here they come again — ft. lylaï {1.0}

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Lun 6 Mar 2017 - 19:07
ft. lylaï

Sol.
A la recherche.
A la recherche de la richesse des sentiments. A la recherche de cette émotion au goût si particulier, qui vient s’étendre sur ta langue, et qui ne disparaît qu’aux lueurs des matins clairs, mais il n'y a que le goût trop fort de l'alcool qui brûle ta gorge.
A la recherche de cette tristesse amère qui vient te serrer le cœur, la nuit, et qui t’empêche de dormir. Cette tristesse qui tourne et virevolte dans un cœur qui tente de se reconstruire, petit à petit, seul, en morceaux.
A la recherche des doux mots, dansant sur la brise de l’été qui ne fait que s’éloigner et se rapprocher, mais aussi des silences et murmures au creux d’une oreille frissonnante. Les yeux fermés, le regard sur ce verre, le silence, les cris, à l’intérieur, à l’extérieur. Que faisons-nous, encore, tous, là ?

Ré.
Aux regrets inconnus, et aux joies perdues. Aux temps passés, les doigts entremêlés, les yeux dans le vague, à fixer ce soleil qui s’éteint, peu à peu. Qui laisse la place à ce monde nouveau, celui de la nuit, froide, meurtrière. La chaise, rythmée, aux balancements de ton corps. D’avant en arrière. Avant. Arrière. Cette sensation, que tu touches du bout des doigts. Celle-ci, celle-là, du silence de ton âme, qui ne résonne pas, qui ne pense pas. Celle-là, celle des cris du silence, au loin. Ce silence, tourment. Ce silence, sifflant. Il vient, là, au creux des cous, au bord des oreilles, et il souffle. Il crie. Il crie son silence, sa solitude. Ce silence, celui-là même qui rend fou le plus sain des hommes. Ce silence qui tourne, agrippe, ne lâche pas. Non. Ne lâche surtout pas.
Il y a celui que l’on entend, quand on marche à travers les rues bondées, le silence du bruit, celui qui ne trouve pas sa place, qui ne la trouvera sans doute jamais. Et, les cris du silence, terrifiants, qui laissent cette impression, d’un cœur déchiré. Un cœur déchiré par cette souffrance que personne ne peut encore comprendre. Toi, Camel, ce silence, tu as l’impression de l’entendre, à chaque instant, à chaque instant de cette courte vie que tu ne connais même pas, que tu ne demandes même pas. Qui l’a demandée, cette vie ? Et ce silence, il se balance, au gré des notes qui défilent. Qui claquent.
Ces notes, impétueuses, qui crient, qui s’envolent et retombent lourdement.

Grimace.
Poings serrés. L’alcool s’insinue dans ton corps. Tu ne comprends pas, comment tout cela peut-il être possible. Tu ne comprends pas la raison de cette existence bien trop vide de sens. Ce monde, que tu aimerais colorer à l’aide de pinceaux. Mais tu n’as jamais été réellement adroit pour dessiner, Camel. Tu aurais trop peur de tout abîmer encore plus que ça ne l’est déjà. Alors, tu colores ton propre monde. Tu n’as pas peur de le colorer, le tien, personne n’y accèdera, avant un moment. C’est ton jardin, ton jardin secret. Sourire.
Peut-être pas si secret. Tu aimes, à te confier. Tu aimes, à crier. Tu aimes, à sourire.
Tu aimes beaucoup de choses.
Tu en as oubliées, quelques unes, beaucoup.
Et tu rêves.
Tu rêves, de ces visages inconnus, de ces paysages étrangers. Et au petit matin, aux lueurs de la vie, tu ne t’en souviens pas.

Le rythme s’accélère.
Tu bois, encore une gorgée.
Ton pied tape le sol, et ta tête se balance, et regarde, du coin de l’œil, cette femme, ce piano, cette musique qui défile sous tes yeux, ces notes qui s’échappent, s’animent et prennent vie pour s’amuser, encore. Encore.

Et soudain, il revient. Ce silence. Ce silence, qui tente de crier.
Personne n’y prête attention. Personne n’applaudit.
Et, comme un pantin, seul face à ton verre, tes mains se rencontrent pour se frapper. Clap, clap, clap.

La musique s’est arrêtée.




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Lost
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Mer 8 Mar 2017 - 2:25



Les feuilles mortes se ramassent à la pelle.
Tu vois, je n'ai pas oublié...
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle,
Les souvenirs et les regrets aussi
Et le vent du nord les emporte
Dans la nuit froide de l'oubli.
Tu vois, je n'ai pas oublié
La chanson que tu me chantais.

Les doigts blancs s'abattent sur les touches d'ivoire et d'onyx, dans une douce furie musicale. Temps, contre temps, majeur, mineur. Blanches, noires, arpèges et accords au sein de la mélodie. Son monde se perd peu à peu entre les notes, cela ne lui déplaît pas.

Et la mer efface sur le sable...

De longues mèches opales bercent son visage d'une aura claire. Elle n'a rien à faire ici, pas dans le Queens, pas à cette heure ci, pas dans cet état. Elle ne sait même pas comment elle est arrivée là, ni même pourquoi elle a poussé la porte. Mais elle sent le cœur gros, enflé, dans sa poitrine. Elle ne veut plus rien sentir avec son cœur, ni même avec sa tête. Alors elle est venue sentir avec ses doigts, caresser les touches de son plus vieil ami. C'est lui qui l'a accompagnée dans chaque épreuve, même quand tous les autres sont partis... Volontairement ou pas. Elle ne sait pas, elle ne veut pas savoir.
Elle a retrouvé cette vieille partition hier soir. Au fond d'un tiroir, abandonnée. Elle ne voulait pas dire grand chose pour elle à l'époque. En ce temps là, Yves Montant n'était qu'un illustre inconnu, un Français. Un chanteur d'avant. Un mort qui chante.
Elle avait apprit cette mélodie lors de ses premières années d'études, lorsque, encore très jeune, elle s'amusait à retranscrire les chansons favorites de ses parents pour leur jouer. Elle n'avait alors pas encore attaqué Chopin, Satie, Mozart. Les grands, les sublimes mais aussi les parfois un peu chiants. Irrémédiablement beaux, inconditionnellement magistraux et incontournables mais un peu chiants. Cependant ce soir, c'était Yves Montant.
Elle la connaissait bien, cette chanson. Elle ne voulait juste plus l'écouter. Mais elle avait décidé de la jouer pour d'autres qu'elle même, pour se faire du bien et pour essayer de faire du bien. La salle n'était pas très attentive, les conversations ne s'interrompaient pas pour privilégier l'écoute. Cependant, elle ne s'arrêtait pas. Le bar était vieux, un peu miteux, le piano pas très bien accordé. Peu lui importait, Elle était entrée, s'était assise là, face au piano ouvert aux musiciens en herbe, et elle avait joué. Tout bas, d'abord, les yeux fermés, puis elle s'était laissée aller à créer. Ses doigts couraient les touches, s'éloignant de la mélodie pour mieux la retrouver ensuite.

Puis elle sonna l'accord final, le regard rivé sur les notes. Rien en retour, juste le bruit des conversations. Lylaï releva les yeux, balaya la salle du regard.
Juste un jeune homme, seul, qui applaudis.
C'était ça, le plus beau. Peut-être lui avait-elle fait du bien durant l'espace de quelques minutes. C'était le principal, s'il l'avait écoutée c'était pour lui qu'elle avait joué ce soir. La jeune femme lui adressa un petit sourire de remerciement ainsi qu'un hochement de tête, puis elle se leva et attrapa sa veste posée sur le banc du piano.
Elle laissa un billet sur le bar. Pour le jus de fruit. Plus d'alcool, quelle tristesse.
Puis elle enfila son perfecto, poussa la porte, et s'engouffra dans l'air froid.
Un banc, une cigarette, un lampadaire, à quelques pas de là.
Et sa main discrète sur son ventre durant deux petites secondes.
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Euterpe
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Mer 8 Mar 2017 - 20:27
ft. lylaï

Le temps passe.
Les événements se succèdent.
Clac. C’est le bruit des vies qui s’enchaînent, se déroulent, et continuent de passer au gré de la montre et des actions.
C’est le temps, qui passe. Inlassable, interminable, trop long, parfois trop court. Les minutes qui avancent au rythme des heures. Les secondes, acides, qui s’écoulent et retire chaque jour, davantage de vie. Ne le comprennent-elles pas ? Elles attirent. Elles mènent. Elles poussent, jusqu’à la mort. Et une fois au seuil, elles vous regardent, et vous retiennent. Encore un instant, interminables, aussi longues que les heures. Et elles disparaissent.

Elles disparaissent aussi aisément que cette musique, envolée dans les méandres de la douleur et de la solitude humaine. Des notes perdues. Des rêves égarés. Comme eux, tous ceux, là. Ceux qui t’entourent. A la recherche d’un quelconque but dans une vie. Des gens, à la recherche d’une raison, d’une existence, d’un sens. Ces gens, qui ont, pour beaucoup, tout perdu. Tout perdu, jusqu’à eux-mêmes. Et ils s’efforcent de sourire, mais ce ne sont que de simples mensonges.

Soupir.
La musique s’est arrêtée depuis quelques secondes acides. Et tu relèves le regard vers cette jeune femme, sans doute de ton âge. Tu n’en sais rien.
Sourire
Oui, elle te sourit. Et, rapidement, elle disparaît. Personne ne remarquera sa disparition. Peut-être le barman, car elle a déposé ce simple billet sur le comptoir. Mais lui-même, il n’en prêtera pas attention. Et toi, tu es encore là. A regarder le fond de ton verre. A te demander ce que tu fais là. Oui. Camel, que fais-tu là ? Pourquoi ne sors-tu pas ?
Silence.
Les conversations continuent. Personne ne prête attention à personne.
Un petit rire s’échappe de tes lèvres. Etouffé.

Tu te lèves, déposes à ton tour ce morceau de papier, cet argent, cette chose qui te dégoûte, et qui te permet pourtant de vivre. Et tu attrapes ton manteau que tu enfiles rapidement avant de te diriger d’un pas assuré vers la sortie. Tu te glisses entre les tables, tu évites de bousculer ces gens. Tu ne le vois pas, mais derrière toi, le barman secoue la tête en déposant un verre rempli sur le comptoir et en attrapant ton billet. Et toi, tu attrapes la poignée de la porte de sortie, que tu pousses doucement. Elle est peut-être encore là.

Les rues sont relativement peu éclairées. Les lumières des lampadaires vacillent, désespérées. Elles s’éteignent, doucement, puis se rallument, comme une personne qui lutte face à la mort et qui tient, encore, encore. Interminablement.
Et sous un de ses lampadaires, une volute de fumée s’élève dans la nuit. Tu avances, doucement, et t’assois sur ce banc occupé. Tu ne la regardes pas. Pas vraiment. Peut-être du coin de l’œil, un ou deux regards. Peut-être du bout de l’oreille, tu l’écoutes aspirer, et souffler cette fumée pourtant si mortelle.
Tristesse.
Tristesse dans son regard.

Bonsoir, et ta voix, dans un doux murmure, vient briser le silence du noir.




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Lost
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Jeu 9 Mar 2017 - 20:47

Lylaï souffla paresseusement la fumée contenue dans ses poumons, le regard vague. Elle n'avait pas envie de rentrer, ce soir, ni même de rester ici. Elle n'avait envie de rien, c'était plutôt simple en réalité. Rester là était sa meilleure option, la seule pensée de son appartement vide et silencieux la déprimait profondément.

- Bonsoir.

Un violent sursaut vint secouer le corps de la jeune femme, elle tourna brusquement la tête vers la personne postée à côté d'elle. Son regard méfiant se plissa alors qu'elle examinait le nouvel arrivant. Il était vraiment assit tout près d'elle, elle n'avait pas l'habitude de cette proximité. Elle n'avait jamais aimé se faire surprendre de cette façon, aussi se tourna-t-elle vers lui. Sous la lumière du lampadaire, elle reconnut enfin le client du bar dans lequel elle avait joué son morceau. Son visage se radoucit tout à coup, laissant filtrer un mince sourire, signe qu'elle l'avait reconnu.

- Bonsoir. Vous aussi vous vous êtes lassé de cette ambiance morose ?

La jeune femme tira une bouffée sur sa cigarette, son corps se détendant peu à peu. L'homme semblait plutôt jeune, son regard de miel renvoyait une douceur et une tristesse troublante. Il avait des traits délicats, un visage plutôt harmonieux. Il se dégageait de lui une aura berçante et lancinante, un calme étrangement agité. Il avait l'air aussi perdu qu'elle, là, à côté d'elle, assit sur ce banc. Juste là, proche et attentif et pourtant suivit par un air rêveur, ailleurs. C'est cette image qui la poussa à se décaler légèrement pour lui faire une place plus confortable.

- Je vous ai vu dans le bar. Merci de... Merci d'avoir écouté, tout simplement.

Elle lança son mégot dans la terre, au pied d'un arbre situé à quelque mètres, puis plongea sa main dans la poche de son blouson. Elle en sortit un paquet à demi rempli et, alors qu'elle se sortait une nouvelle cigarette, la jeune femme stoppa son geste. Son regard sonda le jeune homme silencieux près d'elle.

- Vous fumez ?

Dans un geste lent, elle lui tendit le paquet afin qu'il puisse lui en prendre une.
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Euterpe
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Jeu 9 Mar 2017 - 22:13
ft. lylaï

Elle sursaute. Es-tu effrayant ? Tu en doutes, Camel. Un petit rire s’échappe doucement de tes lèvres. Douceur de ta voix. Douceur de ton regard. Tu la fixes, de tes yeux si particuliers. Ces yeux où les formes semblent prendre vie, devenir joie, et parfois tristesse. Ces yeux où les formes sont dansantes et où les rêves semblent se mêler à ce sentiment de perte, si inconnu aux autres. Ce sentiment d’être seul, à attendre le passage de la vie.

Une vie, longue. Monotone. Pleine de changements, sans doute. Et pourtant, éternelle, infatigable. Lassitude. Une lassitude qui règne dans l’atmosphère, une lassitude que chacun peut sentir. Elle est là, s’insinue dans les vies, s’emparent des âmes et les dévorent. Et le silence est alors de retour, t’emprisonne, et tu ne te débats pas, Camel. C’est une lutte trop vaine.
Sourire désespéré. Sourire d’espoir.

Tu ne réponds pas, pas tout de suite. Tu restes là, à regarder face à toi, perdu dans tes pensées. Tu ne saurais quoi dire. Le vent souffle. Le vent souffle, s’engouffre déjà dans ton corps et laisse le froid te mordre un peu plus. Ton corps se parcourt de frissons incontrôlables, et tu te serres un peu plus entre tes bras, à la recherche d’une quelconque chaleur, que tu ne trouveras pas ici, pas face à cette solitude accompagnée d’une inconnue aux doigts semblables à ceux d’un ange.

Froid.
Frissons.
Tes yeux se ferment.
Ta voix est glacée dans le temps gris, alors qu’elle est là, à te remercier. Et tu attends, tu attends, tu ne sais quoi. Mais tu attends, les yeux fermés. Tu regardes à l’intérieur de toi, à la recherche d’une réponse. D’une réponse à cette ambiance morose. Peut-être est-ce vous deux, peut-être est-ce toi ? Peut-être est-ce elle ? Tu n’en sais trop rien.
Sourire amer.

Tu relèves la tête et la fixes, droit dans les yeux.

Ce n’est rien.

Et elle commence à s’agiter. Elle sort doucement un paquet de cigarettes, que tu regardes du coin de l’œil. Tu ne comprends pas ce désir des gens. Ce désir de mettre le feu à son être, à se tuer, morceau par morceau. Ce désir, cette volonté incontrôlable, celle qui mènera sûrement un jour vers une mort.
Et, la main tendue en ta direction, elle te fixe. Une cigarette ? Non. Non merci.

Je ne fume pas, temps de pause, vous croyez qu’ils sont heureux ? Eux, à l’intérieur. Vous croyez qu’ils savent où ils vont et qui ils sont ?

Humeur morose. Comme eux.




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Ven 10 Mar 2017 - 21:38

Lylaï releva la tête vers les grands yeux caramels. Un mince sourire se glissa sur ses lèvres et elle haussa les épaules en réponse à sa question. Pendant de longues secondes, elle ne répondit pas, se contentant de lever le regard vers les immeubles silencieux. New-York était belle, presque paisible à cet endroit. Sur ce coin de banc tout semblait à peu près simple.

« Je crois que... »

Sa voix s'éteignit un instant, laissant un royaume de silence troublé par le bruit des klaxons, le bruit de la ville.

« Je ne les ai pas regardés, en réalité. Pas plus qu'ils ne m'ont regardée. Tu es le seul qui m'ai vue ce soir je pense. C'est facile d'être invisible. »

Le briquet qu'elle alluma vint illuminer son visage durant quelques secondes, elle entama sa seconde cigarette. C'était plus une habitude qu'un plaisir, un moyen de tuer le temps lorsque les instants se faisaient trop longs.

« Difficile d'évaluer le bonheur. Parfois les plus maussades un jour sont les plus heureux le lendemain. Tu ne sais pas où tu vas toi, n'est-ce pas ? »

La question fut posée à demi mots, douce, compréhensive.

« Moi non plus. Surtout les soirs comme ça. C'est rare qu'on vienne me parler tu sais... »

Le jeune homme semblait ailleurs, pourtant irrémédiablement curieux. Une rencontre intéressante, sans aucun doute. Elle ne savait pas où la mènerait cette discussion mais c'était toujours agréable d'être abordée par une personne d'apparence si douce.

« Je m'appelle Lylaï. »
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Sam 11 Mar 2017 - 0:23
ft. lylaï

Seule. Aussi seule que toi, sans doute. Tu ne comprends pas vraiment. Tu ne comprends pas que sa musique n’attire pas les regards de ce monde bien trop sombre. Tu ne comprends pas que la pureté de la musique ne prenne pas le dessus dans ce monde trop terne. Tu ne comprends pas. Non, tu ne comprends pas.
Elle est là, douceur, elle est là, avec son simple briquet, à attendre quelque chose de la vie, et personne ne la regarde, personne ne voit la beauté de la musique dans ses doigts. Et cela t’énerve. Tes poings se serrent. Tu aimerais faire comprendre que les passions se partagent, que la vie se partage, mais que seule la mort doit rester solitaire.

Savoir où tu vas ? Ah, Camel. Si seulement tu savais déjà d’où tu venais. Si seulement tu savais ne serait-ce que quelque chose de plus sur toi, autre que ta nationalité et ton prénom. Goût amer sur la langue. Tu rejettes ta tête en arrière et fixes ce ciel éclairé des plus belles étoiles.

Sait-on réellement un jour où est-ce que l’on va ?

Et la réponse, tu la connais, mais tu es curieux, curieux de savoir ce qu’elle compte répondre. Ce qu’elle pense. Ce qu’elle pense du monde, de la vie, d’elle-même, de cette Lylaï qu’elle est. Car tu es curieux, curieux de l’autre, curieux de toi-même.





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Sam 11 Mar 2017 - 1:48

Elle rit doucement en réponse à sa précédente question. Elle trouve cela charmant, en réalité, qu'on lui pose ces questions là. Mais aussi un peu troublant aussi. Cela fait des mois qu'elle se les posait, elle aussi. Il n'y avait pas de réponse à son interrogation, pas plus qu'aux précédentes. Juste un point de vue subjectif, le sien, auquel il apporterait plus ou moins de valeur.

« Peu importe le savoir. Tu aimerais savoir où tu vas, toi ? Le principe de la vie c'est de se laisser surprendre... Mais à se laisser surprendre on se prend pas mal de coups dans la tronche. Je te l'accorde. »

Lylaï glissa une main sur son ventre sans même s'en rendre compte, son regard se perdant un court instant.

« L'important c'est de prendre des décisions. C'est toi qui décides où tu vas. Généralement, l'esprit humain a du mal à intégrer cette information, ça rend la vie beaucoup plus dure. Mais si tu es le capitaine de ton navire, peu importe ce qu'il t'arrive... Ce sera toi à la barre. »

Comment s'était elle retrouvée à parler de ça avec cet inconnu ? Elle ne le connaissait ni d'Êve, ni d'Adam. Ce n'était pas vraiment une conversation qu'on avait avec un passant, un homme étranger, sur un banc. Mais c'était agréable, simple. Doux.
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Euterpe
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Dim 12 Mar 2017 - 0:29
ft. lylaï

Capitaine de ton navire, maître de ta vie. Tu regardes ces étoiles, lumineuses, là-haut. Déjà mortes avant même d’avoir existé. Elles ne sont plus que lumières à travers l’infinité du temps et de l’espace. Et mortes. Ephémères.
Capitaine de ta vie, maître de ton navire. Tu ne sais pas ce que tu fais ici. Tu ne sais pas ce que tu as à faire, ni même ce que tu feras. Tu ne sais rien de tout ça. Camel, tu es dans l’attente d’un après, dans l’attente d’un avant qui revienne. Tu es perdu, tu es aussi perdu que nous tous, à l’extérieur, à l’intérieur. Tu te balades dans les ruines de ton âme, dans les ruines des souvenirs envolés. Tu es comme cet enfant, insouciant, qui traverse les ruelles sombres des nuits ténébreuses. Cet enfant, sans but, sans raison, qui marche, le regard baissé sur ses pieds abîmés. Cet enfant à la recherche d’une chose que lui-même ne comprend pas.

Tu es encore cet enfant, perdu au plus profond de son âme, au plus profond de son être. Et la tristesse, est là, présente. Elle enserre ton cœur, elle rêve. Elle rêve de devenir folle, de te prendre l’esprit. Elle rêve de s’échapper de cette cage d’argent dans laquelle elle siffle, tel le serpent qui tourne autour de sa proie.

Mais, parfois, ils ne prennent pas conscience de qui ils sont, de ce qu’ils font, d’où ils vont. Parfois, ils sont trop perdus pour ne serait-ce qu’avancer, faire un pas. Et ils ne comprennent pas, tout cela, ils ne comprennent pas.

N’est-ce pas, Lylaï ? Ils ne comprennent pas. Ils ne peuvent pas comprendre qu’avancer, c’est essentiel, que se relever, qu’être capitaine, qu’être maître, est nécessaire. Ils ne comprennent pas que l’esclave doit se soulever, et arrêter de subir les affres de la vie.
Personne ne comprend. Pas toi, sans doute pas elle. Le passé reste souvent trop lourd. Et tu le sais. Tu le vois d’ici, son passé, marqué par sa main et son ventre. Mais tu ne diras rien. A quoi bon ? A quoi bon.  



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Dim 12 Mar 2017 - 17:45
Lylaï remonta ses jambes sur le banc, les croisant pour s'asseoir en tailleur. Elle appuya son coude droit sur son genoux et poussa un profond soupir, l'esprit concentré sur ce que venait de dire le jeune homme à ses côtés. Il avait l'air coincé entre toutes ces questions, entre ces réflexions. Il ne devait pas avoir beaucoup de gens à qui se confier, avec qui discuter. Ils étaient assez similaires en ce point, mais il semblait si perdu et malheureux qu'elle se sentit un peu mal pour lui.

« Parfois pour comprendre il faut juste vouloir comprendre. Enlever le voile devant nos yeux. La tristesse, personne ne nous l'impose. C'est une souffrance qu'on s'inflige à soi même. Il suffit de relever la tête, d'allumer la lumière. L'optimisme est le poison de la tristesse, et si tu n'arrives pas à t'en débarrasser... Utilise la. Transforme la en rage, en hargne, fais-en ton moteur pour avancer. Il faut faire des rencontres, voir de belles choses. Il faut peut-être... Se façonner un univers qu'on aime... »

Lylaï adressa un sourire discret au jeune homme, plongeant ses yeux dans les siens durant de longues secondes. Elle se tut durant tout ce temps, réfléchissant à ce qu'elle venait de dire. Elle était ridicule, à dire tout cela. Tous ces principes avaient régis sa vie durant ses jeunes années, aujourd'hui... elle se laissait aller.


« Enfin. Qui je suis pour dire ça moi. Quand je me regarde... Je vois tout le contraire de ce que je défends. Excuse moi. »

La jeune femme glissa ses doigts entre ses longues mèches blondes, quittant le regard du brun pour regarder droit devant elle.
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Dim 12 Mar 2017 - 19:28
ft. lylaï

Doucement, au rythme du temps, elle remonte ses jambes contre le banc, les croise, et reste là. Figée. Soupire de sa part. Tu la regardes. Tu la fixes. Tu la détailles. Cette femme, aux cheveux blancs, aux cheveux de pureté. Elle semble perdue. Aussi perdue que toi, aussi perdue que nous tous, que vous tous. Aussi perdue que le monde qui s’est arrêté de tourner. Elle a l’air, aussi perdu que la lune, qui ne comprend pas elle-même ce qu’elle fait là, à recouvrir le monde de son voile de sang.
La lune, telle une bête enragée, dont les crocs dégoulinent encore de ce liquide vital à tout être.

Et ses paroles, elles résonnent. Elles résonnent encore dans ta tête. Tel un écho, qui peine à s’éteindre. Elles sont là, elles tournent, elles se font leur bout de chemin jusqu’à ton esprit. Elles sourient, elles charment, et elles rêvent. Elles sont là, présentes, à t’imposer leur réflexion, à t’en rendre fou, qui sait ?
Et qui est-elle ? Elle. Oui. Lylaï. Qui est-elle ? Que fait-elle ? Pourquoi est-elle là, encore ? Elle pourrait s’en aller, elle pourrait rire à ton nez avec tes questions stupides, Camel. Mais elle reste là, le regard perdu, tout comme toi.

Il y a ce que l’on dit, ce que l’on ressent et défend, et ce que l’on fait. Ne t'excuse pas.

Oui. Il y a ceux qui rêvent, disent, créent. Il y a ceux qui le ressentent au plus profond d'eux, au plus profond de leur âme, et qui ne peuvent s'empêcher de défendre. Et il y a ceux qui agissent, qui font changer le monde, qui font changer les choses. Il y a tout ceux-là. Il y a toi, il y a elle, il y a eux.



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Dim 2 Avr 2017 - 20:29

Lylaï eut un haussement d'épaule en réaction à ses dernières paroles. Son regard s'abime sur le sol durant de longues secondes, puis elle pousse un profond soupir, tentant de chasser le lourd sentiment pesant sur ses épaules. Elle tourne la tête vers le jeune homme, décidée à faire davantage connaissance.

« C'est... c'était inattendu de te rencontrer ce soir. D'ordinaire les gens ne prennent pas le temps de s'arrêter pour discuter. »


Sandrel vint tranquillement se poser à ses côtés, faisant crisser le bois du banc sous ses serres. Le regard d'or liquide du rapace observa les jeunes gens avec calme et intelligence tandis que Lylaï glissait son index contre son bec. Il pinça gentiment sa peau.

« Tu habites dans le coin ? Je vais probablement rentrer chez moi sous peu. On peut faire un bout de chemin ensembles si tu veux. Sauf si tu veux que je te laisse tranquille, bien sûr. »


La jeune femme décroisa ses jambes, faisant craquer les articulations de ses genoux engourdis par le froid. Elle s'étira durant quelques secondes pour réveiller son corps puis se leva doucement, son regard se rivant dans celui du jeune homme. Elle ne connaissait toujours pas son prénom, au final cela importait peu.
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Dim 2 Avr 2017 - 21:54
ft. lylaï

Inattendu. Tu la fixes, toujours assis. Tu la fixes, le regard perdu.
Tu ne sais pas. Peut-être devrais-tu la raccompagner chez elle, la suivre, mais tu n’y vois aucun sens, tu n’y vois aucune utilité. Tu ne vois pas pourquoi tu devrais le faire. Après tout, elle est une eros, elle peut vivre, seule. Elle peut traverser les rues sans rien craindre. Endurcie, belle, destructrice, tu sais qu’elle rentrera chez elle sans problème, alors que toi, Camel, tu n’en es pas si sûr. Tu n’es même pas sûr de vouloir rentrer.

Tu aimerais sans doute passer le reste de la nuit, là, assis sur ce banc, doucement éclairé par le lampadaire à la lumière vacillante. Tu aimerais sans doute fixer le ciel étoilé, et penser à l’avenir, à te demander ce que tu feras dès demain, à te demander ce que tu fais encore. Tu aimerais sans doute observer la lune rouge qui baigne la nuit dans ses regards sanglants. Tu aimerais sans doute la fixer, en espérant que quelque chose se passe, que tes souvenirs reviennent, ou bien peut-être que tu te découvres un soudain pouvoir pouvant servir à quelque chose, à quelqu’un.
Peut-être, une capacité à soigner les gens qui t’entourent. Ce serait quelque chose d’utile, tu auras réussi sans doute quelque chose dans ta vie. Mais, tu n’as rien Camel. Tu es coincé, là, l’âme en peine sur ce banc à la peinture écaillé, à observer le ciel.

Je crois que je vais rester ici, un petit peu, je n’ai pas envie de rentrer chez moi.

Rentrer. Pourquoi faire ? Pour venir doucement te glisser dans ton lit, pendant qu’Ersal ira sur son perchoir ? Pour attendre que Poki vienne se jeter près de toi, pour quémander des caresses que tu lui donneras, jusqu’à t’endormir ? Pourquoi faire ? Pour attendre le lendemain, ce lendemain, pesant, inutile ; redondant ; monotone.

Et tu la regardes, un dernier instant.
Pour attendre.



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Lun 3 Avr 2017 - 1:55

Lylaï se leva finalement, le nez levé vers les étoiles. Sandrel étendit ses ailes et se propulsa pour atterrir sur son épaule, léger et majestueux comme à son habitude. Le regard aiguisé de l'oiseau se posa sur le jeune homme sur le banc, analytique et perçant. La jeune femme sentit l'attention de son anima se fixer sur le brun, elle tourna la tête pour le regarder.

— Je crois que je vais rester ici, un petit peu, je n’ai pas envie de rentrer chez moi.

Son coeur se serra à la vue du regard perdu du jeune homme. Leurs orbes se croisèrent, Lylaï eut un sourire bienveillant, éclatant sur son visage lunaire. Elle s'accroupit devant le jeune homme et se mit à fouiller dans son sac, écartant le bazar qui s'y trouvait. Elle trouva, après quelques secondes de recherche, le feutre noir qui lui permettait d'annoter ses partitions. Sans hésiter et surtout sans lui demander son avis, la blonde attrapa la main du brun et la retourna. Elle débouchonna le stylo à l'aide de ses dents puis nota une série de numéro à même sa peau, navigant entre les lignes de sa main.

« Je me fiche de connaître ton identité au final, prends pas ça pour de la pitié ou quoi que ce soit du style... Voilà mon numéro. »

La blonde annota le dernier chiffre avec douceur puis releva la pointe de son stylo, le laissant flotter un instant dans les airs. Un petit sourire envahit ses lèvres, elle leva le visage vers lui et posa sa paume sur la sienne durant quelques secondes.

« En souvenir d'une rencontre sur un banc. Je vais rentrer chez moi maintenant. Mais s'il t'arrive un truc appelle moi, t'auras juste à me dire que t'es le gars du banc, je m'en rappellerai. Tu as l'air d'être un gentil gars, vraiment gentil, peut-être qu'on se recroisera. Jusque là fais gaffe à toi ! »

La jeune femme se redressa souplement, claqua le bouchon sur le stylo et le fourra dans son sac avant de reculer. Elle adressa un dernier sourire au jeune homme puis se retourna et traversa la route face à eux.
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Euterpe
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