Just the two of us ♦ Amber

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Lun 8 Mai 2017 - 18:37



De ses doigts fins, elle remonta son bas sur sa cuisse, le pied posé sur le rebord de son lit. Entre ses lèvres, une cigarette se consumait, se répandant en volutes sinueux jusqu'au plafond. Elle glissa ses orteils dans l'escarpin noir posé à sa droite puis se recula. A demi nue, la jeune femme se dirigea vers sa penderie pour en sortir une robe fluide au dos  échancré puis l'enfila sans prendre la peine de passer un soutien gorge. Face au miroir, la brune lissa le tissus noir, le visage impassible, replaçant les coutures du vêtement pour l'ajuster parfaitement sur ses courbes, dissimulant subtilement la dentelle délicate des bas qui ornaient sa peau blanche. L'encre de ses rouages, laissée au naturel, tranchait entre ses deux omoplates. Un coup d'œil à son téléphone lui indiqua que l'heure du rendez vous approchait. Dix sept heure quarante deux.


Sa démarche chaloupée la conduisit jusqu'à sa salle de bain dans laquelle elle s'offrit quelques minutes supplémentaires. Un nuage d'ombre à paupière noire sur ses yeux électriques, une touche de mascara et un rouge à lèvre prune vinrent parfaire le tableau. La jeune femme pressa ses lèvres l'une contre l'autre et les relâcha dans un pop sonore. Ses doigts calmes vinrent se saisir de la cigarette presque entièrement consumée posée dans le cendrier à coté d'elle. Elle en tira une longue bouffée, ferma les yeux, puis relâcha la fumée contenue dans ses poumons dans un souffle. Après avoir écrasé son mégot rougeoyant, elle se contempla durant de longues secondes. Ses doigts vinrent replacer une mèche corbeau, elle glissa la pulpe de son index sur son sourcil, soigneuse quant à son apparence. Le regard dur, la jeune femme se détourna, ses talons claquant contre le béton ciré recouvrant le sol. Dix sept heure cinquante trois.

Elle glissa un sachet de cocaïne dans l'élastique de son bas, comme elle en avait l'habitude. Juste assez pour la nuit. Dix sept heure cinquante cinq.

La Nuit se saisit du long trench-coat noir posé sur son lit puis le coinça à la jointure de son coude. Il ne faisait pas froid dehors mais elle ne savait jamais à quelle heure elle allait rentrer. Son sac à main serré dans son poing, la jeune femme siffla entre ses lèvres, appelant son acolyte canin. Le bruit des griffes de Bob dérapant contre le sol lui parvint, il trottina joyeusement jusqu'à elle. La brune glissa distraitement ses doigts entre les oreilles blanches de l'animal puis ouvrit la porte d'entrée. Son regard balaya une dernière fois l'espace, elle repéra Zêl, perché en haut de sa bibliothèque.
 
«  Tu me rejoins, je suppose. »
 
L'anima cligna simplement des yeux puis reposa tranquillement sa tête entre ses deux pattes noires. Un mince sourire flotta sur les lèvres ourlées de la jeune femme qui sortit sans se retourner. Son chien laissé libre la suivit, obéissant. Dix huit heure.

Le bruit de ses escarpins raisonna dans les escaliers, elle ne dérangerait aucun voisin cependant. Elle vivait seule ici, le cabaret occupait le reste de la structure de l'endroit. La Nuit descendit jusque dans la rue, affrontant cette lumière du jour, antagoniste même de son propre surnom. Depuis des mois et des mois, elle préférait la nuit et ne sortait que rarement à une telle heure. Cela ne la dérangeait pas, c'était une habitude à présent.. La Nuit connaissait par cœur les nuances d'un coucher de soleil, elles étaient les compagnes du début de sa journée. Pourtant ce soir elle se prit à apprécier les quelques rayons qui vinrent frapper son visage marmoréen, rehaussant l'éclat de son regard. Fouillant dans son sac, la jeune femme tira les clés de son cabaret. Il n'y aurait personne d'autre que la troupe, ce soir. Le cabaret était fermé au public, dédié aux répétitions et déambulations des artistes. Mais en cet instant elle était seule.

Seule pour accueillir Amber Cox.
 
Dix huit heure deux.

Elle ne devrait plus tarder à présent.

La Nuit tira une cigarette, l'alluma. Jambes croisées, silhouette longiligne contre le métal.

Appuyée contre le chambranle de la porte, La Nuit demeura à l'extérieur du bâtiment. Elle ne souhaitait pas rentrer et laisser la porte ouverte, s'évitant ainsi la visite d'indésirables. Non, la seule invitée de ce soir était Amber. Elle l'avait contactée il y avait quelques jours pour ce qui semblait être une interview. Cette femme avait eu l'air intéressée par son cabaret, propriétaire de la radio clandestine du Bronx avait-elle dit. Difficile de mener l'enquête sur ce fantôme, sa radio tenait debout par sa capacité à être discrète. Elle avait prit un risque en contactant La Nuit, après tout elles ne se connaissaient pas. Mais La Nuit avait aussi prit un risque en acceptant sa proposition, décidant de tenter la partie. Son cabaret abritait davantage que des danseuses et danseurs, sous les paillettes se cachaient d'autres secrets. Une silhouette se découpa dans la ruelle, Bob vint se ranger à ses côtés, assit près d'elle, les oreilles baissées. La Nuit se redressa, prête à faire face à la nouvelle arrivante.

Plus jeune que ce qu'elle avait cru. Joli brin de fille à la chevelure flamboyante, fluette, pas bien grande, mais à l'aura bien présente. La Nuit ne bougea pas, les lèvres scellées, son regard figé sur Amber. Pas une émotion ne traversa son visage mais, lorsqu'elles se firent face, un sourire charmant, ou charmeur, éclaira ses traits. Son regard pourtant ne la quitta pas une seule seconde.
 
«  Bonsoir, Amber je suppose ? »
 
La Nuit déposa une bise à la française sur les joues d'Amber puis se recula. C'était dans ses habitudes, et si cela pouvait déstabiliser la jeune femme, c'était tant mieux. Ses intentions en venant ici n'étaient pas encore claires, mieux valait se méfier.
 
«  Je t'en prie, suis moi à l'intérieur. »
 
Elle se retourna et pénétra dans le bâtiment, s'engouffrant dans l'obscurité de l'endroit. Laissant la jeune femme dans l'entrée, la brune alla jusqu'au compteur pour allumer les lumières. Unes à unes, les ampoules de la grande salle de spectacle s'allumèrent, déroulant sous les yeux d'Amber le monde que La Nuit s'était créé.
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Lun 8 Mai 2017 - 20:51
JUST THE TWO OF US
La Nuit et Amber

Cela faisait déjà quelques heures qu’elle était levée, armée d’un thermostat rempli de café. Amber aux sourires francs et la poignée d’acier. Dans sa chambre, sur son bureau, elle prenait des notes. Organisée, rangée, elle traitait les données de ses quelques interviews, des personnes qu’elles avaient parfois simplement rencontrée. Il ne fallait rien oublier, il ne fallait pas en prendre une miette, pas une goutte. Concentrée, elle faisait les choses patiemment, décontractée. Des post-it tout autour de son bureau, un agenda rempli de pleins de feuilles et de notes, tout avait l’air pourtant si embourbé de milles et un papier lorsque l’on regardait de plus près. Ses mains palpaient l’intégralité de son bureau à la recherche de cet agenda justement... Qui n’était plus là. Incohérence, elle l’avait replacé ici il y avait seulement quelques minutes. Ses sourcils se froncent, et l’un d’entre se hausse directement.

“Etno ? Pourrais-tu me rendre mon agenda ?...”

L’animae s’approche, tout balot et feuillette tranquillement le petit carnet. Il se penche vers la femme, et lui murmure alors, d’un air ronchon et boudeur. Il essaie de maintenir entre ses deux grosses pattes le calepin. Sur ce dernier, il y a même la petite note concernant les informations sur le lieu, la date, l’adresse, ainsi que des faits complémentaires.

“Tu vas à un cabaret, et tu ne m’invites même pas ?! Moi je voulais voir les beaux spectacles et les jolies femmes chanter et danser. Et aussi te voir être totalement perturber face à ta faim et ton point faible...”

Un air malsain se dessine sous les airs de l’animae qui veut simplement jouer avec la pseudo journaliste. La rousse se met à soupirer, levant les yeux en l’air toujours souriante, elle lui pique le fruit de ses recherches, et se retourne alors pour regarder à la date d’aujourd’hui ce qu’elle avait marqué, elle même avait totalement oublié cette interview qu’elle avait planifié il y a un petit moment déjà. Elle se gratte la tête avec un sentiment de gêne. Il est vrai que ces derniers temps, tout avait semblé si compliqué avec son emploi du temps. Elle se tourne alors vers l’ours et le regarde d’un air sérieux, à la fois toute amusée par sa réaction. D’un côté c’était plutôt mignon qu’il demande ça, d’un autre heureusement qu’il était là, car elle aurait certainement oublier ce rendez-vous.

“Tu sais, je ne vais pas voir des femmes danser ou je ne sais quoi ! Je vais seulement m’entretenir avec la directrice. Imagine, c’est peut-être une vieille femme qui a passé la cinquantaine…”

“Oh non… Une ménopausée !”

Ils rirent joyeusement. Puis Amber grimace, à la fois amusée et joueuse, mais tout aussi bien contrariée. Elle ne savait pas à quoi cette femme pouvait ressembler. Elle n’avait pas eu d’information à ce sujet. Elle ne savait pas qui elle était, ni même d’où provenait ce pseudo mystérieux qui révélait certainement un changement d’identité pour une raison inconnue. C’était toute une enquête, assoiffée de curiosité elle se mordit la lèvre inférieure et décida de mener en soit son enquête sur le long terme. Elle referma son agenda, comme frustrée. Son regard était assez imperturbable et elle se leva pour commencer à se préparer.

___________________
Mai de l’an 3

La Nuit - Aucune informations

Cabaret - Peu d’informations sur le cabaret, si ce n’est que c’est un établissement dont j’entends souvent parler. D’après les personnes du quartier, il est plutôt agréable d’y aller. Les mots qui reviennent le concernant sont : agréable, boissons, chaleureux, ambiance, drogues, femmes, bel endroit, lumineux, dément, grandiose…

Interview > Rendez-vous : 18H

___________________

Chemise, veste en cuir, simple jean, derbies vernies, un style vestimentaire sans trop d’artifice, elle s’avançait en direction du grand bâtiment. Sa mèche déambulait le long de son visage qui semblait plutôt ailleurs, comme enfoui dans un nuage de curiosité et d'innombrables questionnements. Ses chaussures de cuir tapaient à peine de le sol de par sa discrétion, habituée à ne pas se faire remarquer, alors que ses paroles à la radio étaient plus que citées et réinterprétés par un grand nombre d’auditeur. Elle observait les lieux, méfiante, peu confiante. Pas à pas, tout semblait s’approchait de plus en plus. Devant la porte d’entrée il y avait cette jolie femme perchée sur ses talons, qui semblait déjà bien grande, mais elle l’était encore plus. Il y avait un sentiment d’infériorité face à cette grande fille, mais aussi face à l’immense bâtisse. Amber ne marque aucune expression sur son visage et se rapproche de plus en plus de cette femme aux cheveux noir de jais. C’était une belle femme, le genre de femme à la perturber. Elle était mal tombée, et dire qu’elle avait cru que c’était une personne plus âgée, Etno avait préféré rester pour cette raison, peu intéressé car il n’y avait ni spectacle, ni de belles choses à observer. Il n’avait pas été plus curieux que cela et avait préféré se prélasser en compagnie de Tarte sur le divan un peu déçu. La rousse aurait peut-être préféré ne pas se laisser tenter par des images trop défaites de réalité dans sa tête et arriva jusqu’à arriver devant cette jeune femme, accompagnée d’un chien assez imposant. Cette dernière lui accorda un sourire assez charmeur qui ne laissa pas la gérante de la radio de marbre. Ses yeux bleus pervenche avaient décidé d’insister sur les siens longuement. Un sourire joueur et malicieux s’afficha sur le visage de l’américaine, comme pour lui répondre à travers sa personnalité enflammée et chatoyante.

“Effectivement. La nuit je présume ? Enchantée.”

Elle vint déposer sa joue contre la sienne. Ce qui laissa Amber perplexe. Qu’est ce que c’est que cela ?! Un sort démoniaque ? Elle ne comprenait pas tellement la raison de ce geste qui la laissa planter quelques secondes, rigide, sans bouger. Ses pupilles se dilatèrent. C’était certainement une tradition, ou quelque chose de ce genre. Amber savait que les Français faisait ce genre de chose, mais elle ne s’attendait certainement pas à cela en venant ici.

“Je vous suis.” La gorge raclée, elle suivit d’un pas La Nuit pour rentrer dans son entre, tous aussi sombre que son surnom. Tout semblait noir, impossible de repérer quoi que se soit, rien n’était encore visible aux yeux de la femme jusqu’au moment où elle alluma la salle.

Petit à petit les lumières vinrent illuminer la pièce qui dévoilant une énorme salle. Une pièce colorée et rouge. C’était un bel endroit, une jolie pièce. Amber s’imaginait déjà les femmes danser et chanter dans le rythme dans des tenues légères et sous une grâce incommensurable. Cependant, le temps n’était pas le moment de penser à ça. Le lieu était plutôt ouvert, joli. Le premier mot qui venait aux lèvres de la rousse était “grandiose” qu’elle murmura à peine sans pour autant savoir qu’elle pensait à haute voix. Ce genre de lieu, elle les aimait bien, néanmoins elle préférait les éviter de par son statut, mais aussi car dans le passé elle a terminé à l'hôpital à cause d’un dégénéré. Excepté cela, elle serait certainement déjà venue… Elle regrette un peu d’ailleurs de ne pas avoir eu la tentation, avançant curieusement dans la salle, et posant son regard intense sur chaque recoin, curieuse et assoiffée devant une pièce de toute beauté.

“Impressionnant…” Souligna t-elle en reprenant un visage averti, décontracté, et serein.
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Métier : Gérante de la radio de l'Underground
Mutation : Aerokynésiste
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Mar 9 Mai 2017 - 2:13



«  Impressionnant. »
«  N'est-ce pas ? J'ai mis du temps à construire cet endroit. »
 
La Nuit actionna le dernier bouton de la lumière puis s'avança jusqu'au bar. La main leste, la jeune femme déposa son sac et son manteau sur un tabouret puis se pencha pour attraper un cendrier propre dans lequel elle écrasa sa cigarette. En silence, la brune se glissa derrière le comptoir. Elle ouvrit le clapet d'un ordinateur et, en attendant qu'il démarre, sortit deux verres des présentoirs. Ses doigts s'égarèrent au dessus des bouteilles, elle se stoppa et lança un regard perçant à Amber. Le silence régna tandis que La Nuit, sereine, scrutait sa comparse. Elle s'accouda pensivement sans la quitter des yeux.
 
«  Quel genre d'alcool tu bois, toi. » Murmura-t-elle. « Une bière. Non ? Une bière ambrée, rousse, avec du caractère mais... soyeuse. »
 
La Nuit n'attendit aucune réponse tandis qu'elle actionnait la tireuse, emplissant le verre d'un liquide malté, roux comme du sucre de canne fondu. Elle déposa la boisson au bord du bar, laissant à Amber la liberté de se servir ou non.
 
«  Il y a aussi toutes sortes de sodas et de jus mais... Fais moi confiance. Celle ci est très bien. »
 
Un petit sourire fantôme vissé aux lèvres, l'eurasienne attrapa une bouteille de whisky pur malt et se servit distraitement un fond de verre. Sa main libre vint pianoter le mot de passe sur l'ordinateur et elle lança machinalement une playlist au hasard. Le son se déversa aux quatre coins de la pièce, le volume réglé assez bas n'empêcherait pas les deux femmes de converser. La Nuit vit, du coin de l'œil, Bob renifler la nouvelle venue, curieux de voir sa maîtresse accompagnée à cette heure de la journée.
 
«  Mets toi à l'aise surtout. Le cabaret est à nous pour la soirée, je ne sais pas si tu croiseras les autres. Dimanche et lundi c'est jour de relâche. »
 
La brune avança jusqu'à elle, son verre serré entre les doigts. Son ongle vint tapoter le cristal régulièrement tandis qu'elle la regardait. Ses prunelles papillonnèrent sur son visage, ses traits, sans pudeur aucune de l'observer aussi directement.
 
«  Donc c'est toi. Tu n'as pas vraiment le physique de l'emploi. C'est une bonne chose, qui irait suspecter ces grands yeux bleus. »
 
Elle eut un sourire étrange alors qu'elle se détournait vers une table, dégageant l'une des chaises pour s'y installer. Un profond soupir traversa ses lèvres.
 
« Amber Cox... Tu as donc des questions à me poser ? Je suis toute ouïe, c'est rare qu'on vienne me voir aussi directement. Mais pardon, je manque à mes devoirs d'hôtes. »
 
La jeune femme s'assit souplement, les jambes soigneusement croisées. Elle ouvrit l'un de ses bras, englobant l'espace derrière elle.
 
«  Bienvenue dans mon cabaret. Le cabaret de la nuit, un établissement qui, tu l'as sans doute compris, ne se range pas tellement dans le climat actuel. Ici chacun est libre d'être qui il veut, ce qu'il veut. Sur scène, comme dans la salle. Je me charge de fixer les limites de cette folie, moi et moi seule, nombreux sont ceux qui ont souhaité abuser de mon hospitalité. Si tu as des questions, tu t'adresses à la bonne personne. Si tu veux visiter, je me ferais un plaisir de te faire faire un tour. Appelles moi La Nuit, Nuit, ou bien ne m'appelles pas. Et surtout, surtout... Tutoies moi. »
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Mar 9 Mai 2017 - 16:45
JUST THE TWO OF US
La Nuit et Amber

A construire ? C’était finalement elle qui avait mit en place ce lieu. Ce lieu qui semblait offrir au Bronx une vie plus riche, plus fournie, meilleure avec des services que les autres castes n’avaient pas directement sur leur territoire. Un lieu qui était vraiment magnifique et où Amber se sentait agréablement bien, à la fois décontractée et avec un semblant d’excitation qu’elle ne saurait expliquer. Cet endroit dégageait quelque chose d’exaltant, d’attirant, d’attrayant… Et se dire que c’était uniquement cette jeune femme qui avait mit en place son organisation était vraiment quelque chose d’étonnant qui laissait la rousse sur un effet à la fois curieux, et admiratif.

La Nuit s’approcha et déposa ses affaires, à l’écoute des bruits qu’elle avait provoqué, Amber sortit de ses idées. Elle commença à scruter le corps de son hôte. Ses formes féminines elle suivait de son regard, dévalant les courbes de ses hanches qui semblait dévoiler un corps d’une grande beauté et d’une grande sensualité, de ses jambes fines et longues, de son bassin qui semblait fin et bien modulé, pour remonter de plus en plus jusqu’à son visage. Silence. Elle passa derrière le comptoir, et sortit deux verres. La rousse avait deviné quel était le sort qui l’attendait et ne put s’empêcher d’émettre un rire. L’alcool, son grand péché de jadis. Elle sortit un ordinateur, Amber la regardait juste dévorant en quelque sorte sa beauté, sans pour autant avoir un regard malsain. Ses yeux ne pouvaient la lâcher maintenant qu’elle l’avait dans son viseur et qu’elle semblait avoir toutes les caractéristiques d’une femme fatale. Une femme qui séduirait, sans se donner. Une femme qui ferait tomber un grand nombre de personne, et userait de la contrainte et de la frustration. Cette dernière la fixait déjà depuis quelques secondes, et les yeux d’Amber avaient décidé de se plonger dans les siens, dans cet océan dangereux et profond.

«  Quel genre d'alcool tu bois, toi. » Murmura-t-elle. « Une bière. Non ? Une bière ambrée, rousse, avec du caractère mais... soyeuse. »

Amber allait parler. Néanmoins, elle n’eut le temps. La gérante lui tira une bière rousse, qui tapa dans le regard de l’aérokynésiste. Elle avait l’impression qu’elle tentait de la définir à travers sa boisson, comme si cette description lui était destinée. Un rire léger s’échappa de ses lèvres, elle s’avança jusqu’au bar et récupéra le liquide mousseux qui lui donnait à la bouche. Hors de question de laisser tomber un verre d’alcool, et une invitation à boire si charmante. Cependant, il est vrai que depuis un certain accident, elle évitait de trop toucher à l’alcool, cependant, ici, elle n’avait rien à craindre. Cette panthère n’avait pas l’air de lui vouloir du mal, elle n’avait pas l’air de vouloir attaquer l’animal qui se cachait en elle.

«  Il y a aussi toutes sortes de sodas et de jus mais... Fais moi confiance. Celle ci est très bien. »

“Ca me va ! Je ne suis pas difficile…”

La fameuse femme fatale se servit un verre de whisky, ce qui amusa d’une certaine manière la rousse. Bien que cet alcool n’était pas son fort de par le goût qui laissait en bouche. Puis la musique s’actionna, et le sourire d’Amber s’agrandit, un air amusé sur son portrait. Le chien, lui qui se s’était pas approché pour l’instant vient renifler la Dué comme pour faire connaissance en quelque sorte. La rousse ne fit rien, elle le laissa faire une fois qu’il eu finit de faire son inspection canine et certainement de deviner la présence d’un félin domestique dans la vie d’Amber. Une fois qu’il eu terminé, elle passa une main entre ses deux oreilles touffues pour lui donner une caresse, appréciant la compagnie des bêtes.

«  Mets toi à l'aise surtout. Le cabaret est à nous pour la soirée, je ne sais pas si tu croiseras les autres. Dimanche et lundi c'est jour de relâche. »

“D’accord ! C’est assez dommage, il faudrait que je revienne certainement pour assister aux spectacles proposés. J’en ai eu de bons échos.”

Sous les dires de son hôte, elle prit la première chaise qu’elle vit et s’assit. Sa veste elle déposa sur le coin de la chaise, et son sac de même. Elle sortit de ce dernier qui était plutôt de petite taille un vieux recorder, un carnet ainsi qu’un critérium. Elle déposa le ton devant elle, et prit son verre en main pour avaler quelque gorgé laissant le goût de malt envahir ses papilles et satisfaire son gosier de par la fraîcheur de la boisson. Elle reposa le verre à trois quart pleins, coupée par la brune qui venait lui faire quelques remarques sur son physique.

«  Donc c'est toi. Tu n'as pas vraiment le physique de l'emploi. C'est une bonne chose, qui irait suspecter ces grands yeux bleus. »

Un sourire taquin sur les lèvres d’Amber. Qu’est ce que cela voulait dire ? Il fallait un physique pour diriger une radio clandestine ? D’un autre côté, elle semblait assez satisfaite de son physique, alors, elle ne réagit pas, si ce n’est qu’elle lui rendit la pareille.

“Je devrai dire la même chose, je m’attendais à une quinquagénaire, ou une femme encore plus vieille que cela…” Elle leva quelque secondes les yeux au plafond pensant à Etno qui n’aurait certainement pas été déçue de la vue mais aussi des pensées d’Amber vis à vis de ce personnage aussi mystérieux qu’attirant.

« Amber Cox... Tu as donc des questions à me poser ? Je suis toute ouïe, c'est rare qu'on vienne me voir aussi directement. Mais pardon, je manque à mes devoirs d'hôtes. »

Elle s’assit alors et fait une grande entrée, une présentation, alors qu'Amber se contenta de faire un signe de tête pour dire oui.

«  Bienvenue dans mon cabaret. Le cabaret de la nuit, un établissement qui, tu l'as sans doute compris, ne se range pas tellement dans le climat actuel. Ici chacun est libre d'être qui il veut, ce qu'il veut. Sur scène, comme dans la salle. Je me charge de fixer les limites de cette folie, moi et moi seule, nombreux sont ceux qui ont souhaité abuser de mon hospitalité. Si tu as des questions, tu t'adresses à la bonne personne. Si tu veux visiter, je me ferais un plaisir de te faire faire un tour. Appelles moi La Nuit, Nuit, ou bien ne m'appelles pas. Et surtout, surtout... Tutoies moi. »

Une image de style ouverte, une image plutôt libre. Une image qui permet à tous d’être qui il veut, de pouvoir s’exprimer à sa façon. La rousse appréciait la description, elle tapotait des courbes avec la mine fine sur son calepin et appuya sur le recorder et laisse la cassette enregistrer le dialogue. Elle n’utilisait que ce vieux genre d’outils, lui permettant de ne pas vraiment se faire remarquer ou hacker par des éros.

“Je vais me présenter tout de même, bien que cela soit très scolaire... Donc, comme tu le sais, je m’appelle Amber Cox, même si personne n’est censé connaître mon nom dans le milieu. Je suis à la tête de la radio de l’underground qui s’occupe d’informer, de communiquer, de documenter, de critiquer, mais aussi de permettre la publicité de certaines personnes ou de lieu de diffusion d'événements intéressants. Nous avons un discours qui ne plait pas vraiment au gouvernement… Alors je suis obligée de cacher mon activité. Il me semblait important de venir échanger avec toi de par l’importance qu’accordent certaines connaissances à ce lieu. Je me suis donc demandée si en échange d’une promotion, d’une publicité de ce lieu, j’aurai droit à une contribution de part la diffusion de mes émissions de radio, qui ont une grande importance dans le quartier du Bronx… Mais nous aurons tout le temps d’en discuter, La Nuit.”

Un sourire taquin sur le visage, un grand calme, des propos annoncés sur un ton doux, ponctués. Elle faisait attention à ses propos et tentaient de les mesurer. Sa main vient se glisser dans ses boucles et choppa une de ses mèches qu’elle entremêlait contre l’un de ses doigts, de manière presque inconsciente, et pourtant, c’était une habitude.

“J’ai allumé le recorder. Ne t’en fais pas, il n’y a que moi qui ait accès à cette documentation. Et bien sûr que je souhaite visiter pour revenir sur tes propos… Mais, quelque chose m’a marquée, quand tu dis que tu as construis ce lieu, qu’entends tu par construire ? Est ce que c’était déjà un bâtiment occupé que tu as réhabilité, où as tu contribué à sa construction ainsi qu’à l’aménagement, le mobilier, la création des emplois ?”

Elle marque une première pause, et fixait la brune avec un regard puissant. Elle fixe son aînée, et ne la lâche par des yeux, même lorsqu'elle prend des notes. Un jeu, c’était presque un jeu. Elle adorait le métier de journaliste, et bien qu’elle ne le pratiquait plus son cette appellation, c’est elle qui gérait les enquêtes et la recherche d’information. Elle appréciait tout aussi bien cette partie du travail que le fait de parler à la radio et déblatérer sur les méfaits des castes ennemies. Sa main vient s'agripper au verre, elle avala encore quelques gorgées pour ne laisser qu’un quart du contenu.

“Que proposes ce lieu d’ailleurs comme activité, et quand pourrais-je venir si j’ai envie de profiter des services qu’il procure ? Je connais quelqu’un qui serait certainement très intéressé par le fait de venir ici. D’ailleurs, tout le monde peut donc venir si je comprends bien ? Même les agapè et les éros ?”

Sous entendu, eux qui ne veulent pas se mélanger avec les autres castes qui sont “inférieures” pourraient venir mettre leur nez ici ? Cela serait dangereux pour les éros qu’elle considère comme des dangers publics, du fait de sa mauvaise expérience lors de la Lune Rouge.
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Mer 10 Mai 2017 - 15:29



La rousse parlait, charmante jeune femme aux boucles emmêlées, sourire et intonation calculés. C'était un personnage assez intriguant, la douceur de ses fossettes contrastait avec la poigne dont elle semblait faire preuve. Intéressante, à observer de plus près. La Nuit avait apprit à ne pas se laisser berner par une apparence ou des mots, les serres de son esprit ne s'était pas relâchées depuis l'arrivée de la rousse. Paranoïaque, peut-être, mais prudente en tous les cas. Elle porta à ses lèvres le verre de whisky pour en siffler une gorgée. Sa mâchoire se contracta un instant, comme à chaque fois qu'elle prenait sa première gorgée d'alcool fort. Elle n'avait encore rien mangé aujourd'hui, elle sentit la trainée de feu que laissa le liquide dans son organisme.
 
« Je pourrais diffuser tes émissions sans problème, c'est donnant donnant. Quant à ce cabaret... »

 
La Nuit se recula sur son siège, son regard papillonnant sur l'espace. Un mince sourire captura ses lèvres alors qu'elle se remémorait la route qu'elle avait parcouru.
 
« Lorsque je suis arrivée dans le Bronx je n'avais rien. Je suis tombée par hasard sur cette vieille infrastructure, elle n'avait pas été rouverte depuis un bon moment, depuis la lune rouge je pense. Tout avait été abandonné, et au delà de ça, l'endroit devait déjà être insalubre avant ces charmants événements. Tout était à refaire, les sols, les plafonds, le papier peint des murs s'effilochait et la scène était pleine d'échardes. J'ai du déloger les squatteurs. Malgré ça, j'ai adoré l'ambiance de l'endroit et je l'ai acheté pour pas bien cher. J'étais toute seule à m'en occuper au début, j'ai payé de sombres types pour qu'ils refassent toute l'électricité, la plomberie et ces merdes innombrables que j'étais incapables de réaliser moi même. J'ai repensé les plans de l'endroit, j'ai même acheté la structure entière pour pouvoir agrandir. Tu pourras le voir tout à l'heure mais le cabaret ne s'arrête pas à cette salle, j'ai aussi fait construire des loges et des salles pour le personnel, ainsi qu'un grand studio de répétition au sous sol. Ca a été long, surtout que je voulais pas accepter l'aide de n'importe qui. Finalement, à force de rencontre, j'ai constitué ma première équipe, dont certains éléments sont toujours là aujourd'hui. Ils m'ont aidée à aménager l'endroit, répondant à mes envies parfois un peu démesurées...»

 
Elle jeta un coup d'œil à la scène et à tous les projecteurs qui lui avaient coûté une fortune, aux larges rideaux, aux escaliers qui créaient différents niveaux.
 
« Tout ce qui prend vie ici est sortit de mon esprit, ou de celui des gens qui m'accompagnent. »


Le regard de La Nuit vint rejoindre celui d'Amber, presque piquant. Les deux femmes s'observèrent durant quelques instants avant que la journaliste ne lui pose la suite de ses questions.
 
“Que proposes ce lieu d’ailleurs comme activité, et quand pourrais-je venir si j’ai envie de profiter des services qu’il procure ? Je connais quelqu’un qui serait certainement très intéressé par le fait de venir ici. D’ailleurs, tout le monde peut donc venir si je comprends bien ? Même les agapè et les éros ?”
« Le cabaret ouvre du mardi au samedi, de vingt deux heures à cinq heures du matin. Ici se déroulent des spectacles d'un nouveau genre, j'ai repris les codes du burlesque et de Broadway, de la danse jazz aussi bien sûr. Pour la création des numéros, je me suis inspirée des grands cabarets Parisiens, le Crazy Horse et le Lido par exemple où j'ai eu la chance d'aller. Ici on verse dans l'art, pas dans le vulgaire. La nudité est une forme artistique, les danseurs et danseuses se mettent pas à poil pour faire bander les gens dans la salle. Pour le contenu des shows, je préfère garder la surprise... Mais ça a à voir avec les mutations corporelles, les pouvoirs. Le fantasme en général, la beauté du corps, le sublime des mutations.»

 
Elle se stoppa pour boire une gorgée de sa boisson et se sortir une cigarette. Peu lui importait de fumer dans l'établissement, elle aérerait plus tard. Elle actionna son briquet et tira une longue bouffée.
 
« Quand je dis "tout le monde peut venir", entendons nous, c'est limité. Les entrées sont filtrées, les tatouages vérifiés. Je n'ai pas très envie de laisser entrer des gens qui pourraient mettre à mal mon industrie. Tout comme tu n'aimerais pas que ton émission tombe dans les mauvaises oreilles. Le truc avec le cabaret, c'est qu'il bouge pas. Pour toi, vouloir stopper ton émission c'est comme vouloir attraper de l'air. Faire fermer mon cabaret c'est plus simple, même si je suis coriace et que je me laisse pas faire... Pour ce qui est des troubles fêtes... Ils sont recalés à l'entrée, ou bien sortis de l'établissement. Je me suis entourée des bonnes personnes pour gérer ça. Mais j'ai envie, au final, que ces spectacles soient vus par tous. Non pas pour la gloire, mais pour ouvrir un peu les yeux des personnes au dessus de nous... La lune rouge n'a pas créé des monstres, elle a créé un univers sublime. Et si pour ça je dois laisser rentrer un Eros ou un Agape, je le ferais. Enfin, sous certaines conditions... »

 
La jeune femme eut un petit sourire malicieux. Son cabaret n'était pas illégal en soi, il était dérangeant. Philia et Dué foulaient le sol de l'endroit en toute liberté, c'était un monde réprouvé par le système et elle se plaisait à le faire grandir. La brune retenait ses questions quant à Amber. Elle avait l'habitude d'une conversation à deux versants, un échange. C'était étrange de se faire interviewer, parler d'elle n'était pas spécialement son activité favorite. D'autant qu'elle s'efforçait de ne pas rentrer dans des détails qui pourraient pousser Amber à vouloir creuser sur elle. Durant toute la durée de l'échange, elle avait fait attention à ne rien laisser filtrer sur ce qu'elle avait été et ce qui l'avait amenée à New York.
 
« Je tiens ma langue quant à mes propres questions mais j'avoue que ta radio m'intrigue beaucoup. Attends toi à recevoir quelques questions en retour lorsque nous en aurons terminé... Rien de bien méchant, de la pure curiosité. »

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Mer 10 Mai 2017 - 18:54
JUST THE TWO OF US
La Nuit et Amber

C’était impressionnant d’apprendre qu’elle avait tout mener elle même, comme un vrai chef de chantier, comme une vraie organisatrice. Elle avait mené la gestion des travaux, des coûts, des salles, du mobilier, mais aussi des créations artistiques et d’une équipe. D’autres questions venaient à l’esprit d’Amber, cependant, cela ne permettrait pas d’avancer sur cette interview, mais plutôt sur une soif de curiosité. Comment avait-elle monter tout cela ? Ou du moins, avec quel argent ? Perplexe, elle écoutait patiemment, tapotant les dires les plus importantes, les plus marquantes sur le papier. Ses doigts faisaient glisser continuellement la mine, tandis ses yeux eux étaient accrochés tantôt à ses lèvres qu’à ses yeux. .

A l’écoute du programme de la semaine, des propositions, elle repensa au fait qu’il serait pertinent de venir avec Etno, ce lieu l'intriguait et son nez de journaliste était bien trop gros pour ne pas y revenir dans un autre contexte juste par curiosité. La jeune femme s’y connaissait en danse. Elle était plutôt dans son élément, tandis qu’Amber se perdait un peu dans les noms des représentations corporelles. Certaines images lui venaient en tête, et pourtant… Des lieux qu’elle citait se trouvaient être des lieux principalement Parisiens. Plus de questions, la bise, son accent marqué, et ses inspirations mènent à croire qu’elle vient de ce pays où les gens semblent être pour les étrangers de grands séducteurs, et des mangeurs de baguettes. Pour les autres commentaires, la rousse s’en serait passé. Elle a bien conscience que ce n’est pas un lieu qui est là pour apporter une dimension sexuelle, simplement artistique, voir érotique…

Tandis que la panthère fumait, Amber n’osait pas prendre totalement ses aises et faire de même, elle préférait attendre de pouvoir avoir accès à l'extérieur.

Elle espérait bien que tout cela était limité, cependant cela restait dangereux. A en écouter les paroles de la fille aux cheveux noir de jais, tout le monde pouvait venir. Dans un sens, cela semblait normal, mais dans le contexte actuel, c’était plutôt compliqué… La rousse ne se voyait pas au milieu des Agapè et des Eros tranquillement à regarder des danses et des spectacles enivrants autour d’un bon verre d’alcool, accompagnée certainement d’Etno qui serait plus embêté par la colère d’Amber. L’idée d’ouvrir les yeux de tous est bonne, concernant surtout les mutations, mais la rousse reste tout de même assez bloquée sur une omniprésence des castes fauteuses de troubles, même s’il y a des conditions à respecter.

La Nuit lui sourit, Amber se permit de lui rendre son sourire. Elle avait un peu l’impression de ne pas être sur un territoire acquis bien au contraire. Ce genre de lieu cache toujours des secrets, et dans le fond, elle savait que ce n’était pas tout, qu’il y avait certainement autre chose derrière ce petit monde. Néanmoins, il était trop pour vraiment le dire. Peut-être qu’il n’y avait rien, mais le doute était là pourtant…

“Ma radio ? Oh, tu souhaites inverser les rôles. Amusant ! Pourquoi pas ? Après tout, c’est donnant, donnant. Je pourrai peut-être nourrir ta curiosité, assez pour qu'elle ne cesse de te titiller l'esprit. Tu n'as pas du trouver grand chose sur moi, alors je peux comprendre, je te fusille de questions depuis tout à l'heure, mais c'est bientôt fini. Tu pourras me rendre l’ascenseur, tant qu'il ne descend pas trop profondément bien entendu...”

Rire joueur, yeux se plissant légèrement, elle se redressa un peu sur la table, intéressée par le fait que pour une fois, les rôles allaient être inverser. Elle aime bien qu’on lui pose aussi des questions, et pourtant à la fois, elle adore contourner la vérité et déjouer un peu les personnes qui en demande trop. Amber peut se montrer lâche et manipulatrice, pourtant, ce n’est pas méchant de sa part quand il s’agit de sa radio. Il y a juste une certaine crainte, elle ne veut pas parler de tout, elle ne veut pas parler de la Lune Rouge. La Nuit allait-elle pousser ses questionnements trop loin pour la gérante de la radio de l’underground ? Un léger silence, un sourire, puis encore quelques gorgées pour finir la bière. La malice est présente, pour autant, il n’y a aucune question piège...

“Il n’y a de soucis… Mais il me reste peut-être une ou deux questions… As tu des projets avenirs ? Des événements particuliers ? Des nouveautés ? Ou est ce que tu souhaites garder ce côté “artisanal” si je puis dire… Enfin, j’aurai une dernière chose à demander, comment peut-on te rejoindre ? Après ça, techniquement, je pense que j’aurai eu ce que je voulais… Excepté une visite. Tu peux rajouter des compléments si tu le souhaites, ou me demander ce que tu veux. Je suis toute ouïe, toute à toi.”

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Jeu 11 Mai 2017 - 1:50



La petite rouquine jouait avec elle, cela avait un côté plaisant.  
 
« Je ne suis pas le genre de femme qui reste en surface. J'aime aller profondément, malheureusement pour toi je suis quelqu'un de très curieux et comme tu l'as dis... Ton identité est extrêmement bien protégée. Si tu décides de jouer à mon jeu, ce sera à tes dépends. » La Nuit eut un petit sourire mutin, sa main venant soutenir son menton. « Mais je manque à mes devoirs, je devrais apprendre à me tenir en laisse. Répondons d'abord à tes questions. »
 
La jeune femme tapota sur sa cigarette pour se débarrasser de sa cendre, puis elle se leva. D'un trait, elle vida son verre puis attrapa celui d'Amber et se dirigea vers le bar. Elle passa derrière ce dernier et déposa les deux récipients sur le plateau de bois. Accoudée à quelques mètres de la rousse, La Nuit déposa son regard azuréen dans celui d'Amber.
 
« Mes perspectives d'avenir... Faire tenir cette maison debout serait déjà une bonne chose. Après... C'est plus personnel mais, j'aimerais... » Elle se tut durant quelques instants, les yeux baissés. « J'aimerais donner des cours aux plus jeunes, de vrais cours de danse comme l'on m'en a donné. Je crois pas que ce soit super accessible pour les enfants de ce quartier. Quant à des événements dans le cabaret, je n'y ai pas encore songé. La revue est trop récente pour penser à quoi que ce soit d'autre, pour le moment nous sommes encore en création, je suis toujours à la recherche de nouveaux pouvoirs, de nouveaux talents... Et, comment me joindre ? »
 
La Nuit souffla sa fumée dans un rire silencieux.
 
« Et bien, en me demandant mon numéro ma jolie. »  Dit elle, prononçant les derniers mots dans un français parfait.
 
La jeune femme secoua la tête, pouffant en se moquant de sa propre attitude, puis disparu derrière le bar, accroupie pour attraper des ramequins. Sa petite pirouette signa la fin de l'interrogatoire. Durant près d'une minute, elle ne dit plus rien, occupée à chercher de quoi grignoter. Elle revint finalement s'asseoir face à Amber, leurs verres remplis et avec trois ramequins ; un d'olives, un de cacahuètes et un autre de tomates cerises. Son doigt fin pressa le bouton d'enregistrement du recorder pour l'arrêter, elle croqua dans une tomate, son regard rivé sur Amber.
 
« A toi maintenant, Amber Cox. Au fait, lorsque je t'ai dis de te mettre à l'aise je voulais bien entendu dire que tu pouvais aller te resservir, prendre ce que tu voulais, fumer...  »
 
 
Elle écrasa son mégot dans le cendrier, le visage figé dans une expression de réflexion. Elle avait beaucoup de questions, à vrai dire. Autant pour sonder à quel point cette fille pourrait la nuire si elle en avait envie, que pour découvrir qui elle était en réalité. Méritait-elle ce que l'on pouvait considérer comme une forme abstraite de confiance ? La Nuit verrait cela, avec le temps cette Amber pouvait peut-être s'avérer surprenante, dans le bon sens comme dans le mauvais. De grands yeux bleus, un beau sourire... Cela lui rappelait bien quelqu'un.
 
« Comment as tu entendu parler de moi ? J'imagine que tu sais pas mal de choses au sein de ta radio, pas mal de choses sur tout le Bronx. Ta radio est très souvent citée par les Dués. Ca fait longtemps que tu exerces ? Je ne me rappelle pas avoir connu un temps ou tu ne diffusais pas tes infos, la lune rouge semble étrangement étirer le temps d'ailleurs... J'ai l'impression d'être bloquée ici depuis toujours...» La brune but une gorgée d'alcool. « Je me demandais aussi si tu travaillais seule... Tu as l'air de l'étoffe d'une self-made-woman. Cette passion pour la radio - car cela se voit, tu aimes ton métier, t'est venue d'où ? Une école de journalisme ? »
 
La Nuit se pencha doucement vers elle.
 
« Je n'arrive jamais à m'en empêcher, tu vois, les questions vont finir par porter sur toi. Je suis beaucoup plus intéressée par la personne que par sa façade, et toi Amber, tu as l'air d'avoir une jolie façade. Une radio, c'est joli oui, c'est comme la scène. On y fait ce qu'on veut, on peut mettre en place tous les artifices. Moi j'aime bien savoir à qui j'ai affaire. Tu as été très polie en restant dans les sentiers battus en ce qui concernait mon interview. Mais maintenant il n'y a plus que nous deux. »
 
La brune tapota son verre du bout des ongles, faisant ondoyer le liquide ambré qui scintillait au fond du cristal. Elle fit tournoyer le whisky durant quelques secondes, ses yeux rivés sur la femme en face d'elle.
 
« Qu'est-ce qui t'a amené à faire ce genre de radio... ? Même dans tes questions, tu sembles exécrer ce système qu'est le notre. Qu'est-ce qui te pousse tous les jours à te battre comme ça pour le Bronx et ceux qui y vivent ? »
 
Elle savait ses questions plus personnelles, mais tant pis, elle prenait le risque. Soit elle se faisait gentiment rembarrer, soit la rousse accepterai de lui livrer une parcelle de sa vie, une parcelle qui l'aiderait à mieux la comprendre. A avoir confiance lorsqu'elle la laisserait repartir avec ce magnéto.
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Jeu 11 Mai 2017 - 16:57
Amber Cox a écrit:
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La Nuit et Amber


Aller en surface, cela serait bien trop évident, trop facile. D’un côté, la rousse semblait bien curieuse, jusqu'où la panthère allait aller dans sa curiosité ? Après tout, c’était une question de gain de confiance, elle pouvait tout à fait comprendre sa position. Quand il s’agissait des autres, elle savait qu’elle aurait le temps de découvrir le reste sur le terrain certainement dans la semaine en fonction aussi de la volonté d’Etno, alors Amber se réservait pour la suite… De l’autre côté, elle se sentait un peu stressée, elle avait déjà l’impression qu’elle allait lui demander la lune. (Lol la nuit qui demande la lune)

Amber continuait de la fixer et notait toujours attentivement ses dires, ses volontés. Elle trouvait ça intéressant qu’elle veuille donner des cours de danse au plus jeune et d’un autre côté, elle se demandait vraiment comment tout cela se déroulait en temps et en heure. Quels pouvoirs originaux et quelles beautés se cachaient sous le toit de ce lieu des plus impressionnants. Curiosité et envie, la plus petite observait les moindres faits et gestes de la plus grande de son regard insistant et dénonciateur.  La jeune femme se contentait de noter cette fois sans ajouter de commentaires.

« Et bien, en me demandant mon numéro ma jolie. »  Dit elle, prononçant les derniers mots dans un français parfait.

“Ma jolie ?...”[/b] Dit elle avec son accent américain. “Qu’est ce que cela veut dire ?”

Amber parlait 3 langues courantes, sa langue natale, l’espagnol, mais aussi l’allemand, pas le français. Elle se trouvait frustrée de ne pas savoir ce que cela voulait dire, et leva un sourcil toujours souriante, d’un air perplexe. Les seules expressions qu’elles connaissaient en français était “Les crèpes” “Bonjour” et “Voulez vous coucher avec moi ce soir ?”... Ma jolie ne ressemblait pas à tout cela. La brune s’enfuit presque derrière le comptoir et la rousse l’avait perdu de son champs de vision. Elle revient alors avec de quoi manger ainsi que les deux verres de nouveaux remplis. Que demander d’autre si ce n’est de pouvoir fumer ? Elle le proposait si gentiment qu’Amber n’allait certainement pas refuser. De son sac, elle sortit alors son briquet ainsi qu’un paquet de cigarette qu’elle déposa sur la table assez rapidement. Puis elle alluma une cigarette, et se mit à prendre sa clope entre ses deux l’air pour respirer ce poison dont elle n’arrivait pas à se passer.

Elle ne cessait  de l’appeler par son nom et prénom. Amber trouvait ça étrange pour une femme qui souhaite qu’on la tutoie, mais chacun ses goûts, et puis ça donnait l’impression d’un interrogatoire… La rousse elle attendait patiemment de faire son coming out médiatique. Elle tirait sur sa cigarette et finit par relâcher l’air toute ouïe, alors que le recorder était mis sur pause.

“Oh… Et bien… Tu sais en discutant avec pas mal de personnes, j’ai appris qu’existait cet endroit. J’ai mené mon enquête, je suis allée poser quelques questions à des Dué bien placés niveau commérages et informations, puis je suis allée mener d’autres enquêtes auprès de la population. Enfin, je suis remontée simplement jusqu’à toi… Rien de bien méchant. C’est juste du bouche à oreille...”

Elle marqua une pause pour reprendre une poignée de fumée dans les poumons, et la souffla quelques secondes par la suite.

“Hm… Ma radio existe depuis environ moins de trois années pourtant. Il y avait une époque où je n’avais pas la volonté de faire ce genre d’activité, j’étais destiné à un autre corps de métier… J’ai toujours travaillé avec une équipe, mais aujourd’hui chacun à son rôle à mener et peut être totalement libre d’intervenir quand il le souhaite, l’important est tout de même la communication entre nous et notre organisation. Les membres de la radio de l’Underground sont indépendants dans un sens, chacun a le droit à liberté d’expression.  Et oui, je suis issue d’une école de journalisme, perspicace la demoiselle…”

Elle sourit et reprit le verre qu’elle venait de lui servir pour assécher la moitié de celui-ci, la soif grandissait au fur et à mesure qu’elle parlait, fumait et s'abreuvait. Puis La Nuit se pencha, et Amber ne put s’empêcher de lui jeter un regard des plus taquins, un peu plus proche d’elle.  A écouter ses dires, elle se mit à rire, un sourire qui finissait par montrer comme une sorte de gêne au fait d’être mise à nue. La Nuit reconnaissait bien qu’Amber était restée floue dans ses questions et qu’elle n’avait pas insisté sur des points plus malaisant. Pourtant la brune n’allait pas se gêner et aller pousser le bouchon plus loin. Il n’y avait qu’elles dans la salle, et la rousse se disait bien que la confiance se gagnait par un échange mutuel dans le silence musical. Une jolie façade ? Elle ne savait pas ce que c’était vraiment qu’être de la sorte. Elle ne voyait parfois que ses défauts, rongée par la culpabilité et les remords, et d’autre fois on faisait ses éloges et elle arrivait enfin à mettre de côté pour quelques moments le passé.

Encore un regard, encore des questions…

La rousse se leva soudainement, et commença à marcher autour de la table en regardant dans un premier temps le sol. Ses pas étaient lents, ils ne suivaient pas la musique derrière comme si son environnement sonnore n’existait pas. Plongée dans ses pensées, elle se racla la gorge. Son ton était plus sérieux, et son sourire s’était envolé comme les feuilles des arbres après l’été pour s’éteindre vers une saison plus triste.

“Tu sais, La Nuit, j’ai beau sembler invisible, ne pas exister, je suis toujours là. On sent ma présence comme un souffle, un vent  nouveau sur le Bronx. Je suis libre et contrainte par ce qui m'entoure…”

Elle s’arrête de marcher, et regarda la jeune femme un sourire aux lèvres, bougeant seulement le petit doigt elle laissa traverser le cabaret par un courant d’air doux et léger, plutôt frais. Puis repris sa marche et arrêta de jouer avec pour le moment. C’était un moyen de dire que même s’il n’y avait que peu d'informations à son sujet, il n’était pas compliqué de la retrouver et de voir dans quel sens elle allait.

“ Si j’ai choisi de faire cette radio, c’est pour défendre des causes que je trouve justes, et mes intérêts, bien entendu. Après mes choix sont tout à fait discutables. Néanmoins, j’ai des raisons qui me poussent à croire que ce système est voué à l’échec. Puis, je ne supporte pas l’injustice et les inégalités, je ne vois pas pourquoi toutes ces personnes sont rejetées... Dans le monde dans lequel nous vivons, j’aimerai que les personnes en difficultés, que les plus faibles, que les plus teigneux se sentent moins seuls, et que la lutte se fasse aussi à travers les médias plutôt que par la violence qui règne plus bas. C’est en soi une forme de vengeance pour ce qu’il se passe, pour moi... Mais, sache que je n’en veux pas à tout le monde bien entendu, tu imagines que je suis pas aussi rancunière…  ”

Elle prit encore quelques bouffées de sa cigarette et s’assit alors qu’elle sentait une légère douleur pulmonaire, comme à chaque fois elle utilise son pouvoir pour une broutille comme celle-ci. Sa main vint se loger vers sa poitrine et elle se mit à toussoter quelque peu.

“Dis moi si tu souhaites avoir encore un peu plus d’informations, si tu as encore des questions La Nuit…”

Elle ne souriait toujours plus, gardant un aspect assez sérieux. Une certaine tristesse se lisait dans ses yeux, alors qu’elle n’osait même plus la regarder, du moins que très rapidement, fuyant ses yeux perçants. Amber n’était plus la femme la plus enthousiaste, elle semblait juste être perturber à l’idée de repenser à cette nuit et vint écraser sa cigarette contre le cendrier. La perte d’un être cher dont elle avait pour l’instant vraiment esquiver le sujet… Elle reprend son verre et vide la seconde moitié restante en déposant le verre vide devant son visage vide.


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Jeu 11 Mai 2017 - 21:53

La Nuit restait figée dans la même position, l'esprit en turbine en réaction à ce qu'Amber lui disait. Il fallait qu'elle fasse attention, une réputation pouvait aller très vite dans le Bronx. Si son statut de meneuse de revue ne la dérangeait aucunement, ses autres activités devaient rester secrètes. Totalement secrètes, il n'était clairement pas dans son intérêt de dévoiler ses trafics, elle ne voulait pas avoir affaire à des gens trop intéressés. C'était sa rentrée d'argent principale et ses transactions prenaient de l'ampleur. Elle aimait conserver son anonymat, synonyme de sûreté pour elle. Tout ce monde avait déjà été dur avec elle, rien en elle n'avait envie de se frotter à de trop gros malfrats. Ceux qui travaillaient pour elle se chargeaient de ça, sauf lorsqu'elle devait absolument être présente. Elle tirait les ficelles de ce petit monde qu'elle avait longtemps pratiqué. Et si Amber avait fouillé sur elle... Elle n'avait pas pu découvrir ce genre d'infos, non. La Nuit protégeait bien ses secrets, elle était sûre que celui ci était bien gardé. Son surnom était un bel artifice, difficile de l'atteindre de cette façon. Ici, personne ne savait qui elle était.

Amber se leva après ses dernières questions. Elle la suivit du regard, sentant l'humeur de la jeune femme changer. Son visage de défit de ses sourires charmants, son regard se fit plus absent. La transformation nette qui s'effectua chez la rousse la fit se concentrer davantage sur elle, ses sens aiguisés sur ce qu'il était en train de se produire. Avait-elle touché une corde sensible ? Le passé des gens de ce quartier n'était généralement pas très joyeux. Il lui était arrivé de nombreuses fois de surprendre les larmes des employés de son cabaret. Les temps étaient durs pour certains, la vie difficile et le passé pesait lourd sur certaines épaules. Elle n'était personne pour critiquer cela. La Nuit respecta le silence soudain de son acolyte, ses lèvres s'ouvrant uniquement pour souffler un énième volute de fumée.
 
« Tu sais, La Nuit, j’ai beau sembler invisible, ne pas exister, je suis toujours là. On sent ma présence comme un souffle, un vent  nouveau sur le Bronx. Je suis libre et contrainte par ce qui m'entoure…»
 
La jeune femme sentit soudainement un courant d'air se glisser contre son dos nu. Bob aboya, aussi surpris qu'elle. Elle se retourna soudainement, intriguée quant à la provenance de ce vent frais. La porte d'entrée était fermée, toutes les issues de cette boîte noire étaient scellées avec attention... Son regard azur épingla celui d'Amber qui la contemplait avec un petit sourire étrange. Intéressant, cela devait donc être un aperçu de son pouvoir. Le vent, alors ? Plutôt intéressant comme aptitude. Son intérêt piqué à vif, la brune plissa les yeux pour écouter ce qu'elle avait à lui dire. Ce qu'elle lui raconta fit écho à de nombreuses réflexions qu'elle s'était déjà faites, elle même. Les castes, leur injustice et l'inégalité du climat dans lequel créaient en leur cœur un sentiment similaire. Maxwell frappait ceux qu'il ne voyait pas, du haut des hauteurs de Manhattan. Pourtant eux le voyaient bien, un jour la situation se renverserait. Amber finit par se rasseoir, le cœur plus lourd que lorsqu'elle s'était levée. Où était passée l'aura flamboyante qu'elle affichait en arrivant ?

La Nuit chercha son regard sans parvenir à le trouver plus de quelques fractions de secondes. Un silence s'abattit sur le cabaret, flottant dans l'air, persistant malgré la musique tranquille qui se déversait des enceintes. La brune se leva, son talon claquant sur le sol de béton noir. Dans un mouvement fluide, elle rabattit correctement sa robe sur ses jambes puis s'avança vers la rousse, le visage sérieux. Elle s'assit sur le rebord de la table, face à elle, la surplombant de son ombre. Elle appuya sa paume sur le plateau en bois, près du verre de la jeune femme. Ses doigts vinrent doucement attraper le menton de la jolie rousse, redressant son visage vers elle avec délicatesse. Ses deux prunelles saphir caressèrent celles translucides de la jeune femme, un instant plus douces que tout ce qui avait pu émaner d'elle depuis le début de l'échange. La pulpe de son index suivit la courbure de la mâchoire d'Amber, dessinant l'ovale charmant de son visage pour replacer une mèche derrière son oreille. Aucune barrière du corps, sans pudeur, elle avait brisé le barrage physique qui les séparait. C'était presque anecdotique pour elle.
 
« Ma jolie, je suis désolée si mes questions t'ont remuée. Ne sois pas triste, un jour ce système va s'écrouler, j'espère que ce sera grâce à nous. Chacun de nous porte les stigmates de ces événements, tout le monde, dans chaque camp. Les choses vont changer, ton combat a raison d'être et si tu es écoutée, c'est parce que tes mots parlent aux gens. Nous avons tous perdu quelque chose, ou quelqu'un. »
 
La Nuit fit glisser ses doigts sur sa joue puis se recula, renversant son corps vers l'arrière pour l'observer avec un peu plus de recul. Elle eut un sourire en coin alors qu'elle finissait son verre d'une traite.
 
« Je peux te laisser tranquille quant à mes questions, d'autant que c'est davantage la personne qui m'intéresse, la radio... Et bien. J'en apprendrai davantage en te côtoyant, je suppose. Je renouvelle bien évidemment mon invitation, tu pourras venir assister à l'un des shows. Si jamais tu veux venir en coulisse pour observer le déroulement du spectacle tu seras la bienvenue. Il suffira que je transmette l'information. »
 
Dans un petit saut agile, elle se remit sur ses pieds puis étira son corps. Elle fit quelques pas dans la salle, avançant dans la salle.
 
«  Allez suis moi, je vais te faire un tour des lieux. Puisque je suis joueuse et que je me le suis moi-même autorisé... Tu as le droit à une question de plus. Mais pour toi, pas pour ta radio. Oh, et je te laisserai trouver toi même la signification de ces deux petits mots, du Français, tu as du le comprendre. Les petites enquêtes ça t'amuse, non ? »
 
Un petit regard amusé et elle était partie, remontant les marches sur le côté de la scène.       
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Jeu 11 Mai 2017 - 23:05
JUST THE TWO OF US
La Nuit et Amber

Perdue les yeux dans le vide, les images de cette nuit lui revenaient en tête. Elle se mit à froncer les sourcils. La présence de La Nuit était de plus en plus proche, mais rien, elle ne voulait rien voir. Elle n’arrivait pas à cesser de penser à toutes ces choses. Le tracas marqué dans ses yeux. Elle s’était forcée un peu, peut-être un peu trop. Les mots lui restaient un peu en travers de la gorge comme une boule gênante, comme un chat dans la gorge, à moins que la douleur respiratoire était monté jusqu’à sa glotte. Ce n’était certainement pas le cas, cela n’arrivait que lorsqu’elle faisait de grosses tornades. La plus âgée se mit devant elle, la surplombant. Ses doigts vinrent attraper le menton d’Amber qui releva la tête sans broncher pour la regarder, quelque peu forcée. Un regard doux elle lui donnait, un regard qui voulait comme apaiser la rousse qui se perdit de nouveaux dans le ciel bleu de La Nuit. L’extrémité de son doigt vient caresser doucement l’os de la mâchoire d’Amber qui plissa les yeux doucement. Elle appréciait plus que tout les gestes, le fait d’être tactile avec quelqu’un. Le geste était doux elle l’accompagna jusqu’à remettre une de ses mèches de cheveux derrière son oreille. La rousse se mit à sourire, mais c’était un sourire différent encore une fois de ceux qu’il y avait habituellement. Un sourire plus doux, moins joueur, plus franc à sa manière.
 
Elle employait encore cette expression qu’elle ne connaissait pas, et la rousse se mit à plisser les yeux. Elle n’aimait pas ça, cette frustration, mais écouta le reste avant d’ajouter, entièrement d’accord avec elle pour ce qui est du reste.

“Il y a des gens qui ont été peut-être épargné, du moins je leur souhaite. Mais il est vrai que chacun défend simplement son morceau de beurre.”


Sa main caressa la joue d’Amber, puis la femme repartit comme elle était venue. Elle recula légèrement, et la regarda, la fixant. Elle allait finalement laisser tomber cet interrogatoire de type policier. La rousse se mit à soupirer, et relâcha un souffle frais dans le vide. Puis elle finit son verre d’un coup. La gérante de la radio la regarda, perplexe. Combien de verres déjà ? Elle ne savait plus, mais elle les enfile à la suite, sans avoir l’air atteinte un tant soit peu par l’alcool. La rousse n’avait plus l’habitude de boire, si elle avait bu la même quantité, elle sera déjà pompette et montrerait sans cesses ses fossettes et un regard enjôleur. Cependant, ce n’était pas deux bières seules qui allaient lui donner cet état là. Amber semblait rassurée, et à la fois elle était toute aussi curieuse de La Nuit mais se réservait pour la suite.

“Bien sûr que je viendrai. Je connais quelqu’un qui sera tout aussi ravi de venir. C’est un grand ami à moi si on peut dire. Il travaille avec moi à la radio, c’est un de mes acolytes principal. Il voulait venir aujourd’hui, mais quand il a su qu’il n’y avait pas de spectacle, et comme j’ai cru que tu étais une cinquantenaire, il était tout déçu. Ne t’en fais pas, il est très respectueux.”

Elle lâcha un rire. Elle avait toujours en tête que les femmes qui tiennent des cabarets sont des vieilles fripées et abîmées par le temps, tandis que là c’était d’un tout autre goût. Une femme fatale, ayant ce petit côté bestial et à la fois tellement spéciale. Ce qui était sûre c’est qu’elle ne laissait pas totalement la rousse indifférente. La Nuit se leva et prit la fuite en direction des escaliers, sur un coup de tête.

“Oh ? Tu veux jouer ?... On va jouer. Mais pas de suite."

Le sourire joueur et malicieux d’Amber revient immédiatement s’afficher sur visage.

“Pour le ma jolie, ne t’en fais pas, je trouverai, j’adore les enquêtes.”
Elle se mordit la lèvre inférieure machinalement, puis passa une main dans sa chevelure de feu. “Quand je reviendrai, je pourrai même l’insérer dans une phrase. Je te proposerai certainement d’utiliser une autre expression qui m’est inconnue en cette langue, c’est amusant, quoi qu’un peu frustrant. Mais ni bonjour, crêpe, et voulez vous coucher avec moi ce soir, je les connais déjà. Mais attends, ce n’était pas ma question hein.”

Elle sortait son accent américain lorsqu’elle prononçait les mots, n’arrivant pas à marquer les r, et se mit à sourire bêtement suite à sa propre remarque. Parfois, elle pouvait se montrer comme une vraie gamine, surtout avec Etno en particulier quand ils étaient seuls. Heureusement personne ne voyait cela. Sa crédibilité serait nulle auprès de La Nuit, ou même auprès des Dué. Amber se leva, laissa ses affaires qu’elle viendrait certainement récupérer, elle ecrasa sa cigarette et accéléra un peu le pas vers la brune pour la rejoindre.

“Pour ce qui de la question, je la garde précieusement, elle viendra en temps voulu, et le vent refera surface quand tu ne t’y attendra pas.”

Elle claqua ses doigts et fit se lever les rideaux sous un coup de vent important, mais ne touchant que cette zone. Elle toussa un petit coup. Elle s’amusait tout aussi bien à soulever les jupes de ses dames parfois, mais le contexte ne s’y offrait pas. Pas pour l’instant du moins, bien que La Nuit semblait très ouverte, elle ne savait pas jusqu’où cela allait.
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Ven 12 Mai 2017 - 1:55

La Nuit eut un rire clair en réaction à la proposition d'Amber. Son regard malicieux répondit à celui de la rousse qui semblait de meilleure humeur. Leur petit intermède semblait l'avoir revigorée et son sourire était revenu.
 
«  Très bien, on verra si tu peux suivre mon rythme... J'ai toujours trouvé ce petit accent américain à croquer. Je me ferais un plaisir de l'écouter. Et, ma jolie, ce n'est vraiment pas bien compliqué. Tu trouveras sans aucun problème. Pour la question... Fais en bon usage, c'est une sacrée carte que tu as dans ta main. »
 
Un nouveau courant d'air agita la salle, dirigé cette fois ci vers les rideaux qui s'animèrent soudainement. Un sourcil levé, la brune se retourna vers Amber qui toussota doucement. Un silence s'installa alors tandis que, une main nonchalamment posée sur sa hanche, La Nuit la contemplait.
 
« Tu ferais une excellente régisseuse, tu sais... Une féérie de rideaux, ça a quelque chose de stimulant. Allez vient, je te fais faire le grand tour. »
 
La jeune femme attrapa la main de la rousse, l'entrainant vers le côté droit de la scène. Elle tira l'un des rideaux, dévoilant un escalier en colimaçon conduisant à l'estrade supérieur, depuis les coulisses. Cachée dans un coin, surplombant la scène, le petit monde de la régie s'érigeait. Tout en haut, comme dans une tour, s'étalaient d'innombrables consoles correspondant toutes aux différents projecteurs, lumières et au son.
 
« C'est ici que se créé la magie. Regarde. »
 
La brune poussa quelques boutons d'une main experte, éteignant les lumières de la salle pour allumer quelques projecteurs sur la scène. Elle rangea le rideau de cheveux brun qui vint se loger devant son visage puis, les yeux plissés, fit quelques pas pour atteindre la seconde console. En quelques manipulations, elle fit descendre un large rideau de perles noires sur le devant de la scène. Elle fit jouer les éclairages de façon à ce qu'elles soient parfaitement mises en valeur.
 
« Maintenant, imagine des femmes, des hommes, à moitiés nus derrière ce rideau. Un peu de fumée, un bras sensuel traversant ce rideau de perles opaques... Les doigts fins d'une femme glissant suggestivement le long de ces bijoux, les lèvres d'un homme qui, en un sourire, apparaissent, suivies par une langue taquine. La peau, les corps qui en montrent un peu plus, un peu moins... Une blonde envoie une vague de chaleur sur les invités dans la salle qui se sentent obligés, eux aussi, d'enlever un vêtement... » Elle se rapprocha d'Amber dans un bruissement de tissus. « Et tous ces petits frissons le long de ta colonne vertébrale... »
 
Elle se recula, repoussa les boutons puis, dans un sourire, entraina Amber vers la suite de la visite, satisfaite de son petit effet. Elle captura le bout de ses doigts, la guidant dans la semi obscurité du théâtre. Elles arrivèrent sur l'estrade supérieure, celle à vue du public.
 
« Nous avons parfois des musiciens, je les installe ici. Certains numéros se font sur deux niveaux. Tu verras ça lorsque tu viendras. Cette porte nous fera redescendre jusqu'aux loges. Les danseurs passent par ici lorsqu'ils doivent entrer sur l'estrade supérieure. »
 
La brune poussa le battant de la porte, sa main quittant celle d'Amber. Elle s'arrêta devant les escaliers, contemplant un couloir menant à une seule et unique porte.
 
« Mais avant de descendre... Ici, mon bureau. Mais ça, c'est mon antre. On verra si tu as la chance d'y entrer la prochaine fois. »
 
La Nuit lui fit un petit clin d’œil avant d'entamer la descente des escaliers, sa main pianotant, joueuse, sur la rambarde de bois laquée. Chaque détail semblait avoir été étudiée. Les marches couvertes d'une moquette à l'aspect de velours habillaient le sol d'une belle couleur lie-de-vin. Tout le long de l'escalier étaient incrustées de petites lumières, à même le sol, spots enchanteurs créant de doux faisceaux intimistes. L'on pouvait presque imaginer l'endroit prendre vie les soirs de spectacle, les talons étouffés par le velours, les rires retenus, la concentration palpable des prestations en cours. Aucune fenêtre, seulement. Rien que des lumières extrêmement travaillées. La Nuit n'avait pas besoin de la lumière du jour. Elles redescendirent toutes deux directement dans les coulisses, à deux pas de la scène. Un petit signe de tête pour entrainer Amber et La Nuit s'était engagée dans les couloirs, passant diverses loges, toutes éteintes, les portes ouvertes. La jeune femme pressa le bouton de celle du bout du couloir, juste avant un escalier descendant au sous sol. L'endroit, charmant, ressemblait à un petit boudoir. Les murs rouges étaient parsemés de photographies des cabarets du vieux monde, du moulin rouge aux fééries de Broadway. De grands miroirs avaient été installés. La pièce était plus spacieuse que toutes les autres loges et pour cause, c'était ici qu'étaient entreposés une partie des costumes.
 
« La caverne d'ali-baba. »
 
La danseuse fit glisser sa paume sur les plumes, les sequins et les dentelles. Portes jarretelles, lingerie et accessoires en tous genre. Mélange de couleurs, tableau de son propre royaume sacré. Elle tira au hasard l'un des corsets à sa disposition, ses ongles venant titiller les lacets du bustier.
 
« Ce sont mes trésors. Tu arrives mieux à imaginer l'ambiance de l'endroit, maintenant ? »
 
Elle eut un léger rire alors qu'elle se saisissait d'un chapeau noir, destinés aux hommes du cabaret. La jeune femme le glissa lentement sur le crâne de la rousse. Ses doigts glissèrent sur la bordure noire de l'accessoire, presque taquins.
 
« Adorable.  »
 
Elle pressa le bouton de la lumière puis sortit de la pièce, ses lèvres toujours peintes d'un petit sourire. Elle dévala les dernières marches les séparant du sous sol puis poussa l'unique porte.
 
« Ici, c'est un peu différent.  »
 
Les lumières s'allumèrent sur la dernière salle du cabaret, un immense studio de danse.
 
« C'est ici qu'on construit nos revues. Je donne des cours à la compagnie aussi, certains viennent de la rue et même s'ils sont talentueux... Ils ont encore besoin de travailler leur technique. C'est ce dont je te parlais, je voudrais donner des cours ici. L'endroit semble inapproprié pour des gosses mais bon... Le studio est nickel.  »
 
Sa voix raisonna dans l'espace tandis qu'elle s'avançait, son image se reflétant dans les grands miroirs accrochés à deux des quatre murs constituant la pièce.  Elle ne jeta pas un seul coup d'œil à son reflet, préférant se retourner vers Amber.
 
« Tu as fais le tour. Je t'ai épargné les petites salles inutiles, bien sûr... J'espère que ça t'aura donné envie de revenir pour voir ce cabaret en action.  »
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Ven 12 Mai 2017 - 13:47
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La Nuit et Amber

Suivre son rythme ? Amber était bien capable. Il ne fallait pas la sous estimer. Elle n’aimait pas ça, comme si le peu d’égaux qu’elle avait tentait de se préserver. Elle commenta son accent, le trouvant charmant, et prête à l’écouter. Raison de plus pour apprendre le français. Encore ce ma jolie, qui laissait vraiment la rousse perplexe. Retour sur la question, mais la rousse n’allait vraiment l’utiliser qu’en cas d’extrême curiosité intense concernant la jeune femme.

“Une régisseuse ?” Elle sembla perplexe et fit une légère grimace. “Pourquoi pas ? J’en sais trop rien. Je ne me suis jamais posée la question. Mais oui, je te suis…”

La main dans la sienne, elle la guida jusqu’à la partie droite de la scène. Il y avait un escalier qui permettait de passer en hauteur. Il y avait la régie, tout était visible. La Nuit mettait tout en place, connaissant toute la panoplie de manipulations qu’il fallait faire. Les yeux d’Amber, eux s’étaient concentrer sur la scène pour observer ce qu’il se passait. Les effets se combinaient les uns aux autres pour ne former plus qu’une ambiance assez sombre, et pour autant un peu envoûtante. Une fois tout installé, la brune se met à faire une description qui menait principalement à un aspect érotique, sensuel, et à la fois d’une certaine douceur. La rousse imaginait simplement les faits donnés par La Nuit, l’envie de venir assisté à tout cela était de plus en plus forte et elle pressa légèrement ce qu’elle avait trouvé, c’est à dire un bout de sa chemise. De légers frissons accompagnaient  la peau de son dos et principalement sa nuque, sous la voix quelque peu mielleuse et fatale de la Panthère. Cette dernière l’avait bien vu et la rousse commença à passer une main contre sa nuque pour frotter sa peau.

“Hey ! Ne me spoil pas ! Je préfère attendre de venir pour te.. Tout dévorer des yeux.” Elle se repend. Un sourire un peu gêné, elle rit. “Ça doit être vraiment beau, au plus tu m’en parles, au plus j’ai le désir de venir. Frustrant.”

La Nuit avait l’air satisfaite, et Amber voyait bien son petit jeu. Pourtant, ça n’avait pas tellement l’air de lui déplaire. Elle prenait un peu son pied, et cette femme ne la laissait absolument pas de marbre, bien au contraire. Piquer un bout de ses doigts, elle se dirigera de nouveau vers un autre lieu. L’estrade supérieure. Elle était visible par le public contrairement à régie. Il y avait une toute aussi jolie vue, mais bien différente de par la visibilité qu’elle laissait. Des indications supplémentaires, malgré la déconcentration que provoquait La Nuit sur Amber, la rousse voulait rester concentrée et observait les images qu’elle plaçait soigneusement dans sa tête.

“Je vois. L’accompagnement musical doit être de qualité.”

De qualité, tout comme elle, quand elle joue de la guitare acoustique dans les soirées ou dans des lieux plutôt fermés, comme dans une simple nuit des plus intimes. Mais contrairement à tout cela, ta musique n’a absolument pas le même effet, et les images qui se dessinent et dansent au gré des lumières sont bien moins vendeuses, alors qu’ici tout semblerait magique. Sa main quitta la sienne et Amber la mit dans sa poche comme s’il y avait quelque chose qu’il lui manquait. Son bureau ? La rousse sourit alors qu’elle l’indiqua s’attendant à une remarque taquine qui arriva directement.

“Oh…Tu ne me fais même pas entrer dans ton bureau ? Mais ne t’en fais pas, les courants d’air finissent par arriver et passer par où ils veulent, tout est une question de temps. S’il faut je me glisserai même dessous pour y arriver.”

Elle donna un clin d’oeil à La Nuit de manière taquine et joueuse et la suivit. Les pas se faisaient silencieux, et étaient souples sous la moquette. C’était quelque chose que la plus jeune appréciait beaucoup, pourtant ce n’était qu’un détail. De nombreuses lumières apportaient une autre image de ce lieu, sans elles il n’aurait pas cette importance. Mais où allait elle la mener pour que cet endroit soit si bien travailler ? Les coulisses. C’était immense. Impression que cela ne s’arrêtera jamais, elle continuait de ne pas la perdre et avançait dernièrement le regard un peu perdu, cherchant à s’imprégner de tous les détails. Toutes les pièces étaient inoccupées. Amber aurait aimé voir les danseurs en pleine préparations, encore pleine de frustrations à sa curiosité sans limite.  Encore un escalier à la fin du couloir, et là. C’était un autre univers. Divers costumes de toutes les couleurs, avec pleins de matières différentes, avec de la dentelle, et toutes sortes d’autres attribut.

“C’est vraiment impressionnant, et oui, je comprends beaucoup mieux. Ca me donne faim. Il y a vraiment une collection de tous types de…”
Elle se stoppa et regarda La Nuit arriver avec un chapeau qu’elle vint déposer sur la chevelure folle d’Amber qui fit une drôle de tête.

“Woh woh woh. Qu’est ce que ?.. Adorable ?... Ah ! Adorable ! Hein ?! Mais non ! JJe refuse ! Mais si je suisadorable, je n’aurai même pas les mots pour… Toi.”


Après une petite réflexion, la rousse avait tout à fait compris. Ce mot était transparent, il était plutôt simple de faire le rapprochement. Mais ce n’était pas le moment de faire un essayage, encore moins d’un corset. Ce n’était pas qu’elle n’aimait pas son corps, mais elle ne trouvait pas non plus des plus gracieux.  Sa cicatrice, sur la hanche gauche, elle aurait aimé cacher, cependant ce n’est pas possible.
Enfin, encore un dernier escalier, Amber se disait qu’il n’y avait que ça. C’était escaland, le monde des escaliers rouges. Les deux femmes arrivent alors dans le studio de danse. L’espace était vaste et de grande taille. Le lieu où tout commence. Le lieu de création artistique. C’était beau. La jeune femme s’avança curieuse au milieu de tout jeta son dévolu un peu partout. Tout était si beau, dans toutes les pièces qu’elle a visité. Ce lieu était pourtant pleins de mystère, car tant qu’elle n’avait pas tout vu elle ne serait pas satisfaite, cependant pour ça, il faut revenir.

“Tu sais, tu peux toujours rajouter des aménagements je pense pour eux. Après, moi, je n’en sais vraiment rien. Je ne m’y connais pas en organisation de tous ce genre de chose. A part ça… J’ai vraiment envie de revenir. Tout me semble si beau et je suis curieuse de voir ce que tu peux me réserver si je reviens sous peu. Je ne sais pas quand je reviendrai, mais cela risque très rapidement d’arriver. Sache le.”


Un sourire des plus gentils lui fut accordé, accompagné d’un clin d’oeil.

‘Je garde le chapeau, je te le rendrai quand je serai enfin ce que veut dire ma jolie et certainement quand je reviendrai” souligna t-elle en le levant comme pour le saluer.

____________________________________________________

____________________________________________________

Lendemain 22 H 15


Assis chacun à une table, son animae et elle était à une table, assis chacun sur une chaise. Deux verres d’alcool fort elle avait déjà bu, mais tout semblait plutôt bien. Amber portait ce soir là une autre tenue. Elle avait un long manteau gris, ainsi qu’une combinaison noire et des escarpins. Une tenue un peu plus sophistiquée pour la soirée. Etno lui portait le chapeau que la femme avait donné la veille, il n’avait pas été très d’accord, mais la rousse avait insisté même s’il pensait que cela était d’un ridicule… Sa main elle passait constamment dans sa chevelure, un semblant d’anxiété. Elle avait décidé de revenir rapidement, comme apaiser la sécheresse que la chaleur de La Nuit avait laissé sur sa curiosité. C’était un désert ardent.

“Tu ne m’as pas dis pour hier ?” Demanda t-il, les yeux légèrement plissé, il avait les pattes qui tombaient un peu dans le vide, imposant de par sa taille, il était plutôt vers le côté droit de la pièce comme pour ne pas gêner.

“Tu devrais savoir en voyant mon sourire Etno…” Ce sourire des plus joueurs qu’elle avait marqué sur le visage depuis environ quelques minutes déjà. L’ours savait pourtant déjà tout, mais il voulait juste la taquiner sur les faits.

“J’ai juste l’impression que tu as vu quelqu’un qui te plaisait plutôt qu’une réussite dans le travail.”

Elle le regarda et leva un sourcil en reculant légèrement pour poser son dos contre le dossier de la chaise. Son sourire toujours sur le visage, elle ne dit rien et se mit à soupirer, fatiguée de ses commentaires. Il savait très bien de toute façon, elle avait pensé assez fort à ce qu’il venait de se passer pour savoir qu’il fallait revenir ici. Etno de toute façon était d’accord, il voulait tout autant profité. Ce n’était qu’un jeu entre eux deux, comme un frère et une soeur.

“Tu sais que j’arrive toujours à avoir ce que je veux, ce n’est qu’une question de temps. J’ai soif, et je veux tout voir sur ce lieu.”

“On sait tous que tu n’es pas là qu’à cause de la curiosité de ce lieu… Mais il y en a aussi une autre.” Dit il d’un air amusé et presque moqueur.

“Tu me connais si bien…Tu vois, je n’ai pas besoin de te parler pour te dire ce genre de chose, et tu le sais.”  
Elle fit tapoter ses doigts sur la table doucement. L’animae redressa alors les oreilles, il prit le chapeau, et le déposa sur la tête d’Amber, d’un air satisfait. Il ne voulait vraiment pas le porter finalement, mais ce n'était pas très grave.

“ Tiens, c’est à toi de le rendre. Avec ça je ressemble à une bête de cirque…”

“C’est vrai, je m’en chargerai personnellement.”

Dit-elle en se mordant la lèvre inférieure, le déposant sur la table d’une main, l’autre encore plongée dans sa chevelure.
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Sam 13 Mai 2017 - 3:10



22h30.
La Nuit finalisa le trait de liner dramatique sur sa paupière mobile, les cils immobiles en appréhension du moindre clignement pouvant ruiner sa courbe. Elle se recula. Terminé. La brune se saisit d'un peignoir fluide, parfaitement noir, et recouvrit son corps entièrement nu. Ses pieds se glissèrent dans ses hauts talons ornés de velours noir puis elle s'engagea dans le couloir menant aux coulisses. Son souffle se stabilisa, elle inspira profondément, lentement, puis souffla. Sur scène se déroulait le premier numéro, l'ouverture. Celui des perles, le rideau était abattu sur la scène et une partie des danseurs de la troupe était en place, attendant patiemment, dans l'obscurité de la scène, que leur moment ne vienne. Sur l'estrade supérieure, une jeune femme à la peau couleur de nuit chantait sensuellement dans le micro, envoutant l'assemblée de ses notes graves et profondes. Sous les inflexions de sa voix, des myriades de petits hologrammes argentés apparaissaient dans les voûtes du plafond. Clignotantes et mirifiques, les formes changeaient lorsqu'elles se rencontraient, flottant dans l'espace jusqu'à descendre à la hauteur des invités attablés.  Une constellation vint frôler la joue d'un homme accoudé au bar tandis que le dos rond d'un chat se promenait contre l'index d'une femme au premier rang.

La batterie entonna subitement un rythme différent, les hologrammes se teintèrent d'un rouge profond alors que l'éclairage se centrait sur le rideau de perle duquel surgit une main blanche aux ongles peints de rouges. Accompagnant la voix rocailleuse de la beauté noire, un ballet de jambes et de bras, de sourires sensuel apparurent dans le bruissement des perles. Exactement comme elle l'avait décrit à Amber le soir d'avant. L'œil aiguisé de la chorégraphe ne quitta pas le déroulement du numéro, pourtant avant les dernières notes elle se débarrassa de son peignoir, nue sans pudeur dans les coulisses. La jeune femme fit jouer les articulations de ses épaules, de sa nuque puis inspira profondément. Les applaudissements de la salle retentirent, signant la fin du numéro d'ouverture. Le rideau de perles s'ouvrit progressivement sur La Nuit, postée en centre scène.
 
Sa silhouette seule se découpait dans le clair obscur de la scène. Une cigarette dans sa main droite, levée à hauteur de son visage, déployait sa fumée en corolles clairs et fascinants. L'on ne distinguait aucune parcelle de sa peau, seulement le dessin net de ses courbes. Un spot éclaira son visage, définissant l'arrondi pâle de ses traits, accentuant le bleu électrique de ses yeux mis clos et le rouge vermeil de sa bouche. Immobile durant les premières mesures de la batterie, son regard fixé droit devant elle. Après quelques secondes, elle amena lentement sa main près de ses lèvres qui s'étirèrent d'un sourire en coin, prêtes à accueillir la fumée. Son corps, engoncé dans une robe tatouée d'encre noire intense, se mit à onduler doucement au rythme de la musique lascive. Depuis la salle, personne n'aurait pu deviner que sa peau était en fait nue. Pourtant lorsque la lumière vint éclairer plus largement sa silhouette, l'encre se mit à onduler sans qu'elle eut besoin de faire quoi que ce soit. Les pans du faux vêtements se relevèrent sur sa cuisse d'albâtre, dévoilant un porte jarretelles tout aussi factice que le vêtement qu'elle faisait mine de porter. Elle dévoila ensuite son dos, tirant de ses doigts vernis de noir les fausses manches de la robe. Le tatouage jouant à lui seul le rôle de l'effeuillage, elle n'eut qu'à jouer avec la lumière dans des jeux de regards et de jambes des plus travaillés et charnels. Les spots jouèrent avec ses courbes, dévoilant un sein, puis seulement l'ombre du second. L'encre quitta bientôt la forme de la robe pour se développer en arabesques étudiées, motifs mouvants et hypnotiques réagissant de cœur avec la musique, en parfaite harmonie avec les mouvements de La Nuit.
 
Lorsque le noir se fit, sa nudité totale n'était oblitérée que par quelques ombres.
 
Elle quitta la scène, laissant la place au prochain numéro. C'était sa propre introduction, elle n'intervenait que peu sur scène durant tout le reste du spectacle et s'était donc octroyé le plaisir de ce petit moment durant lequel elle dansait pour elle même, seule avec son public. Elle refit plusieurs apparitions dans des numéros tous plus débordants d'inventivité, la sienne mais aussi beaucoup celle de ses danseurs et de leurs pouvoirs toujours plus étonnants et esthétiques.
Elle remarqua la chevelure rousse dans la salle alors qu'elle observait l'audience depuis les coulisses. Dans un claquement de doigt, elle appela un homme posté près de l'entrée des coulisses.
 
« La jeune femme, là, avec le chapeau. Tu vois son anima ? C'est un ours. Elle, c'est Amber Cox. Je veux qu'on lui serve l'une de nos bouteilles de champagne, invite la backstage quand le show sera terminé. Je te laisse gérer ça. Tu sauras où me trouver. »
 
La brune se retourna dans la direction opposée, son regard dur et concentré se reposant sur la scène pour analyser le spectacle se déroulant. Il se passa sans encombre et se termina sur une généreuse salve d'applaudissement, les danseurs saluèrent, elle se fondit parmi eux sans chercher à se mettre en avant. Peut-être un jour créerait-elle une revue dans laquelle elle tiendrait le rôle particulier de la vraie meneuse de revue, mais il était trop tôt pour le moment. Tout ce monde du cabaret lui était encore étranger, elle qui avait grandit dans les pointes des grands ballets classiques.

Son pas tranquille la conduisit jusqu'à son bureau alors qu'elle tirait déjà sur les ficelles de son corset pour le défaire. Les danseurs occupaient déjà leurs loges, affairés à se démaquiller, à boire ou à converser. Certains allaient se mêler aux convives, d'autres rentrer directement chez eux. La Nuit n'avait pas encore décidé pour ce soir. Elle retira ses talons à mi chemin, les tenant du bout de son index et de son majeur puis disparu dans la lumière tamisée de son antre, sans prendre la peine de fermer la porte. Elle mit de longues secondes à desserrer correctement le corsage, la tête penchée vers l'avant, un rideau de cheveux noir obstruant son visage. Bientôt, elle se débarrassa du corset pour laisser sa peau respirer à l'air libre. Ses doigts vinrent masser ses côtes avec intensité, elle pressa la peau fine du bas de son dos pour le soulager de la douleur des tenues contraignantes qu'imposait parfois ce genre d'exercice. Seulement vêtue d'un shorty, la jeune femme attrapa une cigarette puis s'accouda face au miroir pour la fumer, les yeux fermés. Elle tâchait de redescendre de tout ce tourbillon, calmant aussi l'effervescence que créait l'utilisation de son pouvoir en son sein. A l'aide de ses deux doigts, elle vint masser ses tempes en petits mouvements circulaires pour évacuer le mal de crâne que provoquait toujours le Tattoo. Lorsque, au bout de plusieurs secondes, elle ne constata aucune amélioration, elle se servit un large verre d'alcool puis y plongea ses lèvres, souhaitant aussi soulager la douleur de son genoux. Ses doigts se perdirent dans la fourrure douce de Zêl qui, pour une fois, s'était couché près d'elle, en loge. Toujours aussi silencieux. Le regard bleu de l'animal se plongea dans celui de La Nuit.
 
« J'ai fais comme vous m'aviez demandé. »
 
La Nuit sursauta, renversant un peu d'alcool sur son avant bras. Elle se retourna, le rideau de ses cheveux obstruant de moitié sa poitrine. L'un de ses hommes, celui à qui elle avait demandé d'inviter Amber, tout à l'heure.
 
« Pardon, je ne voulais pas vous surprendre... Amber Cox, comme vous m'aviez demandé. »
 
La Nuit secoua sa main avec paresse, se débarrassant des gouttes de vodka sur sa peau. Elle se leva doucement, se saisit de son peignoir puis s'en vêtit simplement, aucunement gênée. Elle avait vu la chevelure d'Amber se profiler derrière l'homme. La brune eut un discret mouvement de main, signe que ce dernier pouvait disposer, puis elle s'avança vers la rousse.
 
« Je ne m'attendais pas à ce que tu viennes si tôt, Amber. Tu découvres mon antre alors, comme promis. »
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Sam 13 Mai 2017 - 20:24
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La Nuit et Amber





LA JOUEUSE A PERDU SES 1600 MOTS DE REPONSE LES GENS EN EDITANT AU LIEU DE CITER


FELICITATION

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Mer 5 Juil 2017 - 4:53



La Nuit fit jouer son index sur la joue d'Amber, caressant légèrement l'arrondi de sa mâchoire.
 
« Je crois que c'est à toi... »
 
Elle se saisit du chapeau retenu entre les doigts de la rousse et l'envoya d'un geste leste sur le futon à l'autre bout de la pièce. Il roula sur les coussins, rejoignant divers costumes déposés là, tous ceux nécessitant réparations ; corsets aux baleines brisées, robes déchirées, plumes abimées étaient là pèle mêle, capharnaüm de couleurs et de matières. Même lorsqu'ils ne se produisaient pas sur scène, les artistes avaient toujours un peu de travail. Les réparations en faisaient partie, ceux qui en arrivant au cabaret ne savaient pas coudre, avaient apprit et reprisaient eux même leurs habits de scène.
 
« Je vous en prie, entrez et mettez vous à l'aise ! Enchantée, Etno, je suis ravie qu'Amber et toi vous soyez déplacés si vite pour voir le spectacle. C'est une excellente surprise, vous avez aimé le champagne ? Le show a été à votre goût aussi, si j'ai cru comprendre. Tant mieux ! Le but de notre cabaret est le plaisir des yeux et si vous avez apprécié, et bien... La mission est réussie. »

 
La brune attrapa son paquet de cigarettes et plongea ses lèvres dans la vodka glacée qui s'agitait dans son verre.
 
« Merci pour le chapeau au fait, Amber, mais il t'allait si bien que tu aurais pu le garder. »
 
Elle lui adressa un sourire charmant puis s'alluma une nouvelle cigarette, la dernière étant déjà entièrement consumée. Elle prit appui sur son bureau, les jambes croisées, nullement gênée par sa semi nudité. Sans le maquillage, elle aurait littéralement pu paraître au saut du lit ; pieds nus, les cheveux défaits, un simple peignoir sur le dos. La porte s'était refermée derrière eux, les plaçant à l'écart de la frénésie de l'après show, une frénésie que La Nuit préférait éviter, en règle générale. Trop de bruit, trop de monde, trop de gens. Elle aimait cela, elle avait pratiqué ce genre d'ambiances à répétition mais elle avait aussi apprit à aimer le calme. Un calme relatif, cela étant.
 

« Tu n'as pas rencontré Zêl, la dernière fois... » Murmura La Nuit en cherchant son anima du regard. « Ne te vexe pas s'il ne te répond pas, il est particulièrement... Silencieux. »


L'animal darda ses grands yeux verrons sur les deux nouveaux venus, mécontent d'être ainsi surpris allongé sur le bureau de La Nuit. Ses grandes prunelles intelligentes ne cillèrent pas, il prit le temps, tandis qu'elle parlait, d'analyser ceux qui venaient se présenter à la jeune femme. Puis, sans bruit, il se releva et se détourna, cherchant le confort d'un recoin obscur. La jeune femme eut un petit sourire en coin.

 

« Mais je manque à mes devoirs d'hôte ! Vous souhaitez boire quelque chose ? Un alcool fort, un cocktail... J'ai ma petite réserve de bouteilles dans le placard à votre droite. Choisissez ce que vous souhaitez. »

 

La brune alla chercher deux verres dans une armoire derrière son bureau puis les posa sur le bois, les laissant à la disposition des nouveaux arrivants. Son regard azur vint fureter sur la jeune femme et son anima, sans chercher à être discrète elle nota la tenue de la rousse, une combinaison élégante qui la seyait particulièrement bien. Elle mettait en valeur son corps élancé tandis que ses escarpins noirs accentuaient le galbe de sa jambe. Sur son visage, un maquillage discret.

 

« Alors, Amber, Etno, vous avez prévu quelque chose pour la seconde partie de soirée ? »

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Dim 9 Juil 2017 - 22:33
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La Nuit et Amber

Sous la caresse de la brune, un soupçon de la malice se lisait sur ses lèvres. Une sensation toujours agréable. Puis le chapeau vola, attérissant d’une manière quelque peu acrobatique sur un tas de linges, et de lingeries destinés certainement au cabaret. Amber n’avait pas vraiment l’oeil et la curiosité pour débusquer le fait que certains étaient abimés. Seule la présence de la personnalité de ces lieux l’importait. Puis la rousse se redressa, le dos droit. Elle glissa uniquement une de ses mains contre le bord de la poche de sa combinaison relâchant la main de la demoiselle.

L’invitation à se mettre à l’aise n’avait lieu d’être, elle avait appris qu’en sa compagnie, elle n’avait pas vraiment à se cacher d’elle, ni même de ses habitudes. Etno lui leva la patte pour saluer, comme une gentille bête, comme un brave type. La petite et le grand le regard malicieux fixait la brune, pas à la même taille. Le grand et gros, avait un regard presque tendre, alors que l’autre semblait toujours assez joueuse, comme si tout cela n’était qu’un jeu qui ne faisait que commençait. Elle appréciait, cette compagnie Amber, elle semblait presque enjouée à être si bien occupée ces derniers temps.

“De même. Vous savez, vous faîtes de grandes choses, vraiment.” Etno ne gênait pas pour complimenter, simple et aimable avec son prochain. Il était humain et plutôt tendre.

“Le champagne était très bon, merci ! C’était très… Je ne saurai comment le décrire, mais je ferai part à mes auditeurs de toute la beauté que mes yeux ont pu croisé.”

Toujours jouer avec les mots pour la rousse, toujours faire attention à ce qu’elle disait, elle cherchait à faire attention, à peser, à charmer de ses tirades et ses couplets, les mots n’étaient pas toujours instantanés cependant. Bien entendu, les animas ne buvaient pas, ils n’avaient pas cette capacité là. Alors Etno ne pouvait pas répondre à l’autre question là.

“C’est gentil, mais je ne préfère pas, il est au cabaret…”  

Sourire rendu. Sous entendu, si elle le portait, elle lui appartiendrait. Amber, elle est le vent, elle est libre, inarrêtable, elle se laisse soulever par un souffle, elle se laisse emporter. Cette femme n’est que liberté, elle n’est que le mouvement, et elle sait que pour cet endroit, elle ne pourrait pas vraiment apporter plus que ce qu’elle ferait… La rousse passa une main, encore une fois dans sa chevelure, sans sa longue mèche qui coupait son visage. L’habitude, les même mimiques d’un jour à l’autre. Puis, elle lui présenta la masse grisâtre qui était allongée sur son bureau, tout comme à Etno. Il ne semblait pas vraiment porté à la discussion, il ne semblait pas vraiment porté à la communication. Etno était un peu frustré, Amber le savait, mais elle n’en allait pas lui toucher un mot. Il aime bien discuter avec les autres animas, mais ici, il ne pouvait pas. Ils le regardèrent alors disparaître dans l’ombre, comme un voleur, comme un fuyard…

Boire, Amber avait déjà bu, et Etno ne pouvait pas. Elle savait qu’elle ne devrait pas vraiment, mais bon. Le vice était là, à porter de main, à porter de ses lèvres. La femme de la radio ne préféra pas refuser l’offre de son hôte, comme par politesse, alors qu’au fond, elle savait qu’elle exagérait. L’ours, dans les plus profondes de ses pensées lui soufflait qu’elle exagérait, mais la rousse ignora ces dires, comme si la raison ne pouvait vaincre les désirs de l’humanité, et les péchés de l’être humain. De toute façon, elle n’allait pas se servir une grande quantité. La rousse alla se pencher vers le meuble, l’ouvrit et chopa une bouteille de rhum pour n’en laisser couler que deux doigts dans le fond de son verre. Raisonnable le courant d’air. Elle apporta le petit objet à ses lèvres juste pour en avaler qu’une gorgée… Si ce n’était pas dans ce cas là, elle penserait que La Nuit essayerait de la saouler, mais cela ne semblait pas être le cas, elle regardait Amber de haut en bas, d’un oeil assez curieux et explorateur.

“Je comptais rentrer après ça… Il commence à se faire tard.”

Il parle toujours le premier, Amber le laisse un peu s’imposer. Mais il dit ça comme s’il allait se coucher, comme si la fatigue le prendrait alors que tout le monde savait ici qu’il n’avait pas le besoin de dormir, mais lui passait la moitié de son temps à ça. La plus jeune soupira en l’écoutant, il était fatiguant et c’était contagieux cette paresse…

“Quand à moi, je n’ai de prévu. Je suis libre.”

Le dos collé au mur de la pièce, son verre à la main, son manteau au bras, les yeux rivés dans ceux de la femme fatale.
© ASHLING DE LIBRE GRAPH'


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