond de ton âme, chamboulée. Tu aimerais, tu aimerais à disparaître, dans le néant. Une poussière, malmenée au beau milieu d’un univers d’infini et d’inconnu. Tu es là, brisé par le vent qui souffle, de partout, qui soulève ces larmes, qui emmêlent tes cheveux, alors que tu te passes les mains dedans, en criant, en criant que tout cela cesse. Tu es là, brisé par les souvenirs qui te hantent, la nuit, alors que tu es perdu dans le noir. Ils sont là, ils te hantent, ils viennent te prendre les esprits, ils reprennent leur place, le temps d’un rêve, ou d’un cauchemar. Et tu les revois, tous, toutes ces choses que tu as autrefois perdues, ces choses, floues, qui tendent à s’échapper du corps de ton anima, mais tu ne le sais pas. Tu ne le sais pas. Et, alors que tu te réveilles, le visage en peur, et le cœur en sueur, tu cries. Tu cries, sans doute, à l’aide, tu cries, tu espères, tu demandes à ce que cela cesse.
Tu espères, tu espères que le silence reviendra, qu’il se laissera, doucement posé, dans ton esprit, que le calme et la sérénité revienne. Et tu espères, Camel. Tu espères pour les souvenirs brisés, tu espères pour tes rêves piétinés ; tu espères.

Et, il y a là, cette douceur. Cette douceur tant recherchée. Il y a là les souvenirs que tu souhaites oublier –quand bien même ce serait déjà fait. Il y a là la douceur de certains mots murmurés au creux de l’oreille ; la gorge qui se serre, et cette envie de tout faire taire, pour graver ces instants si particuliers, à jamais dans ton esprit. Ces mains, toujours liées par cette force incontrôlable qui a pris le dessus, qui a empli la cathédrale, silencieuse, qui assiste à un baiser si étrange, au goût amer du désespoir. Elle est là, elle vous regarde, de ses yeux divins, elle vous fixe, et elle lie les destins. Elle attrape les fils de vos vies et en fait des nœuds ; plusieurs. Elle assemble les fils de deux destins pourtant si différent, si éloignés. Elle les attache ; elle les attache, encore et encore, sans jamais s’arrêter, et peut-être espère-t-elle y voir naître ces choses que les hommes ont de si particulier. Peut-être espère-t-elle y voir de sentiments si étranges, qu’elle ne comprendra jamais, qu’elle ne cherchera jamais à comprendre, car, ils sont humains. Humains. Humains.
Elle vous fixe, le sourire aux lèvres, et fait taire jusqu’au silence qui rit de vos pauvres passés tourmentés.  

Lentement, tu sens cette main qui se détache, ce visage qui recule, et, d’abord, le vide. Le silence s’installe, parmi vous, alors que plus un mot n’était encore échangé, il se fait là, plus pesant, et pourtant, ton regard se fait léger, Camel. Peut-être n’aurais-tu pas dû agir ainsi, sous l’impulsion du désespoir, peut-être aurais-tu dû faire taire, cette envie, au creux de ton ventre, celle-là même qui t’a poussé à avancer.
Et, ensuite, la main qui s’élève, s’envole, et vient se poser contre ta tempe, qui vient essuyer ces quelques larmes, qui semblent s’échouer dans l’abîme des tiennes. Et ton regard, qui se détourne du sien, dans une émotion que tu ne connais pas, que personne ne connaîtra jamais. Il n’y a pas de nom. Il n’y a là plus rien à comprendre, juste, cette sensation, qui est là, dominante, alors que la voix grave se fait à nouveau entendre, dans un sourd murmure. Des mots qui glissent sur la langue, qui tombent de ses lèvres. Des mots qui te sont incompréhensibles et qui te paraissent pourtant si doux. Ils sont là, ils s’enroulent, et rassurent, dans cette voix, berçante. Et tu aimerais te sentir ainsi, longtemps, un moment, un instant, une éternité. Au milieu de ces mots.

Tu le sens, pesant, sur ton visage, alors tu le fixes, tu le regardes, dans le blanc des yeux, à la recherche, à la recherche d’une quelconque échappatoire à la honte, une envie de fuir, sans doute. Une envie de fuir, de disparaître, dans l’instant. Car Camel, tu as honte, d’avoir cédé ainsi à tes émotions, incontrôlables, menées par les rênes de la tristesse.
Deux fronts qui viennent se coller, l’un contre l’autre. Ses doigts qui se glissent derrière ta tête dans une douce caresse, apaisante, calme. Ton cœur qui se repose, qui s’éteint peut-être même, quelques instants, te laissant un soupir.

Tu te recules légèrement, et laisse un doux sourire fleurir tes lèvres tandis que les cloches sonnent.






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Dim 9 Avr 2017 - 23:13




de ces pauvres vieillards qui tentent de se souvenir
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Hernando observe ce jeune homme tendrement ; son pouce caressant doucement. Cloches qui résonnent ; qui carillonnent. Sonnant le glas d’un blasphème en train de se créer ; de s’achever ; éternité non-déterminé. Respirations suspendues ; interposées. La buée s’élève ; fumée d’une âme en train de s’expier ; pêché qu’il ne peut assumer. Lèvres étirées en un sourire qui ne devrait exister ; qui n’existe que par leur volonté. Volonté de se retrouver ; volonté de rester lié malgré les interdits qui s’accumulent à leurs pieds. Hernando se met à rêver ; à penser. Que c’est le Destin qui a vu leurs fils s’entremêler ; que cette rencontre dans ce lieux glacé était destiné. Qu’ils ne pouvaient pas faire autrement que de se trouver ; s’enlacer ; s’embraser. Sur ce bûcher qu’ils ne pourront éviter à force de blasphémer. Son pouce revient caresser ; pensivement, ses pommettes irisées ; constellées. Il se prend à rêver que ses lèvres se mettent à compter toutes ces taches parsemées. Voyageant ; naviguant à travers ces contrées inexplorées ; ces terrains vallonnés. Il se met à souhaiter que tout ceci n’est qu’un rêve ; un songe ; une construction de son esprit enfiévré.  Que ses doigts ne caressent pas ces cheveux emmêlés ; que son souffle ne se mêle pas à celui de ce jeune homme exalté. Front contre front en un prémisse d’intimité. Front contre front, prêt à se séparer.

Hernando se baigne encore un instant dans cette douceur parfumée. Hernando se dit qu’il devrait s’éloigner ; refuser ce que son corps ne fait que lui dicter. Sa gorge se sert alors que ses iris ne font que chercher. Leurs prunelles s’accrochent ; décontractées. Nouvelle lune qui vient se déployer dans un ciel doré. Il sert si simple se s’incliner ; de se laisser aller à ses désirs qui le font trembler. Sa paume trace une dernière fois la forme de cette pommette — de cette prune qu’il rêve de croquer, avant de se détacher ; doucement — difficilement. Il a l’impression d’être accroché ; ancré par des fils de fer contre lesquels il ne peut pas lutter. Il se force à reculer ; à le laisser respirer. Il croit un instant le voir le chasser — voir ses yeux papillonner. Folie d’un instant ; rêve d’un instantané.

Ombre glacée parcours ces lieux hantés. Son anima s’est impatienté ; ses grandes ailes déliées, elle repart, jetant un dernier regard aux deux êtres enlacés. Le glas vient de sonner — il résonne avec le dernier éclat de ces cloches dorées. Le sable a fini de s’écouler ; leur temps est compté. Un sourire amer peint ses lèvres gercées. Si seulement il pouvait rester ; envoyer bouler ; rester ici à murmurer des mots doux au creux des oreilles de cet être illuminé. Mais il a n’a que trop tardé. Tel une Cendrillon qui se doit de rentrer lorsque l’horloge a sonné ; Hernando se doit de rentré une fois chupa envolée. Elle garde la tête claire ; posée. Elle sait qu’il faut s’en aller, qu’il ne peut rester, se complaire dans les bras d’un jeune homme tout juste rencontré. Que ce n’est pas juste ; que ce n’est pas clair ; que ce n’est pas digne de l’homme qu’il tente désespérément d’honorer.

Ses lippes s’écartent ; filet d’air murmuré. Les mots de bloquent dans sa gorge asséchée. Il ne sait que dire pour se faire pardonner. Il ne sait que faire pour expier ses pensées ; ses propos ; ses actes déplacés. Sa main fourmille d’envie ; de se replacer contre cette peau constellée ; de se replonger dans ces mèches rouillées. Un cri strident le fait sursauter ; son anima commence à s’impatienter.
— « Il ne faudrait pas que je la fasse attendre » fait-il remarqué ; rire amusé ; rire étranglé.
Hernando se décide à se lever ; dévoilant sa stature ; imposant. Il remet distraitement son gant alors que ses yeux n’arrivent pas à se séparer ; à se décrocher de leurs homologues ambrés. Sourire peiné au bout des lèvres ; il se force à se déplacer ; se reculer. Ses doigts s’accrochent un dernier instant ; un dernier moment. Alors que ses lippes glissent une dernière fois sur ces phalanges abimées. Echo des présentations passées ; retour à une case qu’ils avaient quitté.
— « Ce fut un plaisir de te rencontrer Camel. » dit-il, son nom roule sur sa langue comme la caresse d’un amant passionné. « Peut-être que nos destins sont liés et que nous nous reverrons un jour sans l’avoir cherché. » souffle-t’il pensif. « À une prochaine, Camel. Puisse nos chemins se recroiser »
Regard en coin ; lèvres étirées en une parodie de sourire amusé. Hernando se tourne vers l’arche d’entrée, ses bottes résonnant dans le silence pesant.

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Dim 9 Avr 2017 - 23:56
ft. hernando

Tu sens encore ces doigts, Camel.
Ils se laissent aller à une danse ; inconnue. Celle des derniers jours, celle des derniers instants. Les danses aux sons particuliers. Ils s’envolent, rêvent de disparaître, de se retrouver aux fils des destins. Cette danse, que tu ne connais que trop peu, douce, agréable, qui parcourt ton visage dans une douceur bien trop envoûtante. Ton esprit qui s’égare, tes yeux brumeux qui ne peuvent s’empêcher de penser à ces choses si lointaines, ces choses qui viennent de loin du passé, jusque loin dans l’avenir. Tu les sens, qui se battent, qui cherchent à construire un présent si différent. Ils glissent le long de ton visage, dans une étreinte que tu aimerais marquer à jamais sur ta peau ; tout comme ce baiser volé que tu aimerais graver pour le temps d’une éternité sur tes lèvres en quête de quelque chose de perdu, en quête d’amour, peut-être.

Et, doucement, ce visage qui s’écarte, dans une lenteur insupportable, dans un souffle fou. Car, peut-être l’es-tu devenu Camel ; fou. Fou de ces caresses du bout des doigts ; fou de ces souvenirs oubliés ; fou de ce regard d’obsidienne qui t’obsède déjà comme jamais. Et ces boucles rebelles qui tombent sur son front. Ton ventre se tord ; tu le sais, les débuts ont une fin ; les fins ne font que commencer. Et tu es là, perdu, la gorge serrée. Serrée par ces choses incompréhensibles, qui vous rendent fous. Serrée par la cathédrale du destin qui semble si fière de son œuvre, si fière de la pureté ; pureté de cette relation si intense qui ne fait que toucher à son début. Serrée par ce bruissement d’ailes qui se déploient et prennent leur envol pour ne jamais plus revenir en arrière.

Il n’y a rien, Camel. Rien que tu ne puisses faire face à la fatalité. Rien que tu ne puisses faire face au lourd bruit du destin qui part en courant, qui sourit, fier de laisser ainsi les douleurs au creux du ventre. Il vous regarde et est fier, fier de vous laisser là, pantelant, les regards blessés, les regards à la recherche de cet autre. Car tu le fixes, car tu le cherches, ce regard. Tu le gardes, pour toi, gravé ainsi dans ta mémoire. Et, Camel, sans doute as-tu peur de le perdre. Sans doute as-tu peur de perdre de nouveau ta mémoire et de l’oublier, d’oublier ce baiser volé, partagé peut-être ; ce regard si profond, si intense et peut-être terrifiant de la façon dont il te fait perdre ton calme. Sans doute as-tu peur de perdre ce visage sculpté dans la beauté même, marqué par les temps et les douleurs ; marqué par de telles choses que sans doute personne ne pourrait comprendre.

Rire amer ; sourire perdu ; tu ne sais pas réellement comment agir Camel, car les choses viennent et s’en vont ; des allers-retours incessants que tu ne comprends pas et que tu ne maîtriseras jamais. Et pourtant, tu aimerais, les attraper du bout des doigts et ne jamais plus les laisser s’échapper, car elles sont là, trop intenses. Elles sont là, elles vous retournent le ventre, elles vous chamboulent le cœur et vous laissent l’esprit abandonné par la raison.
Et, en un instant, avant même que tu ne puisses t’en souvenir, il est là, déjà debout. Comme avant, debout, face à toi, te dominant de sa haute stature. Et tu y songes ; tu songes à ce moment passé, que tu espères ne jamais oublier. Tu songes au temps qui s’est écoulé sans même que tu ne puisses le compter ; peut-être a-t-il été trop court, comme un battement de cils, comme un rêve de papillons qui disparaissent, ou peut-être était-ce l’éternité que voilà, celle que l’on attend toujours, que l’on espère voir jusqu’à sa fin. Et tu rêves, peut-être.

Les mots résonnent dans la cathédrale, et un sourire vient te prendre aux lèvres. Tu le fixes, pour l’instant sans une parole, jusqu’à ce qu’il ait fini. Tu le vois là, et l’imagines presque tel un chevalier qui s’en va.

A bientôt, Hernando.

Simplicité, tu n’ajoutes rien de plus, tu n’aurais de raison ; lui, a déjà parlé pour vous. Que les destins soient liés, et qu’ils se recroisent un jour, dans un rêve éclatant de douceur.
Dans un dernier souffle, alors que ton regard se fait absent, tu entends derrière toi, les lourdes portes qui se referment.

Et alors que tu es à présent seul dans la pénombre de cet édifice où les chemins se sourient, tes lèvres s’entrouvrent.

Ravi de t’avoir rencontré.




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