I'm on the wrong place, but I meet you again - Ft. Ike

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Mar 9 Mai 2017 - 20:34
I'm on the wrong place,
but I meet you again

Maybe can I appreciate you
Because you are just like me
A lost soul under the red moon
( Night & Ike )
La boite de Pizza plus ou moins calée dans le panier de mon vélo, j'essaye d'arpenter le plus vite possible les rues de Queens. Bien que l'entrain et la motivation ne soit pas mon fort habituellement, là j'essaye de faire un effort et de me dépêcher. Non pas que livrer des pizzas soit une activité passionnante et épanouissante, loin de là. C'est juste qu'il est 19h23 et qu'une fois ce repas arrivé à destination, j'aurai enfin terminé cette satanée journée.
Je suis épuisée et j'ai déambulée dans toute la ville pour livrer des repas bien gras aux quatre coins de New York. Alors je n'ai qu'une seule envie: rentrer chez moi, manger, et dormir. M'enfin, je vais pas me plaindre. Pour une fois que j'arrive à garder un travail un peu plus d'une semaine...ça frôlerait presque du miracle.

Il faut bien avouer que je n'ai jamais été très stable concernant les petits boulots.  J'enchaînais toujours les jobs en suivant le même schéma. Systématiquement. D'abord, je me faisais engager et je bossais tranquillement pendant quelques jours. Jusque là tout allait bien. Et puis une merde arrivait, et je me faisais virer comme une malpropre.
J'ai d'abord pensé que j'avais la poisse et que tout les malheurs du monde me tombaient les uns sur les autres. Et puis je me suis rappelée que ça a toujours été comme ça, et que ce n'était pas une question de malchance. Juste les autres qui étaient trop cons et limités d'esprit. C'est tout.

De toute manière je n'ai jamais regretté aucun de mes actes. Par exemple là fois où j'ai insulté un client parce qu'il m'avait bousculer et qu'il parlait mal à sa copine. Je déteste ce genre de type. Déjà de un, on a un minimum de respect envers les autres, et en particulier pour celle qui partage sa vie. Et de deux, on ne me bouscule pas. Jamais. Quel abruti !
Ou bien encore l'autre fois, il y a quelques mois, où un de mes collègues avaient eu un accrochage avec un client parce qu'il était Philia. Ca m'avait énervé. Je suis pas du genre à me mêler des affaires des autres, mais je ne supporte pas la condescendance de certaines personnes juste parce qu'ils ont eu la chance de ne pas finir hybride.

Non décidément...je ne regrette aucune de mes décisions et aucune de mes actions. Dommage que mes employeurs ne soient pas du même avis que moi. Ca m'aurait évité bien des mois difficiles et des semaines de chômage. Mais bon, c'est la vie, que voulez-vous !

Enfin bref. J'arrive finalement après une longue descente à bon port: un appartement dans un quartier assez reculé du Queens, plutôt défavorisé d'ailleurs.
Je descend de mon vélo et je l'attache au premier poteau que je trouve. Je n'en ai pas pour longtemps, mais je préfère quand même le sécuriser. Ca me ferait chier de devoir rentrer à pied.
Je m'approche de l'habitation, le carton de pizza sous le bras. Maintenant que je suis là, reste plus qu'à trouver l'étage et le bon appartement. Je sonne au numéro indiqué par le nom de la commande. Une voix de femme me répond, me demandant qui je suis.

"B'soir. C'est pour les pizzas."

Ma voix est neutre, nonchalante. A vrai dire, livrer des pizzas, c'est pas ma passion, alors pour l'excès de zèle on repassera. Et je fais au moins l'effort d'être un minimum polie, c'est déjà ça.
La femme me répond et m'indique l'étage ou je dois me rendre, tout en m'ouvrant la porte. Je m'engouffre dans le bâtiment, monte les marches deux à deux avant d'arriver sur le bon palier. Deux portes se proposent à moi: une à ma droite et une à ma gauche. Je me rends compte que je ne sais absolument pas laquelle est la bonne. J'ai totalement zappé de retenir le numéro de l'appartement.

J'hausse les épaules. Tant pis, j'ai une chance sur deux, et dans le pire des cas je dérangerai quelqu'un qui n'a rien demandé. Et ça ne m'a jamais posé problème de déranger quelqu'un. Je décide donc de sonner à la porte de droite, un peu au hasard. Alea Jacta Est, comme on dit.
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Mer 10 Mai 2017 - 0:11



I'm on the wrong place,
But I meet you again

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C’était une agréable soirée de printemps. Ike était chez lui, et avait ouvert les fenêtres de son petit appartement pour permettre à l’air encore chaud de la journée de pénétrer à l’intérieur. Quand on n’a pas d’électricité chez soi, on se débrouille comme on peut pour réchauffer les pièces. Il appréciait particulièrement l’air du soir, il trouvait qu’il sentait bon. Et contrairement à la journée,  seuls les rayons de la Lune Rouge éclairaient son petit espace de vie. Il trouvait ça beau.  Il ne s’en laissait pas, et si la vie ne l’avait pas séparé de son précieux compagnon, il passerait son temps à immortaliser cette Lune, en photo.
Oui, la photo était sa passion avant tout ça. Sa passion, dont il avait fait sa profession. Mais le soir de la Lune Rouge il avait tout perdu en un instant. Tant pis, il ne s’en faisait pas une formalité. Il ne croyait pas au destin et si la vie lui avait arraché ce qu’il aimait à un moment, cela ne devait pas nécessairement se perpétuer. Pour preuve, Ike avait récemment trouvé un vieil appareil reflex dans une rue pas très loin d'ici, dans les ordures à vrai dire. Il l’avait naturellement récupéré, et depuis, il s’acharnait à faire redémarrer la bête.


Ce soir-là, Ike était donc assis à même le sol. Sur sa table basse étaient éparpillés des outils et autres pièces de métal, et lui, avait le nez plongé sur la petite machine. Il se gratta la tête un instant semblant réfléchir. Un problème de capteur ? D’obturateur ? Ou simplement la batterie qui était à plat ? Allez savoir… Il n’était pas très bon en mécanique, et encore moins et micro technologie, mais il avait bon espoir d’arriver à ses fins.


Epuisé par des heures de concentration, Ike se redressa difficilement, son dos le faisant légèrement souffrir, avant de s’essuyer le front d'un revers de bras. Il continuera ça demain, la journée arrivait à sa fin et la luminosité était maintenant trop mauvaise pour y voir clair. Il n'était déjà pas certain de ce qu'il faisait, il tenait pas à faire n’importe quoi non plus. Il se releva alors, les jambes légèrement engourdies, puis se dirigea dans la cuisine pour boire un grand verre d’eau.  Trop pris dans l’opération à cœur ouvert de l’appareil, il n’avait pas vu le temps passer, et n’avait rien bu ni manger depuis des heures. Mais ce n’était pas bien grave, depuis la Lune Rouge, il pouvait tenir étonnement longtemps sans boire ni manger, chose très pratique quand on vit dans la misère comme lui.


Il s’apprêtait à retirer son haut trop large pour lui, se délectant à l’idée de prendre une bonne douche (froide mais apaisante), mais il ne put finir son geste et fut pris de court par la sonnette qui retentit et résonna dans tout son appartement. La surprise lui provoqua un sursaut. Et pendant un moment il resta de marbre. Personne n’avait encore jamais sonné chez lui. Il n’avait ni ami proche, ni famille à inviter, et il n’avait même jamais indiqué à personne son adresse. L’espace d’un instant, Ike se demanda si ce n’était pas un piège, si derrière sa porte ne l’attendait pas un de ces mecs fous détestant les Philias qui serait venu simplement pour se défouler un peu… mais il secoua vite la tête pour faire partir cette idée. Il en avait tellement vu des tarés de ce genre qu’il devenait parfois parano. Peut-être était-ce simplement son voisin, pas de quoi en faire toute une histoire...
Ceci dit, Ike était quelqu'un de réfléchit et prévoyant, il prit donc tout de même la peine de se saisir d’un de ses précieux couteaux, qu’il glissa à l’arrière de son pantalon. Puis, tout en se dirigeant vers l’entrée, il s’empara de son masque et de ses gants qu’il enfila précautionneusement, hors de question de montrer ses écailles à qui que se soit. Puis avec lenteur et prudence il ouvrit enfin sa porte.


Sur le moment, il resta figé, clignant quelques fois des yeux, ne s’attendant pas à voir cette personne là devant lui. Il s’agissait de Night, une jeune fille avec qui il avait eu l’occasion de travailler lors d’un de ses innombrables petits jobs pourris. La blonde se tenait devant lui, les yeux un peu fatigués, et une boite à Pizza au creux des mains. Ike esquissa un sourire, se détendant enfin. Il s’était fait des films pour rien, il ne craignait rien avec elle.
Alors, avec un sourire en coin, il croisa simplement les bras avant de s’adosser au rebord de la porte.



« Toujours dans le porte à porte à ce que je vois ! »



Puis, il jeta un petit coup d’œil au carton.



« C’est pour moi ? C’est gentil mais je suis pas très pizza. »



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Mer 10 Mai 2017 - 22:50
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Juste après avoir sonné, j'attends que mon client vienne m'ouvrir. Seulement, les secondes passent sans que personne ne vienne m'accueillir. Je commence à penser que je me suis plantée de porte et que la personne habitant de ce côté est absente. J'attends encore un instant, au cas ou. Et puis j'entends de léger bruit de pas. Ah ! Visiblement, l'habitant arrivait.
La porte s'ouvrit doucement, presque au ralentit, comme si celui qui habitait là avait peur et préférait jour la carte prudence. Je n'en tiens pas vraiment compte, de toute façon je ne peux qu'être d'accord avec ces mesures. Depuis la Lune Rouge, la situation a bien vite dégénérée, et c'est toujours le cas aujourd'hui, malgré le soit disant régime de ce cher Maxwell. Et comme prudence est mère de sûreté, alors... ça ne coûte rien de faire attention.
Mais bon quand même, je ne suis qu'une livreuse de pizza !

Je lève la tête pour saluer celui qui m'a ouvert la porte, et je me fige soudainement. Tout comme la personne en face de moi d'ailleurs. On est vraisemblablement aussi étonné l'un que l'autre. Si on m'avait dit que je tomberai sur lui...
Le sourcil haussé en témoignage de ma surprise, j'observe le jeune homme. Ces cheveux blancs, ce masque noir sur le visage, et ces yeux dorés. Il s'agissait d'Ike Owens.
Ike, c'était ce collègue avec qui on avait eu un accrochage, entre nous et un client, il y environ six mois. Ça commence à dater, mais je me souviendrai de lui toute ma vie: c'était la première fois que je me faisais virer en binôme. Honnêtement, ça me fait bizarre de le recroiser après tant de temps. Je me demande bien ce qu'il est devenu. J'imagine que sa vie n'a pas dû être facile, et qu'elle a du ressembler un peu à la mienne.

"Toujours dans le porte à porte à ce que je vois !"

Il croise les bras et s'adosse sur le rebord de la porte. Son ton est amical, un peu ironique mais loin d'être méchant, au contraire. Je souris légèrement suite à sa petite remarque sur la pizza. Je m'étais bel et bien trompée de porte.

"Comme tu peux le voir, on ne change pas une équipe qui gagne ! Et puis pour l'instant j'ai de la chance, je ne suis tombée sur aucun type un peu limité d'esprit."

Je soupire en repensant à cet accident. Ce que les gens peuvent être idiots des fois, à se croire tout permis et au dessus des lois... Et le pire c'est qu'au final, c'est l'homme qui nous a agressé qui a gagné la partie. Puisque c'est nous qui nous sommes fait virés. Ca m'énerve un peu de le reconnaître, mais bon. Dans notre société c'est comme ça que ça marche. Les Philias ont toujours tort...
J'observe un peu le carton de pizza que je tiens entre les mains, puis mon regard se porte vers le palier dernière nous. Bien que je soit contente d'être tombée sur Ike, il va quand même falloir que je livre cette pizza à son destinataire.

"Et oui, je crois que je me suis plantée d'endroit. Ca doit être pour ton ou ta voisine. J'arrive."

Sans plus attendre et joignant le geste à la parole, je me retourne pour me diriger vers la porte d'en face. Je sonne. Attends quelques instants avant qu'une femme ne vienne m'ouvrir. Je la salue avant de lui livrer son repas. Elle paye, et je lui fait signer l'espèce d'accusé de réception qui témoigne que mon travail à été correctement accompli. Voilà une bonne chose de fait. Je n'aurai plus qu'à retourner au resto pour leur dire que tout est dans l'ordre et j'aurai fini ma journée.
Enfin débarrassée du carton, je reviens vers Ike.

"Alors, qu'est-ce que tu deviens ?"

Je suis pas trop dialogue ni relations sociales, on ne va pas se mentir, j'ai posé la question plus par politesse qu'autre chose. Cependant, même si je ne le connais pas énormément et qu'on ne s'est jamais vu beaucoup, je ne déteste pas le jeune homme aux cheveux blancs. Il se pourrait même que je l'apprécie, d'une certaine manière. Après, "apprécier" reste un bien grand mot, surtout pour moi.
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Jeu 11 Mai 2017 - 18:41



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Ike était toujours adossé à sa  porte. Les bras croisés et un sourire au coin des lèvres, il regardait la jeune femme avec amusement.



"Comme tu peux le voir, on ne change pas une équipe qui gagne ! Et puis pour l'instant j'ai de la chance, je ne suis tombée sur aucun type un peu limité d'esprit."



Son sourire se ternit quelque peu. Il comprenait sans mal à quoi Night faisait référence avec cette remarque. Il y a six mois, ils avaient bossé ensemble dans le porte à porte. Ce n’était déjà pas bien gratifiant, alors ça le devenait encore moins lorsqu’ils tombaient sur des abrutis d’Agapés pétés de frics qui se croyait suffisamment supérieurs pour se permettre de manquer de respect aux deux Philias qu’ils étaient (quand cela ne finissait pas en attaque physique évidemment). Enfin… Ils s’étaient retrouvés à la porte de toute manière. Fin de l’histoire.

Depuis Ike avait catégoriquement décliné toute proposition d’emplois ayant de près ou de loin un rapport avec la livraison. Il ne souhaitait pas revivre la surprise et l’humiliation d’être rabaisser aussi facilement plus bas que terre, merci bien. Aussi, pour cette même raison, il était d’autant plus surpris de voir Night faire encore de genre de job. Mais au fond, il savait bien que ce n’était pas facile de trouver un boulot bien planqué et sans risque quand on est Philia, il vivait ça tous les jours lui-même. Et puis bon… il fallait bien manger.



"Et oui, je crois que je me suis plantée d'endroit. Ça doit être pour ton ou ta voisine. J'arrive."

«Deuxième porte à gauche. En face c’est condamné. »



Ike observait la jeune fille s’affairer d’un œil distrait. Il repensa au peu de moments passés ensembles, et il se rendit compte que mis à part son nom et sa caste, il ne connaissait rien d’elle. Absolument rien. Et tout à coup il devint curieux. Il fonça les sourcils, se demandant d’où elle venait. Où elle vivait. Si elle, avait toujours de la famille… Toutefois,  il ne se permettrait jamais de la questionner plus que nécessaire. Ils se connaissaient à peine après tout, et tout bien réfléchit, il ne savait pas lui-même comment il réagirait face à des questions sur lui ou son passé.  



"Alors, qu'est-ce que tu deviens ?"



Et voilà… Comment répondre à ça. Il détestait ce genre de questions dénuées d’intérêt. Celle que l’on posait par pure politesse ou juste histoire de dire quelque chose. Il détestait ce « ça va ? » que les gens utilisaient comme pour dire bonjour avant de s’en aller sans même avoir attendu la réponse. Réponse, qui se devait forcément d’être positive. Car qui a envie d’écouter les malheurs d’une personne qui va mal ? En bref Ike détestait les gens trop indifférents pour s’intéresser vraiment à son prochain, et ceux trop hypocrites ou trop faibles pour leur parler en toute franchise.
Ike répondit alors honnêtement.



« Ecoute, pas grand-chose. Je suis toujours aussi pauvre qu’on peut l’être, et ma condition de Philia me pèse tellement que je ne saurais pas dire si le monde a vraiment une dent contre moi ou si je suis juste trop faible pour m’en sortir. Mais sinon ça va, j’ai un toit, et même l’eau courante, cool non ? »



Ike sourit pour lui-même et baissa les yeux une seconde. Il ne savait pas s’il devait avoir honte ou non, mais il s’en fichait pas mal. Il se contenta de s’écarter l’entement de son appui et d’ouvrir un peu plus sa porte. Il jaugea la blonde, et après quelques secondes de réflexion, lui fit un petit signe de tête vers l’intérieur.



« Tu rentres ? »



Après tout elle était comme lui, non ? Pas besoin de la renvoyer chez elle comme une malpropre. Il n’était pas très sociable, mais il avait quand même un peu de savoir vivre !



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Ven 12 Mai 2017 - 21:56
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"Ecoute, pas grand-chose. Je suis toujours aussi pauvre qu’on peut l’être, et ma condition de Philia me pèse tellement que je ne saurais pas dire si le monde a vraiment une dent contre moi ou si je suis juste trop faible pour m’en sortir. Mais sinon ça va, j’ai un toit, et même l’eau courante, cool non ?"

J'écoutais attentivement la réponse d'Ike, me reconnaissant dans certains points. Au final, il était un peu comme moi, même statut, même galère, même vie. Je souris en entendant sa dernière remarque. C'était déjà pas mal, après tout, ça aurait très bien pu être pire.
J'hausse les épaules pour répondre à sa remarque sur le monde. Cela fait bien longtemps que j'avais arrêté de me poser cette question. Qui du monde ou moi ne tourne pas rond ? Au début, je pensais que c'était moi, que je méritais tout ce qui m'arrivait. Et puis petit à petit, avec le temps, j'ai relativisé et j'ai appris que non, le problème ne vient pas forcément de moi mais de ce monde absurde dans lequel on vit.
Cependant, depuis la Lune Rouge, je me met à penser que c'est sûrement un peu des deux. Dans le sens où c'est ce monde tordue qui nous rend aussi tordue que lui.
Mais bon, au final je n'en sais trop rien. Et je crois bien que je m'en fiche. J'ai pas besoin de me prendre la tête sur des questions philosophiques comme ça. J'ai déjà assez de problèmes à gérer.

"Entre nous... j'en sais rien. Mais je préfère penser que c'est le monde qui n'a absolument aucun sens. Pas nous."

J'affiche un pâle sourire.

"M'enfin... On se rassure comme on peut ! Et bien joué pour l'eau courante, moi elle déconne assez souvent. Y'a des fuites. Mais en contrepartie j'ai l’électricité... qui déconne aussi en fait..."

Je soupire. Je n'avais jamais fait gaffe, peut-être parce qu'à force je me suis habituée, mais j'ai quand même une sacrée vie de merde. M'enfin, c'est comme ça.

"Après, ça me fait quand même une bonne moyenne, non ?"

Sourire ironique.
Ike me fait alors un petit signe de tête vers l'intérieur de son appartement et me propose de rentrer. Je réfléchis un peu. L'idée me tente, mais je ne dois pas oublier que je suis toujours en service. Je ne sais pas exactement quelle heure il est, il doit être 19h40, peut-être 20h ?
Il faut que je retourne à la pizzeria déposer l'accusé de réception, annoncer que j'ai fini, et terminer ma journée.
Mais bon, la boite est ouverte jusqu'à au moins 22h, alors j'ai un peu de temps devant moi.

"Pourquoi pas, mais je ne veux pas te déranger. Cela dit, je ne resterai pas longtemps, il faut que je retourne à la pizzeria pour finir ma journée."

C'est sympa de la part d'Ike de m'inviter chez lui. Ca me change. Je n'ai pas trop l'habitude que des gens m'invitent chez eux ou bien me parlent normalement, comme si j'étais leur amie. Peut-être parce que je n'ai pas d'amis, justement (Et je le vis bien, ne vous en faite pas).
Il faut croire que mon caractère et mon mode de vie ne me permettent pas d'aller boire un verre le soir avec tout une bande de potes. Mais ça me va parfaitement comme ça... Je crois.

Du coup, ça me fait un peu bizarre de me retrouver face au jeune homme. Habituellement, je classe les gens en deux catégories: ceux que je tolère, et ceux que je n'aime pas. Autrement dit, soit je n'en ai rien à faire de vous, soit je ne peux pas vous supportez.
Sauf qu'Ike ne rentre dans aucune des catégories. Je ne sais pas trop comment définir ça, mais ce type... je crois qu'il est comme moi.
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Sam 13 Mai 2017 - 13:43



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Ike n’aurait pas su dire si sa proposition mettait jeune fille mal à l’aise ou non, en tout cas, elle sembla prendre la peine d’y réfléchir, et après un instant, elle l’informa qu’elle n’avait pas beaucoup de temps… et qu’elle ne voulait pas le déranger. Ike sourit pour lui-même. Le déranger ? Dans quoi ? Chez lui, il passait le plus clair de son temps à rêvasser et contempler le ciel par ses grandes fenêtres. Rien de bien important en somme. Et puis, il avait fini de travailler sur son appareil pour aujourd’hui.


« Dit pas de bêtises, rentre ! Si tu n’as pas beaucoup de temps, ne reste pas plantée là. »


Ike rentra donc le premier, laissant à Night le loisir de le suivre et de refermer la porte derrière elle. Il traversa l’entrée, et tout en marchant, il se saisit du couteau qu’il avait placé à l’arrière de son pantalon un peu plus tôt. Le bruit particulier de la lame retentit doucement dans l’air et la lumière vint se refléter à sa surface. Puis, il le posa délicatement sur un petit meuble en bois, au côté de quatre autres couteaux similaires. Sa spécialité étant le combat à l’arme blanche, il possédait bon nombre de lames. C’était naturel pour lui, et il ne pensa pas une seconde au regard que pourrait porter la jeune femme sur ses armes. Ainsi, il continua d’avancer, lui indiquant sur la droite le porte manteau, et sur la gauche le salon.


« Met-toi à l’aise, j’arrive tout de suite ».

Ike laissa donc Night s’installer tranquillement. Il espérait que son apart soit suffisamment présentable pour la jeune fille. N’était jamais invité nulle part, Ike n’avait pas vraiment d’élément de comparaison. Mais bon, il s’en fichait un peu au fond. Lui, il l’aimait son petit chez lui, il s’y sentait bien, alors pourquoi Night ne l’aimerait pas ?


Il se dirigera donc seul vers la cuisine afin de préparer à la blonde quelque chose à boire. Après une journée de travail, il pouvait bien lui offrir de quoi se désaltérer non ? Même s’il ne possédait pas grand-chose. Ses mains s’activèrent, et son esprit divagua un instant. Son regard s’attarda sur ses gants, puis remonta le long de son bras droit. Le tissu cachait bien ses écailles, mais le vêtement étant un peu large, Ike espérait qu’il ne laisserait rien apparaitre de ses épaules ou de son dos. Il était déjà bien embarrassé de ne pas retirer son masque et ses gants dans la propre maison, il ne voulait pas attirer plus de questions sur lui. Par réflexe, il remonta alors légèrement le tissus sur sa nuque. Ne pas porter ses vêtements habituels en public le rendait un peu nerveux. Il se sentait un peu nu bizarrement. Seul son masque et ses gants lui donnaient un peu de contenance.


Après quelques petites minutes et une fois ses idées remises en place, Ike se dépêcha de rejoindre Night. Elle n’avait pas beaucoup de temps, il ne voulait donc pas la faire attendre plus que nécessaire.


« Hey Night ! Je t’ai préparé du thé. Par contre il est froid, j’espère que ça ne te dérange….. pas…. »


Le jeune homme s’était figé sur place. Car une fois arrivé près du salon, il avait aperçu Night assise au fond du canapé, le dos collé au dossier. A ses pieds devant elle se trouvait Plio, en position d’attaque. L’anima grognait et semblait agressive. La gueule ouverte, l’alligator semblait prête à attaquer au moindre geste de la blonde.


Ike se traita intérieurement d’imbécile. Jamais personne n’était rentré chez lui depuis la Lune Rouge. Jamais. Plio était naturellement protectrice envers Ike, il était donc normal qu’elle ne laisse pas quelqu’un pénétrer sur son territoire comme cela. Ike avait était négligeant. La première chose à faire aurait été de la prévenir. Résultat, la situation risquait de déraper avant même que quoi que ce soit n’est commencé… Bonjour l’accueil !



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Sam 13 Mai 2017 - 18:18
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Je suis finalement Ike qui rentre chez lui, fermant la porte derrière moi. J'observe un peu les lieux. L'appartement semble assez vieux, presque abandonné. Les murs défraîchis et les meubles rafistolés. Pourtant, l'endroit a du charme. Ca me fait penser à une des planques où je logeais avant la Lune Rouge, les meubles en moins. Et puis d'un côté, il ressemble un peu au mien actuellement, donc je suis bien placée pour savoir qu'on s'y sent bien, dans des lieux comme celui-ci. Même si le miens doit être plus vide et un peu plus bordélique.

Un bruit métallique me tire de mes pensées et je me tourne vers le garçon. Il tient un couteau dans la main qu'il pose délicatement sur un petit meuble. Mon regard se porte sur les autres lames qu'il y a à côté. Il y en a quatre en tout, quatre jolies armes blanches parfaitement alignées les unes à côtés des autres.
J'affiche un regard amusée. Visiblement, Ike a prit ses précautions avant de m'ouvrir la porte. Réaction que je comprends. Mieux vaut être prudent et s'attendre à tout, de nos jours...
Il m'indique le porte manteau puis le salon, et disparaît dans la cuisine. Je dépose ma veste à l'endroit indiqué avant de filer vers le salon. Je m'installe dans le canapé, la tête tournée vers la fenêtre, observant le ciel. On a une jolie vue, d'ici.

Et j'entends un grognement. Je tourne la tête pour voir d'où vient le bruit et je découvre un alligator albinos, la gueule ouverte, prêt à m'attaquer. Par réflexe, je me colle contre le dossier du canapé et je replis doucement mes jambes contre moi, en évitant de faire le moindre geste trop brusque.
En toute honnêteté, je ne suis pas très sereine, actuellement. C'est la première fois que je me retrouve face à face à un alligator. Qui plus est, la bête est énorme. Elle doit faire environ ma taille si je m'allonge au sol. Peut-être plus, j'en sais rien.

"Hey Night ! Je t’ai préparé du thé. Par contre il est froid, j’espère que ça ne te dérange… pas…"

Ike venait d'entré dans le salon, visiblement aussi déconcerté que moi. Il se figea sur place. Je me tourne vers lui avant d'afficher un sourire un peu gênée. Je lève les bras en l'air, un peu comme les prisonniers que les flics attrapent dans les séries.
Je montre l'alligator d'un coup de tête, avant de lancer:

"Je crois qu'il ne m'aime pas."

J'ai appris que l'humour aidait à relativiser dans les moments difficiles. Et là j'ai clairement de relativiser. Je n'ai en aucun cas envie de me faire attaquer par le reptile, qui d'ailleurs à l'air plutôt bien parti pour me bouffer une jambe.
Je pourrai bien me défendre, mais je n'ai pas tellement envie de combattre l'alligator blanc. C'est à coup sûr l'anima d'Ike et je n'ai pas envie de le blesser. L'animal continue de grogner. Je me mord la lèvre. Franchement. J'ai le don pour me mettre dans des situations compliquées.

"J'ai pas l'habitude de demander de l'aide, mais là j'avoue que ça ne serait pas de refus. C'est ton anima ?"

Je suis bien trop jeune pour me faire dévorer.
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Dim 14 Mai 2017 - 14:43



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•••



Ike se retrouvait bien embêté. Mais pour autant, il n’était pas plus inquiet que ça. Il connaissait bien Plio, et savait qu'elle ne ferait pas de mal à qui que ce soit sans raison, et surtout, sans qu’il ne lui en ait donné explicitement l’ordre. Elle défendait juste son territoire comme un animal sauvage le ferait, grognant plus que ne mordant. Et puis même si l’anima venait à  attaquer, son corps intangible traverserait simplement celui de la jeune femme en une trainée vaporeuse, sans faire le moindre dégât. Seul le lié avait la capacité toucher et d’être touché par son anima, et Ike le savait bien.


Il s’approcha donc doucement, posant la tasse de thé sur un coin de la table basse bien encombrée. Puis, d’un geste de la main, il fit comprendre à Night de rester calme, avant de se diriger vers Plio. Il posa un genou à terre, puis un autre, et de ses deux mains, il vint délicatement saisir la tête de l’animal. La première se positionna en haut, près de ses yeux bleus, et l’autre, sous la mâchoire inférieure. Et dans un geste maîtrisé qu’Ike voulut à la fois lent et réconfortant, il laissa glisser ses mains gantées le long des douces écailles pâles, vers le bout du long museau, appliquant une douce pression pour faire comprendre à l’anima de fermer sa gueule grande ouverte. En même temps, par la pensée, Ike lui susurrait des mots rassurants. Et après quelques minutes de caresses, Plio fut de nouveau calme, et sans un regard de plus vers Night, l’animal fit volteface, se dandinant lentement vers ce qui était la salle de bain. Elle aimait bien cette pièce.

Ike soupira légèrement et se redressa. Il passa ensuite nerveusement sa main dans sa nuque.


« Excuse-la, elle n’a pas l’habitude de voir du monde ici. »


Le garçon aux cheveux blanc tourna son regard embarrassé vers Night, avant de venir s’assoir près d’elle à une distance raisonnable.


« Elle n’est pas méchante tu sais… C’est juste que tu es la première personne à entrer ici alors… Elle est un peu sur ses gardes. »


Après ce bredouillement d’excuses, il porta ensuite son regard sur sa table et le tapa la tête mentalement. Bon sang, c’était un vrai foutoir ici. Il n’avait pas eu conscience d’autant s’éparpiller pourtant… Quelle plaie.


Bon et maintenant ? Night était ici, et puis quoi ? Il ne savait pas du tout s’y prendre avec ce genre choses. Avant la Lune Rouge, il n’avait jamais était très bavard. Petit, il ne parlait même pas du tout. Ce n’est qu’après la catastrophe qu’il est devenu plus ouvert, bien obligé de communiquer pour pouvoir s’en sortir. Il avait même acquis une certaine repartie,  répondre aux abrutis l’y ayant bien entrainé. Mais quand à nouer des liens d’affection, ce n’était pas quelque chose qu’il pratiquait souvent, il n’avait même aucune espèce d’expérience en la matière. Les contacts physiques étaient bien plus faciles pour lui. Même pour les quelques amis qu’il s’était fait lorsqu’il était étudiant, jamais il n’avait fait le premier pas, et la plupart du temps, il restait silencieux, préfèrent écouter la conversation et les éclats de rire plutôt qu’y prendre part.

Aujourd’hui, Ike n’était plus l’adolescent timide et silencieux de cette époque, mais niveaux relations humaines, il demeurait parfois maladroit. Il espérait simplement ne pas passer pour un abrutit.


« Alors ? Tu habites dans le coin ? Je connais presque rien sur toi tu sais… Raconte-moi. »


Il esquissa un sourire sous son masque.


« A qui ai-je donc offert l’honneur de pénétrer ma demeure ? »



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Dim 14 Mai 2017 - 20:52
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Ike s'approche doucement du crocodile, me faisant signe de rester calme. J'attends patiemment au fond du canapé, observant la scène qui se déroule sous mes yeux. Le jeune homme saisit la tête de l'animal entre ses mains, et finit par le caresser le long du museau. J'observe la scène sans rien dire, laissant ce moment d'intimité entre Ike et son anima. Visiblement, les deux là ont une relation de complicité et semblent beaucoup s'apprécier. Ca me fait penser à la relation que j'ai avec Amé, même si la notre est un peu plus...conflictuelle. En tout cas... même si je pense que la Lune Rouge nous a apporté pas mal d'ennuis, les animas sont quand même une bonne chose.
Après quelques caresses, l’alligator fait volte-face et déambule jusqu'à la salle de bain. Ike s'excuse de cette malencontreuse aventure. Il a l'air un peu embarrassé.

"Elle n’est pas méchante tu sais… C’est juste que tu es la première personne à entrer ici alors… Elle est un peu sur ses gardes."

J'affiche un sourire qui se veut rassurant. Je relève mentalement le fait que je soit la première personne à entrer ici. Ça me surprend un instant et puis finalement...je me rend compte que ce n'est pas si étonnant que ça. Moi non plus je n'ai jamais invité personne chez moi, alors pourquoi cela serait différent pour Ike ? Après tout, même si je ne le connais pas beaucoup, il a l'air assez réservé. Et puis je suis bien placée pour savoir que les relations sociales quand on est un Philia, c'est pas toujours évident.

"T'en fais pas pour ça, je comprends. Comment est-ce qu'elle s'appelle ?"

Je parle calmement. Je n'ai pas envie qu'Ike se sente gêné ou mal à l'aise à cause de ce qui vient de se passer. Ce n'est en aucun cas sa faute et ce n'est pas non plus la fin du monde. J'ai vécue pire qu'un alligator qui me grogne dessus, dans ma vie.
J'attrape la tasse de thé que le jeune homme avait posé sur le coin de la table auparavant et je la porte à mes lèvres, le remerciant au passage pour la boisson.

"Alors ? Tu habites dans le coin ? Je connais presque rien sur toi tu sais… Raconte-moi. A qui ai-je donc offert l’honneur de pénétrer ma demeure ?"

Je relève la tête pour observer Ike. Viens le moment que j'aime le moins: celui des questions. Je n'aime pas tellement parler de moi. J'ai l'impression de m'exposer aux autres, de devoir enlever un masque parfois faux, mais si confortable. Mais bon. Je peux bien faire un effort et être un minimum sincère pour une fois. Après tout, je suppose que je peux avoir un minimum confiance en lui.

"Et bien... J'habite à Brooklyn, dans un grenier d'un vieil appartement. Personne n'en voulait alors je n'ai pas dit non. Sinon, comme tu as pu le voir je bosse maintenant comme livreuse de pizza. Même si ça ne paye pas énormément, c'est plutôt sympa, et c'est toujours ça de gagner."

Le seul paradoxe c'est que je livre des pizzas à longueur de journée, alors que je n'ai même pas de quoi m'en payer !
Je marque une pause. Je ne sais pas trop quoi lui dire de plus. C'est à peu près les seules informations à savoir sur moi. Je pourrais lui raconter plein d'autres choses, mais je n'ai pas spécialement envie de déballer ma vie privé, et encore moins mon passé. De toute façon ce n'est pas très passionnant.

"Enfin bon. C'est à peu près tout. Le reste tu le sais. Je m'appelle Night Evans et je suis une Philia ! Et ce dernier point semble être le plus important, de nos jours..."

J'affiche un sourire mauvais. Je sais qu'Ike comprend de quoi je veux parler. Et même si ça m'énerve de l'avouer, c'est comme ça. Je ne peux plus nier toutes les discriminations que je subis à cause de ce foutue tatouage. Et même si j'essaye de faire comme si de rien n'étais, même si j'essaye de mener une vie normale... La réalité fini toujours par me rattraper.
Je le déteste, ce tatouage. Je la déteste, cette ville, ces gens, la Lune... Bon sang... Déjà qu'avant c'était pas la joie... j'ai l'impression que ça ne va jamais s'arranger. A croire que le destin à décidé d'essayer de rendre ma vie encore plus naze avec le temps.

Je ferme les yeux un bref instant. Il faut que je me calme, ça ne sert à rien de m'énerver toute seule. Pas maintenant, pas chez Ike. Je remarque alors que ma main dans laquelle je tenait la tasse était un peu trop serrée. Je relâche un peu, essayant de me détendre.
Mon regard se porte à nouveau vers le propriétaire de l'appartement. J'observe un peu plus son masque. D'aussi loin que je me souvienne, je ne l'ai jamais vu sans, alors je ne me suis jamais vraiment posée la question. Mais maintenant, je me demande bien pourquoi est-ce qu'il l'aborde en continue. Même chez lui. Je me demande bien ce qu'il cache.
Cependant, je ne suis pas assez folle pour lui demander. Je sais très bien que les gens ont des choses à cacher et je n'ai pas à me mêler de ce qui ne me regarde pas.
Mais la part de moi un peu narquoise ne peut s'empêcher une petite remarque, histoire aussi de lui renvoyer la balle.

"Et toi ? Qui est vraiment le garçon qui se cache sous ce masque ?"

J'ai fait des efforts pour paraître le plus gentil possible, dans la mesure où l'on considère que je puisse être gentil. J'ai pas envie de le brusquer à cause d'une remarque désobligeante. Mais bon, le tact ça n'a jamais été mon fort.
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Lun 15 Mai 2017 - 20:50



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A la demande de la jeune femme, Ike lui indiqua le nom de son anima. Night avait fait preuve de calme et de compréhension envers Plio, il lui en était reconnaissant. Ce n’était pas le cas de tout le monde. Devant un Alligator, les gens avaient plutôt tendance à prendre la poudre d’escampette plutôt que de chercher à comprendre l’animal. Peut-être la jeune femme avait-elle l’habitude des bêtes impressionnantes. Peut-être avait-elle elle-même un prédateur en guise d’anima. Qui sait ? Cela expliquerait son calme incroyable. Il aurait bien l’occasion de lui demander à un autre moment.


Puis, pendant un instant, Ike put noter un changement presque imperceptible dans le regard de Night. Ses sourcils blancs s’arquèrent légèrement sous l’étonnement et la curiosité de voir une telle expression sur son visage. Il se demanda alors si sa question avait été trop indiscrète, avant de se rassurer lui-même. Si elle était rentrée, c’était pour apprendre à faire connaissance non ? Pas de quoi se prendre autant la tête. De toute façon, si elle ne voulait pas répondre, elle était libre de le lui dire. Ike préférait qu’elle soit honnête. Il ne supportait pas l’hypocrisie. Il se détendit alors un peu et adopta une pose un peu plus décontracté. Un pied posé sur un genou et ses coudes sur le dossier du fauteuil confortable, il écoutait d’une oreille attentive la jeune femme sans forcément la regarder.


Elle lui expliqua sa situation, lentement, comme si raconter tout ça la dérangeait un peu. Comme si dévoiler une partie d’elle aussi insignifiante soit-elle la mettait mal à l’aise. Sa vie était simple, pensa Ike. Pas fabuleuse, mais pas non plus si terrible que ça. Tout comme la sienne pouvait l’être. Les yeux du jeune homme s’étaient une fois de plus naturellement levés vers la Lune. Tout en observant l’astre rougeoyant, il se retint de dire à la jeune femme que, peu importe son caractère, son mode de vie ou son histoire, il ne se permettrait jamais de la juger. D’une part parce que le jugement ne faisait pas partie de ses valeurs, mais aussi parce que mine de rien, il s’en fichait un peu. Pas d’une mauvaise manière entendons-nous bien. Mais disons qu’il y avait toujours eu entre le monde et Ike une certaine barrière. Et même si avec le temps elle s’estompait, il ne ressentait encore que peu d’intérêt pour leur autres, leurs vies et leurs problèmes.


Néanmoins, il combattait parfois cette part de lui. Et en cette soirée de printemps, où seule la lumière rouge éclatantes éclairait leurs visages dans le noir, il écoutait simplement la jeune fille. Il ne faisait pas d’effort particulier, il écoutait patiemment. Appréciant bizarrement la compagnie de cette personne qui se présentait simplement à lui. Cependant, il ne s’attendait pas à ce que la jeune femme, à son tour, manifeste un intérêt pour lui.


"Et toi ? Qui est vraiment le garçon qui se cache sous ce masque ?"


La première réaction du blanc fut de tourner vivement la tête vers son interlocutrice le regard perdu, avant de détourner les yeux aussitôt. Il avait paniqué comme un faible à la mention de son masque et essayait maintenant de se redonner un peu de contenance. Merde, jura-il pour lui-même, il se pensait plus fort que ça. Il se doutait bien que cela attiserait la curiosité de la jeune femme.

Ike poussa donc un léger soupir résigné, avant de se redresser lentement. Il posa son pied à terre et ses coudes sur ses genoux, le dos légèrement courbé et le regard sur ses mains gantées.


« Et bien, par où commencer… »


Il se présentait rarement à vrai dire. Il ne savait pas vraiment si cela intéresserait la jeune femme, mais il commença par son enfance. Il avait eu une vie paisible, une famille aimante, et avait grandi à Manhattan. Ironique lorsqu’on sait que maintenant il n’a plus le droit d’y mettre les pieds.


« … Ensuite j’ai fait des études de photographie. Et une fois mon diplôme en poche je me suis installé à Brooklyn Est. Mais bon… je n’ai pas vraiment pu en profiter. »


Un silence.


« Parce qu'il y a eu la Lune Rouge… »


Un soupir.


« Et les incendies… »


Ike ferma les yeux, passant une main dans sa nuque. Il n’avait jamais parlé de cette période.


« Je vais pas te mentir, je me suis retrouvé piégé dans les flammes cette nuit-là... Rassures-toi je vais t’épargner les détails, ce n’est pas un élément de ma vie dont j’aime me souvenir et je n'ai aucunement l'intention de l'imposer aux autres. Sache juste que cet incident à laisser des traces… et que c’est pour cette raison que je porte aujourd'hui un masque et des gants. »


Il ne mentait pas, mais ne disait pas toute la vérité non plus. Après tout, il ne savait pas comment Night réagirait si elle apprenait qu’à la place de ses brûlures se trouvaient maintenant des écailles… Il préférait rester suffisamment vague pour éviter plus de questions sur lui. Il espérait également que la jeune fille ne se révèlerait pas trop curieuse quant à sa mutation ou son pouvoir. Il n’hésiterait pas à écourter les retrouvailles s’il se sentait pris au piège.


« La suite tu la connais. Je me suis installé dans cet appart abandonné après la Lune Rouge, et j’enchaine les petits boulots. Rien d’extraordinaire »



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Lun 15 Mai 2017 - 23:41
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Alors que je mentionne son masque, j'observe une certaine réaction chez Ike. Il tourne brusquement la tête vers moi, et son regard semble perdu. Puis finalement, détourne à nouveau le regard. Il semble s'être reprit, mais je me pose tout de même des questions. Je n'aurai peut-être pas du mentionner son masque.
Et puis finalement il soupir, résigné. Et il commence à raconter. Je l'écoute attentivement, tout en buvant quelques gorgées de thé. J'affiche une mine un peu surprise lorsqu'il me parle de son enfance et de sa vie en général. Même si je me doute bien qu'il n'entre pas dans les détails et qu'il essaye de résumer, ça me fait plaisir qu'il me raconte tout ça. D'une certaine manière, ça me touche qu'il se confie à moi de la sorte, même si ça ne semble pas être grand chose. Son passé, son histoire, c'est déjà beaucoup. La preuve, moi même je ne lui ai rien dit à ce sujet.

J'apprends que le jeune homme avait grandit à Manhattan, il donc originaire de cette ville. D'ailleurs je me demande à quoi elle ressemblait, bien avant la Lune Rouge. Ike m'informe aussi qu'il a fait des études en photographie, j'esquisse un sourire. Il faudra que je lui demande s'il a des photos à me montrer. J'aime bien l'art en général, alors ça m'intéresse. Il achève finalement par la conclusion connue de tous: la Lune.
Et puis il soupire, passant une main dans sa nuque.

"Et les incendies…"

Je relève la tête, attentive. Je n'aime pas ce mot, "incendie". Je n'aime pas le feu, je n'aime pas les explosions. Ca me rappel trop de mauvais souvenirs. Ce jour où je l'ai perdu...

"Je vais pas te mentir, je me suis retrouvé piégé dans les flammes cette nuit-là... Rassures-toi je vais t’épargner les détails, ce n’est pas un élément de ma vie dont j’aime me souvenir et je n'ai aucunement l'intention de l'imposer aux autres. Sache juste que cet incident à laisser des traces… et que c’est pour cette raison que je porte aujourd'hui un masque et des gants."

Je baisse les yeux, le regard vague. Je m'imagine à sa place, je m'imagine ce qu'il a dû vivre, cette nuit. Les flammes qui deviennent de plus en plus grandes, qui engloutissent tout sur leur passage. La chaleur étouffante, la fumée, les suffocations. Un frisson me parcours l'échine et me ramène à la réalité.
Je pose mon regard sur Ike, affichant un pâle sourire. Et voilà que je compatis maintenant... Moi, compatir ? Comme quoi... on en découvre tous les jours.
Je soupire doucement, cherchant mes mots pour lui répondre.

"Je suis désolée, pour l’incendie. Je sais ce que ça fait. Triste période, la Lune Rouge."

Je ne sais pas pourquoi je m'excuse, je ne sais pas pourquoi je dis tout ça. C'est pas mon style, pourtant. Je suis pas douée pour m'excuser, rassurer les gens, trouver les bons mots. Ca se sent d'ailleurs, mes paroles sont maladroites et je ne semble pas très à l'aise. Mais bon, c'est sincère.
Je réfléchis un instant, hésitante. J'ai envie d'en révéler un peu plus sur moi, tout comme Ike l'a fait. Après tout, je lui dois bien cela. Il m'a ouvert un tout petit peu son cœur, je peux très bien en faire de même non ? Ce serait la moindre des choses. Pour sa sincérité et son hospitalité.
Je pause la tasse de thé sur la table en face de nous. Je passe ma main dans mes cheveux, tique que j'ai lorsque je suis un peu nerveuse.

"Et puis je sais aussi ce que ça fait, d'avoir quelque chose à cacher. Physiquement j'entends. Si j'ai finis dans la case hybride c'est que, tu t'en doutes, ma mutation à quelques effets secondaires qui ne plaisent pas. Pour l'instant j'ai de la chance, ce n'est pas trop étendu, ça reste dans mon dos. Bon je te passe les détails sur l'apparence hein, c'est mieux comme ça."

Je vais pas non plus lui annoncer sans aucune gêne que ma peau disparaît petit à petit, laissant visible mes muscles, ou du moins ce que j'ai identifié comme étant des muscles. Parce qu'entre nous, c'est pas très clair. Et puis je n'ai absolument aucune notion de SVT.
En parlant de mon pouvoir, je ne crois pas qu'il sache ce qu'il en est. Tout comme je n'ai aucune idée du siens. Je me demande bien de quoi il a écopé pour avoir eu la chance de finir Philia.

"Enfin bref. C'était comment, New-York, avant la Lune Rouge ? Je viens de Pennsylvanie, je suis arrivée ici un tout petit peu avant."

Avec Artis, on a déboulé pile avant le drame. C'est quand même triste. a quelques jours près on aurait pu filer sur un bateau, partir loin du continent, découvrir le monde... sauf que non. Et maintenant je me retrouve toute seule.
Je me rend compte alors que c'est bien plus facile de parler de moi de manière implicite. Et rebondissant sur certains propos d'Ike et en commentant. Je crois que c'est la première fois que je parle de mon passé à quelqu'un. D'ailleurs, c'est peut-être la première fois que je parle tout court à quelqu'un. Enfin, en dehors du boulot et des engueulades habituelles que j'ai avec les gens.


"Je née en Pennsylvanie, du coup. Ma mère est morte quand j'avais 5 ans, d'un cancer, il me semble. Je vivais seule avec mon père. Mais bon, c'est vite devenu étouffant. Je suis partie de chez moi quand j'avais 15 ans. Je ne pouvais plus supporter mon père. J'ai voyagé jusqu'à New-York, et puis..."

Je me tourne vers lui, un petit sourire en coin et l'air résigné.

"Il y a eu la Lune Rouge."

Evidemment, je n'ai pas tout dit. Je n'ai pas précisé tous les détails. J'aurai eu beaucoup d'autre chose à dire. Mes parents, ma scolarité, ma vie chez mon père, mes cicatrices, mon départ, mon voyage, Artis, New York, ma mutation, l'incendie... Mais qui a envie d'entendre une histoire pareil ? Probablement personne. Et je n'ai pas non plus envie de tout raconter.
J'hausse les épaules, marquant la fin de la passionnante histoire de ma vie. Je décide d'orienter la conversation sur la photographie. Cela me semble bien plus intéressant que de me lamenter sur mon passé. Cela dit, si Ike a des questions, j'y répondrai sans problème. Tant que cela reste dans la mesure du possible.

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Mer 17 Mai 2017 - 23:51



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Les mots c’est comme des armes. Qu’ils soient bien ou mal utilisés, ils sont capables de blesser. Le jugement est une arme. Le rejet également.  


"Je suis désolée, pour l’incendie. Je sais ce que ça fait. Triste période, la Lune Rouge."


Night elle, semblait avoir opté pour la compréhension et un soutient retenu. Ses mots étaient bienveillants, bien que maladroits. Ike quant à lui était partagé... Il reconnaissait la sympathie et la sincérité que Night avait tenté de mettre dans ses paroles, mais il avait également noté ses tournures de phrases toutes faites, et ce ton formel. « Je suis désolée.. ». N’est-ce pas cette phrase que les gens disent lorsqu’ils ne savent pas comment répondre à une déclaration qui les met mal à l’aise ? Probablement, oui. Seulement, Ike ne cherchait ni compassion, ni approbation, et avait simplement voulu être sincère, envers Night comme envers lui-même. Il avait du mal avec ces belles paroles pseudo réconfortantes, et n’en avait après mûre réflexion pas besoin. Et puis… « je sais ce que ça fait »… Sérieusement ? Comment aurait-elle pu le savoir ? Ike se renfrogna quelque peu. Elle ne savait rien. Absolument rien. Elle ne pourrait jamais comprendre la sentions de totale perdition qu’il avait vécu ce soir-là. Elle ne pouvait pas imaginer l’horreur qu’il lui ait été infligé lorsque tout ce qui se trouvait autour de lui s’effondrait peu à peu. Et par-dessus tout, elle aurait beau essayer de comprendre, jamais elle ne pourrait ne serait-ce qu’entrapercevoir la douleur qu’Ike avait éprouvé lorsque les flammes l’avaient enveloppé. Lorsque le feu, ardent et insatiable, avait rongé sa chaire, annihilant tout sur son passage. La sensation avait été si horrible qu’après un moment le jeune homme était devenu incapable de ressentir quoi que ce soit. Alors non, elle ne savait pas ce que ça faisait.


Ike semblait pendant quelques instants s’être renfermé sur lui-même. Et pendant une seconde, il regretta presque d’avoir laissé Night rentrer chez lui. Il se sentait agacé et n’avait soudain plus très envie de discuter. Mais ce qui vint ensuite calma un tant soit peu le blandinet, qui écouta attentivement la jeune femme à ses côté.


"Et puis je sais aussi ce que ça fait, d'avoir quelque chose à cacher. Physiquement j'entends. Si j'ai finis dans la case hybride c'est que, tu t'en doutes, ma mutation à quelques effets secondaires qui ne plaisent pas. Pour l'instant j'ai de la chance, ce n'est pas trop étendu, ça reste dans mon dos. Bon je te passe les détails sur l'apparence hein, c'est mieux comme ça."


Des effets secondaires liés à son pouvoir ? Pas étonnant pour une Philia. Cependant, Ike ne put s’empêcher d’être curieux. Des mutations dans le dos ? A quoi cela pouvait-il bien ressembler ? Ike avait beau essayer, il ne pouvait se l’imaginer, la jeune femme étant restée bien trop vague. Il avait connaissance de ce que pouvaient être les mutations des Philias, il avait entendu parler des certains cas de translucidité, de pourritures, ou même d’ailes. Mais en ce qui concernait Night, il n’aurait su dire ce que cela pouvait être. Mais après tout, si elle ne l’avait pas mentionné, il ne demanderait pas. Et puis, pourquoi devrait-il le savoir. Chacun ses soucis.


"Enfin bref. C'était comment, New-York, avant la Lune Rouge ? »


Changement brutal de sujet. Très bien, pensa Ike, assez parlé de choses qui fâchent.


« Une grande ville comme une autre. Beaucoup de gens, de voitures et de pollution. Mais aussi beaucoup de vie, de joies et de choses nouvelles. J’aimais bien New York. J’aimais y pendre des photos surtout. Tout m’inspirait… »


Night prit ensuite la parole pour compléter son histoire. A l’entente de ses mots Ike restait silencieux. La jeune fille semblait ne pas avoir eu une enfance facile, et une adolescence compliquée. Mais plutôt que de se sentir désolé ou triste pour elle, ce qui ne lui ressemblait pas même s’il savait faire preuve de compassion, il préféra remercier le ciel pour avoir grandi dans un milieu privilégié. Rien à voir avec l’argent cela dit. Seulement le fait d’avoir une famille soudée, aimante et en bonne santé suffisait à lui avoir offert une enfance merveilleuse. Enfin, maintenant il était seul…


"Du coup, tu fais des photos de temps en temps ou pas du tout ?"


« Et bien… plus autant qu’avant. J’ai perdu mon appareil dans l’incendie. Maintenant je prends des photos avec des appareils jetables et je fais développer les photos chez un type qui a une boutique à deux rues d’ici. Un peu old school, mais c’est l’alternative la moins chère que j’ai trouvé pour le moment. J’ai pas les moyens de me racheter un appareil professionnel. »


Ike soupira, c’était bien un point de sa vie qu’il détestait. Ne pas être capable de vivre sa passion comme il l’entendait. Son regard se posa sur sa table basse.


« … mais j’ai récupérer ce vieil appareil et je m’acharne depuis des heures à essayer de le faire fonctionner. Tu t’y connaîtrais pas toi par hasard ? »


Il avait posé la question sans grand espoir cela dit…



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Jeu 18 Mai 2017 - 21:43
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Ike prend la parole, je l’écoute attentivement, buvant presque ses mots.

"Une grande ville comme une autre. Beaucoup de gens, de voitures et de pollution. Mais aussi beaucoup de vie, de joies et de choses nouvelles. J’aimais bien New York. J’aimais y pendre des photos surtout. Tout m’inspirait…"

Il décrit la ville tandis que mon regard se perd dans la vide. J’essayes du mieux que je peux de mettre des images sur les mots. J’imagine une ville semblable à celle dans laquelle nous vivons actuellement, mais en mieux. Il y a moins de ruines, moins de Beasts, et pas d’astre écarlate dans le ciel. Il y a aussi plus de gens, plus de joie, et surtout plus de vie. Pâle sourire. Ce que j’aurais aimé en profiter. Hélas, la vie en a décidé autrement.
Et maintenant, Je suis coincée là, dans un ville qui m’est complètement hostile. Que ce soit par ses beast ou par ses habitants. Je me sens piégée, seule, prise au piège entre mon statut d’hybride, ma pauvreté et ma solitude.

Ike dit que New-York était une grande ville comme une autre. Mais je n’ai jamais vu d’autres grandes cités. En tout cas, pas de mes propres yeux. Cela dit, j’ai tout de même vu du pays, lorsque je vagabondais vers l’Est, vers la mer. Lors de mon périple, ou plutôt de ma fuite, j’ai visités de nombreux endroits, tous un peu différents, tous un peu uniques. Je me souviens du coucher du soleil par delà les collines, du soleil qui éclairait doucement le sol des forêts, du ciel où brillaient les étoiles d’une lumière si blanche…
Je crois que je la regrette, cette époque-ci. Parce que même si c’était difficile, même si je n’avais quasiment rien à manger, même si je ne savais jamais où dormir, même si je me demandais comment j’allais survivre… J’ai tout de même vécue de belles choses. Et puis au moins, j’étais libre.

"Je vois… J’espère qu’un jour, je pourrais découvrir d’autres paysages que celui de cette ville. J’espère qu’un jour, le monde nous sera de nouveau accessible."

Voix et regard teintés d’une certaine mélancolie. Je pousse un soupir. Je n’y crois pas trop, à ces paroles. Cela fait déjà trois ans que la Lune Rouge brille dans le ciel, trois ans que je suis coincée ici. Trois ans de trop. Il n’y a quasi aucune chance qu’un jour la situation s’améliore. Je me suis déjà résignée à vivre avec cette lune au dessus de la tête pour toujours de toute façon. C’est comme ça, il faut l’accepter. Je sais bien que je suis pessimiste, mais au bout d'un moment, on cesse d'y croire. Et cela fait longtemps que j'ai arrêté de me battre et d'espérer.

La conversation évolue doucement vers la photographie. C’est un peu triste pour Ike d’avoir perdu son appareil dans de telles conditions. Surtout vu le prix que cela coûte. Après, si le jeune homme a trouvé une alternative qui lui permet de continuer la photo, même si les conditions sont un peu moins bonnes, ce n’est pas si mal. Parfois il faut savoir se contenter de cela.

"Bah, le style old-school ça a son charme, même si je me doute bien que ce n’est pas idéal. D’ailleurs qu’est-ce que tu préfères prendre ? Comme photos ? D’ailleurs si tu as quelques clichés, j’aimerai bien les voir. Si bien sûr ça ne te dérange pas."

J’ai toujours aimé l’art, l’écriture et la photographie notamment. Surtout la photographie en fait. Cela m’a toujours impressionné, cette capacité qu’ont les artistes d’immortaliser un instant, de révéler ce que la plupart des gens ne voient pas, de partager leur vision des choses, de mettre l’accent sur des détails insignifiants. Je sais pertinemment que j’en serai incapable. C’est pas mon truc. Alors je pense que d’une certaine manière, j’admire ceux qui y arrivent.

"J’ai récupérer ce vieil appareil et je m’acharne depuis des heures à essayer de le faire fonctionner. Tu t’y connaîtrais pas toi par hasard ?"

Je me tournes vers Ike avant de réfléchir un instant. Il m’arrive assez souvent de bricoler, mais c’est seulement par nécessité. Lorsqu’un des tuyaux de mon appartement cèdent, qu’il faut réparer des meubles ou bien régler l'électricité. Mais ça s’arrête là. Je ne suis absolument pas mécanicienne ou spécialisée dans ce genre de choses. Alors je ne peux rien lui garantir.
Je me penche pour observer un peu ce qui se trouve sur sa table basse. Quelques outils et un appareil démonté. Ike semble avoir déjà tenté de réparer la machine il y a peu de temps, à en juger par l’état de la table.

"Hum… je ne m’y connais pas trop mais on peut toujours essayer. Peut-être un problème de capteur, ou un faux contact ? J’en sais rien…"

Il peut y avoir tout un tas de problèmes empêchant le bon fonctionnement de l’appareil. Je sais à peu près comment ce genre de machine est faite, et ce qui est nécessaire à leur fonctionnement. Mais de là à savoir quel est le soucis sur celui là et comment le réparer… Je ne suis pas persuadée d’être très utile.
Ceci-dit, on aura sûrement plus de chance d’y arriver à deux, et ça ne coûte rien d’essayer.

"Je suppose que tu as déjà un peu bosser dessus. Tu as une idée de ce qui déconne ou pas du tout ?"
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Mar 23 Mai 2017 - 19:50



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"… J’espère qu’un jour, je pourrais découvrir d’autres paysages que celui de cette ville. J’espère qu’un jour, le monde nous sera de nouveau accessible."

Un nouveau monde, où tout serait un jour à nouveau à portée de main. C’était le souhait formulé du bout des lèvres par Night. Et tandis qu’elle révélait cette pensée, presque pour elle-même, Ike cru percevoir pendant un instant une ombre traverser le visage de la jeune fille. De la mélancolie ? Du regret ? Ike n’aurait pas su définir avec précision la nature de son trouble. Mais ce qui était certain c’est que les mots de Night résonnèrent dans son esprit, et il ne pouvait qu’être en accord avec elle sur ce point.

Car les gens de cette citée avaient beau tourner le problème des tous les sens, en détourner le regard et même l’attention pour certain, ils étaient au final tous dans le même bateau, piégés comme des rats dans une ville méticuleusement barricadée. Nul ne pouvait entrer. Nul ne pouvait sortir. Il n’y avait avec le monde extérieur plus aucun échange d’aucune sorte, qu’il soit politique, économique, culturel ou tout simplement humain. Et tout comme Night, le jeune homme espérait secrètement qu’un jour, il pourrait saisir l’incroyable chance que de flouer les innombrables terres inexplorées de ce monde. Il connaissait si peu, et avait une telle soif de découverte et d’aventure. Il l’avait simplement oublié… Dans son quotidien si sombre, si entaché et opprimé par le malheur ambiant et la folie de tout ce qu’il pouvait voir autour de lui, il avait réussi à oublier celui qu’il était, et ce qui l’animait avant la Lune Rouge. Les yeux constamment rivés au sol, et les mains plus promptes à empoigner ses couteaux qu’à prendre des photos, Ike avait peu à peu, comme tous les autres, commencé à oublier le monde.
Oubliée la volonté de découverte. Oubliée la merveilleuse sensation du voyage. Et par-dessus tout, oubliées les envies, réprimés les projets et nié l’avenir… A bien y regarder, il n’y avait pas beaucoup d’espoir. Mais il gardera les mots de Night précieusement dans un coin de son esprit. Et un jour… Oui, peut-être qu’un jour ils arpenteront à nouveau le monde, et ce jour-là, il se promit d’immortaliser leur libération, en photo. Peut-être Night sera dans les parages ce jour-là. Qui sait… Il aimerait bien la photographier un de ces jours.

Alors, son regard de photographe s’égara sur la jeune femme à ses côtés. S’il devait un jour la prendre en photo, il se devait de la connaitre. C’était important pour lui. Connaitre son modèle pour mieux l’appréhender. Son regard se voulait discret, mais déambula tout de même sur le corps devant lui. Ce qui l’interpella en premier fût la chevelure blonde de la jeune fille, nouée rapidement, presque négligemment, et dont quelques mèches s’échappaient çà et là. A quoi ressemblerait le visage de Night si elle les libérait ? Le photographe était curieux de savoir comment ces mèches blondes joueraient avec les courbes de sa mâchoire, avec la couleur de ses yeux et même avec la lumière rougeoyante de la Lune. Puis, les yeux dorés du jeune homme dérivèrent sur les épaules carrées de Night. Il devinait une féminité timide, presque cachée. Après tout la Philia n’était pas une précieuse, une demoiselle fragile ou quoi que ce soit, et cela transparaissait bien à travers elle, Ike comprenait bien ça. Et même s’il trouvait la jeune femme d’une beauté relative, il ne pouvait quitter ses yeux d’elle. Dans son travail, il appréciait d’autant plus les sujets qui n’étaient pas d’une beauté évidente, et qui demandait plus de travail, d’implication et de compréhension pour révéler tout leur éclat. Il trouvait le beau dans toute chose, surtout là où il ne l’attendait pas, c’était une règle absolue et qui dirigeait bon nombre de ses clichés.


« … D’ailleurs qu’est-ce que tu préfères prendre ? Comme photos ? Si tu as quelques clichés, j’aimerai bien les voir. Si bien sûr ça ne te dérange pas. »


Un silence. Ike sembla réfléchir pendant un instant. Qu’est-ce qu’il préférait en photographie ? La question était à la fois évidente et complexe.


« Le monde j’imagine… »


Sa réponse sonnait bizarrement, même à ses oreilles. Mais c’était ainsi.


« Je ne peux répondre convenablement à ta question sans me limiter à un ou quelque domaines. Et je ne veux pas me limiter. Je photographie ce que j’aime. Et j’aime le monde. Tout ce qui le compose. »


Se doutant que ses paroles ne seraient sans doute pas suffisantes pour atténuer la curiosité de Night, il ajouta tout de même :


« Si je devais tout de même avoir une préférence, je dirais simplement que j’aime révéler le beau là où personne ne le voit…
Quand à te montrer mes clichés, pardonne-moi si je te parais impertinent mais je préfère garder ça pour moi. Pour le moment du moins. »



Comme à son habitude, Ike était honnête et ne se forçait pas à faire quelques choses dont il n’avait pas envie. Et puis après tous, ces meilleurs clichés avait disparu avec le reste de ses affaires dans l’incendie, et le peu de photos qu’il avait pris depuis la Lune Rouge n’étaient pas présentables à ses yeux. Il en avait un peu honte lui-même. En tant que professionnel, quand il regardait son travail d'aujourd’hui, il en prenait un coup au moral.


« Je te remercie quand même pour mon appareil. Si tu ne trouves rien à faire ne t’en fais pas, j’ai quelques économies de côté, je pourrais peut-être bientôt le faire réparer. Je n’ai aucune idée d’où provient le problème alors… autant ne pas s’acharner. Je serais déçu s’il devenait irrécupérable suite à une mauvaise manip’. Merci quand même Night. »


Sur ces mots, Ike fit un franc sourire à son interlocutrice, et même s’il savait qu’elle ne pourrait voir sa bouche, il espérait qu’elle percevrait son sourire à travers ses yeux. Puis, il se leva lentement, un soupir las mais satisfait traversant ses lèvres, et d’un geste léger il se saisit de la tasse à présent vide de Night, avant de se diriger sans un mot vers la cuisine. Le jeune homme y déposa le petit objet, et alors qu’il s’appétait à regagner le salon, son regard se posa sur la grande horloge au mur. 21h37… Déjà ? pensa-il. Il n’aurait pas cru que temps passe si vite. Mais après tout, il n’avait plus vraiment l’habitude de passer du temps en compagnie de quelqu’un, à discuter simplement de choses et d’autre.
Avant de regagner le salon, il jeta un œil à la salle de bain où son anima dormait semblait-il paisiblement. Puis, il rejoignit son invitée d’un soir.


« C’est pas que je veuille te mettre dehors, mais si tu veux pas te faire virer une énième fois tu ferais mieux d’y aller. L’heure tourne. »


Cependant, il ajouta après un instant de silence :


« Tu peux rentrer seule ? Ou tu as besoin d’un chevalier servant pour t’escorter ? »


Ike avait lancé ça sur le ton de la plaisanterie. Il ne se faisait pas vraiment de soucis pour elle, elle saurait sans doute très bien se défendre toute seule en cas de problème. Mais il voulait tout de même avoir la conscience tranquille, et si elle préférait qu’il vienne, elle n’avait qu’à le lui faire savoir.




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Dim 28 Mai 2017 - 2:24
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Ike semble réfléchir un instant avant de répondre à ma question, pour finalement murmurer de simples mots: le monde. Cela sonne étrangement à mes oreilles, j'ai l’impression de comprendre ce qu’il veut dire, et en même temps de ne pas saisir tout le sens de cette réponse. Il est logique qu’il préfère photographier le monde, l’univers, l’extérieur, l’autre. Cela forme une sorte de tout. Du moins je le perçois comme ça. Et pourtant c'est une réponse si vaste que je ne saurais jamais expliquer précisément ce qu’il veut dire par là.
Il dû le remarquer puisqu’il reformule ses propos.

Je ne peux répondre convenablement à ta question sans me limiter à un ou quelque domaines. Et je ne veux pas me limiter. Je photographie ce que j’aime. Et j’aime le monde. Tout ce qui le compose.  Si je devais tout de même avoir une préférence, je dirais simplement que j’aime révéler le beau là où personne ne le voit…

J’affiche un sourire. Mon avis n’a sûrement aucun importance vis à vis de cette question, mais je ne peux qu’être d’accord avec ce qu’il dit. Pas besoin de se limiter à quelque chose de particulier, et c’est d’ailleurs ça qui est incroyable avec l’art. On peut absolument tout faire, tout représenter, tout définir, des choses les plus réelles aux concepts les plus absurdes. Il n’y a aucune limite, à part sa propre imagination. C’est peut-être un des rares domaines où l’on est réellement libre, et c’est probablement pour ça que j’aime autant l’art.

Tu n’as pas besoin de te justifier ni d’en dire plus, ça suffit très bien comme ça. La photographie et un art et l’art est libre. Tant que tu fais ce que tu aimes et ce que tu veux, c’est le plus important.

J’ai beau m’exprimer de façon cru et d’être une personne d’assez franche et direct, il m’arrive d’avoir quelques traits d’esprits intéressants. Les gens ne s’en rendent pas forcément compte, mais ça m’arrive assez souvent. Je n’ai juste pas tendance à les énoncer à voix haute, et encore moins à quelqu’un. Je préfère de loin les coucher sur papier. Pour moi, la poésie est quelque chose de silencieux, la lire ne fait qu’atténuer son charme et affaiblir le sens des mots. Les mots sont des éléments fait de lettre d’encre qu’il faut lire en silence pour en comprendre le sens. Ils doivent résonner dans les esprits sans pour autant se transformer en son. Bien évidemment, tout le monde n’est pas d’accord avec moi, et je dois bien reconnaître que bien manier, ils peuvent chanter. Mais je suis partisane du silence, et ma poésie restera comme t’elle.

Ce n’est pas grave si tu ne veux pas me montrer tes clichés. T’en fais pas.

Même si je suis un peu déçue et contrariée de ne pas pouvoir voir les photos d’Ike, je relativise. Ce n’est pas un drame, et puis le jeune homme doit avoir ses raisons. Après tout ce n’est pas évident de montrer son travail à quelqu’un. Etant donné que j'écris essentiellement pour moi, je suis tout à fait apte à comprendre. Montrer ses oeuvres est quelque chose de difficile. C’est comme se mettre à nu, accepter que quelqu’un rentre dans votre tête pour voir comment vous pensez. C’est se remettre à l’autre pendant un instant, attendre un jugement, sans savoir ce que l’autre en pense. Je n’aime pas tellement ça, alors les rares fois où je rend mon travail public, je le fais anonymement. C’est plus simple, et puis ça m’évite d’avoir des ennuis, on ne sait jamais.
Cela dit il est possible que je me fasse des idées sur la nature de ce refus. Il peut être dû à plein d’autres choses. De toute manière ce ne sont pas mes affaires. Je ne vais pas forcer s’il ne veut pas, je suis assez polie pour ne pas insister.

Ike décide finalement d’abandonner pour son appareil. Je suis d’accord avec lui, je pense qu’il ne vaut mieux pas insister si l’on ne sait pas d’où vient le problème. Ce serait dommage d’abimer encore plus la machine suite à une mauvaise manipulation de notre part.
Je crois apercevoir un sourire de la part du Philia. Je ne saurais dire s’il est réel ou si c’est juste mon imagination, à cause de son masque qui cache le bas de son visage. Mais ses yeux semblent sourire, et les yeux parlent souvent bien plus qu’on ne le croit. Ils sont le miroir de l’âme. Alors dans le doute, je lui rend son sourire.

Bonne chance en tout cas, j’espère que tu parviendras à le réparer.

Et puis, retour brusque à la réalité. Je jetta un coup d’oeil à ma montre, il est déjà presque 21h40, le temps à passé beaucoup plus vite que je ne l’aurai crus. Ike à raison, il va falloir que je rentre au resto déposer mes affaires, sinon je risque de me faire engueuler à cause du retard. Bon après, je trouverai bien une excuse.

Oui en effet, je vais filer. Et t’en fais pas je trouverai bien une excuse. Merci pour l’hospitalité en tout cas.

Je me relève avant de me diriger vers la sortie. C’était agréable de discuter avec une vieille connaissance comme lui. Il est rare que je parle autant avec quelqu’un. J’attrape ma veste avant de l’enfiler, récupère mon sac et j’ouvre la porte pour sortir, souriant à la proposition du jeune homme.

Haha, je pense que ça ira. Je suis capable de me débrouiller toute seule, et de toute façon je dois filer voir mon patron alors… Mais merci pour la proposition. Tiens, d’ailleurs…

Je sors rapidement un stylo et un bout de papier et je griffonne quelques mots dessus. Mon prénom et un numéro. Je le tends à Ike.

Si jamais t’as besoin de me contacter. Je réponds rarement mais bon, si t’as de la chance t’auras un retour avant 48h !

Il est temps de se quitter. Si je me dépêche je serai au boulot avant 22h, mon patron est plutôt cool alors il ne dira sûrement rien. Et dans le pire des cas, je mentirai en disant que mon vélo à crever ou que j’ai eu un problème sur le chemin. J’observe une dernière fois Ike tout en le saluant, quand une idée me traverse l'esprit.

D’ailleurs, si tu cherches du boulot, je pourrai peut-être en toucher deux mots à mon patron. C’est un type plutôt sympa qui ne traite pas ses employés différents tant qu’ils travaillent correctement. Je pense bien que le porte à porte c’est pas ce qu’il y a de plus motivant, mais t’es pas obligé d'être livreur si tu travail sur place. Enfin bref, comme tu le sens.

J’ai pas spécialement envie d’être trop intrusive et de lui forcer la main s’il ne veut pas. Mais lui proposer est la moindre des choses. Je ne sais que trop bien ce que ça fait d’être sur la touche, alors j’essaye de l’aider comme je peux.
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Mar 30 Mai 2017 - 22:29



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Ike s’était bien évidemment attendu à ce que Night refuse son escorte ‘’princière’’, il ne s’était pas fait d’idées. Il avait simplement voulu se montrer courtois et sympathique, s’autorisant même un trait d’humour qu’il ne se connaissait pas lui-même. Avec un sourire en coin il regarda la jeune femme rassembler ses affaires rapidement puis remettre sa veste, avant de se diriger vers la sortie.


« Tiens d’ailleurs… »


Les lèvres closes, il attendait en silence. Et la seconde d’après, un morceau de papier lui était tendu. Oh ! Un numéro de téléphone… Il supposa que c’était l’usage avant de quitter une vielle connaissance que l’on aimerait revoir un jour. Soit. Il n’était certes pas habitué à ce genre de reflexes amicaux, ou jugés socialement normaux, mais pourquoi pas… Le blanc se saisit donc d’un geste léger du papier tendu sous son nez.  


« Hum... Je suis pas très téléphone, mais... merci, je suppose. »


Ouai... il faudrait qu’il fasse des efforts à ce niveau-là, sérieusement ! Car rares étaient les moments où il trouvait une réelle utilité à son gadget téléphonique. La plupart du temps il se contentait simplement de répondre. Il ne téléphoner pas souvent de lui-même. Cela ne lui venait tout simplement pas à l’esprit. S’il devait parler à quelqu’un, il préférait l’avoir en face. L’ironie, c’était qu’il ne ressentait pas le besoin de parler aux autres, et qu’il n’avait de toute manière pas grand monde à qui parler hormis son ami Matthew. Et encore, l’Eros était bien occupé de son côté, pas de temps à perdre avec le simple Philia qu’il était. Pas que ça touche vraiment Ike. Il comprenait bien le blond.
Alors, dans un coin de son esprit, il se promit de faire des efforts. Et ça commencerait peut-être ce soir. Il rangea précautionneusement le papier griffonné dans la poche de son pantalon, y laissant sa main par la même occasion. Il sera le petit papier dans le creux de sa main, comme s’il serrait la main de la jeune femme pour la remercier, ce qu’il n’oserait faire.


« D’ailleurs, si tu cherches du boulot, je pourrai peut-être en toucher deux mots à mon patron. C’est un type plutôt sympa qui ne traite pas ses employés différents tant qu’ils travaillent correctement. Je pense bien que le porte à porte ce n’est pas ce qu’il y a de plus motivant, mais t’es pas obligé d'être livreur si tu travail sur place. Enfin bref, comme tu le sens.»
« Je te remercie, c’est sympa, mais j’aimerais trouver quelque chose par moi-même…»


Fierté mal placée ? Un peu trop d’égo ? Allez savoir… Ce qui était certain c’est que pour Ike, personne n’avait jamais été là, et depuis la Lune Rouge il s’était toujours débrouillé tout seul. Il n’était pas encore prêt à placer sa confiance entre les mains de quelqu’un. Et il ne voulait pas non plus se reposer sur les autres, même s’ils avaient les meilleures intentions du monde. C’était peut-être bête, mais à ce moment là de sa jeune vie, le blanc ne pouvait convenoir une vie où il ne serait pas le seul maitre de ses action et de son avenir. Il voulait ne compter que sur lui-même pour vivre et s’en sortir. Peut-être cherchait-il à se prouver quelque chose à lui-même ? Si tel était le cas, Ike était loin d’en avoir conscience. La seule chose qu’il savait parfaitement était qu’il ne voulait rien devoir à personne. Cela l’avait déjà suffisemment brisé d’avoir eu besoin de l’aide de Night cette nuit là… Où il s’était fait agressé. Il ne voulait pas en demander plus.
Mais soudain, le jeune homme se reprit, un peu paniqué.


« Oh ! Désolé… je parais surement condescendant, et peu reconnaissant…»
C’est juste un problème de fierté j’imagine. »



Il baissa les yeux, quelque peu honteux par ses propres propos.


« J’apprécie la proposition cela dit. Je saurais m’en souvenir si les choses tournent mal pour moi…»



Ike espérait parvenir à tracer sa propre voie. Seul.


« Bye. Fait attention à toi.»


Et sur ces derniers mots, il regarda la jeune femme s’éloigner. La rêverait-il ? Il se posa sincèrement la question. Est-ce que c’était important pour lui ? En serait-il heureux ? Mmh… Bonne question. Ce serait bien nouveau en tout cas.
Il referma la porte après quelques instants. Soufflant un bon coup ceci fait, décompressant enfin. Cela n’en avait pas l’air mais cette soirée l’avait un peu épuisé. Pas physiquement. Surement pas. Mais discuter, porter attention à autrui, porter son masque et ses gants dans sa propre maison, avoir peur de révéler qui il était vraiment même sous son propre toit, et devoir même calmer son anima… tout ça avait été bien difficile pour Ike qui n’avait pas pour habitude de passer ses soirée de cette manière. Mais enfin, ça ne pouvait pas lui faire réellement du mal après tout !

La tête dans le vague, il lança un regard au travers la fenêtre vers la Lune. Elle était toujours aussi belle. Mais elle semblait toujours saigner. Souffrait-elle ? Peut-être que… Ike secoua la tête à ses pensées stupide et se dirigea vers sa salle de bain après avoir retiré son masque et ses gants. Une bonne douche lui rafraichirait sans doute les idées. Au sol demeurait encore Plio, profondément endormie. Elle paraissait apprécier l’humidité de cette pièce, Ike l’avait bien remarqué, il la laissait donc aller et venir à sa guise.
En quelques secondes, son T-shirt et le reste de ses vêtements s’échouèrent près de l’alligator blanc. Et l’instant d’après, jeune homme put enfin apprécier la sensation de l’eau froide coulant sur ses muscles encore tendus. Cela avait été difficile au début. Mais depuis trois ans maintenant, il avait eu le temps de s’habituer au confort plus que relatif de son appartement, et les douches froides en faisaient partie. Il se souvenait de ces premières fois, de ces soirées d’hivers, où l’eau était si froide qu’il ne sentait même plus ses mains… Maintenant, il ne sentait plus la différence. Chaud, froid, peu importait, tant qu’il ressortait propre au bout du compte.
Ses yeux s’égarèrent alors craintivement sur sa peau blanche, et sous sa main, il sentit avec un sentiment de dégout les écailles effleurer ses doigts. C’était pour bientôt, constata-il avec répulsion. Dans deux ou trois jours, les parties reptiliennes de sa peau allaient muer…


« Fait chier ! »


Ike détestait incontestablement cette partie de sa mutation. Car dans ces moment-là, il ne se sentait plus du tout humain. Plus du tout… Mais enfin, il n’avait pas tellement le choix, il devait l’endurer.

Après cela il s’effondra sans aucune grâce sur son lit, se délectant de l’agréable sensation de son corps s’enfonçant dans les draps. Mais avant de s’endormir comme un faible, il s’empara d’une main de son téléphone ainsi que du numéro de Night, et composa l’un de ses rares messages en trois ans.


//Hey ! Ça m’a fait plaisir de te revoir. Je n’ai pas l’habitude de ce genre de soirées, mais c’était agréable. On se recroisera, j’en suis certain. Ike.//


Il s’apprêtait à envoyer, mais il se ravisa. Et après une seconde de réflexion il rajouta :


// … Je sais que tu es forte, mais si un jour tu as besoin d’aide, hésite pas. //


Voilà qui était mieux. Ike n’était pas du genre à voler au secours des gens s’il savait qu’ils étaient en mesure de s’en sortir seul, mais on ne se jamais ce que la vie nous réserve. Et lui-même avait dû être aidé par la jeune femme à un moment de sa vie, car seul, il se serait probablement fait tuer ou bien salement amoché. Ike se devait donc d’être là pour Night si elle le sollicitait. Il avait une dette.
Il espéra néanmoins la retrouver dans un contexte paisible, et non dans une mise en scène dramatique. Il aimait bien la jeune femme, il ne lui souhaitait aucun mal.

Sur cette pensée, il tomba dans les bras de Morphée, l’âme satisfaite pas cette soirée riche en nouveautés.






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Dim 4 Juin 2017 - 18:00
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J'affiche une mine un peu surprise suite au refus d'Ike, pour finalement sourire légèrement. Est-ce vraiment étonnant qu’il décline mon offre ? Je ne pense pas. Je comprends parfaitement qu’il préfère se débrouiller tout seul et essayer d’être autonome. Dépendre de quelqu’un, même pour n’importe quoi, c’est quelque chose de désagréable. Je déteste être redevable, même pour quelque chose sans importance. Ma liberté est une des choses que je chéri le plus, surtout vu le monde dans laquelle on vit. On m’a enfermé dans une ville, on m’a mit dans une case pour des choses futiles, on m’a empêché d’avoir les même droits que les autres et de vivre ma vie comme je l’entend. Alors pour rien au monde je n'abandonnerai le peu de libre-arbitre qu’il me reste.
Ike s’excuse, justifiant sa réponse par un problème de fierté. J’hausse les épaules, il n’y a pas de mal.

T’en fais pas, j’comprends. Puis c’était juste au cas où, tu es libre d’en faire ce que tu veux.

Et puis sur ses mots, je fais volte face, levant ma main gauche pour saluer le jeune homme. Il me dit au revoir et me demande de faire attention à moi.

A plus, Ike ! Toi aussi.

Et puis d’un pas tranquille, je descend les escaliers pour quitter l’immeuble. Arrivée dehors, je me retourne et lève la tête, cherchant des yeux la fenêtre de l’appartement du Philia. Je me demande si je le reverrai un jour. Peut-être après tout, la ville n’est pas si grande, et le hasard fait bien les choses, la preuve aujourd’hui. Et puis de toute manière il a mon numéro et je sais où il habite, alors s’il y a besoin, ça ne sera pas compliqué de se retrouver. Je jette un coup d’oeil à mon portable pour regarder l’heure, il est dix heures moins le quart, le temps est passé vite.
Je libère mon vélo de mon anti-vol avant de grimper dessus et de filer à toute allure dans les rues du Queens. Pédaler ainsi la nuit et est encore plus agréable que le jour. Le quartier est calme et un vent frais souffle sur mon visage. Belle soirée.

J’arrive chez moi aux alentours de 23h, après être passée au restaurant pour clore ma journée de travail. J’habite au dernier étage d’un vieil appartement de Brooklyn, dans un grenier aménager. C’est petit et il y a très peu de meubles: une table, quelques chaises, mon lit et une armoire. Ca donne une impression de vide et ça agrandit la pièce, ce qui n’est pas plus mal quand on sait que mon chez-moi et tout petit. Je dépose mes affaires sur une des chaises avant de diriger vers la cuisine. Je me prépare rapidement un sandwich histoire de manger un peu. Je file ensuite prendre ma douche et me changer. Arrivée dans ma chambre, je découvre sans grand étonnement Améthyste en train de roupiller sur mon lit. Je la pousse par terre avec nonchalance, la réveillant au passage. Elle grogne.

T’es vraiment la pire liée possible.

Je lève les yeux aux ciels en ricanant.

Je pourrai en dire tout autant de toi, stupide félin. Et arrête de dormir dans mon lit, je te l’ai déjà dis.

Je me glisse sous ma couverture tout en repoussant une nouvelle fois l’ocelot qui a de nouveau tenté de s’installer contre moi. Nouvelles chamailleries, qui finissent par sa victoire. Elle s’installe à mes pieds, satisfaite d’elle-même. Je pousse un soupire et j’attrape mon téléphone pour mettre mon réveil. C’est là que je remarque que j’ai un nouveau message d’un numéro inconnu.

Hey ! Ça m’a fait plaisir de te revoir. Je n’ai pas l’habitude de ce genre de soirées, mais c’était agréable. On se recroisera, j’en suis certain. Ike … Je sais que tu es forte, mais si un jour tu as besoin d’aide, hésite pas.

Légèrement aveuglée par la lumière bleue du téléphone, je plisse les yeux pour arriver à lire. Son message me fait chaud au coeur, et je me dépêche de lui répondre.

J’ai été contente d’avoir de tes nouvelles, merci pour la soirée. Et oui, je n’ai pas non plus de doutes là dessus.
Merci Ike, je m’en souviendrai. Et toi aussi, si tu as besoin de quoi que ce soit, n’hésite pas.
Night.


Je repose mon portable puis ferme les yeux, me laissant doucement tomber dans un sommeil profond.
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