... ET ACTION ! - KLEE & ISA [0.1]

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Mer 8 Mar 2017 - 21:20
... Et action !
Isa & Klee



La nuit m'enveloppait de son silence si mystérieux, et bercée par les ténèbres je déambulais à travers ce paysage endormi, semé de destructions et de pourritures. Je laissais le Bronx derrière moi, comme chaque fin de semaine. Quoique, mes sorties variaient surtout au gré de mes envies. Mon paquet de prospectus sous le bras, mon arme à feu collée à ma cuisse, l'oreille aux aguets scrutant les profondeurs de tout ce néant, je me rapprochais de ma destination. Mon chemin restait éclairé par cette lune trop rouge, trop sanglante, ce démon ayant pris la forme d'astre, cet horrible malheur qui réveillait malgré moi quelques pulsions meurtrières. Mais je parvenais à me contrôler, Mimi sur mon épaule, n'en pouvait plus de déblatérer toute sorte de choses, de potins, d'histoires toutes plus tordues les unes que les autres. Je levais les yeux au ciel, exaspérée de ne plus connaître "la paix" depuis ma rencontre avec ce moulin à paroles qui me servait d'Anima. « Mais boucle-là un peu tu veux ! » Seulement, cet exaspérant animal ne se démontait jamais, il avait l'habitude de ce genre de remarques, et se contentait de se recoiffer en murmurant des petits « Tsss tu ne te rends pas compte la chance que tu as, d'avoir un être si formidable en guise de compagnie. » Et pour ne pas le vexer, je n'osais trop rien répliquer, me contentant d'un petit sourire en coin amusé.

Finalement, nous arrivons à bon port. Je lâche un petit soupir pour me donner du courage et commence à sauter partout. Ce soir, je suis une artiste ! Ce soir, je deviens quelqu'un ! Je fonce à toute vitesse vers les maisons les plus proches, et placarde sans ménagement les affiches que j'avais emportée. "Isa l'actrice la plus talentueuse, la plus adorable, la plus tout quoi ♥ et viril aussi ! non arrête d'écrire sur mes feuilles mimi ! Représentation inédite cette nuit, la nuit la plus isabellisque de votre vie ! Venez nombreux et oubliez pas l'apéro !" Toute contente par ma belle action, je continue d'habiller les façades de mes beaux messages, en tourbillonnant dans le vide, habitée par une passion indescriptible. Je sais bien que personne ne viendra à cette soirée. Personne n'est jamais venu. Mais ce n'est pas important, je me suis faite une raison depuis mes échecs répétés aux castings auxquels j'avais postulé. Alors je me fais plaisir, je m'imagine célèbre, avec des tas de fans hystériques suspendus à mes lèvres, des éloges quotidiens sur mes inédites prestations. Et alors, je me sens réellement vibrer ! Mimi est tout aussi tordu que moi, alors il affiche des petites cartes en dessous des miennes en présentant son tout nouveau spectacle en tant que comédien le plus viril, le plus "homme", le plus WOW de tout NY. Nous sommes contents, nous rions de bon cœur. Je ne ris pas souvent, alors ces soirées passées à emmerder le peuple avec mes papiers sont pour moi une réelle source de satisfaction.

Mes mains et ses pattes sont à présent vides, alors nous rebroussons chemin. Le moment détente est fini, mon visage se ferme à nouveau tandis que les rayons insupportables de l'astre maudit au-dessus de nos têtes m'aveuglent sans pitié. Une petite heure plus tard, je pousse la porte en bois de mon petit logis, et me retrouve dans une pièce plongée dans l'obscurité la plus totale. Je ne tarde pas à allumer une bougie, dont je laisse la flamme tremblante se consumer sur ma petite table (que j'ai faite moi-même, comme la plupart des meubles ici). Je jette mes clés par terre, ma veste également, une part de moi est frustrée de ne pas intéresser le public attendu, mais une autre lui ordonne de se taire. Alors je m'écroule sur le sofa tout rapiécé à moitié écrasé dans un coin, et laisse Mimi nous ramener deux bières (il doit faire deux voyages, ne pouvant transporter une charge trop lourde - et ouais t'es p'tit !). Tels deux célibataires dépressifs, nous trinquons en silence, puis quand les bouteilles commencent à s'accumuler, et la chaleur monter d'un cran, nous commençons à nous lancer dans un concours de grimaces. Bientôt je m'assoupis à ma place, et après un rot tonitruant, je laisse mes paupières se fermer. Je me dégoûte intérieurement, en cet instant je n'ai rien d'une actrice et je sais que je ne mérite ni fan, ni reconnaissance.
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Dim 12 Mar 2017 - 1:36
...Et action ! [Un paumé & Une actrice]
EXORDIUM.
L'ennui était le pire ennemi de Klee. L'ennui était le seul qui encore le tirait de son quotidien pour le plonger dans ses souvenirs, l'ennui était le seul qui lui donnait envie de s'asseoir pour ne plus jamais se relever. Il le tirait de force dans des images, des sons et des sensations qu'il n'aurait jamais aimé devoir revivre. Il le faisait s'abaisser, perdre l'envie de s'accrocher à la vie. Il lui offrait une douleur morale et une torture physique, il l'éloignait du présent pour lui offrir les idées du passé et les songes du futur, l'un dur à supporter et l'autre douloureux a appréhender.

L'ennui était le pire ennemi de Klee parce sans s'occuper, il était confronté à lui-même, et il avait du mal à supporter... Pas sa propre personne, mais finalement, sa propre situation l'atteignait plus qu'il ne le laissait croire, du moins quand il se retrouvait à y réfléchir. Quand on y pensait, c'était assez misérable tout de même. C'était un gosse sans avenir, avec un passé pas glorieux... C'est vrai, a y réfléchir, pour s'efforcer à vivre encore demain ? Klee n'aimait pas ce genre de pensées parce qu'il ne savait pas comment les contrer. Il n'avait aucun autre argument que le "j'ai pas vécu tout ça pour rien", qui semblait bien faible. Et pourtant, ces idées noires avaient beau le faire hésiter, tenter de le faire tomber du fil de la vie, sans trop savoir pourquoi, il s'y accrochait ; il n'avait juste pas envie de mourir comme ça. C'était pour ça qu'il dormait si peu, qu'il ne se reposait jamais, parce que rester statique, en ne faisant rien, laissait la porte ouverte aux idées affreuses qui lui donnaient envie d'attendre la mort sans rien faire. Klee était l'enfant nonchalant, sans détermination, ni utopiste, ni fataliste, c'était l'enfant qui vivait pour vivre sans espoir de vengeance ou d'un monde meilleur, c'était l'enfant trop réaliste que la réalité cruelle tuait à coup d'ennui.

L'ennui était le pire ennemi de Klee, et c'était pour ça qu'à une heure si tardive il se baladait dans la rue. Il cherchait du divertissement, quelque chose. Il faisait trop noir pour lire ou s’entraîner au couteau, même si... Même s'il lisait quand même, à la maigre lumière d'une chambre encore allumée, il se pétait les yeux mais au moins il s'ennuyait pas. Jusqu'à ce qu'on le chasse à coup de babouches parce qu'il s'était mis à réciter les poèmes du livre à haute voix et que ça plaisait pas à grand monde d'entendre du Paul Verlaine si tard. Du coup, il marchait, « discutant avec son anima » même si la discussion... Ressemblait plus à une engueulade. Bon, en fait, ils se chamaillaient littéralement tout le temps. Ces temps ci plus que d'habitude, les Beasts se faisaient plus nombreux et Kina reprochait souvent à Klee de rester seul trop souvent, et qu'il risquait de mourir, en ajoutant toujours un « pas que ça m'importe que tu meure, mais genre, si tu meurs, je disparais aussi, du coup fais gaffe à toi pauv' con ! ». Puis, une affiche. C'était pas forcément rare mais elle semblait fraîchement posée. Il regarda, tenta de décrypter dans la pénombre. Ca semblait pas très sérieux... Mais une actrice ? Une représentation ? Du théâtre ? Quelque chose ? Ow. Intéressant !

L'ennui était le pire ennemi de Klee, et cette nuit, il avait trouvé quelque chose pour le contrer. Ca l'énervait que ce soit au Bronx, et Kina râlait qu'on allait tomber sur des Beasts et se faire défoncer la gueule, mais, ça avait l'air intéressant, il voulait voir une représentation. M'enfin, heureusement, ça semblait plutôt calme, et il traversa le tout sans trop de difficultés, jusqu'à arrivé à l'adresse de la rue, puis de la maison donnée. Il toque. Trois coups. Toc, toc, toc. « Bonjour. C'est ici pour la représentation ou je sais pas trop quoi ? » En espérant ne pas tomber sur un Dué cannibale qui avait fait ça pour bouffer le premier venu. Au pire, il avait un couteau dans sa cape. Et encore la capuche de ce vêtement sur son visage, cachant son identité en cas de soucis. « J'espère que oui, ça m'aurait fait chier de traverser le Bronx pour rien. » Ouais, monsieur avait traversé le Bronx pour une représentation. Non il était pas fou. Il aimait l'art, c'était pas pareil.
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Lun 13 Mar 2017 - 13:14
... Et action !
Isa & Klee



Heureusement, je tiens l'alcool et même si mon esprit s'embrume, je suis encore maître de moi-même... contrairement à cette peluche secouée de hoquets incontrôlables, complètement avachi à mes côtés. Comment Mimi peut-il devenir bourré aussi vite ! L'objectif de la soirée n'était pourtant pas de finir ivre-mort sur le canapé. Je soupire et poussée par un élan de gentillesse, je l'attire sur moi et le dépose sur mes genoux. "Mais qu'est ce qu'on va faire de toi camarade." Je termine l'unique bouteille trônant encore sur la table (et non pas par terre comme la totalité de l'alcool restant) et me frotte les yeux. Je ressens un brin de fatigue. Et tu comptes recommencer le tableau tous les soirs ? Jouer à la star, te bourrer la gueule et finir par t'endormir habillée sur ton canapé ? Alors que lui est toujours prisonnier ?" Cette fichue conscience qui me ramène à la réalité, la cause de toutes mes insomnies, de mes terreurs nocturnes, de mes larmes versées en secret à l'abri des regards indiscrets, de tout ce malheur qui m'habite et qui refuse de me laisser tranquille. Alors, le cœur lourd de regrets et de souvenirs douloureux, je reste éveillée. Je couche Mimi dans son petit lit (bon c'est une boîte à chaussure mais rembourrée ok !) et commence à débarrasser toute cette pagaille. J'ignore mes membres fatigués et me dirige, un sac poubelle remplie à ras-bord de bouteilles de bières, vers la porte d'entrée, pour jeter le tout. Mais alors que ma main va se poser sur la poignée, une voix masculine parvient à mes oreilles. "Bonjour. C'est ici pour la représentation ou je sais pas trop quoi ?" Je marque un temps d'arrêt. Et si j'avais en face de moi, simplement séparés par cette porte en bois, un Beast assoiffé de sang ou un Due meurtrier ? A force de semer mes affiches un peu où ça me chante, j'ai fini par être repérée bien sûr. Dans un sens, je m'en fiche, je ne regrette rien, et si la personne derrière ma porte s'avère être agressive ou malhonnête, je n'hésiterai pas à me battre. Après tout, j'ai l'impression qu'elle se paye un peu ma tête en parlant d'une "représentation ou je ne sais pas trop quoi". J'allais ouvrir ma bouche pour lui dire de foutre le camp, lorsque mon invité mystère reprit sur le même ton insouciant. "J'espère que oui, ça m'aurait fait chier de traverser le Bronx pour rien." C'est étrange, mon esprit me hurle d'être sur mes gardes, mais au fond de moi je n'ai pas envie de l'écouter. A cause de cette Lune Rouge, nous sommes devenus méfiants les uns envers les autres. Plus de confiance entre les individus, seulement des castes pour garantir une certaine "sécurité" en vérité inexistante. Comment parler de sécurité alors que la société range ses habitants par niveau d'importance. A quel moment la vie d'une personne vaut plus chère qu'une autre ?

Alors oui c'est sûrement cet esprit de contradiction qui me pousse à déverrouiller cette foutue porte, laissant finalement parler la Isabel rebelle au fond de moi.

Une touffe rouge, un visage encore jeune, une sorte de chien-renard-chat ou un truc dans le genre (oui bon voilà moi et les animaux ça fait quarante-douze), voilà tout ce que je parviens à voir, alors que la nuit noire tapisse les alentours. "Entre le champignon." Je m'écarte pour le laisser entrer, et me contente de viser le vide-ordure en face, où atterrit deux secondes plus tard, le sac poubelle bien garni. Je referme la porte derrière moi pour préserver la chaleur. "Désolée c'est pas le grand luxe ici mais c'est mon chez moi." Je m'absente quelques secondes le temps de fouiller dans un carton et d'en sortir un chapeau feutre à paillettes roses ainsi que des lunettes de soleil verte faisant au moins trois fois la taille de ma tête. Une fois déguisée, j'improvise une petite galipette comme pour saluer un public. Finalement, je pars dans un fou rire qui n'a rien de drôle, une sorte de gloussements paniqués, trahissant la douloureuse vérité. "Malheureusement tu t'es pas trompée d'adresse, t'as bien atterri chez ISA LA STARRRR OUAAAAH... En fait je t'ai menti, je n'ai rien d'une artiste. Et ces affiches c'est pour le fun. Je n'ai pas de public. J'enlève cette tenue ridicule et balance le tout sur mon pauv' canapé. Je voudrais bien lui proposer un thé, mais je n'ai que de l'eau. On pourrait s'assoir et parler un peu autour de la table, seulement je n'ai qu'une unique chaise. Ici il n'y a pas de confort, juste le minimum pour "survivre". Je ne ressens pas le besoin de me faire plaisir, je ne vis que pour une seule chose, je ne vise qu'un seul objectif. Alors les questions comme "est-ce que j'ai besoin de couverts pour manger mon poulet, d'un oreiller pour m'appuyer, d'une télé pour me divertir ou d'amis à inviter" je ne me les pose même plus.

Je soupire, consciente de l'image pitoyable que je dois renvoyer à ce jeune garçon. "Je crains que tu n'es fait cette escapade au Bronx pour rien finalement, excuse-moi." Après tout, pourquoi je m'imagine qu'il veut rester discuter ? On ne se connaît même pas, et il vaut mieux qu'il regagne sa maison avec le jardin bien fleuri qui va avec, dans un autre quartier, parce qu'ici il est plutôt mal tombé en venant dans le Bronx. C'est alors qu'une voix stridente retentit. Une sorte de ronronnement très aigu que je reconnais immédiatement : Mimi. "Hooooooooo mais ne dis pas de bêtise Isa voyons, en aucun cas ils n'auront fait ce chemin pour rien, regarde moi cette beauté !!!!! <3 L'Anima fonce tout droit sur le petit renard et faute d'un atterrissage mal contrôlé, se le prend en pleine poire. Les deux petites boules de poils roulent jusqu'au mur et s'y cognent. "Waouuuh ça déchire comme rencontre ! On peut dire que c'est un vrai coup de foudre !!" Mais qu'ai-je fait de mal pour me retrouver avec un écureuil aussi lourd sur le dos ?
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Mar 21 Mar 2017 - 22:39
...Et action ! [Un paumé & Une actrice]
EXORDIUM.
Klee dormait rarement, et même s'il se faisait nuit, il n'avait pas sommeil. Il n'avait nulle part pour dormir de toute façon, la plupart du temps c'était en pleine journée qu'il s'assoupissait, sur son livre, ses yeux se fermaient tout seuls et il finissait par dormir assit sur une marche d'escaliers, ou sur le sol d'une ruelle peu fréquentée. Rien que l'idée de dormir l'énervait un peu, en fait, il trouvait ça simplement inutile et comme une grosse perte de temps ; le temps qu'il passait les yeux fermés, il aurait pu apprendre une bonne partie de « La Comédie Humaine » de Balzac par cœur non ? M'enfin... Le fait était.

Si tard dans la nuit, il n'avait cependant pas hésité à marcher autant de temps qu'il le fallait, la curiosité l'emmenait et guidait ses pas. Seul le Bronx le repoussait un peu, c'était pas forcément de la crainte, mais juste, bon, n'importe qui aimerait éviter de se faire bouffer par une horde de Beast, surtout en pleine nuit, surtout quand on n'a pas d'autres moyens de se défendre qu'un couteau, et qu'on a encore que 15 ans ; c'est triste, de mourir à 15 ans. Mais bon, il s'en était plutôt bien sortit, et c'est plutôt satisfait de ne pas avoir croisé de bêtes féroces. Plus qu'à espérer que ce ne serait pas quelqu'un voulant sa mort derrière la porte qu'il martela de trois coups. Puis visiblement non... La porte s'ouvrit, une jeune femme qui devait avoir dépassé la vingtaine, les cheveux rasés d'un côté, le dépassant de quelques centimètres. Elle le regarda, lui, Klee, qui était sûrement bien peu présentable ; avec sa capuche sur la tête, son espèce de cape bizarre, ses cheveux rouges qui dépassaient du tissu, sa silhouette toute maigrichonne et son visage pâle. Bwarf, qu'importe. « Entre le champignon. » De quéwa. Pourquoi genre, un champignon ? C'est en arquant un sourcil qu'il fit un pas en avant, un peu méfiant tout de même, mais affichant une mine tranquille. « Désolée c'est pas le grand luxe ici mais c'est mon chez moi. » Bah, c'était pas mal, non ? Pas bien grand, pas bien luxueux, mais « l'invité » était un gamin qui n'avait jamais connu que les QG de criminels, la chambre d'internat ou la rue, du coup c'était cool, très honnêtement. Il regarda autour de lui, alors que la jeune femme disparut quelques secondes. Il ouvrit la bouche, mais n'eut pas le temps d'en placer une, déjà elle réapparaissait, avec... un chapeau a paillettes et des lunettes géantes vertes. Chez quel genre de personne il était allé sérieusement ? Oï, c'était quoi ce genre de rencontres, ça craignait, on aurait dit une folle furieuse. « Malheureusement tu t'es pas trompée d'adresse, t'as bien atterri chez ISA LA STARRRR OUAAAAH... En fait je t'ai menti, je n'ai rien d'une artiste. Et ces affiches c'est pour le fun. Je n'ai pas de public. » Ow. Klee la toise quelques secondes, le regard juste intrigué, preuve d'aucune moquerie, rien. « Tu... ? Tu veux dire que personne ne vient jamais, sauf moi ce soir ? C'est triste un peu. » Il soupira un coup. « Je te mentirais en disant que je ne suis pas un peu déçu c'est vrai. Je m'attendais à, je sais pas, une pièce de Molière, des répliques d'  « Antigone », ou la remise en scène de quelques scènes de Matrix. Ou même de l'improvisation totale, ça aurait pu être amusant. Ca fait longtemps que les entrées pour ce genre de trucs sont payantes et trop chères, en ville... » Quel genre de personnes posait des affiches pour rien... ? Peut-être qu'elle faisait juste ça parce qu'elle espérait pouvoir tenir une représentation comme ça un jour. Qui sait ? Ca semblait probable, mais Klee allait bien se garder de le formuler, il pourrait la vexer. « Tu vois, je t'avais dit que ça servait à rien ! Partons, pff. » Kina râla à haute voix. « Je crains que tu n'es fait cette escapade au Bronx pour rien finalement, excuse-moi. » Et pour une fois, Kina ne fut pas la seule a râler. Sauf que Klee le fit avec un sourire gêné, et en s'asseyant parterre. « Haha... C'est embêtant un peu. C'est pas très sur, le Bronx, la nuit, si ? Ca craint si je rentre maintenant. Je peux... » Quelque chose lui coupa la parole. « Hooooooooo mais ne dis pas de bêtise Isa voyons, en aucun cas ils n'auront fait ce chemin pour rien, regarde moi cette beauté !!!!! » Un cri strident, puis... Puis un écureuil volant. Qui plana. Jusqu'à s'écraser. Sur. Kina. Attendez attendez.

L'anima. Venait. De s'écraser. Sur Kina. R.I.P lui. Ah non mais très clairement. Les deux petites boules de poils roulent jusqu'à se prendre un mur. « Waouuuh ça déchire comme rencontre ! On peut dire que c'est un vrai coup de foudre !! » Klee grimace. Pas parce qu'il se dit qu'ils doivent avoir mal, ça devrait aller. Mais plus parce que... Parce que ce puvre écureuil... « MAIS. C'EST QUOI CA ESPECE D'ABRUTI. » Evidemment, elle se mit à crier. Bah oui, c'était Kina. Elle feula, les oreilles en arrière, se dégageant de l'autre anima. « Ca déchire pas du tout comme rencontre, tu viens de me rentrer dedans, d'abord tu t'excuse, et puis... AAAAh, mais on rentre pas dans les gens comme ça, espèce de... de !! En plus tu pues l'alcool !! » Soupir du jeune homme. Le fennec est irrécupérable. « Kina, caaaalme moi. C'est rien, t'as pas du avoir mal en plus. » Il se tourna vers Isa.« Pardonne moi pour la boule de poil, elle a un sale caratère. »
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Sam 25 Mar 2017 - 16:39
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Isa & Klee



Mimi et moi ça n'avait pas toujours été facile. A mon arrivée dans le Bronx, j'étais au plus mal et alors que ma seule envie semblait être de me retrouver seule, l'arrivée de mon Anima me l'empêcha. Dans cet endroit malsain et détruit, des idées morbides me montaient à la tête sans que je les chasse, les seringues et autres substances douteuses ne m'avaient jamais semblaient aussi accessibles et essentielles. Je voulais pousser ce corps faible qui avait été dans l'incapacité de protéger mon frère, jusque dans ses derniers retranchements. Mes limites, je ne souhaitais que les repousser. Me faire du mal pour me punir ou juste pour me sentir revivre, voilà ce que j'avais en tête. Mais finalement, mon quotidien ne fut ni drogue, ni dépression. Parce que justement, je n'étais pas seule. Mimi m'engueulait, son franc parlé me donner des frissons tandis qu'il m'imposait violemment la vision que je renvoyais. Une jeune femme perdue, qui se cherche sans se trouver, désirant des choses peu rationnelles et jouant de son malheur pour en modeler un prétexte de dépression. Je ne désirais pas faire pitié ? Raté. Je voulais qu'on me laisse tranquille ? Raté aussi. Et quand la situation devenait trop extrême, il n'hésitait pas à appuyer là où ça faisait mal : mon frère. Parfois, il m'arrivait de le détester, de le haïr pour un jour m'avoir dit de ne pas abandonner. Parce que ces mots me hantaient tant et si bien que jamais je n'avais le droit de baisser les bras. Mon être tout entier demandait repos, mais mon cœur lui refusait ce privilège bien trop facile.

Je n'avais plus la volonté de me battre, ce monde pourtant éclairé par ce rouge sanglant me paraissait plus noir que jamais il ne l'avait été. Pourtant je surpassais tout ça. Quand je me plongeais dans l'alcool pour tout oublier l'espace d'une soirée, Mimi me couvrait d'une couverture et rangeait mon bazar. Puis quelques jours plus tard il cacha les bouteilles. Je me rappelle que j'étais rentrée dans une rage folle et que résultat il s'était tout descendu pour être sure que je n'y touche pas. Il s'était rendu malade comme un chien et avait vomi sur la moquette. Mais je me rappelle de ce jour-là, puisque j'avais enfin compris qu'on tenait à moi et qu'on voulait m'empêcher de commettre d'autres bêtises. A ce moment je repris ma vie en main. J'arrangeais notre maison pour lui donner une allure un chouïa plus accueillante, j'arrêtais mes crises quotidiennes (bien que les crises de panique me saisissent parfois la nuit), et je me mis à apprendre à regarder au-delà. Au-delà de moi, de ma vie. Je recueillais les animaux blessés, je pansais les blessures des jouteurs égarés, je me replongeais à mes heures perdues dans les rouages de la mécanique, je réapprenais à vivre. Je ne veux plus connaître à nouveau ce désir de vouloir tout abandonner, je veux prouver à Mimi qu'il a bien fait de croire en moi.

Je me sens mal pour cet inconnu, je lis dans ses yeux la déception qui naît en lui lorsque je lui avoue notre plan foireux. "Tu... ? Tu veux dire que personne ne vient jamais, sauf moi ce soir ? C'est triste un peu. Je te mentirais en disant que je ne suis pas un peu déçu c'est vrai. Je m'attendais à, je sais pas, une pièce de Molière, des répliques d'  « Antigone », ou la remise en scène de quelques scènes de Matrix. Ou même de l'improvisation totale, ça aurait pu être amusant. Ca fait longtemps que les entrées pour ce genre de trucs sont payantes et trop chères, en ville..." En entendant le nom de Molière ou de la pièce d'Antigone de J. Anouilh, je vois Mimi trépigner dans son petit lit, nous observant discrètement, près à venir réciter ses répliques à la moindre invitation.

Quand au prix des entrées des spectacles, je suis mitigée. Puisque bien sûre, il faut sortir quelques sous de sa poche ce qui n'est jamais très emballant, mais la scène, le spectacle, tout ça fait encore parti de mon rêve. Que les gens s'arrachent leurs tickets pour venir admirer mon sublime jeux de rôle, voilà qui ne m'aurait pas dérangée. Je suis une vraie diva ! Malheureusement, une diva décidément tombée bien trop bas. "Tu vois, je t'avais dit que ça servait à rien ! Partons, pff." Cette Anima a la langue bien pendue ! Mais à mon avis, elle dit tout haut ce que lui pense tout bas. Pourquoi rester chez cette folle, totalement désespérée allant même jusqu'à s'inventer une carrière imaginaire ? Où est la porte s'il-vous-plait ! Seulement, il faut toujours que dans ce genre de situation, où tout va rentrer dans l'ordre (le champignon et son amie vont repartir, Isa va finir de ranger et se coucher tranquillement) que quelqu'un intervienne. Et ce quelqu'un désigne toujours la même personne. Il m'arrive de me demander s'il ne faudrait pas interner cet écureuil hyperactif... Après avoir foncé sur la demoiselle à courtes pattes toute grognon, ils s'écrasent sur le mur et finissent sonnés sur la moquette. "MAIS. C'EST QUOI CA ESPECE D'ABRUTI." J'avoue que cette réponse cinglante me surprend, la bouille toute chou du petit fennec contrastant mal avec sa voix sur-aigu et son tempérament colérique. Le jeune garçon resté à mes côtés semble assez gêné par la tournure que prend les évènements. Moi je retiens le gloussement qui monte dans ma gorge, la confrontation entre ces deux-là est quand même drôle à regarder. "Ca déchire pas du tout comme rencontre, tu viens de me rentrer dedans, d'abord tu t'excuse, et puis... AAAAh, mais on rentre pas dans les gens comme ça, espèce de... de !! En plus tu pues l'alcool !!" La petite boule de poil ne s'arrête plus de râler et de s'énerver tandis que Mimi la regarde intensément, un air abruti sur le visage, pas étonné le moins du monde par cette réaction. "J'aime les femelles qui ont du caractère ! Une relation pimentée, j'adore !! Il me fait honte c'est pas possible ! Comment fait-il pour se transformer en gros beauf en quelques secondes, vous savez comme les hommes rougeauds qui se tiennent leurs gros bidons avec leur p'tit verre de pastis, les crocks aux pieds et la pétanque prévue pour samedi midi. Eh bien en voilà un fidèle portrait. "Kina, caaaalme moi. C'est rien, t'as pas du avoir mal en plus. Pardonne moi pour la boule de poil, elle a un sale caratère." Je me dandine d'un pied à l'autre, ne sachant plus trop où me mettre. Je me baisse pour attraper mon Tic ou mon Tac (jamais pu arriver à différencier ces deux personnages !) et je le place sur mon épaule. "Excuse-moi aussi, Mimi tu t'es cru sur un site de rencontre ou quoi ? On aborde pas les autres comme ça, c'est malpoli. Se jeter sur les gens c'est pas le top pour faire une bonne impression vu ? Mimi me regarde dans les vapes, un sourire niais collé au visage, signe qu'il est complètement cuit et que il n'a rien compris à ce que je viens de dire. "J'aurais aimé être un koala." Mais quel autiste je vous jure! Mal à l'aise, un blanc s'installe. On ne sait pas quoi se dire, on ne sait pas pourquoi l'un reste et pourquoi l'autre ne lui demande pas de partir. Alors plongée dans l'indécision la plus totale je propose maladroitement. "Je ne sais pas si ta famille t'attend, mais il est tard maintenant, retraverser le Bronx en pleine nuit n'est pas la meilleure des idées je crois. Vous pouvez rester dormir ici si vous le souhaitez, c'est pas grand mais comme ça on se tiendra chaud ! Je jette un regard en coin à mon Anima, dont la petite tête s'appuie sur ma joue. "Et on va instaurer quelques règles ici ! Plus de bêtises sinon c'est toi qui dors dehors !"

J'ignore encore qui est ce jeune homme, mais je ne suis pas un monstre, le laisser repartir tout seul serait bien imprudent de ma part. Aider les gens fait un peu parti de mon quotidien depuis quelques temps. Si je n'arrive pas à me sauver moi-même, peut-être puis-je servir à quelque chose en délivrant mes services à autrui ? Aussi ils m'ont l'air d'un duo sympathique et je n'aurais pas à rester sur mes gardes. Ils ne semblent pas armés jusqu'aux dents, prêts à se transformer en je ne sais quelle créature.
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Lun 27 Mar 2017 - 2:25
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EXORDIUM.
Bah, Klee n'avait pas d'arrières pensées. Il ne trouvait pas ça pitoyable ou autre, c'était un fait et il l'acceptait. Il n'était pas du genre à juger les gens, loin de là ; de toute façon, il n'était pas forcément le mieux placé pour ça, regardez le, c'était un gosse à la rue quoi. Même s'il en donnait pas forcément l'air, attention, monsieur décrassait ses vêtements, hein, fallait pas croire. C'était pas parce qu'il vivait dans la rue qu'il était sale ; il tentait de prendre un minimum soin de lui. Bon, « propre » ne voulait pas dire « prendre soin de lui » en réalité, lui respectait juste les règles d'hygiène. Les cheveux coiffés, la crème pour la peau, les cicatrices sur le corps, les bleus de partout, ça, qu'importait. Il vivait avec. Pourtant, il était beau si on regardait, ses traits bient tracés, ses yeux ambres et son sourire espiègle. Mais bon, s'admirer devant la glace était le cadet de ses soucis, donc peu importait. En fait, rien ne le préocuppait, quand on y pensait. Il vivait parce qu'il trouverait ça con de mourir, il mangeait parce qu'il ne pouvait pas vivre sans, et il cherchait des occupations parce que l'ennui, lui, ramenait par vagues tous ces soucis qu'il repoussait sans cesse.

Ton passé ? Ton avenir ? Ta famille ? Ta solitude ?Ta condition ? Ta vie elle-même ?

Tout ce qui ne lui faisait normalement rien quand on pouvait en parler revenait su violemment quand il ne trouvait plus rien à faire et quand son esprit avait le temps d'y réfléchir. Ainsi, même quand il était trop fatigué pour s'entrainer au combat et trop tard pour que la lumière permette de lire, Kina avait appris à venir le taquiner et l'embêter, question qu'il ne pense pas trop. Il avait vite vu que malgré son caractère insupportable et ses remarques exaspérentes, la boule de poil avait un grand cœur, et qu'elle tenait à lui comme lui tenait à elle. On ne dirait pas, mais les deux étaient complices et ne pouvaient se quitter l'un l'autre. Elle était devenu son seul allié contre la vie, en quelques sorte. Mais ça n'empêchait pas au fait qu'elle était intenable et difficilement supportable ;

« J'aime les femelles qui ont du caractère ! Une relation pimentée, j'adore !!
Mais la femelle elle t'encu-
Tuut, pas de gros mots Kina.
Mais la ferme toi !! »

Il se contenta de rigoler un peu. Ces deux là, ça allait être insupportable. Isabel le réprimanda un peu, avant qu'une ambiance gênante s'installe, étant donné que personne ne parlait ; en même temps, la situation n'était pas très normale et tout, à vrai dire. « Je ne sais pas si ta famille t'attend, mais il est tard maintenant, retraverser le Bronx en pleine nuit n'est pas la meilleure des idées je crois. Vous pouvez rester dormir ici si vous le souhaitez, c'est pas grand mais comme ça on se tiendra chaud ! » Bon, il se taira en ce qui concerne la famille, mais pour le reste il était d'accord. Il accepta un léger sourire au lèvres ; au moins, même si c'était au Bronx et pas très très sûr, c'était mieux que la rue elle même. Il n'acceptait pas d'habitude de trainer chez les autres, pour une nuit surtout, mais bon, c'était pas comme s'il avait le choix, ce serait pas très sur de retraverser le quartier ainsi.

« J'accepte, merci beaucoup. Je traine d'habitude jamais dans ce quartier en plus, je me perdrais peut-être en tentant de rebrousser chemin. » Et dormir dans le Bronx au milieu des Beasts, merci mais non merci. Puis soudain, une idée. « Oh. » Il fouilla dans les grandes poches de sa cape, si ses souvenirs sont bons, aujourd'hui... Yep. Par chance, il transportait « Cyrano de Bergerac » aujourd'hui. Un livre qu'il avait réussi à acheter avec la monnaie au fond de sa poche, qu'il avait gagné en donnant un coup de main à une vieille dame, alors qu'il n'avait rien demandé en échange. Quoi ? Ouais, il avait dépensé son argent dans un livre plutôt qu'à manger, alors qu'il jeûnait depuis une journée. Y'A QUOI.

« Dis, si tu as mis ces affiches un peu partout, c'est que tu dois aimer le cinéma, le théatre, ou quelque chose non ? T'as pas fait ça appater des enfants et les manger ensuite ? » Il rit légèrement ; bien évidemment que c'était une plaisanterie. Remarquez qu'il n'avait à aucun moment jeté un cou d'oeil au coup de Isabel, il imaginait bien que pour habiter au Bronx elle devait être une Dué ou une Philia – quoi que plutôt une Dué, elle ne semblait pas avoir de mutations physiques – mais il s'en fichait, elle avait l'air sympa. « Ca peut sembler un peu bizarre comme proposition... Mais ça te dirait qu'on s'amuse là dessus ? » Kina le regarda, le jugeant du regard. « Bouffon va. »

Klee lui grimaça et repris. « Ah, au fait, je ne me suis même pas présenté. Je m'appelle Klee, Klee Engelhart. Et toi... Isabel, si je ne dis pas de bêtises ? C'était marqué sur l'affiche. »

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Mar 28 Mar 2017 - 19:36
... Et action !
Isa & Klee



Normalement je ne fais pas dormir mes invités surprises chez moi. Beaucoup de personnes circulent ici, mais une fois soignées ou hors de danger, elles repartent comme elles sont venues. De plus, je ne suis pas non plus abrutie, bien consciente que des gens mal intentionnés, ça ne manque pas dans les rues douteuses du Bronx. Je ne sais même plus depuis combien de temps je n'ai pas pu m'assoupir ne serait-ce qu'une nuit entière. Dormir (je préfère le terme : se reposer) et écouter en même temps, l'oreille aux aguets, mes armes posées à mes côtés, voilà à quoi je passe mes courtes nuits. J'ai déjà eu des visiteurs surprises, il y a un mois environ. Je les avais reçu de pied ferme, car à peine avaient-ils pénétré mon abri, qu'une pluie de balles sifflantes s'abattaient sur leurs tronches abasourdies. Du plomb niché dans leurs chairs à vif, ils ne tardèrent pas à s'enfuir comme les voleurs qu'ils étaient. Le pire dans cette histoire je crois, c'est Mimi qui malgré la scène, dont le petit lit trôné justement en face de la porte, n'avait pas cessé ses bruyants ronflements et m'avait même demandé le lendemain si j'avais bien dormi.

Les insultes du petit fennec tirent mes traits en un sourire. Je trouve que son caractère grognon lui donne un petit côté attachant. Et puis la scène demeure assez comique, entre l'Anima bourré et l'autre grincheux. Suite à ma proposition pour le moins assez impulsive, Klee semble réfléchir quelques secondes, mais finit par se montrer tout aussi réceptif que moi. "J'accepte, merci beaucoup. Je traine d'habitude jamais dans ce quartier en plus, je me perdrais peut-être en tentant de rebrousser chemin." Aaah un bon point pour lui, il semble aussi maladroit que moi surtout en terme d'orientation. Tu m'étonnes, il n'a pas le profil pour traîner dans ce quartier morbide. Un champignon ça pousserait pas englouti par toute cette destruction et cette indescriptible ambiance malsaine. A chaque coin de rue, la peur de se faire agresser, violenter peut-être même tuer. Les crimes ici font partis du quotidien. Les Eros ont beau faire les éboueurs à se débarrasser de leurs pourritures, au sein du Bronx, chacun impose sa propre loi, et gare à celui qui la ramènerait un peu trop. En gros dans ce coin là tu t'la fermes et tu te fais discret si tu veux pas t'attirer trop d'ennuis.

En une fraction de secondes, la tomate dégaine un bouquin de sous sa cape. Je parviens à lire le titre, qui réveille en moi une certaine nostalgie. J'aimais lire Cyrano de Bergerac le soir, assise sur un coin de fenêtre, à déchiffrer ces mots, puis ces phrases, à la seule lueur de la lune. A cette époque je logeais encore au Mexique, chez mes parents et ce rituel quotidien comblait mes soirées trop vides pour me rendre heureuse. Car ces pages qui défilaient sous mes yeux avides de nouvelles aventures, je n'avais qu'une envie : c'était de les jouer devant le monde entier. Et ainsi perchée, je parvenais à m'imaginer une foule à mes pieds, réclamant, me suppliant de poursuivre cette folle lecture. Alors mon visage se tordait en un timide sourire, et je passais au chapitre suivant. "Dis, si tu as mis ces affiches un peu partout, c'est que tu dois aimer le cinéma, le théatre, ou quelque chose non ? T'as pas fait ça appater des enfants et les manger ensuite ? Je ne peux m'empêcher de rire à sa remarque, un champi qui fait de l'humour, on aura tout vu. xD "On peut dire que parfois, il y a des voies qui se ferment devant nous et que c'est douloureux. J'ai tenté ma chance, mais mon don inné faisant de moi une actrice si talentueuse, n'a pas été reconnue à sa juste valeur et... "Ouais alors prend pas trop la confiance non plus parce que autant t'avais peut-être un don... mais moi LE THEATRE COULE DANS MES VEINES !!!!!! Je suis né pour jouer la comédie, Molière c'est mon pote, y fait parti de la famille. Sois pas deeeg Isa." "Pète un coup un jour on montera tous les deux sur la scène je t'exploserai la tronche, même pas besoin de mes poings ! "Chiche, on verra qui de nous deux mérite le plus de se la jouer "artiste" ! On pari ? "Pari tenu !" Oui traitez nous de gamins, je pense qu'on répond assez bien à ce signalement. Un certain esprit de compétition persiste entre lui et moi, tant et si bien qu'on arrive à partir très vite dans un hors sujet complet avec un débat à la clé. C'est souvent source d'impatience chez les spectateurs de ce genre de caprices, seulement on ne peut pas changer de nature à notre guise. Une fois que j'ai topé la patte de mon compagnon, je me reconcentre sur Klee et sa charmante Anima. "Ca peut sembler un peu bizarre comme proposition... Mais ça te dirait qu'on s'amuse là dessus ? Je lui renvois un sourire sincère, enthousiaste, pour la première fois depuis plusieurs jours, je suis vraiment heureuse. A part Mimi, personne ne se joint jamais à ce genre de jeux, et je me retrouve seule devant mon miroir, à réciter les mêmes répliques, à les lancer haut et fort, à un personnage qui ne me répondra jamais. Toute excitée, je ne peux m'empêcher de sautiller. "Ah, au fait, je ne me suis même pas présenté. Je m'appelle Klee, Klee Engelhart. Et toi... Isabel, si je ne dis pas de bêtises ? C'était marqué sur l'affiche." Je lui tends ma main robotique, toujours niché dans cette armure qui me sert de vêtements. "Enchanté Klee ! C'est pas un nom courant, t'es originaire d'où ? Isabel c'est bien moi, appelle-moi Isa. Ou plutôt appelle-moi Roxane et bientôt tu deviendras mon Cyrano ! Mimi attrape un stylo plus gros que lui, puis tape trois petits coups. "Et action... ! Si y en a un qui moufte dans le public je lui rase le crâne ! Le rideau rouge se lève, que la pièce commence !
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Ven 31 Mar 2017 - 22:55
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EXORDIUM.
Klee n'avait jamais joué avec quelqu'un ; c'était plus le genre de personne qui, au beau milieu de la rue, balançait une citation sortie de nulle part parce qu'elle lui semblait sympathique dans le contexte, ou juste parce qu'il y pensait. Oh, il s'en était pris des regards indiquant un franc « mais c'est qui ce fou » de quelques grincheux qui, fronçant les sourcils, disparaissaient du décors quand ils assistaient à un tel spectable. Klee n'avait jamais eu personne pour le suivre dans ses délires de littérature, contrairement à Isabel qui semblait avoir son anima, le sien était juste bon à râler, râler, râler et encore râler. C'était la pire un peu, mais bon, on apprenait à vivre avec. D'ailleurs, Klee ne put s'empêcher de sourire un peu en les voyant tous les deux, ils semblaient vraiment bien s'entendre ; et partager en plus de ça la même passion. Leur petit dialogue le fit pour ainsi dire bien rire – loin de la moquerie, c'était un rire bienveillant néanmoins. C'était amusant de les voir comme ça, le petit défi, l'anima (qui ne semblait pas très sobre d'ailleurs ?) balançait ce genre de choses.

Mais bon. D'un côté, t'avais Klee qui les trouvait adorable, et de l'autre, t'avais Kina qui... Qui faisait sa Kina. « Sans vouloir t'offenser, imbécile de rongeur, tu es un écureuil, t'as peu de chances de te retrouver la scène un jour. » Ce à quoi Klee répondit juste. « Kina, tu n'as pas de cœur. » C'était vrai quoi. Lui avait hérité d'une boule de poils insensible, y'avait de l'injustice dans l'air ! Non, mais il l'aimait bien sa râleuse professionnelle. Sans cette boule de poils, il ne savait pas ce qu'il ferait parfois. Même si c'était pas elle qui allait les aider pour cette partie théatrale improvisée, ça... Sauf si elle devait faire la présentatrice chiante. Vous savez, comme dans les juris, les mamies aigries qui aiment rien et qui grimacent tout le temps. Bah voilà. Bah Kina était la réincarnation de quelqu'un comme ça. « Enchanté Klee ! C'est pas un nom courant, t'es originaire d'où ? Isabel c'est bien moi, appelle-moi Isa. Ou plutôt appelle-moi Roxane et bientôt tu deviendras mon Cyrano ! » Oh, ce que Klee était content ; de trouver quelqu'un avec qui parler de ce genre de choses, avec qui jouer, avec qui divaguer sur ce genre de choses que les gens trouvaient « futiles », peut-être parce que trop vieux, ou sans intérêt, parfois juste parce que c'était des œuvres qui appartenaient au monde « d'avant », à celui où on comptait encore les années depuis J-C, cette époque qui semblait si lointaine et qui pourtant ne remontait qu'à 3 ans à peine.

Mais bon ; Klee y voyait l'art, et l'art, il aimait ça. « D'origine allemande ! Mais je n'ai jamais connu autre que le sol américain pour être honnête ; je ne garde de ce pays que mon nom et quelques mots appris dans des livres. » Oui, parce que monsieur s'amusait à apprendre des langues comme ça. Quand on s'appelait Engelhart, aussi, c'était drôle de savoir parler un peu la langue quoi. Puis, animé par la joie de pouvoir parler à pleine voix ainsi. Il ouvrit son livre, acte III, scène 7, et la ligne prise au hasard. « Ils trouvent tout de suite ? oh ! cela va de soi,
Puisque c'est dans mon coeur, eux, que je les reçois ;
Or, moi, j'ai le coeur grand, vous, l'oreille petite.
D'ailleurs vos mots à vous, descendent : ils vont plus vite.
Les miens montent, Madame : il leur faut plus de temps ! »


Il fit un clin d'oeil à Isabel, puis lança après sa réplique. « Tu as encore toutes tes chances, crois moi. Ne te laisse pas entravée juste par le tatouage sur le cou où les aléas de la vie. Je suis sûrement trop jeune pour te faire la leçon, mais j'aimerais te voir dans une grande salle remplie d'un public hurlant ton nom. N'abandonnes pas. »

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Lun 3 Avr 2017 - 19:40
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Isa & Klee



J'ai toujours aimé faire des rencontres, aimant plaisanter et m'amuser, le contact avec autrui a toujours été plus ou moins facile et rapide. Avec moi, ça passe ou ça casse. Mais en ce moment, mon naturel tendu, me fait plus casser qu'autre chose. Ce jeune garçon a l'air d'une personne honnête, bien, comme il est si rare d'en rencontrer au fin fond des entrailles du Bronx. Un peu de répit, une bouffée d'air, enfin une soirée avec pour autre compagnie : moi-même, moi et encore moi, sans oublier mon Anima attitré, puis encore un peu de moi. Je ne sais pas encore qui il est vraiment, si il ne cache pas sous son capuchon quelques couteaux, quelques lames, à sortir pour me trancher la gorge. Pour l'instant je m'en moque, je lui demande simplement d'où vient ce nom étrange : Klee, et me dévoile à mon tour. Isabel, un nom assez claquant pour une diva de ma trempe. "D'origine allemande ! Mais je n'ai jamais connu autre que le sol américain pour être honnête ; je ne garde de ce pays que mon nom et quelques mots appris dans des livres." J'esquisse un sourire discret, amusé par ce faux-allemand. "C'est pas moi qui vais te faire une réflexion, mon allemand se résume à hallo, ich bin eine Kartoffen. Pas très professionnel.." En espérant qu'il est compris ma blague, pour ne pas laisser un nouveau malaise s'installer, la discussion dérape par je ne sais quelle formule magique jusqu'à me fourrer un livre de Cyrano de Bergerac dans la main. Autant vous dire que ce soir, on avance de surprise en surprise.

Après quelques regards entendus et les trois petits coups de stylo de Mimi, la scène improvisée peut commencer. A peine mes yeux trouvent-ils la bonne scène, le bon dialogue que Klee est déjà parti dans son interprétation. Voici ce qu'il me déclare, déjà habité par son Cyrano. "Ils trouvent tout de suite ? oh ! cela va de soi,
Puisque c'est dans mon coeur, eux, que je les reçois ;
Or, moi, j'ai le coeur grand, vous, l'oreille petite.
D'ailleurs vos mots à vous, descendent : ils vont plus vite.
Les miens montent, Madame : il leur faut plus de temps !"
Ses mots me transpercent de toute part, c'est ma toute première représentation avec un autre comédien. Je sais que maintenant, c'est à moi de jouer, à moi de descendre dans l'arène, de lever le mystère qui s'embrouille autour de moi, de répondre à ce message si profondément exposé. Alors je baisse les yeux sur le papier. "Mais ils montent bien mieux depuis quelques instants !" Et nous nous échangeons des tirades, ces mots si pleins de sens, qu'on pourrait les analyser des heures entières, mais manque de temps, je décide de les interpréter à ma manière, au feeling, je prends comme ça vient. Et d'un bout à l'autre de la pièce, Cyrano et Roxane poursuivent leur échange passionné. La sueur perle à mon front, seulement c'est une fatigue agréable, la preuve que je m'implique, que j'ai cette envie en moi de poursuivre, l'envie qu'une fois même la scène terminée, nous inventions encore quelques dialogues, pour que ce moment ne prenne jamais fin.

Mais la réalité est parfois dure, cruelle, et peut briser en un instant cette confiance que je recherchais depuis des années que je venais de trouver, et que je dois déjà quitter. La vie est injuste à en mourir. "Tu as encore toutes tes chances, crois moi. Ne te laisse pas entravée juste par le tatouage sur le cou où les aléas de la vie. Je suis sûrement trop jeune pour te faire la leçon, mais j'aimerais te voir dans une grande salle remplie d'un public hurlant ton nom. N'abandonnes pas." Des mots que j'aurais voulu entendre plus tôt, il y a quelques mois, mais plus maintenant. La raison ? Même si je ne dois pas abandonner, je veux abandonner. Je slalome entre les deux, mais bientôt je devrai faire ce choix que je redoute tant. Mon petit frère me l'a fait promettre, pourtant il n'est même pas à mes côtés pour vérifier que je me bats jusqu'au bout. Alors des fois, il m'arrive de penser tout haut... A quoi bon ?

Klee ne doit pas entrevoir le trouble qui me saisit, la peur qui me tord le ventre, les larmes que je refoule avec dégoût. JE NE SUIS PAS FAIBLE. JE NE SUIS PAS FAIBLE PUTAIN. Mimi me répète qu'accepter de ne pas être en forme, d'être triste parfois, d'oser le dire, ce n'est pas une marque de faiblesse, au contraire. Mais moi je n'arrive pas à adopter le même point de vue. Parce que si je craque, je sais qu'il ne sera pas assez fort pour m'aider à remonter la pente cette fois, et que je suis seule ; personne ne sera là pour me relever. Alors je pose le bouquin sur le coin de table, j'affiche mon sourire habituel. "C'est cool de ta part, mais t'inquiète pas va, abandonner c'est pour les nuls, une diva n'est faite que pour briller !" Ma réponse est prononcée avec sarcasme, suivit de mon rire. Je plaisante bien sur, être arrogante ne me ressemble pas. Mais répondre autrement qu'avec humour n'était pas une option envisageable. Parce que le sérieux de la situation je refuse de le voir.

Je n'ai plus envie de jouer pour ce soir, du moins j'ai besoin d'une pause. Je m'assois sur le canapé et prend mon écureuil par la peau des fesses. "Bon allez à vous les tourtereaux, en piste !" Et je le balance dans le vide. Il ne tarde pas à se laisser planer jusqu'à la "scène". "Hooo ouais aller à nous ma bouboule préférée ! Une petite impro ça peut être marrant ! Klee, une idée de thème ? Un truc poilant hein (pourquoi pas romantique dans le pire des cas hein huhu) !" Je lève les yeux au ciel, cet peluche en chaleur ne lâchera pas l'affaire. Bien que pour ce qui est d'une improvisation je suis pour. Même sans connaître de tirades, Kina pourra sans problème participer. "Je crois qu'on va bien rire avec ces deux-là... Une bière pour se réchauffer un peu, ça te dit ?" OUI j'ai toujours envie de boire de l'alcool, et puis j'ai tellement exagérer sur la quantité que je me retrouve à avoir accumulé des caisses entières qu'il va bien falloir vider un jour ! Sans parler du manque de chauffage ou de feu, qui me fait grelotter sous mon armure. J'avoue, peut-être aussi pour me changer les idées, pour me requinquer et retrouver le moral sans avoir à inquiéter mon invité.

Nous nous mettons à l'écart des Animas, je farfouille dans mon bordel. "Merci sincèrement pour tout à l'heure, je n'ai pas pris ta réflexion à la légère. Disons simplement qu'on a tous des moments plus ou moins douloureux dans nos vies. J'imagine que toi aussi, il y a des sujets sensibles que tu préférais éviter." Je secoue la tête, je ne sais même pas comment j'ai sorti ces mots ! Raclement de gorge, tintement des bouteilles... "Il faudra me soûler pour en savoir plus haha ! En attendant, voyons voir comment se débrouillent ces deux zigotos.."
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Mer 5 Avr 2017 - 12:52
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EXORDIUM.
« Mais ils montent bien mieux depuis quelques instants ! » Et c'était ainsi. Ainsi qu'ils s'engagèrent, la voix portante, jouant leurs répliques comme s'ils étaient respectivement les personnages, Cyrano et Roxane. Comme s'ils étaient dans les mêmes positions, l'une en haut qui cherche à monter et celui qui en bas, était censé juste souffler les mots, mais qui finalement prend la place de Christian qui était trop hésitant en ses mots.

Il aimait beaucoup cette pièce de théatre, et l'avait lue et relue jusqu'à ce qu'il connaisse presque tout par cœur – même les didascalies. Il aimait même le théatre en général, pas forcément la scène, comme semblait en rêver Isabel, mais plus l'art en lui-même, l'écriture, la beauté des mots qui à l'orals continuent de suivre les lignes écritent, tout ça, tout ça. Klee était toujours un peu dans son monde, sans que personne le comprenne. En même temps, qui serait apte de comprendre un gars qui a rien, mais vraiment rien dans sa vie... Mais qui ne pense qu'à ses livres. Pas grand monde. Isa peut-être. Ce serait bien. Il aimerait bien. Et puis, elle est gentille, Isabel. Elle habitait dans le Bronx et avait un tatouage « Duè », mais elle était vraiment gentille, et il s'amusait bien avec elle. Alors que bon, s'amuser... C'était pas le quotidien de la vie d'un gamin à la rue. Elle était amusante, la jeune femme. En réalité, il avait éclaté de rire presque à sa magnifique prestation en allemand, le « je suis une patate » était parfait quoi.

Et pourtant...
Pourtant, il sent un peu la hype redescendre. Il avait dit quelque chose qu'il ne fallait pas, c'était ça ? Arf, mais quel boulet... Il avait l'impression d'avoir tout gaché. Il la sent hésiter, un peu. Il avait balancé ça pour lui donner du courage, un peu. Pour l'aider, lui remonter le moral, sa simple présence prouvait qu'il y avait un espoir, c'était vrai, ces affiches avaient finalement fini par attirer une personne. Mais visiblement, en voulant bien faire, il avait fait une gaffe. Il la regarde poser son livre, c'est peut-être le moment de s'arrêter. Le silence pèse, un peu. Klee se mord l'intérieur de sa joue. Il se permet de poser son livre à son tour, déboutonne sa cape, la pose à côté – quoi ? Il fait chaud un peu. Puis Isa sourit et reprend la parole. Mais ça semble moins naturel. « C'est cool de ta part, mais t'inquiète pas va, abandonner c'est pour les nuls, une diva n'est faite que pour briller ! » Oui, c'était différent. Un peu gêné, Klee s'excuse. « Désolé. J'ai dis un truc qui ne fallait pas. » En déduit-il à haute voix.

Mais ils passent rapidement à autre chose malgré tout. C'est au tour des Animas, de faire n'importe quoi, cette fois ci. Isabel les appelle les « tourteraux », ça rend le rire à Klee. L'écureuil volant plane en réclamant une improvisation romantique. Il en a pas marre de se faire jeter, le pauvre ? Kina tourne le dos, méprisante. « Je ne m'abaisserai pas à jouer à ce genre de vulgarités. » Ahlala, insupportable. Mais Klee n'a pas envie de juste l'ignorer, cette fois ci. « Quoi ? T'as peur de perdre contre Mimi ? » Et le pire c'est que ça marchait. Deux temps trois mouvements plus tard, le fennec était prêt.

« Alors, ton thème ?
— Amo-
— N.o.n.
— Amit-... ?
— Non plus
— Mais, Kina, tu,
— Haine ? D'accord ça me va très bien. »

Ouais, bon, c'était Kina quoi. Elle profitait de « l'improvisation » pour balancer toutes sortes de méchancetés – bon, ça ressemblait plus à des taquineries, Kina le faisait avec un sourire, espiègle certes, mais présent quand même – à Mimi. « Ô, quel animal stupide ose se tenir devant moi, se croyant malin, mais dont la cervelle atteint à peine la consistance d'un petit pois ! » Klee restait avec Isabel qui semblait chercher quelque chose, ricanant doucement malgré tout.

« Merci sincèrement pour tout à l'heure, je n'ai pas pris ta réflexion à la légère. Disons simplement qu'on a tous des moments plus ou moins douloureux dans nos vies. J'imagine que toi aussi, il y a des sujets sensibles que tu préférais éviter. » Peut-être. Des sujets sensibles ? Il aimait pas se rappeler de ces moments où il vivait avec eux. Les choses qu'il a pu voir, la douleur ressentie, les cris, tout le reste, tout. Le reste ça allait. Sa situation actuelle, le lycée dans lequel il ne pourra jamais retourner, sa famille inexistante et sa solitude envahissante. Tout ça, il s'y était fait. « Oui, je comprends. Tu n'as pas à me remercier... Je suis plutôt désolé, en fait. Mais bon. » Il était content de ne pas l'avoir blessé plus que ça. C'était le genre de maladresses toujours un peu tristes, vu qu'on ne savait pas comment les éviter.

Isabel semblait trouver ce qu'elle cherchait. « Il faudra me soûler pour en savoir plus haha ! En attendant, voyons voir comment se débrouillent ces deux zigotos.. » Oh, gosh. De l'alcool. Non, sérieusement ? Klee n'avait jamais bu de sa vie un peu, il avait jamais été spécialement attiré par ce genre de substances, et avec tous les livres qu'il avait lu sur l'addiction, ça ne lui donnait... pas trop trop envie. Mais bon, pour une fois. « Eh, eh, j'ai jamais bu moi... Ca craint un peu comme ça non ? » Mais Kina à l'autre bout l'entendit et gueula. « Mais oui c'est ça fait ta mauviette ! Je veux un grand verre pour moi toute seule la diva là bas ! »

Aucun respect, rooh. Klee grimaça et accepta, du coup. « Bon, mais pas trop, hein. L'alcool c'est dangereux pour la santé. » Il voulait pas être chiant, loin de là ; mais tout ce qu'il avait lu sur l'alcool c'était péjoratif, il n'avait jamais eu d'autre vision du monde que celle que les livres offraient. Excusez le, du coup, de ressortir ce genre de choses.

st.litchi
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Ven 7 Avr 2017 - 21:14
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Isa & Klee



A quoi ça rime d'attendre, de prier tous les jours pour que la chose se passe, pour que le miracle opère, fruit d'un vœu exaucé avec une volonté des plus féroces, adressée en secret à cet astre sanglant ? Chaque nuit qui passe, je joins mes mains, je m'accroupis sur ma paillasse, je chuchote doucement, des larmes aux coins de mes yeux tristes, en demandant à je ne sais qui de me venir en aide. Durant mes vingt deux années ici, passée en ce bas-monde, je ne crois pas avoir un jour commis l'irréparable. Un acte criminel, quelque chose de mal, qui me couvre de honte et me plonge dans le silence. Pourquoi alors, suis-je punie avec autant de hargne, pourquoi m'enlever celui qui m'avait redonné l'envie de poursuivre cette vie si dure ? A peine une dernière étreinte, une fuite, puis le cauchemar. Je parle de fuite, mais j'ai été la seule à m'éloigner, à lui obéir encore une fois, à céder lorsqu'il m'a ordonné de partir. Et ce sentiment d'avoir été impuissante, lâche, les regrets qui font trembler mes membres et mon cœur, ce mélange d'avoir à la fois tout tenté, et rien, c'est cela que j'ai ressenti une nouvelle fois lorsque Klee a pris la parole. "Désolé. J'ai dis un truc qui ne fallait pas." Oui. C'est exactement ce que je pense. Mais comment t'en vouloir ? Tu pensais bien faire, tu as formulé tes mots avec gentillesse et bienfaisance. Tu es quelqu'un de bien et je suis si contente que tu es franchi cette porte, que tu es remonté la piste qu'indiquait mes affiches, que malgré la peur qui ronge maintenant les habitants de cette ville maudite, tu es pénétré dans le Bronx pour faire ma rencontre. Mais cela je n'ai pas assez de force pour te le dire en face. Alors je me tais, je te laisse t'excuser et je n'y réponds rien. Te remercier me parait hypocrite, alors je te souris simplement. J'espère que tu ne m'en veux pas.

S'ensuit un dialogue des plus comiques entre mes deux invités inattendus. Rien de mieux pour me divertir l'esprit ! Kina est vraiment un être étrange, ronchon au possible, je lui trouve justement un côté attachant et unique. Mon Anima n'échappe d'ailleurs pas à son charme, c'est certain. Tout ça pour conclure : le thème choisi sera la haine. Un sujet plutôt sombre à aborder, mais je fais confiance à nos deux peluches pour nous concocter bien plus qu'une simple querelle. "Ô, quel animal stupide ose se tenir devant moi, se croyant malin, mais dont la cervelle atteint à peine la consistance d'un petit pois !" Quelqu'un rit. Un rire détaché, profond et sincère. Comme si la personne avait abaissé ses derniers remparts, que maintenant elle avait décidé non pas d'abandonner la bataille, mais juste d'y mettre fin. Profiter de l'instant présent est un cadeau délicieux, dont on se délecte pourvu qu'on y arrive simplement. C'est alors que je me rends compte : que c'est moi qui rit ainsi, aussi librement, à gorge déployée. Je suis donc parvenue à tirer un trait pour ce soir, sur cette histoire qui me hante, qui, infernale et sans remords, me torture corps et âme. Je suis bien consciente que sûrement on me dirait de m'estimer heureuse, que d'autres sont morts, qu'ils ne reviendront jamais, c'est certain. Et justement, c'est cette incertitude, cet espoir qui grandit de jour en jour, qui me tord les entrailles, qui me réveille la nuit, c'est ça le vrai cauchemar. Parfois j'aimerais arrêté d'espérer. Reposer cet esprit assaillit par ce trop plein de peine. Alors, la tête gros comme un chou-fleur, je m'exclame. "Haha Kina t'es géniale, je te veux dans MON équipe !!!" Et je ris. Parce que je profite de leurs présences pour tout oublier. Et j'espère un instant, qu'ils ne partiront jamais.

Finalement je propose de l'alcool. Pour pimenter la soirée, et puis parce que j'en ai besoin. Me noyer dans mes bières m'aide, qui se priverait de son unique antidote ? Seulement, les yeux exorbités, j'apprends que le champignon qui germe à mes côtés n'y a jamais goûté ! Dans un sens, passé l'étonnement, je suis plutôt fière de servir de première initiatrice. Moi qui veux ambiancer le tout, je sens qu'on va bien rire ! "Mais oui c'est ça fait ta mauviette ! Je veux un grand verre pour moi toute seule la diva là bas !" Mimi lui lance un regard éperdument amoureux... quoique pour ne pas précipiter les choses, contentons-nous de dire passionné. "Hoooooooo alors comme ça, tu aimes l'alcool aussi ! On a trop de points communs on est fait pour être ens..." Mais je l'arrête d'un signe de main. Il semble oublier où il se trouve. Sur une scène, on ne fait pas les quatre-cent coups. On joue une autre personnalité et quoiqu'il se passe, on ne quitte son personnage sous aucun prétexte. Il faut y croire, y croire si fort qu'on ne pourra plus distinguer le comédien de son rôle. "Je ne crois pas que faire des avances rime avec "haine" tu ne crois pas ?" Il se racle alors la gorge, conscient de son erreur. Nous prenons très au sérieux les réflexions de l'autre, car nous rêvons de la même scène, des mêmes projecteurs, et savons qu'ensemble, en travaillant et en persévérant, il arrivera ce jour merveilleux, ce jour attendu avec une telle frénésie, où nous foulerons notre premier plateau, face à un public, avec ce petit côté officiel qui manque à notre bonheur. "En parlant de petit pois très chère, j'en ai perdu un nom d'une carotte !!!! Vous ne l'auriez pas vu par hasard ?"

"Bon, mais pas trop, hein. L'alcool c'est dangereux pour la santé." Mon coco, si y a bien une chose à savoir c'est ça. "T'inquiète pas va, l'alcool c'est de l'eau !" Dis-je le plus naturellement du monde en lui assenant une tape amicale (un peu trop violente) dans le dos.

Je vais être honnête parce que je n'aime pas mentir. Faisons nous confiance. La confiance c'est la base d'une relation saine et durable. Amicale, passagère, amoureuse, peu importe dans quel rang vous la situez. Tout ça pour avouer... Qu'il se pourrait... Que par un petit malentendu, j'ai confondu vodka et bière, que Klee n'y connaissant rien n'est pas remarqué l'entourloupe, que nous ayons trinqué de bon cœur, et tout en criant "CUL SEC" (suite à mes encouragements) nous nous soyons enfilés ce petit verre, si minuscule et pourtant assez fourbe pour contenir une si forte dose. Mais bien sur, ce n'est qu'un regrettable malentendu comme je l'ai dis précédemment. "Hum je crois que... HIC... tu es tombé sur une personne assez irresponsable pour une première soirée alcoolisée... HIC." En voulant trop oublier, peut-être ai-je abusé. Je ne veux pas d'un Klee malade ou nauséeux, j'espère qu'il tiendra la boisson un minimum...

En attendant, je sors deux bières que j'agite au-dessus de ma tête. "Bon au point où on en est, vous avez qu'à vous servir... !" Pourquoi avec moi, il faut toujours que ça parte dans les extrêmes ? Me contenir moi et mes bêtises, l'espace d'une soirée, c'est si difficile ?[/color]
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Sam 8 Avr 2017 - 7:27
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Il était désolé d'avoir dit ce genre de chose, du coup. Il ne se doutait pas que ça aurait pu lui plomber un peu le moral. Il y avait des choses, comme ça, qui faisaient toujours un peu mal. Ca pouvait être des mots, des phrases, ou quelques lignes mises ensembles, ça pouvait remémorer des souvenirs, des choses enfouient qui pouvaient faire mal, parfois. Klee n'avait pas ce genre de problème, avec son foutu caractère qui relativisait tout. 

J'suis à la rue ? Qu'importe. J'ai pas de famille ? Qu'importe aussi. J'suis un Philia ? Osef. J'ai pas de pouvoirs ? C'est pas si embêtant.

Klee n'était pas du genre capricieux. Il trouvait que c'était plus simple d'apprendre à vivre avec ses soucis que de se morfondre dessus. Il y avait des moments où, bien sûr, ce n'était pas évident ; en fait, ce n'était jamais évident, mais disons qu'il faisait avec. On ne pouvait pas se foutre de tout, c'était comme ça. Klee savait que s'il ne faisait rien, s'il n'avait rie à faire, il commencerait à penser, à lui même, sa vie, son passé, son présent, son avenir, et il savait du coup que ça ne se finira jamais bien. Il sait qu'il déprimera, ne serait-ce qu'un peu, parce que c'est un gosse avec un passé tourmenté, un présent perdu et un avenir sûrement inexistant. C'est vrai, quoi. C'était un enfant sans diplôme, sans adresses, dans l'incapacité de trouver du travail et qui peine encore à survivre dehors. Quel genre d'avenir pourrait-il avoir ? Il devra continuer ainsi toute sa vie ? Vraiment ? Mais bon. Il préférait ne pas y penser, et profiter tant qu'il le pouvait. Et pour le coup, il profitait bien. Oh, il s'amusait vraiment, en compagnie de Isabel, elle semblait s'être remise rapidement de la maladresse de son invité improvisé ; tant mieux, ça aurait été triste et aurait laissé un sentiment de culpabilité après tout, qui déjà parassait dans le cœur de Klee. Il avait fait une gaffe, c'était ainsi. Il ne pouvait pas revenir en arrière malheureusement, mais pouvait, au moins, ils pouvaient continuer, et Klee allait tenter de ne plus faire de gaffes.

Quand Isabel lui dit qu'elle est géniale, Kina sourit grandement. « Je sais je sais merci ♥ On devrait faire le club des divas, Isa, et laisser ces deux pauvres hommes pourrir de jalousie dans leur coin en nous regardant. » Ce fut au tour de Klee, de rigoler un coup, maintenant ; ça faisait longtemps qu'il n'avait pas autant rit en une soirée. D'habitude, il ricanait juste un peu avec son anima ou en lisant un bouquin drôle, mais il n'y avait rien à dire ; la compagnie humaine n'avait pas de prix. L'anima de la Dué, par contre, semblait complètement... Amoureux. Le pauvre. Il allait se prendre des stops jusqu'à la fin de sa vie, c'est triste. En espérant qu'il passe vite à autre chose, parce qu'avec Kina, c'était comme dire... Impossible ? Un peu quand même. Enfin, c'était Kina. Kina qui lui fit la morale en même temps que Isabel quand à ses avances. « Eh, stupide machin, on est censé être en pleine improvisation théatrale, me fais pas des avances comme ça et parle, imbécile ! » Le pauvre. Miskine.

« En parlant de petit pois très chère, j'en ai perdu un nom d'une carotte !!!! Vous ne l'auriez pas vu par hasard ?
— Eh bien, mon cher, vous allez vous débrouiller pour le retrouver, votre vulgaire légume ! Voyez vous, je perds mon précieux temps actuellemen avec vous ; je ne vais pas le laisser couler davantage pour votre personne »

Eh, elle gérait la Kina. Elle avait beau râler sans cesse, elle était un peu forcée d'écouter son lié quand il citait encore et encore, lisait à haute voix ou autre, elle en avait pris de la graine. Klee était même surpris qu'elle puisse improviser ainsi, il applaudissait doucement, quand son attention fut reporté sur la bouteille que Isabel brandait. « T'inquiète pas va, l'alcool c'est de l'eau ! » Bah, euh, pas trop ? Enfin un peu, quand même, mais... Mais ???? MAIS ????

D'accord, il l'avouait, il stressait. Voila, c'était dit. Mais en même temps, c'était pas comme si... Enfin, c'était la première fois qu'il buvait autre chose que de l'eau et du jus de litchi. Mais Isabel semblait insister, alors bon. Et puis le verre ne semblait pas bien grand, soyons d'accord ? Bon. Cul sec ? Cul sec. Bwaaaarf, que c'était fort. Il avala difficilement. C'était... fort. Trop fort. Beaucoup trop fort. Sérieusement, il, euh... Hoquet. Oh, et, il allait finir comme le cliché de l'alcoolique qui avait le hoquet et qui savait plus ce qu'il disait ??? En tout cas, Isabel, on dirait que oui. « Hum je crois que... HIC... tu es tombé sur une personne assez irresponsable pour une première soirée alcoolisée... HIC. »

NOOOON sans blagues. « Je crois aussi, espèce de –. Cas social !! » Bon, euh, il se resservira pas par contre. « Ca ira la dose. J'suis pas venu ici pour souffrir ok. » Kina s'approcha, et lapa un peu du verre du coup, avec un si petit corps, il en fallait pas beaucoup pour se retrouver bourrée. Eh, cette soirée allait se barrer en cacahuète. « M'enfin bef... bef... berf … BREF. Moi je dis, après une représentation de théatre, faut une comédie musicale qui va avec !!! » Vous mais vous l'avez perdu. « Je suis Kleeeeee je suiiiiiiiiiiis l'homme le plus hoomme de cette terreuuuuuuh ♫ Et même que je vous encuve touuuus... En fait si, je veux bien un autre verre. » Encuver, ouais, si si. Et puis t'as Kina à côté, qui le tenait un peu mieux, mais quand même. « Mais keskeeee le truc là ! Ferme ton gueule vasy c'est bon. »

RIP.

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Dim 9 Avr 2017 - 15:25
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Isa & Klee



Dans une vie il existe de belles sensations. On les ressent, on les profite, on les laisse nous submerger de leurs éclats si bénéfiques, noyant de lumières nos sens limités. L'alcool fait certainement parti des meilleures. Lui qui transforme ce froid en chaud, qui raye de notre esprit embrouillé nos soucis, nos problèmes, qui là où nous n'avons pas confiance en nous, il nous permette de tenter l'impossible, de risquer le danger, d'être habité de ce courage irrationnel et de pouvoir se dire "je l'ai fait !". Alors reprocher aux hommes de boire, de finir torchés avec leurs rires gras et leurs sales têtes rougeaudes, dans un sens ce n'est pas juste. Mimi m'a interdit de boire à une période parce que je ne me libérais pas pour les bonnes raisons. J'abusais de cette sensation nouvelle, qui me permettait de faire du monde pourri que je voyais jour et nuit, un univers facile et simple, où je n'avais plus à me morfondre, à penser par moi-même. Mais les temps ont changés, maintenant, nos soirées avachis sur le canapé à s'enfiler des caisses, je ne les compte plus. L'envie, la fougue, la tentation, le besoin de toucher ses limites du bout des doigts, d'en rire et de finir complètement cuits sur la moquette, pour moi c'est ça se sentir vivre.

Tout le monde ressent un jour le besoin d'oublier, de s'échapper, que notre vie soit le summum de l'utopie ou triste et salie par les épreuves endurées. Klee me certifie n'avoir jamais trempé ses lèvres dans cette potion magique, et je le crois. L'alcool n'est pas le seul à nous permettre de partir, de fuir un quotidien trop chamboulé. Je suis certaine qu'il possède son propre moyen pour cela, pas forcément grand chose, une douceur, une chanson, un paysage, un pendentif, un fruit, une odeur. Plus la chose est personnelle, plus elle vous ressemble, elle est votre reflet, et vous êtes son modèle. Mon rêve de devenir actrice un jour me redonne une bouffée d'air chaque fois que je me perds et que je cherche sans fin le sens de ma propre vie. Je pense qu'on a tous en nous un moyen d'exprimer le pourquoi de notre présence ici. Certain le trouve plus tôt que d'autre voilà tout.

Mimi fait frémir ses moustaches d'excitation. Kina a ses yeux est un petit bout de femelle si difficilement approchable, un trésor somptueux dont le chemin tout tracé est semé d'embûches. Heureusement, Mimi l'Ecureuil Ier du nom ne baissera pas les bras ! Il planera avec ardeur, tel un lapin et sa carotte, tel un Némo dans son anémone, vaillamment, la tête haute, il conquerra le cœur de sa bien-aimée ! "— Eh bien, mon cher, vous allez vous débrouiller pour le retrouver, votre vulgaire légume ! Voyez vous, je perds mon précieux temps actuellement avec vous ; je ne vais pas le laisser couler davantage pour votre personne." Mimi se renfrogne un peu, puis une idée germe dans sa tête pour reconquérir son amour. "—Mon sucre d'orge, je t'en prie ne parle pas de petit pois avec autant de méprise ! Mon arrière arrière grand arrière père (euuuh un arrière en trop je crois, désolée grand-pépé) disait que rien ne pousse si le petit pois n'est point là. Quel malheur nous arriverait-il si je ne plantais pas mon pois dans mon petit ! Euuuuh mon petit dans mon pois... Enfin je veux dire..." Je crois que personne, pas même lui, ne compris trop sa tirade, et je refoule un rire moqueur... Quel crétin des fois.

BON COMMENT VOUS FAIRE UNE TRANSITION. Je me trompe un peu d'alcool + vodka dans le coco de Klee (et de moi) + les animas s'en mêlent = un bon gros bordel. Vous n'êtes pas encore satisfait ? "M'enfin bef... bef... berf … BREF. Moi je dis, après une représentation de théatre, faut une comédie musicale qui va avec !!! Je suis Kleeeeee je suiiiiiiiiiiis l'homme le plus hoomme de cette terreuuuuuuh ♫ Et même que je vous encuve touuuus... En fait si, je veux bien un autre verre." Il a saisi la cadence le petit ! Personnellement je suis pas encore torchée, mon esprit est un peu embrouillée mais je maintiens le cap... Ce qui ne me convient pas du tout. Moi aussi je veux faire de la comédie musicale ! Une diva c'est bonne en tout, faut que je fasse mes preuves.

Je nous verse donc une nouvelle dose de ce fascinant breuvage, finalement, de gorgées en gorgées et de verres en verres, il se peut que je sombre également dans... "EeeeeEEEh OOOOOhhh vole-moi pas toute la célébriiiitééé ~poil aux tétés~, je suis faite pour briller mOOOiiiii ! ~poil à Kina~ Même que je sais danser aussiiiii ~poil au z...~ !! D'un coup de pied, j'envoie valser les derniers objets trainant sur ma petite table et monte dessus sans hésiter. Je me remue dans tous les sens, en prenant Kina avec moi, telles deux divas enflammées, bien décidées à se lâcher sur la piste. "Ici, c'est notre terrain les gars ! Vous avisezzzzz ~poil au nez~ pas de nous détrôner d'là ~poil aux pandas~ !!! Mimi qui est déjà cuit depuis longtemps, éclate en sanglot lorsqu'il nous voit les abandonner, et en particulier Kina rejoindre mon camp. Fou de jalousie, il s'exclame, ses petits bras d'écureuils tremblant de colère. "Bah si c'est comme ça moi aussi j'peux vous rendre jalouses !!!!! La team Klee et Mimi c'est la mieux !" Il se retourne alors et contre toute attente, plaque ses mini-lèvres contre la bouche du champignon derrière lui qui continue de chanter. Je crois que malgré l'alcool qui afflue dans mon sang, je perçois un certain malaise général... RIP
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Dim 16 Avr 2017 - 0:51
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EXORDIUM.
« Mon sucre d'orge, je t'en prie ne parle pas de petit pois avec autant de méprise ! Mon arrière arrière grand arrière père (euuuh un arrière en trop je crois, désolée grand-pépé) disait que rien ne pousse si le petit pois n'est point là. Quel malheur nous arriverait-il si je ne plantais pas mon pois dans mon petit ! Euuuuh mon petit dans mon pois... Enfin je veux dire... »
Déjà que Kina était un peu pompette, si on lui lançait des répliques comme ça, euh, comme dire ? Elle s'énerva clairement, un pour un rien, mais bon, pour le coup, c'était pas comme si c'était possible – en tout cas quand on s'appelait Kina – de rester calme dans ce genre de situations. Mais bon, elle aussi avait peut-être un peu trop bu, en tout cas pour sa petite taille et... Et elle non-plus ne buvait pas si souvent que ça – c'était même sûrement la première fois qu'elle touchait à la liqueur, sauf si elle l'avait fait en cachette de Klee.... Complot !!!!
M'enfin, le fait était, elle non plus n'était pas très très résistante à l'alcool, donc, bon ; pas très compréhensible elle non plus. « Le sucre d'orge il te fait vomir des cacahuètes tellement il t'aime aussi pas beaucoup comme du saumon fumé de Norgérie ! » Norgérie : Cross-over de l'Algérie et de la Normandie.

Cet endroit était devenu une véritable foire, c'était pas possible. Les quatre gogoles faisaient n’importe quoi chacun de leur côté, c’était… Epic, en fait. Effrayant, d’un point de vue extérieur, mais aucun de s’en rendait compte chacun dans son monde, l’alcool en permettait des choses. Klee ne fut même plus le seul à chanter, Isabel s’y mit aussi, alors que Kina étain d’insulter le monde entier. Là, par exemple, elle engueulait une chaise. « LA CHAise pourKOI t’es la ??? tu me bouche le chemin, dégage, on se tient pas comme Ça devANT la GRAAAAAAANDE KiNA okééé ? » Ils avaient tous bu le verre en trop on dirait. Mimi y compris. Non en fait. Surtout Mimi. Mimi qui pleura. Puis qui sauta sur Klee. Mimi qui. Embrassa Klee.
Wtf.
What the fucking fuck ?
What th-. Kina est tombée dans les pommes, c’était le choc. Elle s’était littéralement écroulée à cause de la scène. Klee lui, c’était même pas s’il s’en était rendu compte. « Kestufou ? La bise c’est sur les joues mon ami. D’ailleurs c’est deux ou trois ici ? Toujours un problème, compter, pourquoi compter. » Puis il leva son verre. « A la mort des chiffres !!!!!!! »


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Jeu 11 Mai 2017 - 18:48
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Isa & Klee



Mon sang afflue jusqu'à mes tempes, qui frappent lourdement mon crâne défaillant. Mon corps abaisse sa dernière résistance, baisse son unique armure, et laisse l'alcool cohabiter avec mes neurones, mises alors à rude épreuve. Ce qu'il y a de bien dans ce genre d'état, c'est la facilité avec laquelle on se met à voir la vie. Je bois avec des inconnus ? Et alors, nous sommes tous les quatre torchés de toute manière, plus on est de fous plus on rit ! Une gueule de bois en approche ? C'est pas la première, ça ne sera pas la dernière non plus ! Qui n'a pas un jour dans sa pauvre existence espérer connaître ce sentiment de légèreté et de paix ? Profitez, arrêtez d'essayer de trouver des excuses comme quoi c'est mal, parce que mal ou pas c'est tout ce dont l'homme rêve ! Et pour gouter ou même toucher du bout des doigts ce vrai visage de la liberté, oui il faut avoir le courage de se dire que finalement, on abandonne la morale ! On lâche nos principes le temps de quelques verres, on range notre ego dans notre poche et on s'accorde le droit de voyager, de s'envoler, sans même quitter le sol sous nos pieds.

Ma tête se remplie d'interrogations, de rires, de jeux de mots, de conneries, d'adrénaline, de sensations, d'impulsivité et du goût piquant du risque. Quatre esprits guidés par la folie qui se cherchent, se croisent et se coupent encore. La raison semble nous avoir quittés, mais comme pour en être totalement surs, nous ne nous arrêtons pas. Nous nous resservons et les bêtises que nous pensons, nous les laissons franchir la barrière de nos lèvres sans honte. Nous sommes mis à nus par l'alcool, et pourtant nous ne ressentons aucun malaise. Cette ville est devenue bien trop sombre, ce quotidien bien trop ténébreux, où il faut se faire plus petit que son voisin, se taire ou parler et risquer le pire. Un monde d'interdit à braver, un gouvernement submergé par la menace qui rode, des quartiers bien trop inégaux pour faire régner la paix entre les habitants. La tristesse, la peur, le froid, la rage, les larmes qui me prouvent que je n'ai plus la force de rester planquée dans mon trou, que telle un petit bourgeon, il me manque mon rayon de soleil pour m'aider à fleurir. Les jours se ressemblent tous, pesants, dans l'attente du sort que nous réserve ces longues heures nous séparons de la nuit, toujours aussi rouge et sanglante. Alors buvons à nous en souler, et oublions cette galère qui rythme nos vies !

Kina et son pelage ébouriffé chancèlent, elle a du mal à tenir sur ses petites pattes. "Le sucre d'orge il te fait vomir des cacahuètes tellement il t'aime aussi pas beaucoup comme du saumon fumé de Norgérie !" Je suis tellement barbouillée que je ne comprends rien à cette "insulte" mais ça parle de bouffe et j'aime ça ! J'aimerais tellement me trouver devant une belle assiette de saumon, roooh j'en ai l'eau à la bouche...

La soirée continue de se poursuivre dans la folie la plus totale, et prend même un tournant inattendu lorsque Mimi décide dans un énième élan imprévisible, de s'attaquer aux lèvres de Klee. Ce dernier étant ailleurs, il ne s'énerve pas et répond le plus naturellement du monde. "Kestufou ? La bise c’est sur les joues mon ami. D’ailleurs c’est deux ou trois ici ? Toujours un problème, compter, pourquoi compter. A la mort des chiffres !" Et il lève son verre, j'y joins le mien et nous trinquons de bon cœur. C'est alors que je repense au saumon. Je doute en trouver en train de marcher dans la ville, de mémoire j'en croise souvent les jours de marché, ils doivent aimer les ambiances festives. Même si comme de gros paresseux, il reste tout endormis alignés le long des stands ! Une bande de malpolis ! J'entrouvre la porte, le froid me pique le nez mais je ne flanche pas, j'ai chaud, si chaud. Et le poisson m'habite, il me possède, j'ai l'impression que ma vie en dépend, je crois que finalement, j'aurais trouvé ma raison de vivre. Le poisson de ma vie! "Aidez-moi à retrouver mon bien-aimé ! On part à la chasse aux poissons !" Je tends des bâtons de bois piochés dans ma pile fourre-tout à mes camarades et je leur donne des fils. "Petit tuto canne à pêche ! Démerdez vous pour attacher ce fil et c'est parti, fin du tuto !" Mimi me demande alors, chancelant d'une patte sur l'autre et se rattrapant de justesse à ma cheville. "Mais à cette heure-ci les poissons font dodo IssAAa!" Je réfléchis 0.99845 centièmes de secondes avant de répondre sure de moi. "Mais t'es con Mimi, à ton avis pourquoi y en qu'on appelle "poisson-lune". Ils ne sortent que la nuit c'est certain, voilà notre chance !" Nous claquons la porte, bien décidés à engager une amusante partie de pêche.

C'est alors que Mimi me demande où sont nos appâts. Suis-je bête, j'allais oublier ! J'attrape mon écureuil et le fixe au bout de mon bâton puis fait de même avec Kina qui vient décorer celui de Klee. "Eh bien voilà on est tous bons ! Ho et rappelez-vous, les poisson-lune sont très simples à reconnaître, ils se caractérisent par... euuuh... tout ce qui bouge !" Je respire une grande bouffée d'air et fronce les sourcils, hyper concentrée. "En avant mateloooots !" Et nous partons au pas de course, inconscients des dangers qui pourraient nous guetter à une heure pareille...
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Mar 18 Juil 2017 - 21:20
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EXORDIUM.
Cette soirée partait en cacahuète. Mais genre de la cacahuète bien grosse bien bonne bien huileuse et tout ce que vous voulez, bref, c'était du n'importe quoi. Klee était venu ici pour une pièce de théatre, il repart avec trop d'alcool dans le sang et dans la tête, un hoquet et de la chanson et... Du saumon de Norgérie. Il suivait totalement Isabel dans toutes ses idées, alors il la suivit dans sa sortie improvisée, mais il gardait la bouteille d'alcool dans la main, lui, même s'il devrait s'arrêter de boire sinon il allait tout dégueuler, et pas sur que ça attire les poissons ça... m'enfin pour le moment, who cares, il s'amusait.

BOOOOON c'est parti pour la chasse aux poissons !!!!!!!! Klee suit, Klee a faim aussi, Klee a pas mangé, Klee veut du saumon de Norgérie, ou du poisson garou de la lune, ou, ce que vous voulez, mais ouais, le poisson c'est l'essence de son âme de la vie !!! « eH, oH, HE OH, ON PART A LA PÊCHE. LALAGNAGNAGNA EH OH, EH OH EH OH EH OOOOOOOOOOH » L'alcool, l'alcool, l'alcool. Est-ce que Klee y retouchera ? C'était probable. Autant ? Non. Déjà parce qu'il aura jamais les moyens, et ensuite parce que quand il se sera rendu compte de quel état il était le jour de sa première cuite, il optera pour un simple mojito très allégé, parce que là, fiou. Il se contente de la regarder accrocher Kina au bout de bois, il comprend plus rien à ce qu'elle dit, pour lui tout n'est que des « BlaBLaBLAblablabLEblablaBLABLABLA » insupportable, alors il hoche la tête comme un con et la suit, tandis que Kina est encore dans les vapes. « les poisson-lune sont très simples à reconnaître, ils se caractérisent par... euuuh... tout ce qui bouge ! » Ah, il a entendu et compris un truc !!!!!!!! Donc faut prendre tout ce qui bouge ? OK, il était paré préparé, tout ce que vous voulez, il allait manger du poisson garou de la lune ou... !!!

HAAAAAN ISA a bougé. Alors c'était un poisson garou de la lune ??? Elle lui avait mentit pendant tout ce temps ? Choqué outré bouleversé. Klee lança donc son bâton sur sa tête, en criant « bOOM, attrAPEEEE poissOON GARTOUUU » putain, plus bourré tu meurs je crois. « alors tu m'AS CACHE ça, Isa » fait-il le ton plaintif. « tu pouvais me le dire que t'étais un poisson garou, j'aurais compris, j'suis ton amiiiiiiiiijhgyih » il déconnait complètement. « ça y est, j'suis nul j'suis triste je pleure, BOUUUUUUUUUUUUUH » et il se mit à pleurer pour de faux, attérit par terre et se roula dans l'herbe. Rappelez lui de ne plus jamais toucher à la moindre goutte de liqueur en fait.

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