dogs of war ♢ ilias [souvenir]

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Sam 4 Mar 2017 - 22:06




dogs of war
In the muddy water we’re falling
In the muddy water we’re crawling
Hernando essuie la suie et la sueur ; la crasse et la douleur qui s’incruste dans ses traits fatigués. Une perle salée glisse sur le long de sa tempe, alors que sa langue vient tremper ses lèvres asséchées. Il fait pourtant froid — si froid. La neige n’est plus tombée depuis plusieurs jours, pourtant elle craque sous leurs pas ; glacée, inchangée. Ils n’osent s’approcher de certains monticules enneigés ; qui sait ce qu’ils pourraient y trouver. Le froid leurs gèle les pieds ; la faim leur grignote les entrailles. Il ne sait pas combien de temps ils pourront encore continués ; ils sont épuisés — vulnérable face aux beasts affamés. Cela fait bien une demi-heure qu’ils n’en ont pas croisée. La dernière fut dépecée sans même y penser ; sa lourde peau coupée et distribuée à ses compagnons afin de les réchauffer.

Ils ne sont pas nombreux ; pas plus de sept par entités. Hernando l’avait ainsi décidé, poussé par toutes ces années passées à l’armée. La jungle amazonienne et le désert de Gobi n’auraient pu le préparer à ces étendues glacées. Voici une année où il aurait bien voulu éviter un hiver blanc, surtout d’une envergure sans pareil. La lune rouge brille dans le ciel ; lointaine, moqueuse, les baignant d’une faible lueur carmin en pleine journée. Il observe du coin de l’oeil ceux qu’il a choisi pour l’accompagner ; leurs visages sont fatigués, voire épuisés, pourtant ils continuent d’avancer. Il sent un faible sourire craque sur ses lèvres gercées.
— « Tu es sur de toi ? » demande-t’il à son voisin


Ils ne se seraient jamais éloignés si loin dans un quartier sécurisé si le brun n’en avait pas fait la demande ; il voulait savoir ce qui était arrivé à ses proches dont il était sans nouvelles depuis cette nuit tant redoutée. Ils avaient tous perdu quelqu’un sous ces rayons carmins. Sa main se resserre sur la lanière de son sac, fermement accroché à son épaule. Il n’a pas envie de passer la nuit dans ces lieux hantés ; qui sait ce qui pourrait les attaquer. Ses yeux sombres naviguent sur les côtés, observant chacun de ses hommes et leur comportement. Ils ne sont plus aussi alertes qu’ils devraient l’être ; le froid, la fatigue, la faim. Ils trainent des pieds ; il voit même Alfredo trébucher, se rattrapant maladroitement. Hernando soupire avant de leur faire signe de s’arrêter, il penche la tête vers un immeuble abandonné.

— « Vous trois, faites-moi un périmètre sécurisé » dit-il, autoritaire, satisfait de voir les jeunes hommes et femmes s’exécuter. « Vous autres, avec moi. » finit-il avec un signe par dessus son épaule.

Son fusil fermement tenu dans ses mains gantées, il s'avance rapidement flanqué de deux de ses compagnons. Ses yeux cataloguent sans effort les endroits où une beast, ou pire, un homme, pourrait se cacher. Au milieu de toute cette neige, dans ces habits sombres, ils sont des cibles de choix ; de simples proies.  

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Dim 5 Mar 2017 - 9:11

It's so quiet.

Les bottes crisses dans la neige glacée et le bruit résonne contre les immeubles. Ilias préférerait le silence. Il est sur les nerfs, son regard balayant les lieux avec l'angoisse d'une proie. A chaque coin de rue pourrait être une beast et, il faut être honnête, il en a suffisamment vu pour savoir qu'il préférerait ne pas en recroiser. Mais c'était une telle nécessité, il fallait bien que quelqu'un s'occupe d'exterminer ces bestioles, et la milice était là pour ça.
Pourtant, en cette fin d'après-midi, il se sentait loin de sa mission... il avait l'initiateur de ce trajet. Il avait demandé de se retrouver là. Quelle connerie. Toute cette ville puait la mort et dans cette rue, ça ne faisait qu'empirer. Ils s'éloignaient trop de Manhattan et risquaient au retour de se retrouver coincer avec des beast des deux côtés. Ilias, lui qui était toujours très bavard pendant ces rondes, s'était tut trois kilomètres auparavant en réalisant la bêtise qu'ils avaient fait. Il ne voulait plus avancer, il voulait partir, faire demi tour.
Ça sentait la mort.

-Tu es sur de toi ?

Ilias tourna la tête vers le leader du groupe et n'arriva même pas à répondre à voix haute. Il hocha la tête affirmativement. Oui, c'était cette route, il l'avait pris des dizaines de fois, il était certain que ses parents avaient pris celle-ci. Maintenant, ça ne voulait pas dire que c'était une bonne idée. Il jeta un coup d'oeil au reste du groupe. L'épuisement, la faim se lisaient sur tous les visages. Sur sept, il devait être trois à être encore suffisamment éveillé pour bien surveiller les environs. Ilias ferma un instant les yeux et soupira. Il fallait faire demi-tour. C'était un mauvais plan de rester là. Et Ilias ne pouvait honnêtement pas risquer autant de vie pour... pour quoi ? L'espoir qu'il n'était pas seul ?
Naïf.

-Vous trois, faites-moi un périmètre sécurisé, lance le leader... Hernando Quelque chose si Ilias s'en souvenaitt bien. Ça devait être la seconde ou troisième fois qu'ils travaillaient ensemble, mais les rondes étaient nombreuses, les miliciens tout autant. Vous autres, avec moi.

Se retrouvant dans le second groupe, Ilias resserra ses doigts autour de son arme et suivit les trois autres. Il regardait autour de lui avec attention, partagé entre le fait qu'ils devaient partir d'ici et celui qu'il voulait savoir. Le paradoxe. Mais la rue se faisait de plus en plus sombre, de plus en plus rouge. Ils allaient crever là si la nuit tombait. Il était buté mais pas stupide.

Il soupira une nouvelle fois, ce faisant lentement une raison. De deux enjambés, il rejoignit Hernando. Peu discret avec ses bottes sur la neige, il fit quand même l'effort de parler bas.

-On devrait faire demi-tour.

Ils étaient aller si loin, ils n'avaient rien trouver. Ilias y retournerait seul ou avec un ami... Pas avec sept hommes et femmes qu'il connaissait à peine. Il ne pouvait pas assumer tout ça. C'était trop. Il ne s'en était pas rendu compte sur le coup, en demandant de suivre cette route, mais maintenant l'évidence se faisaient. Ça faisaient trop de semaines qu'ils vivaient ce cauchemar, ce serait la goutte de plus. Celle de trop. Trop de cadavre, trop de perte.

-On a couvert suffisamment de kilomètres.

Il s'arrêta, se fixant lentement sur une idée.

-Si mes parents étaient en vie, on les aurait croisé bien avant.

Il n'y croyait pas.
Il y a des évidences que l'on dit, mais qu'on refuse, par principe, parce qu'il faut voir pour croire.
Alors, Ilias n'y croyait pas.
Mais il n'était pas l'idiot qui mènerait son groupe à la mort.
Il ferait le reste seul.
Finalement, il était stupide, et buté ;
Et ça se voyait sur son visage.

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Dim 5 Mar 2017 - 21:33




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Hernando grince des dents, ses doigts se crispent contre son fusil alors qu’il avance furtivement, les yeux concentrés sur sa cible ; son but. Il devrait être habitué pourtant, à travailler avec des civils, des gens peu entraînés qui faisaient de leur mieux pour aider. Mais il ne pouvait pas empêcher la tension dans ses épaules en entendant la voix de celui qui avait la demande de l’expédition. Qui avait supplié, les yeux larmoyants, que qu’ils partent à la recherche de ses parents. Et Hernando avait accepté ; qui était-il pour lui refuser, qui était-il pour lui ôter ce dernier acte désespéré. Ils étaient accompagnés par des personnes motivées ; et puis ça leur ferait une avancée dans ce quartier no-sécurisé.

On devrait faire demi-tour.
On a couvert suffisamment de kilomètres.


Hernando se retourne vers son coéquipier, la rage au ventre, le venin entre les dents. Il se redresse et le toise sans la moindre pitié, tel un cobra prêt à attaquer. Le froid, la fatigue, la faim le rendent maussade, il n’a pas envie de l’épargner.

— « Écoute-moi bien cabrón, si on voulait faire demi-tour, c’était y’a deux heures qu’il fallait le dire. » aboie-t-il

Ses yeux se concentrent sur l’étendue glacée devant lui et l’immeuble abandonné ; il fera un abris décent pour cette nuit s’ils arrivent à le sécurisé à temps. Déjà, il sent la température dégringoler et un froid polaire s’installer. Si la journée est dure, la nuit est mortelle. Il est trop tard pour faire demi-tour, ils sont bien trop fatigués. Ils arrivent près du mur à moitié écroulé ; ils ne se sont toujours pas fait canardés. Ça veut dire que si humain il y a, il ne les a pas repéré. Il attend que ses compagnons arrivent et arrêtent de faire crisser la neige sous leur pied. D’un mouvement de main il leur ordonne de réguler leur respiration. Hernando tend l’oreille, concentré. Il n’entend pas les pas lourds d’un beast affamé, mais qui sait, il va falloir entrer pour vérifier.

Il incline la tête vers l’entrée, avant de se lever et d’entrer ; poussant la porte d’un coup de pied. Flanqué de deux civils armés, il fait le tour de la pièce, prudent. Tout semble avoir été abandonné ; à moitié détruit par l’éboulement.

— « Vous deux, allez-voir les pièces adjacentes » demande-t’il « On va faire un camp ici pour la nuit. Ramène ceux dehors, qu’on organise les tours de garde. » finit-il par dire au dernier homme à ses côtés.

Hernando soupire, passant une main fatiguée sur sa nuque. Il dépose son sac dans un coin, et hoche la tête en voyant arrivé le reste du groupe. Ils ne pouvaient pas se permettre de continuer ou pire ; de faire demi-tour et de se retrouvé piégé une fois la nuit tombée.

— « Je vais prendre le premier quart avec Ilias, reposez-vous autant que vous le pouvez. » dit-il, fatigué.

Il fait un bref mouvement pour que le sus-nommé le suive à l’étage ; les murs pourront les protéger ne serait-ce que du froid. Mais une attaque de beast est vite arrivé.

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Mar 21 Mar 2017 - 9:57

Ilias ne le vit pas venir ; la remarque cinglante que lui infligea Hernando lui tomba dessus violemment.

-Écoute-moi bien cabrón, si on voulait faire demi-tour, c’était y’a deux heures qu’il fallait le dire.

Et bien pour être discret, c'était rappé. Ilias resta bouche bée cinq bonnes secondes avant qu'une colère brûlante enveloppe son estomac et sa poitrine. Cabrón ? Cabrón ? Il allait lui en foutre des Cabrón ! Ce n'était pas lui le chef de l'expédition qu'il sache ! Pas besoin de l'engueuler alors que c'était pas son taff de voir quand trop était trop ! Il s'apprêtait à s'enflammer, prêt à renvoyer dans la tête de ce mec ses quatre vérités et quelques autres remarques bonus, mais il se prit le vent de sa vie. Là. Comme ça. Hernando leva la main et Ilias ferma la bouche. Sa colère était bien présente, mais il y avait des choses plus fortes que les émotions : la survie. Il ne pensait pas qu'un jour ce serait possible qu'il se taise à cause d'une main levée, mais quelques semaines face à des monstres, et l'impossible devenait possible.

Ilias se tait donc, attentif. Rien. Il ne bougea pourtant pas. La confiance, il devait en avoir pour laisser cet enfoiré surveiller ses arrières et évaluer le danger invisible. Le regard du jeune brun (parce qu'Hernando est vieux) se porta sur ses camarades qui étaient arrivés. Tous immobiles, silencieux. Ils attendaient les ordres. Quelle belle bande de moutons.

Et soudain le berger bougea, quittant la route pour la porte d'un immeuble qu'il défonça avec l'aisance d'un connard entraîné. Ilias sentit sa colère se réduire pour se transformer en une incrédulité agacée. D'un mouvement sec il regarda derrière lui, mais il ne vit rien. Rien du tout. Juste une étendue grisâtre, des voitures immobiles, et l'ombre des immeubles. Il serra les dents et rejoignit le groupe qui s'était engouffré dans le bâtiment.

L'immeuble était à moitié éboulé ; ça se voyait à la lueur rouge qui venait de l'étage. Néanmoins, les quatre mur du rez-de-chaussée semblaient encore tenir debout, proposant ainsi une protection au groupe de suicidaires.

-Je vais prendre le premier quart avec Ilias, reposez-vous autant que vous le pouvez.

Ilias qui regardait les escaliers tourna brusquement la tête vers Hernando, faisant claquer ses cervicales. Il grimaça et se frotta la nuque, déconcentré de sa surprise. Il regarda le quarantenaire venir jusqu'à lui, le dépasser, et monter les escaliers. De derrière, Ilias leva les yeux au ciel, puis suivit les fesses admirablement bien mises en valeur.

Encore une fois, il faillit l'ouvrir - lorsqu'ils étaient un peu éloigné de ses coéquipier - juste parce qu'il ne pouvait vraiment pas laisser passer cette sale remarque, mais l'odeur le fit taire. L'odeur. Il remonta son écharpe, une grimace de dégoût sur les lèvres. Ça puait le sang séché, la pourriture. La mort.

Ilias découvrit lentement l'étage défoncé. Trois mur sur quatre avaient tenu alors que le plafond  s'était effondré, bloquant l'accès à l'étage supérieur, mais libérant la lune. Il distingua deux cadavres, coincé sous les pierres. Le visage explosé, la main tendue, la flaque de sang séché. Il détourna les yeux avec un haut le cœur, mais c'était une mauvaise idée.

-Fuck, dit-il dans un souffle bas.

Il releva son arme avant même que la scène intègre complètement son cerveau, mais son instinct savait reconnaître un cadavre partiellement dévoré... récemment dévoré. La bestiole pouvait être encore là. Purée. Il aurait préféré qu'il n'y ai pas de problème, qu'ils s'installent à l'étage, surveillent les alentours. Mais non, non, il fallait que ce bâtiment pue la mort et ait été visité par une Beast. Il jeta un coup d’œil à Hernando, lui faisant un signe discret pour montrer le cadavre - ignorant le quatrième qui bloquait l'avancé du leader, puis couvrant le reste de la zone du regard, à la recherche du monstre.
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Dim 2 Avr 2017 - 21:37




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Hernando sentit l’odeur ;
Hernando vit ensuite l’horreur.


Putride ; infecte. Des cadavres laissés à l’abandon. Leur gueule ouverte et leurs yeux vides ; les mains tendues pour essayer d’atteindre un Eden impossible. Ils n’avaient plus rien d’humain ; grotesque dans leur putréfaction. La Lune rouge baigne la scène de ces rayons sanglant ; faisant miroiter ce liquide coagulant. Ses mains agrippent plus fermement son flingue alors qu’il continue d’avancer ; prudent. Il connait ce genre de scène ; ces corps à moitié dévorés. Il entend son subordonné jurer entre ses dents. Il serait tenté de faire de même s’il n’était pas habitué à l’odeur de la chaire brûlée ; celle qui prend les narines et qui vous empêche de dormir des nuits durants. Ici c’est encore gentil ; presque innocent. La neige a partiellement conservé ces cadavres ainsi disposés ; leur laissant le temps de se putrifier lentement.
Que l’environnement peut se montrer galant.

Hernando sert les dents ; les yeux plissés. Son regard glisse sur le corps éventré ; les organes éparpillés. Ce n’est pas le fruit d’une escarmouche entre être civilisés ; ce n’est même pas le théâtre d’un pouvoir mal maîtrisé. Non, tout ceci pue la Beast affamée. Et elle doit encore rôder. Sinon ils auraient vu ses empreintes dans la neige, un trace de son passage. Mais rien. Elle doit être bien installée entre ces quatre murs ; de rouge illuminé. Il se tourne un instant vers son coéquipier ; les oreilles aux aguets ; prêt à tirer.
— « Ilias, il faut dégager d’ici. ASAP. »
Un bref mouvement de tête.
Crissement contre le béton armé. La Beast est déjà là avant qu’il ne puisse courir ; fuir ; réagir. Cachée parmi les décombres ; profitant de la lumière tamisée de la Lune pour se camoufler. Un immense félin aux crocs acérés. Sa queue dédoublée est munie d’une flèche ; d’un dard ; d’un objet pointu qui fouette l’air, n’attendant qu’une seule chose ; les déchirer. Elle bondit sur la proie la plus proche ; Hernando s’est trop avancé. Il agit par réflexe ; il n’a pas le temps d’y penser. Il agrippe le couteau de sa cuisse et taillade d’un coup le museau de l’animal. Enragé ; l’une des queues de celui-ci enfonce sa flèche dans son avant-bras ; levés pour protéger sa tête. Hernando essaye de reculer tout en gardant le monstre à distance. Pas question que ses coéquipiers ne soient victimes de cet animal affamé. Lorsqu’ils se sont engagés à ses côtés ; ils sont devenus sa responsabilité. Un tir bien placé atteint l’animal à l’épaule — ou dans le flanc.

Hernando remercie le seigneur de lui avoir donné Ilias comme protecteur. Malheureusement, en reculant, son pied glisse sur les organes d’une des victimes de la beast enragée. Il suffit d’un millième de seconde ; de cligner des yeux. Voilà que le monstre est déjà devant lui, ses crocs enfoncés dans sa carotide. Dernier effort d’un homme au bord de la mort. Son couteau vient se loger dans la cervelle de l’animal ; traversant son oeil. Un dernier coup de fusil retenti avant qu’elle ne s’effondre, entraînant Hernando avec elle.

Il essaye de s’en dégager, mais il se sait condamné.
Il peine à respirer ; le sang coule à flot, miroitant la lueur de cet astre damné.

Il entend les pas précipités de son coéquipier mais déjà ses yeux se posent sur autre chose ; une ombre menaçante grandissante. Il sent la panique l’envahir ; pas pour lui ; pas pour ses vieux ossements qui vont se faire dévorer. Non, pour le reste de son équipe ; pour ces jeunes hommes et femmes qu’il a embarqué vers une mort certaine. Ses iris d’obsidiennes se posent sur le bec de cette monstruosité. Sa bouche d’ouvre ; son sang gargouillant. Il ne peut plus que murmurer qu’un avertissement au jeune homme.
— « … run. »
Mot d’un homme condamné.
Mot d’un homme qui sent sa vie s’échapper.
Mot d’un homme qui finira dévoré.  

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Lun 1 Mai 2017 - 1:22

Ilias baissa légèrement son arme quand Hernando se tourna vers lui et acquiesça. Il fallait partir de là, avec le reste de l'équipe en dessous. Il suffisait que cette beast soit accompagnée, et ils étaient tous fichu. Mais il n'eut pas le temps de faire plus. Le crissement. Ses yeux s'écarquillèrent. L'arme se lève, mais le monstre est déjà sur Hernando, prêt à dévorer. Ilias jure entre ses dents, vise. Il faut tirer au bon moment, éviter de blesser d'une balle qu'il ne pourrait pas retirer. Heureusement, le quarantenaire se débrouillait bien avec son couteau. Ilias vit une opportunité et tira, blessant l'animal, ne l'abattant pas. Il jura joliment et pesta, le regard suivant le combat avec frénésie. Il lui fallait une autre chance, maintenant... parce que si la stupide flèche était empoisonné... Là, maint-

Ce fut comme un ralenti. Hernando se déconcentra - glissa. Et la Beast fut là, sa gueule contre sa gorge.
Ilias tire.
Ilias accourt. Il ne réalise même pas que les derniers efforts d'Hernando ont été perdu pour tuer le monstre. Non, il repousse le cadavre brûlant et plaque sa main contre la gorge déchiquetée. Il presse, un espoir déviant au fond de la poitrine. Mais le sang passe entre ses doigts sans s'arrêter, sans même ralentir. Ce n'est pas une coupure nette, c'est un trou béant de chair sanglante qu'Ilias distingue à peine dans la pénombre de la nuit. Et dans cette salle maintenant vide, il est l'idiot qui répète putain entre ses dents, comme si ça allait changer quelque chose.
Oh moins, il ne dit pas « ça va aller ».
Hernando était foutu.

-...Run.

Ilias relèva le regard sur lui, surpris. Puis la panique le prit en remarquant qu'Hernando ne regardait pas du tout vers lui. Lentement, il tourna la tête.
Monstre.
Beast.
Mort.

Il jetta un coup d'oeil à Hernando. Il n'était pas mort. Il agonisait. Il allait mourir. Mais il n'était pas {i]encore[/i] mort. Alors il fit la chose la plus évidente et la moins logique. Il ne prit pas la fuite, il sortit son couteau et termina le travail de la première beast d'un geste sec et rapide. Il ne le laissera pas se voir se faire dévorer avant de mourir. Et ensuite. Ensuite, la chose bougea, Et Ilias se la joua à l'instinct. Il lança sa lame et n'attendit pas de voir si elle déconcentrait la bête, il attrapa son fusil et dévala les escaliers.

-Dehors ! ordonna-t-il en se retournant pour pointer son fusil vers l'étage.

Rien.

-Faites attention au ciel, la beast a des ailes, dit-il rapidement en réalisant qu'elle ne descendrait pas par là.

Le reste de l'équipe passa derrière lui pour sortir, et le dernier lui tapota l'épaule. Ilias balaya du regard la salle puis suivit ses coéquipiers qui attendaient en formation dehors. Il avait une mauvaise grippe sur son arme à cause du sang, il tenta de l'essuyer tout en observant le ciel. Rien.
Il fallait agir maintenant, prendre une décision qui ne les tuerait pas tous.
Ilias détestait être responsable, mais ça, il y penserait plus tard.

-On rebrousse chemin.

Personne ne s'opposa.

-Vous trois, vous surveillez le ciel. Formation habituelle sinon. Go.

Et ils partirent.

Deux ruelles plus bas, Ilias retira sa veste qui puait la mort, s'essuya les mains dans la neige et nettoya sommairement son arme. Il allait attirer toutes les beast du coin s'il gardait un tissu imbibé de sang sur lui. Il abandonna sa veste sur une voiture et.
Il perdit quelques secondes à observer les deux cadavres à l'intérieur, bloqué.

-Ilias, chuchota un de ses coéquipiers à sa droite.

Il sortit de sa transe et sans un mot, repris la tête du petit groupe.
Pas de questions, pas de pensées parasites. Il tint bon. Ce n'était vraiment pas sain ce qu'il faisait avec ses émotions, cachées, enfoncées au fond de lui jusqu'à ce qu'il se sente comme... vide. Vide, mais efficace.
Il se fixa sur le fait qu'il fallait s'éloigner et trouver un abris à son groupe.
Ils étaient épuisés et même si l'adrénaline les rendait plus attentifs, ça ne durerait par longtemps.
Objectif, objectif, objectif.
Ce n'était que deux cadavres en plus sur la longue liste des morts qu'il avait vu depuis l'apparition de la lune.
Survie, survie, survie.
Il pleurera demain, quand ils seront en sécurité.

Une bâtisse avec encore un toit.
Ils y rentrèrent, fouillèrent, puis s'installèrent.
Trois à prendre le premier tour de garde.
Le lendemain, ils partiraient à l'aube, mais pour le moment, ils chuchotaient à peine, réagissant à l'évidence qu'Ilias n'avait pas eu le temps de leur dire : Hernando était mort. Ils s'en doutaient.
Un de plus sur leur liste.
Trois de plus sur la sienne.
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Mer 10 Mai 2017 - 23:13




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Hernando sent la lame s’enfoncer — coup brut, presque maîtrisé.
Souffle brisé — inspiration glacée.
Sa poitrine se soulève, sa bouche s’entre-ouvre désespérée de s’oxygéner. Ses yeux écarquillés fixent le plafond ; sans jamais voir ; sans jamais se poser ; ils roulent dans leurs orbites, paniqués. Sa gorge se bloque un instant — pétrifié, l’air n’arrive plus à passer. Il sent la panique qui enfle ; qui gronde ; qui s’étend et empli ses entrailles. Ses doigts viennent s’accrochent à sa gorge ; ils glissent sur le sang coagulé. Depuis combien de temps se trouve-t’il là — abandonné sur le sol ; abandonné au milieu de tous ces cadavres, un de plus sur le sol trempé. Une ombre géante veille sur lui — de bleu illuminée. Son bec se tord en un sourire moqueur alors que ses yeux infernaux ; railleurs ; se posent sur ses pupilles dilatées.

Sa bouche s’ouvre une nouvelle fois ; aucun son ne passe la barrière de ses lèvres ; il s’étouffe avec sa propre salive ; ile gargouille un mot à peine articuler. Il voit une fumée sombre — opaque s’élever. Il panique un instant — mais il ne sent pas l’odeur de brûler, simplement celle des corps pourrissants. Ricanement méprisant — ses yeux d’obsidienne ne quittent pas cette bête immense ; étouffante. Un coup d’aile et elle pourrait le tuer — il pensait, il pensait que Ilias l’avait achevé.

Ses mains tâtonnent dans le noir, à la recherche de la plaie. Ses doigts s’accrochent à son cou ; pâle ; lisse ; gluante à cause du sang coagulé. Ils remontent vers son visage ; arrachant quelques bout de peau sur leur passage. Il commence à hyper ventiler — sentant un bout de sa joue s’enlever. Un nouveau rire secoue l’animal à ses côtés — mélange entre un hurlement strident et un écho lointain d’un rire humain.

Hernando panique — il tente de se relever, précipité. Il remarque que cette fumée âcre ; cette odeur putride ne vient pas des cadavres en train de se décomposer mais de son propre visage en train de se délier. Son souffle se coupe court ; sa gorge se bloque ; il a envie de vomir ; la bile remonte ; il se mets à cracher. Le rire se fait plus pressant — strident. Sa tête se relève d’un coup sec ; ses iris fusillant.
— « TA GUEULE. »
Hernando se relève — s’asseyant vacillant. Sa tête tourne ; déjà quelques points noirs envahissent sa vision. Il entends un mouvement — bruissement d’ailes, la bête s’est approchée, silencieuse, son rire arrêté.
— « Tu ne devrais pas bouger, tu es encore faible. »
Une voix humaine sort de ce bec gigantesque — le faisant sursauter. Son regard de jais se pose une nouvelle fois sur l’immense oiseau à ses côtés ; détaillant enfin son plumage transparent ; ses yeux intelligents. Sa bouche s’entre-ouvre tandis que ses sourcils se froncent ; son visage coincé entre l’étonnement et une moue agacée.
— « Qu’est-ce que tu fous là ? » demande-t’il, sa voix rauque et éraillée. « Qu’est-ce que je fous là ? »
Hernando observe son anima — c’est comme ça que les gens ont commencé à les nommer. Ces étrange animaux ; ni mort ni vivants apparaissants auprès de leur humain à un moment donné. Il espère que ce monstre — il ne pourrait l’appeler autrement, surplombant, saura lui offrir quelques réponses. Il pensait enfin être libéré ; pouvoir enfin s’échapper de cet enfer sans pitié pour rejoindre son bien aimé.
— « Je sais pas ce qu’on fait là, ça t’amuse de faire la sieste au milieu des cadavres ? »
— « Je dormais pas triple idiot, je suis mort — du moins je crois. »
Hernando se souvient de cette sensation ; de cette lame glacée qui s’est enfoncée ; de ce dernier souffle poussé avant de fermer les yeux, pensait-il, pour l’éternité. Il est perplexe face à cette nouvelle réalité ; serait-ce une illusion ? un purgatoire où il doit expier ses péchés ? Il ne sait pas ; il ne le saura jamais. Il n’a pas envie de baigner dans ce sang agonisant plus longtemps. Il se relève — vacille seulement un instant avant de descendre l’escalier. La bête — son anima — ne le suit pas, sa stature trop encombrante pour l’étroite structure de la maison.

En chemin vers le salon ; là où il a laissé ses gars, il croise son regard dans un énorme miroir. Stupéfaction — horreur sans nom. Il ressemble à un de ces monstres de dessin animé — grotesque ; ceux qu’on aime tuer pour ne plus jamais à les recroiser. Sa joue est béante — fumée noire ; os saillant. Ses yeux sont gorgés de sang ; son iris noir ressortant, lui donnant une allure démoniaque — être damné. Il passe une main incrédule sur son nez qui reste coincé entre ses doigts.
Rire hystérique — blague d’enfant ; j’ai piqué ton nez.
Pas le temps de pleurer.
Il faut avancer.

Il remarque un masque de Venise — souvenir ou antiquité, abandonné non loin de la cheminée. Presque intact, il le pose sur son visage ; protection contre ce monde qu’il s’apprête à fouler ; protection face à cet univers qu’il ne sait appréhender. Ses affaires ont disparues — sûrement emportées. Il sort furtivement de la maison en ruine ; son anima l’attendant.
— « Ça fait longtemps qu’ils sont parti ?»
— « Ces insectes ? Ça fait déjà quelques heures. »
La bête a raison — il peut déjà voir le ciel s’éclaircir, douce lueur rosée.
Il se met en route — accompagné de cette nouvelle ombre. Il suit les traces de pas dans la neige ; une chance que les flocons n’aient pas eu le temps de tomber. Ses bottes crissent alors qu’il avance ; un pied avant l’autre. Les heures passes — les jours aussi. Il sent la fatigue l’envahir, pourtant il n’a pas envie de s’arrêter, il a envie de tester les limites. Il fini par s’écrouler contre le pan d’un mur — congelé, pour revenir, frissonnant vivement, son avant-bras déchiré. Il ne sait pas au bout de combien de temps il trouve ce campement ; entends ses voix familières.

Il fait signe à Chupa — son anima, de se poser pour ne pas les effrayer. Il s’avance lentement ; les mains relevées. Il attire l’attention du garde de cette nuit ; offre un sourire masqué par la couche de porcelaine délicatement placée sur son visage abimé.
— « Je vous ai manqué ? »
Imprudent.
Mais après tout, qu’est-ce qu’il pourrait lui arriver ?

HERNANDO + ILIAS
Horny Maxwell
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Horny Maxwell
Métier : chef des gardes royaux
Mutation : nécromancien

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When God is gone and the Devil takes hold, Who will have mercy on your soul? O Death, No wealth, no ruin, no silver, no gold. Nothing satisfies me but your soul. O Death. © jen titus + endlesslove
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