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Dim 21 Mai 2017 - 15:33





Un mauvais départ


« - Be careful, I’m a monster -  » ▽ (Ike & Estevan)
Hiver de l'An II

Il faisait froid. Tout était gris. Depuis des semaines, l’hiver avait étendu sa mélancolie dans tous les recoins de la ville. Les oiseaux ne chantaient plus, et le soleil qui d’habitude était si chaud, ne suffisait plus à réchauffer les joues froides des quelques personnes assez courageuses pour mettre le nez dehors.
L’hiver, depuis la Lune Rouge, était devenu une source de problèmes pour tout le monde. Car la politique de castes instaurée par Maxwell était claire. Et gare à ceux qui oseraient cacher leur nuque par une écharpe moelleuse. Au début, nombreux étaient ceux qui s’étaient aventurés à braver la loi, préférant avoir chaud plutôt que de respecter une règle en laquelle ils n’avaient pas foi. Mais le Roi autoproclamé était intransigeant, et ceux dont la fierté et les convictions les poussaient à lever un peu trop la tête s’étaient vu courber l’échine de force par les chiens du Roi. L’autorité de Maxwell s’emblait s’étendre partout, et sa poigne de fer savait trouver et corriger ceux qui ne marchaient pas droit.
Ike étaient de ceux qui ne croyaient pas au système mis en place. Il l’exécrait. Mais le jeune homme était quelqu’un de réfléchi, qui était conscient que chaque action considérée comme rebelle pourrait lui causer du tort. Sa condition de Philia faisait déjà de lui, par définition, quelqu’un de mauvais. Il ne voulait pas s’attirer de surcroît les foudres de quelques Agapés. Agapés qui, après l’avoir roué de coups pour lui faire comprendre ce qu’il savait déjà mais n’acceptait pas, auraient rampé jusqu’aux pieds du Roi pour espérer recevoir une quelconque faveur. Et comme à un chat tuant le rat nuisible et indésirable, on aurait donné une récompense bien méritée. Bon travail. Tout cela rendait Ike malade…

Ce jour-là avait commencé comme la veille, et comme tous les autres jours depuis le début de l’hiver. Ike s’était paré d’une veste chaude, laissant son costume habituel bien trop léger au placard, avant de prendre le chemin du travail. Ses petits pas empressés le conduisaient machinalement à travers la ville, passant de rues en ruelles, de boulevards en avenues, pour arriver le plus vite possible à la petite épicerie dans laquelle il travaillait depuis maintenant quelques semaines. Un record pour lui.
Le ciel était encore sombre, ce n’était pas encore l’aube. N’ayant aucun moyen de transport, il lui fallait bien deux heures de marche, de chez lui à la 33ème avenue près de Bowne Park. Ike avait donc pris l’habitude de partir tôt. Cela ne le dérangeait pas, il appréciait le calme et l’odeur de la nuit. Et c’était chaque jour un cadeau pour lui que d’avoir l’opportunité d’admirer le lever de soleil, les rayons dorés et brûlants rencontrant ceux rougeâtres mais froid de l’astre lunaire toujours présents. Il aimait ça, ça l’émouvait, et il donnerait tout pour immortaliser la rencontre de ces faisceaux lumineux perçant à travers les buildings.

Mais ce jour-là, aussi fabuleux et inoubliable qu’il avait pût être, ce n’était pas ce spectacle qu’Ike retiendrait… Mais plutôt l’image horrible et saisissante d’un chaos ambiant. Les heures avaient passées, et la matinée était déjà entamée. Comme convenu, Ike était arrivé à l’heure prévue. Mais le cœur serré, il avait constaté que l’endroit n’avait plus rien à voir avec ce qu’il connaissait. En effet, la vitrine de la petite épicerie avait été brisée. Le nom de la gérante s’y trouvait encore hier. Ruth… Une vielle dame formidable qui avait accepté d’engager le jeune homme en dépit de sa caste. Elle le trouvait sympathique qu’elle disait. L’inverse était aussi vrai. Mais son nom était maintenant éclaté au sol. Et tout ce qui se trouvait avant dans le petit commerce était à présent retourné, éparpillé et piétiné. Du sol au plafond, tout était détruit, et Ike, après un instant de flottement dû au choc, repris son sang-froid. Il se demanda alors, les sourcils froncés et la rage montant en lui, qui avait bien pût saccager cet endroit. Il avait enfin dégoté un travail relativement stable, et ne voulait pour rien au monde retourner à la case départ, dans cette galère quotidienne qu’il ne connaissant que trop bien, où ne serait-ce que manger un bout de pain devenait un combat. Mais son attention fût retenue par toutes les denrées éparpillées à terre. De toute évidence, ce n’était pas l’œuvre d’une bande de voleurs… Tout était là, et si c’était la caisse qu’ils voulaient, ils n’auraient pas pris la peine de tout détruire sur leur passage.

Perdu dans ses pensées, Ike s’était avancé peu à peu dans la boutique, enjambant verres et autres débris. Il ne tenait pas à se blesser. Mais il se figea tout à coup lorsqu’un bruit se fit entendre derrière le comptoir au fond de la pièce. Son sang se glaça. Devait-il prendre la fuite ? Il aurait probablement dût, oui. Mais son corps ne l’écouta pas. Et lorsqu’il ne fût qu’à quelques centimètres à peine de la caisse, il posa en silence la paume de ses mains sur le comptoir en bois, sa tête se penchant légèrement vers l’avant.
Pendant en instant, il se figea totalement. Ce qu’il voyait était absolument incroyable. Impensable même. Et si parfaitement inimaginable, qu’il hésita à cligner des yeux pour s’assurer s’il ne rêvait pas. Tout ceci devait être un cauchemar. Une horrible et glaçante illusion… C’est ce qu’il s’était dit, alors qu’à ses oreilles parvenait un son de déglutition et de déchirements, et que sous ses yeux, une épaisse et imposante masse de longs poils bougeait dans un mouvement affreusement lent, se délectant visiblement de la chaire encore chaude de la petite dame blonde endormie.

Ike reteint un cri d’effroi, plaquant une main sur sa bouche. Ruth était morte. Et une Beast la dévorait sous ses yeux. L’animal était si imposant et si difforme que même avec tous les efforts du monde, Ike n’aurait pas sût deviner ce qu’il était avant la Lune Rouge. Il ne réfléchit pas plus et fit volte-face pour s’enfuir d’ici. Rester silencieux n’était plus dans priorités. Le chagrin et la peur avaient envahi son esprit. Cette dernière guidait ses actions, et alors qu’il s’empressait de courir vers la sortie, Ike glissa, tombant au sol lourdement dans un raffut incroyable. Si bien que l’instant d’après paru affreusement silencieux...
Jusqu’à ce que tout à coup, attirée par le bruit, la bête bondit sur le comptoir, surplombant de sa hauteur le jeune blanc tremblant au sol. Ike s’était retourné au grognement émit par l’animal, qui le regardait maintenant de ses grands yeux injectés de sang.

Ike ferma les siens, lorsqu’après avoir pris son élan, la Beast bondit dans sa direction. Dans l’esprit du jeune homme, tout sembla alors ralentir, et tout ce qu’il se passait autours de lui sembla s’arrêter, la Bête était comme figée. Ike connaissait bien ça. Il savait ce qui allait se passer. Il le savait mieux que quiconque. Et en tout honnêteté, il aurait peut-être mieux valut pour lui de se faire dévorer.
Il n’avait pas figé le temps. Ses sens étaient juste devenus plus aiguisés. C’était la première étape. Il ressentit alors parfaitement l’air sur son visage, la force de la terre sous ses paumes, et perçu tout à fait l’espace diminuant de millimètre en millimètres entre lui et la Beast.
Ce qui suivit se passa aussi vite qu’un cri retenti. Mais pendant ce qui sembla être des heures pour Ike, son corps se mouva rapidement. Puis ses musclent roulèrent un à un sous sa peau, qui se recouvrit totalement de petites écailles blanches. Le son à la fois effroyable et familier des os qui craquent et de la chaire qui se déchire retentirent dans sa tête, et il crut une fois de plus devenir fou sous la douleur insupportable de sa mâchoire qui s’allonge et de ses crocs qui poussent. C’est ainsi qu’en moins de temps qu’il ne fallut pour le dire, le petit corps d’Ike s’était transformé en celui d’une puissante bête reptilienne, qui, dressée à présent sur ses quatre pattes, avait pris assez d’élan pour faucher la Beast en plein vol. Les corps puissants des deux monstres s’entrechoquèrent dans un bruit sourd avant de chuter brisant le comptoir sous leur poids monstrueux. Ike était immense, sa taille dépassait de deux fois celle de la Beast, mais cette dernière était si enragée que le jeune homme devait de débattre de toute ses forces animales pour échapper aux claquements puissants et répétés des mâchoires de la bête tout près de sa gueule.

Ike ne devait pas rester là. S’il ne voulait pas s’épuiser inutilement, il devait s’échapper. Il réunit alors toutes ses forces pour éjecter d’un mouvement de pattes la Beast qui le recouvrait. Et sans perdre de temps, il prit la fuite, brisant encore un peu plus la vitrine sur son passage. Il faisait grand jour à l’extérieur, se cacher ne se serait pas facile. Un grognement enragé et le bruit d’une façade défoncée résonnèrent derrière lui. Il était pourchassé.
Sur son passage, les gens criaient, pleuraient, asseyaient de se cacher. Pas étonnant. Pour eux, deux Beasts étaient en train de s’affronter. Ils étaient en danger. Ike courraient aussi vite qu’il ne pouvait, traversant les rues en essayant de ne rien abimer sur son passage, et surtout en priant pour ne blesser personne. Mais la Beast à ses trousses était d’une dangerosité folle, et guidée par la seule volonté de tuer, elle tuerait femmes et enfants sous ses griffes sans même y prêter attention. Ike ne le supporterait pas, et il ne pouvait certainement pas l’entrainer chez lui vers Queens Village où une grande partie de la population était concentrée.
Alors, Ike pris une décision hâtive. Bifurquant sur la gauche à l’angle d’une rue, il lança son corps sur une façade, grimpant à l’aide de ses muscles puissants. En hauteur, ils causeraient probablement moins de dégâts. Puis de toit en toit, il traça droit vers le Nord. S’il arrivait à atteindre les Berges de Little Bay, il pourrait prendre le passage de Throgs Neck Bridge qui le mènerait vers le Bronx. Il n’y mettait en temps normal jamais les pieds, mais il espérait en se rendant dans les méandres des ruelles sombres, pouvoir y semer aisément la bête. Peut-être même se ferait-elle attrapée puis emmenée aux arènes. Allez savoir.

Son plan avait fonctionné. La rapidité d’Ike, doublée de son esprit réfléchit et stratège lui avaient permis au bout de quelques minutes de courses poursuite seulement de semer l’animal. Cependant, Ike ne devait pas trainer ici plus longtemps, il ne pouvait pas se permettre d’être vu ou capturé. De plus, il ne connaissait pas l’endroit. Il avait foncé tout droit sans réfléchir, laissant son instinct animal guider ses pas, mais il se trouvait maintenant bien embêté. Le Bronx n’était pas vraiment un endroit fréquentable, et y être perdu était rarement bon signe. C’est pourquoi Ike ne pouvait se permettre de reprendre forme humaine pour demander son chemin, sans compter qu’il serait nu comme un ver.
Alors, après mure réflexion, Ike décida que s’élever à nouveau dans les airs serait une bonne chose. Sur les toits, il aurait suffisamment de visibilité pour retrouver son chemin, et il éviterait de tomber sur quiconque lui voudrait du mal. C’est ainsi qu’après quelques secondes de réflexion, il accéléra le pas et tourna dans une rue un peu sombre et reculée. Mais alors qu’il avait pris suffisamment d’élan et que ses pattes imposantes s’étaient mises à courir pour lui permettre de sauter sur la façade face à lui, il réalisa qu’une personne se trouvait à seulement quelques pas. Un homme, qui dans la ruelle sombre, avait échappé à ses yeux perçants. La première chose qu’il pensa fût de se savoir si ce jeune homme s’en prendrait à lui maintenant qu’il l’avait aperçu. Etait-ce un de ses chasseurs de Beasts ? Allez savoir !
Puis tout à coup, cette pensée d’envola, et Ike réalisa avec horreur, que s’il ne s’arrêtait pas, il allait tuer cette personne, qui sous la force de ses griffes, ne survivrait pas. Alors, il tenta de ralentir son élan, stoppant net toute l’énergie emmagasinée dans ses muscles. Mais il allait si vite, peut-être trop vite… Il ferma les yeux, incertain de l’issue de cette situation.

...








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Lun 17 Juil 2017 - 7:33


Un mauvais départ

Et tellement de mauvais souvenirs, qui reviennent.
L'habitude de l'arène le rendait dangereux ; contre son gré certes ; mais dangereux. Le risque omniprésent de l'endroit, et le gant retiré, rien ne lui plaisait. Il ne haïssait pas l'arène – parce qu'il ne haïssait rien – mais ça ne suffisait pas. L'ambiance, le danger, mais surtout, se servir de son pouvoir, de ce pouvoir... Ca ne lui plaisait pas. Et il s'est repris, lui, il s'est repris à enlever son gant, à y penser, à le faire, quand il se sentait un peu en danger. L'habitude certes, mais une dangereuse habitude. Qu'il n'aimait pas prendre. Pas du tout. Et il préférait sûrement se mettre en danger plutôt que d'avoir ce genre de reflexes. Même si c'était des Beasts, des espèces de bête sauvages assoifées de sang, Estevan n'avait jamais aimé l'idée de faire du mal à... un être vivant. Il y a été obligé plus d'une fois, mais c'était pour survivre, rien d'autre. Il n'aurait d'ailleurs jamais pensé y parvenir. Mais après tout ce qui était arrivé, c'était comme s'il vivait dans une autre réalité. Comme s'il ne se sentait pas totalement lui-même. Il n'était pas totalement lui même. En réalité une part de lui en était persuadé. Il ressemblait plus à un personnage de fiction qui avait les traits qui arrangeaient l'écrivain. Des traits qui avaient changé au cours du temps, des événements, de la peur et de la douleur. Alors du 'je ne ferais pas de mal à une mouche', il était passé au gars qui mettait à mort des animaux dans les arènes, hué par le public par son manque de sens du spectacle sûrement. Mais c'était la vie. C'était le côté pitoyable de sa vie. Il avait fait du mal, il en faisait encore, même s'il n'aimait pas ça, même s'il aimerait minimiser les dégats. Ca le torturait silencieusement. Silencieusement parce que même lui ne s'en rendait que difficilement compte. Plongé dans sa nostalgie, ses écrits et ses tasses de thé. Sans vraiment comprendre que c'est cette douleur, cette torture de culpabilité qui l'avait plongé là. Pour éviter qu'il n'en meure. Pour éviter qu'il ne sombre à en mourir.

Mais voilà, il n'y pensait pas. Il replongeait sur ce qu'il était, un peu avant, un peu plus jeune, un peu plus heureux. Il reprenait ce sourire, bien sur moins rayonnant, mais trâce de ce sourire quand même. Et il tentait de le garder. De vivre avec. Avec un état d'esprit pas trop mauvais. Qui lui permettait encore d'écrire et de se lever chaque matin. Comme ce matin, d'ailleurs. Il s'était levé, aujourd'hui. Une tasse de thé pour la première partie de la journée lui suffira. Il sortit ; ce n'était pas prudent, comme d'habitude, mais comment trouver l'inspiration si on restait constamment dans ma même pièce. Bien qu'il ai déjà écrit sur le temps qui passe si monotone tant tout semble d'un ennui face à la même chose, tout le temps. Mais bon. Il était sorti.

Et sa sortie ne fut pas paisible bien longtemps. Une Beast. Droit devant. Réflexe. Mauvais réflexe. Le gant, cette saleté de gant. Il le retirait déjà. Et il positionnait sa main quand à la bête sui lui fonçait droit dessus. Sa simple main. Sa simple... Contact des écailles de la bête avec la peau de sa paume, au niveau de la côte qui était la plus proche de lui après sa rapide esquive ; à droite. Parce que même en tant que jouteur il avait du mal à viser le visage comme ça. Et création de cette bulle d'anéantissement. Une seconde. Un centimètre de diamètre. Deux. Trois. Trois centimètres. Attendez stop. Stop. Il devrait arrêter. Il arrêta. Ca ne devait pas être si grave pour une Beast de cette taille, mais, il ne voulait pas tuer. Non, il fuira quand l'animal se relèvera, il...

L'animal ne se relevait pas. Non, il changeait. Il changeait pour...
Pour devenir un humain. Hoquet de choc le temps de réaliser. Il existe en ce nouveau monde de multiples pouvoirs, certains effrayants, d'autres passionnants, ou étranges, ou handicapants. Le monde était ainsi et... Et Estevan n'avait pas pensé à cette alternative. Il n'avait pas attaqué une bête sauvage assoiffée de sang. Il avait attaqué un humain. Un simple humain. Un pauvre humain, qui avait la peau trouée. Oh, god. Il voyait trouble. Estevan voyait trouble. Et respirait difficilement. Il avait du mal, tellement de mal à rester calme. Mais il s'y efforçait. Il avait blessé quelqu'un. Mais ça ne semblait pas mortel, pas encore, et... Et il fallait qu'il se reprenne. Qu'il le soigne. Il ne pouvait pas... Sa tête tournait. Le monde tanguait autour de lui plus que dans une mer agitée par un orage. Il tint ses tempes avec ses mains, tentant de faire cesser ce malêtre, de reprendre ses esprits, de... Non, il n'y parvenait pas. Il chassait les souvenirs de sa fille et de l'état de son corps. Il les virait comme il le pouvait. Et alors qu'il ne marchait même plus droit, il s'avança vers l'inconnu, posa sa main sur son front. Il était froid. Horriblement froid. Et alors qu'il peinait à respirer, Estevan tenta de le soulever. Avec quelques difficultés, mais il ne devait pas lâcher. Il allait... Se débrouiller. Avec un peu de chance la blessure sera moins profonde qu'elle n'aurait du l'être, c'était ce qui semblait en tout cas, comme si les écailles en avaient pris pour leur compte, protégeant la peau, les muscles et... Et au lieu de réfléchir, il avançait. Il n'habitait pas loin, et devrait... Le même au chaud. Et arrêter le saignement. Mettre un bandage. Désinfecter. Il avait tout ce qu'il fallait au moins ? Oh, il paniquait. Il paniquait silencieusement. « Excusez moi, je... » Trop perdu dans ses pensées pour entendre quoi que ce soit. Sa vue accaparée par la vision de la blessure. Il demandait juste à ce que l'inconnu ouvre les yeux. Qu'il soit plus ou moins conscient. Il s'excusera après, même s'il avait juste envie de fondre, de mourir, d'être enterré six pieds sous terre, tellement il... Il n'avait rien voulu de tout ça. Il n'avait pas voulu faire de mal. Il était désolé. Tellement désolé.


T.T:
 
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Mar 18 Juil 2017 - 12:30





Un mauvais départ


« - Be careful, I’m a monster -  » ▽ (Ike & Estevan)
Hiver de l'An II





Froid



Tout était



Si froid




Et la main tendre.. affectueuse et maternelle, dans la chevelure de coton glissa.
Un rire. Un souvenir.


C’est cette image empreinte de nostalgie, ce souvenir d’un temps passé, qu’Ike entraperçu dans les méandres de son esprit embrumé. Le souvenir d’une époque révolue – d’un temps oublié.


Que s’était-il passé ?






Dans cette ruelle sombre. Un moment, juste un petit instant… et tout avait disparu. Le temps. L’espace. Tout semblait s’être évaporé. Et dans son esprit, tout paraissait maintenant profondément vide, froid et blanc. Comme les contours d’un paysage à peine perceptible. Une aquarelle tout juste esquissée, si fragile. Et du son, il n’en discernait aucun. Si ce n’est le bourdonnement sourd d’une basse. Ronde et pleine. A la fois réconfortante et inquiétante. Comme la tête plongée sous l’eau, Ike ne percevait plus que l’écho sourd du monde. Et il semblait couler. S’enliser dans les profondeurs blanches de son esprit. Loin, très loin.

Tout était allé si vite. Le jeune Philia n’avait plus conscience de rien… Son corps d’humain, qu’il ne souvenait pas avoir retrouvé, s’était, un instant plus tôt, écrasé au sol de tout son faible poids. Et sa peau blanche, par la transformation pleinement mise à nue, se fondait à présent avec la neige hivernale. Aussitôt, la poudreuse immaculée se vit teintée de rouge. Un rouge sanglant. Un rouge brûlant, qui sans attendre se propagea et fit fondre l’épais tapis de flocons sur son passage. Et tandis que cette chaleur cuisante s’échappait, une sensation glaciale pris place dans le petit corps du jeune homme. Une sensation étrange et inconnue, qui fût suffisamment dérangeante pour provoquer une réaction chez Ike, presque inconscient. Sans toutefois ouvrir les yeux, il s’extirpa peu à peu de sa léthargie. Sa joue contre le bitume froid le piquait affreusement. C’était désagréable. Mais ce n’était rien comparé à la douleur déchirante qui semblait grandir de seconde en seconde dans sa poitrine. Sur son flan. Tout près de ses écailles... peut-être même dessus. Il ne savait pas bien… Encore à demi-conscient, Ike voulu porter une main à son torse, pour tenter d’atténuer cette douleur lancinante. Mais il ne put bouger. Malgré ses efforts et toute sa volonté, le froid le paralysait.


«  …  »


Ce n’était pas normal… Pas du tout. Cette sensation glaciale n’était définitivement pas normale. Jamais il n’avait connu ça. En quelques secondes le corps de Ike se mit à trembler, tandis qu’il réalisait avec terreur qu’il n’avait pas tant froid à l’extérieur qu’à l’intérieur – A l’intérieur ? … Que diable lui arrivait-il ? – Ses muscles, son sang, son cœur, tout semblait se refroidir à une vitesse folle, et le jeune homme peinait à présent pour rester conscient. Sa respiration faiblissait. Entre ses lèvres entrouvertes ne passait plus qu’un filet d’air, faible et irrégulier. Son esprit divagua… Et bientôt, alors qu’il semblait lutter contre le sommeil, il ne pût plus penser qu’à une seule chose.



Alors… Ça ressemble à ça ? Le moment… avant la mort.



Mais cette pensée sinistre et désespérée fut stoppée net lorsque son corps jusque-là rigide et immobile fût soulevé dans les airs. Supporté par deux bras puissants, tremblants mais suffisamment réconfortant pour diffuser sur le jeune Philia un souffle chaud et une agréable sensation d’espoir. Bientôt, son corps reposa contre le torse de cette personne inconnue. Et Ike, tout contre son visage, apprécia la douce sensation d’une étoffe, d’une salvatrice et duveteuse fourrure. Alors, lui qui n’avait plus montrer signe de vie depuis plusieurs minutes, sembla s’éveiller un peu, et dans un geste presque imperceptible, il appuya légèrement sa joue glacée contre la peau de bête, à la recherche d’un peu plus de chaleur.


«  Hmh…  »



Dans d’autres circonstances, Ike se serait insurgé contre lui-même. Pour avoir été si inconscient. Si idiot et si imprudent. Il maudirait une fois de plus cette Lune Rouge, son pouvoir, et toute cette maudite ville, qui jour après jour paraissait s’en prendre un peu plus à lui qui ne demandait qu’à vivre en paix. Doux rêve impossible dans ce qu’était devenu ce nouveau monde. Et dans d’autres circonstances, il écharperait cet homme. Cet étranger contre lequel il se blottissait en ce moment. Car Ike n’accepterait jamais d’être ainsi mis à terre. Mis à nu. Regardé. Humilié. Ce corps, son corps, dont il avait si honte et qu’il n’avait jamais osé montrer jusque-là se trouvait maintenant parfaitement exposé. Ses parcelles d’écailles à la vue de tous. Il ne l’aurait jamais toléré. Même blessé.
Oui, dans d’autres circonstances, il y aurait bien des choses que le Philia aurait voulu éviter. Mais présentement, il en était incapable. A peine conscient de sa propre condition, il ne pensa même pas à cet homme contre lui. A qui il était. A ce qui voulait. Ce qu’il ferait... Trop affaiblit par ce froid qui ne semblait pas s’amenuiser, il n’entendit pas même ce souffle, cette excuse à peine murmurée et entrecoupée par la panique et étouffée par le regret. Ike parvint seulement à réunir le peu de force qui lui restait dans un murmure, une plainte lancée à qui voudrait bien l’entendre.


« ……f…f-f-froid... »


Une seconde. Sous ses paupières à demie closes – Ike entraperçu une peau pâle ; quelques mèches blondes… Des brides d’informations qu’il oublia en un instant, lorsque ses paupières se firent soudainement trop lourdes, que son cœur ralentis encore un peu plus, et que sans qu’il ne puisse l’empêcher, tout devienne, cette fois ci, noir autours de lui. Il perdit connaissance, et tout disparut. Tout. Excepté cette vive douleur dans sa poitrine et ce sentiment irrépressible et humiliant de faiblesse.

...








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Dim 23 Juil 2017 - 1:46


Un mauvais départ

Et tellement de mauvais souvenirs, qui reviennent.
Il était dans un de ces états ; et Estevan allait le sauver, n'est-ce pas ? Il allait mettre cette panique de côté, délaisser sa peur et ses souvenirs, ne pas fermer les yeux trop longtemps pour ne pas revoir l'image du cadavre encore chaud de Elly. Ne pas revoir ces deux trous dans son dos, vestiges d'un câlin qui se sera révélé mortel. Il avait répété son erreur. Il avait levé son bras, posé sa main, utilisé sa paume. Il avait blessé, et il avait peut-être tué à nouveau. Mais ça n'arrivera pas, il tentait de se rassurer. Ca n'arrivera pas, personne ne mourra, il sauvera cet inconnu, il s'en faisait intérieurement la promesse, le serment. Il ne pouvait pas, de toute façon ; s'il mourrait, Estevan mourra avec lui. Pas par choix, mais surtout qu'il ne pourra pas vivre avec une deuxième mort sur la conscience. Il se laisserai s'empoisonner d'une mort lente, celle qui passait par ce monstre qu'on appelait dépression, celle qui te déshydratait de larmes et t'assoiffait d'une joie de vivre que tu perds un peu plus de jour en jour. Celle qui te tue psychologiquement parlant jusqu'à ce que ton esprit atteigne ce point de non-retour qui te fera faire un triste acte que l'on pourrait regretter.

Mais non, personne ne mourra. Il refusait, Estevan. Il sauvera la vie qu'il était en train d'ôter ; il ne laissera pas faire son pouvoir, il ne laissera pas faire la blessure ; il ne laissera pas faire la mort et le sang. Alors oui, malgré sa crainte, malgré sa peur, malgré ses regrets et sa haine de soi et de ses actes, il tenait bon. Il se concentrait sur le poids de l'inconnu, espérant ne voir que rapidement le toit de la simple maison où il habitait et plus l'image d'une blessure trop grande dont il était le faiseur. « ……f…f-f-froid... » Estevan l'entendit à peine, mais l'entendit. Il posa son genou à terre et avec le sien celui de son compagnon, retira son manteau à fausse fourrure sans hésiter une seconde de plus, recouvrit rapidement le corps du jeune homme aux cheveux blancs et contrôlant sa voix quand il se voulut rassurant et non pas paniqué, cette fois ci. « Tiens bon, d'accord ? » Il le tutoyait sous la précipitation des mots « Je ; nous sommes bientôt arrivés, je vais m'occuper de ta blessure, ça ira mieux. Je te demande juste de... tenir. Je t'en prie. » Rester calme. Ne pas penser à la mort. Ne pas penser à l'acte de donner la mort ; ne pas penser aux différentes façons d'employer le mot « tuer ». Mot qui tournait encore et encore dans sa tête pourtant, il l'avait tant utilisé dans ses écrits, sens propre ou figuré, mais c'était une réalité frappante ici, et non pas des images qu'une imagination forme autour de quelques syllabes.

Il se relève, Estevan. Il canalise ses forces et pompe dans ses réserves d'adrénalines, et atteint finalement l'endroit modeste qui constitue son foyer. Il reste bloqué devant la porte, cherchant ses clefs, introuvables. Alors il enlève son gant, pose sa main sur la serrure, il veut juste entrer rapidement, il doit entrer rapidement. Mais réutiliser son pouvoir si tôt a juste envie de le faire déposer sans aucune grâce les restes de son dernier repas au sol, et il sent son cœur monter au bord de ses lèvres en voyant sa propre paume dénudée du tissu qui la protège. Il respire. Il n'a pas le droit de faiblir. Il n'a pas le droit. Il respire. Il tente, plutôt. La machine ne fonctionne pas, et il se sent étouffer quand il porte l'inconnu jusqu'à son lit pour remettre le manteau sur lui et examiner la blessure qui lui déchirait le flan. Et Estevan suffoquait encore, peinant à inspirer quand ses poumons se bloquaient de terreur, et Estevan suffoquait encore quand il se leva chercher une trousse de premiers soins pour les administrer ; ses quelques compétences de médecins devraient être capables de soigner ça, hm ? Alors il va chercher, et administre les premiers soins.
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Dim 30 Juil 2017 - 0:15





Un mauvais départ


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Hiver de l'An II





Les heures étaient passées, et naturellement, le soleil doré planant sur la ville avait fait place aux premières lueurs crépusculaires. Les rayons rouges et blancs vinrent alors caresser le visage endormi de Ike, dont les fines paupières papillonnèrent un moment sous l’assaut lumineux. Premier signe de vie depuis que le froid s’était emparé de son corps plus tôt dans la journée. Les ténèbres s’amenuisèrent autours de lui. Et tout ce qui n’avait été qu’une noirceur floue jusqu’à présent sembla se dissiper peu à peu. Les yeux à demi-clos, le jeune homme demeurait tout de même encore légèrement embrumé. Incapable de se souvenir de quoi que ce soit, ses sourcils se froncèrent. Puis, sa main droite voulut se lever pour protéger ses yeux des rayons lunaires qui l’éblouissaient. Mais il stoppa net son geste, interloqué. Sa main était nue… Son gant retiré. Etait-il chez lui ? Il n’en avait pourtant aucun souvenir.

L’incompréhension et la peur lui firent ouvrir subitement les yeux, et sur un coude, Ike se redressa. Aussitôt, son visage grimaça. Quelle était dont cette affreuse douleur ? Sa tête allait probablement exploser ! Vivement, le jeune homme passa une main sur son visage encore endormi, massant légèrement sa tempe tant sa tête le faisait souffrir. Après quelques secondes, la douleur se diffusa quelque peu, et son regard se posa alors autour de lui. Le Philia se figea un instant. Il avait beau essayer, il ne reconnaissait pas cet endroit. Le mobilier lui était inconnu. Tout ici lui était étranger. Et soit dit en passant, il aurait probablement quelques trucs à redire sur la déco, notamment ce papier peint qui selon lui jurai avec la couleur des rideaux. Ike secoua la tête vivement. A quoi pensait-il ? Sans doute avait-il réellement pris un coup sur la tête…

Ce n’est que lorsque ses yeux se posèrent sur le lit où il semblait être étendu, qu’il comprit l’ampleur de la situation. Il se trouvait dans une chambre. Une chambre qu’il ne connaissait pas. Et ce, dans une demeure qui n’était manifestement pas la sienne. Cette maison était à quelqu’un… Un homme à d’après les quelques vêtements éparpillés qu’il pouvait apercevoir de là où il se trouvait. Le rouge lui monta aux joues lorsque la plus évidente des conclusions le frappa de plein fouet. Cette conclusion selon laquelle l’idiot qu’il était aurait passer une nuit bien agitée vraisemblablement en compagnie d’un illustre inconnu, le tout après s’être noyé l’esprit dans quelques litres d’alcool à en juger par les coups de burins répétés sur sa boite crânienne depuis qu’il avait daigné ouvrit les yeux…
NON. Non cette idée était stupide. Impensable même pour quelqu’un comme lui. Lui qui n’avait connu nulle relation depuis les évènements de la Lune Rouge. Rien. Personne. Pas même l’ombre d’une caresse ou d’un baiser. Lui-même ne supportait pas la vue de son propre corps, alors comment aurait-il pu en infliger la vision à quelqu’un d’autre ? Même son esprit faible, embrumé par l’alcool n’aurait pas eu raison de cela.

Alors Ike commença à paniquer. S’il n’était pas venu ici de son plein gré, il devait partir. Peu importe les circonstances, ne pas savoir où il se trouvait était dangereux, et rien ne lui prouvait que le propriétaire des lieux n’avait pas eu de mauvaises intentions en le trainant jusqu’ici. Ceci à présent très clair dans son esprit, le jeune homme entreprit de se redresser complètement, ignorant le manteau en fausse fourrure qui lui servait de couverture. Oubliées ses mains mises à nues, oubliés les tambours battants dans son crâne, plus rien ne lui importait, il voulait juste partir d’ici. Mais à peine eût-il posé pied à terre qu’il s’écroula de tout son poids.



« AAaaaargh !! »



Ike n’avait pas pu retenir ce cri, qui sur son passage lui déchira la gorge, mais ce n’était rien face à ce qu’il ressentait dans ses bras, ses jambes, ses chevilles… tout son corps était comme endormi, anesthésié. Et alors qu’il tenta de se redresser, il se souvint… Il se souvint de cette horrible sensation de froid qui avait un peu plus tôt prit part de lui. Que s’était-il passé ? Que s’était-il passé pour que ses membres soient encore endoloris maintenant ? Pour qu’il ne puisse même plus se tenir droit ?
Courber l’échine ne lui plaisait vraiment pas. Et même blessé, il se serait forcé à rester debout, préférant être achevé droit et fier plutôt qu’être mis à genoux. Mais aujourd’hui, malgré tous ses efforts, Ike ne put pas se relever, et ses yeux s’humidifièrent lorsqu’il réalisa avec horreur qu’il était nu. L’humiliation était totale, parfaite. Et s’il n’était pas en train de souffrir le martyr, il aurait probablement éclaté de rire devant tant de ridicule en une seule scène. Il était ridicule. Ridicule.

Puis, ses yeux fatigués longèrent son torse et s’échouèrent sur son flanc gauche, où un bandage laissait transparaître une large plaie ensanglantée. La vision de cette blessure sembla déverrouiller une partie de son esprit qui avait jusque-là vraisemblablement omis cette blessure. Alors soudain, Ike en devint parfaitement conscient, et sans qu’il ne puisse l’empêcher, la douleur jusque-là étouffée revint au galop. Son corps chuta d’autant plus à terre. Sa main contre son flan tentait d’atténuer la douleur qui surgissait par vagues. Ses écailles en avaient probablement pris pour leur grade. Comment ? Il ne savait pas. Ne se souvenait pas. Mais ça faisait drôlement mal. Ça piquait. Ça lançait. Le jeune Philia aurait tout donné pour que cela s’arrête. Et trop perdu dans la douleur et la honte, il n’entendit même pas les pas empressés s’approcher de la chambre.

Ike pleura simplement, silencieusement. Recroquevillé au sol, il frissonna légèrement. Seule sa main parvint à bouger, et après quelques efforts, il tirera un drap du lit jusqu’à lui, recouvrant au moins sommairement son corps. Il se faisait définitivement pitié. Même Plio n’était pas là…



« … merde… mais qu’est-ce qu’il m’arrive ? … »








...








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Ven 4 Aoû 2017 - 8:58


Un mauvais départ

Et tellement de mauvais souvenirs, qui reviennent.
Après s'être occupé de l'inconnu, Estevan a réfléchit. Après l'avoir couvert, et avoir effectué les soins d'urgences, il s'est posé. Il a quitté la pièce, allant dans celle d'à côté, il s'est assit sur sa chaise en vieux bois. Les coudes sur la table, les mains croisées sur le front, le regard bas. Sans toucher à un stylo, une feuille, non, il n'a rien extériorisé. Il est resté avec lui-même, avec cette même pensée, cette culpabilité. Il avait fait le nécessaire, maintenant, et laissait place à ces souvenirs qui le harcelaient pour revenir depuis qu'il avait failli commettre de nouveau l'irréparable.

Il l'avait aimé si fort. Il l'avait serré si fort. Il... Il entendait encore ses pleurs effrayés. Il voyait encore cette rougeur sur sa joue, quand il l'a découverte ainsi.

« Ca va aller, Elly. Papa est là. Ca va aller. »

Il laissa un rire cyniquer s'échapper de ses cordes vocales. Sa main découverte de gant était hors de contrôle. Il regardait ces paumes rouges. Il les regardait encore, et encore, se répétant intérieurement à quel point il les haïssait. Oh, oui. Ecrire sa rage finira par le calmer. Comme à chaque fois. Déjà il respire plus calmement ; il se laisse asseoir. Il n'est pas fait pour être en colère. Il n'est pas fait pour tout détruire, ou pleurer encore. Il est bon pour penser et écrire ses pensées. Il est bon pour sentir son cœur se serrer et respirer pour faire passer la douleur – juste, respirer. Se plonger un peu plus dans sa nostalgie, et sourire paisiblement. Se plonger dans ces courts moments de joie, se rappeler de ses sourires, ses propres sourires, les redessiner...

Un cri. Il sort de sa léthargie ; en fait tomber la légère chaise. La pièce voisine, le jeune homme – son réveil. Et Estevan se mort l'intérieur de la joue jusqu'au sang quand il voit son état. Mais il respire. Et se rapproche en tentant de, allez savoir, afficher un sourire rassurant, comme il le fait d'habitude. Il s'accroupit près de lui, tire la couverture en plus du drap déjà posé ; aurait aimé tenter de le porter pour le remettre sur le lit, mais, c'était trop risqué vu de sa blessure, mieux valait éviter les mouvements. « Evite de bouger, hm ? Ta plaie va s'agrandir, sinon. » Il le regarde dans les yeux ; avec son sourire doux et son visage fin. « Ecoute, je ne te... veux... » ça a du mal, à sortir « aucun mal. » Il ne lui voulait aucun mal, non, c'était involontaire, tout ça... Réellement. « Calme toi, ne bouge plus. Ca va aller, je m'occupe de toi. Ca va aller, laisse toi juste faire. » Tu soulève légèrement le drap, l'état du bandage ; lamentable. Il va falloir que tu t'en occupe. La vision du sang n'est pas un problème, tu as même de quoi faire des points de suture, ce qui sera sûrement nécessaire... Tu as suivi des études de médecine, tu as un minimum d'expérience, le soucis reste ce blocage que ton esprit fait, quand il voit la plaie, et qu'il réalise que tu en es l'auteur. Si tu avais eu tous tes moyens, tu aurais regardé de près la taille de la blessure,  aurait jugé la nécessité des points de suture, et... Tu es un idiot, Estevan. Juste un pauvre idiot.
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Ven 4 Aoû 2017 - 23:54





Un mauvais départ


« - Be careful, I’m a monster -  » ▽ (Ike & Estevan)
Hiver de l'An II





Ridicule ! Ridicule. Ridicule… Ce mot qui le définissait si bien en cet instant tournait en boucle dans la tête de Ike. Et il s’en voulait presque d’en être venu à penser une telle chose de lui-même. Comment en était-il arrivé là ?
Alors que cette question traversa une fois de plus ses pensées, quelque chose d’inattendu se passa. Toujours à terre, ses yeux fatigués frôlaient le sol. Et tandis qu’il nota qu’il n’avait jamais vu le monde d’aussi bas, une paire de bottes passèrent devant lui – rapides, alertes. Et bientôt un genou posé au sol lui fit face, avant qu’il ne sente un poids de plus sur son corps ; une couverture sans doute. C’était un peu lourd, mais doux et agréable. Il l’apprécia. Toutefois Ike fronça les sourcils lorsqu’une voix retentit.

« Evite de bouger, hm ? Ta plaie va s'agrandir, sinon. »

Interloqué par cette voix masculine à laquelle il ne s’attendait pas, Ike releva soudainement la tête. Et sans attendre, ses yeux d’ambres tombèrent dans ceux de l’inconnu – inquiets, légèrement voilés. Qui était-il ? Par instinct Ike pensa à reculer, à s’éloigner ne serait-ce qu’un peu – mais il y pensa seulement – son corps ne bougea pas. Le jeune homme resta simplement là, étendu au sol, ne faisant guère attention à l’inconfort et à la froideur de ce dernier. Il attendit simplement, contemplant un long moment l’étranger de ses perles dorées. Et soudain, il se souvint. Il se souvint de cette fourrure, douce et chaude, de ces cheveux blonds, qu’il n’avait pourtant qu’entraperçu, et enfin, il se souvint de ce visage… ce visage fin et pâle qui avait surgit devant lui dans cette ruelle. Ce visage qu’il avait bien faillit entailler de ses griffes meurtrières s’il n’avait pas… Quoi déjà ? Son esprit encore embrumé avait du mal à recoller les morceaux, et en cet instant, seul son corps porteur des stigmates de l’incident sembla se souvenir, étouffant difficilement un sursaut incontrôlé.

« Ecoute, je ne te... veux….… aucun mal.
  Calme-toi, ne bouge plus. Ça va aller, je m'occupe de toi. Ça va aller, laisse-toi juste faire. »


Aucun mal ? … Se laisser faire ? …
L’atmosphère sembla changer. Et l’esprit de Ike jusqu’à présent à moitié endormi se réveilla tout à coup lorsqu’il senti clairement le poids de la couverture s’amenuiser, puis l’air frais s’insinuer sur sa peau. Le blond avait uniquement voulu vérifier la plaie du jeune Philia, mais aux yeux de Ike, qui était si peu habitué au contact physique et humain, ce geste apparut comme dangereux et il voulut s’en éloigner.

« Ne me touche pas ! »

Son corps, sous le coup de la peur, enregistra une montée d’adrénaline, et diffusa immédiatement assez d’énergie dans tous ses muscles pour lui permettre de se redresser. Une fois assis, tenant fermement les draps contre son torse, Ike eu un réflexe. Un réflexe qui lui avait maintes et maintes fois sauvé la vie, mais qui aujourd’hui ne le rendu que plus misérable. Ainsi sa main voulut par automatisme saisir un de ses couteaux, qu’il avait l’habitude d’attacher à ceinture, mais cette fois-ci, il n’y trouva que du vide…
Pris de court, il saisit le premier objet qui lui tomba sous la main, un stylo qui trainait vraisemblablement par là. Aussitôt, Il tendit la pointe inoffensive vers son assaillant. Le ridicule s’intensifiait. Ike était sans défenses.  Le bras légèrement tremblant pointé droit devant lui, il sembla hésiter, avant que ses lèvres ne s’ouvrent lentement…

« C’est toi qui m’as fait ça… pas vrai ? »

Il savait. Il savait que cela n’avait été que pour se défendre. Il savait que cette blessure n’était que la conséquence de la peur de cet homme. Oui, cet inconnu avait simplement eu peur de lui, de la bête qu’il était. Mais Ike savait aussi, par conséquent, que le blond pouvait être dangereux. Son esprit rationnel le poussait donc naturellement à ne pas s’approcher de cet individu, de quelque manière que ce soit. Et puis… ils étaient dans le bronx, non ? Et ce type était un Dué – nul besoin de le vérifier sur sa nuque. Selon son expérience, rien ne bon n’émanait jamais de ce genre de personne – alors, il avait raison de se méfier… hein ? – Toutefois, il se rappela soudain du bandage sur son flanc.

« Mais… c’est toi qui m’as soigné alors… ? Je… »

Sa prise sur son ‘arme’ se fit plus faible. Tout se bousculait dans sa tête. Il ne savait plus s’il devait se montrer méfiant ou reconnaissant.









...








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Mar 22 Aoû 2017 - 23:38


Un mauvais départ

Et tellement de mauvais souvenirs, qui reviennent.
Se contrôler ; et contrôler ses pensées. C'était si simple à dire, si simple à se répéter, mais, garder son calme était si hardu, calmer son coeur était si laborieux. Peut-être devrait-il tout lâcher, exploser, crier, pleurer, frapper, hurler. Peut-être devrait-il se laisser aller, mais, Estevan n'est pas fait pour tout détruire, ou pleurer encore. Il retient tout, parce qu'il ne peut et ne veut pas se laisser aller. Il retient tout, laisse apparaître son sourire, oh, son sourire réconfortant, si doux, son visage est trop fin pour une quelcontre autre expression, n'est-ce pas ? Il n'a pas le droit de s'emporter. Il est calme, il le sera toujours. Et surtout dans cette situation ; il ne perdra pas le nord, il n'oubliera pas, il ne se laissera pas aller ; il ne tuera pas de nouveau, il sauvera cette vie, il... Oui, mais il l'avait quand même blessé. Il l'avait quand même fait souffrir, et il imaginait cette douleur, il la ressentait le parcourir, il la connaissait, il l'avait expérimenté, et, il... Il était désolé. Tellement désolé. Il pourrait pleurer, là, tout de suite ; mais même les larmes ne montaient plus, tant il s'était retenu des centaines de fois, maintenant ce n'était tout simplement plus dans ses habitudes. Pleurer était une façon de se laisser aller, et Estevan ne se laissait pas aller. Il mourrait intérieurement ; mais juste intérieurement. Extérieurement, il était un homme, un jeune homme, soigneusement coiffé d'une coupe étrange, au sourire discret mais infiniment bon.
« Ne me touche pas ! » Sa main prise d'un mouvement de recul, si son sourire disparaissait presque, son air et son ton doux restaient en lui, et lui restait proche. Il ne le touchait plus, mais restait proche, malgré le stylo brandit là, Estevan regagna juste une partie de son sourire – loin de la moquerie, un rictus affichant une mélancolie certaine – c'était une réaction naturelle, qu'avait l'inconnu, et Estevan n'avait rien à y penser, mais ça lui faisait juste se rendre compte de ce qu'il avait fait, avec cette misérable paume. « C’est toi qui m’as fait ça… pas vrai ? » Il baissa les yeux, le blond. Il était désolé. Il pourrait le dire dix, cent, mille fois, ça n'exprimera pas à quel point accablé. Et pourtant, que pouvait-il faire d'autre ? Sauf baisser la tête, et s'excuser. « Désolé » Il ne l'avait dit qu'une fois, mais ce mot avait puisé dans son cœur et dans sa force. Il ne pouvait pas revenir en arrière, il ne pouvait pas tout réparer comme ça, il ne pouvait pas effacer ce pouvoir, cette mutation, effacer cette paume. Si l'idée de s'amputer lui avait traversé l'esprit, il était trop lâche pour supporter la douleur, il était même trop lâche pour se rendre, il... était juste un minable qui ne savait pas ce qu'il faisait là. Pourtant, ces rares jours, sortant de sa nostalgie, il a regardé ses mains ; et s'est demandé comment il pouvait encore être la après avoir causé tant de souffrance. Il les as écorchées, ses paumes ; mainte et mainte fois. Il avait regardé le sang couler, avait hésité à retirer un peu la peau, mais devant lui ses mains tremblaient si fort, et son cœur tambourinait alors que ses nerfs hurlaient et ; il ne pouvait aller plus loin. C'est un minable, Estevan ; une ordure sans nom, qui vit dans le passé, qui vit dans le déni, et qui ne regarde sa vie que pour penser à y mettre parfois fin ; mais jamais sans y parvenir, jamais sans réaliser, toujours avec cette unique pensée qui résonne ; « je veux vivre ».
Il ne veut pas mourir, mais il pense ne mériter rien d'autre que ça. Il ne veut plus faire souffrir quiconque, mais n'arrivera jamais à se faire souffrir lui-même pour arrêter ça. Il est faible, sûrement égoïste, certainement sans aucun cœur. Alors il baisse la tête, il a honte, il s'excuse. Il inspire, expire, encore une fois, tout aussi fort, mais de manière plus discrète et contrôlée. Il relève la tête, [/i]« Mais… c’est toi qui m’as soigné alors… ? Je… »[/i] et répond directement.

« Ecoute ; je dois te soigner. J'ai fais des études de médecine, je peux m'occuper de ça, je... » Il reprend, plus bas. « je ne saurais exprimer à quel point je m'excuse pour ça, c'est au delà des mots. Mais je ne veux pas que tu... je n'ai jamais voulu... » il ne trouve plus ses mots. Sa voix se brise simplement quand il essaye de s'expliquer, de se justifier ; il n'y a rien à justifier. Il ne devrait même pas parler. Loin de lui l'idée de vouloir se faire pardonner, il voulait juste ; sauver la vie de ce jeune homme. « je t'en prie laisse moi te soigner... »
[/color]
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Jeu 31 Aoû 2017 - 10:35





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Hiver de l'An II





Douleur. Souffrance. Remord…


Ces intenses mais malheureuses émotions emplissaient à présent parfaitement l’espace confiné où les jeunes hommes se trouvaient encore, genoux au sol, fébriles tout deux. A nouveau, Ike eu un court instant de flottement. Il ne comprenait qu’avec difficulté le comportement du blond face à lui ; Un sourire triste, étouffé. Une excuse, murmurée à demi-mots, déchirante. Et aussi surprenant que cela puisse paraitre, la peur se lisait dans les yeux de l’inconnu. Le regret aussi. Ce dernier fût par ailleurs si marqué, si profondément sincère et presque palpable, qu’il fit raisonner quelque chose en Ike. Bien caché. Tout au fond de lui. Probablement ce sentiment bien particulier appelé compassion, dont il avait maintes et maintes fois entendu parler autrefois mais qu’il n’avait jamais eu l’occasion ni l’envie d’expérimenter. Sans doute trop solitaire. Probablement trop égoïste. Alors oui, il pouvait le dire sans rougir, ce sentiment de regret exacerbé réveilla en lui une sorte de peine qu’il ne connaissait pas. Et il frissonna tant il ne s’attendait pas entrevoir la moindre parcelle de ce genre d’émotions dans le regard d’un homme pourtant à l’origine de sa blessure.

Touché par tant de sincérité dans le regard d’un seul homme, il abdiqua. Lui, le Philia d’accoutumé barricadé derrière tant de barrières, physiques et psychologiques, céda sans la moindre résistance. Voilà qui en ferait sourire quelques-uns. Mais qu’ils rient – et à gorges déployées s’ils voulaient – Ike n’en avait que faire. Pour une fois dans sa jeune vie, il suivrait ses émotions, son instinct, et non plus un raisonnement logique longuement et finement établis. Il n’avait de toute manière ni l’envie ni la force de réfléchir convenablement aujourd’hui. Alors, quitte à en faire les frais plus tard, il décida, pour la première fois depuis des années, de faire confiance à une autre personne que lui-même. Advienne que pourra.


« D’accord… »


Il accepta ainsi de se faire soigner. Après tout, avait-il réellement le choix ? Il avait mal, et n’avait pas la moindre idée de l’ampleur des dégâts. Alors, il ne pouvait décemment pas se permettre de refuser l’aide qu’on lui proposait, d’un médecin de surcroit, une chance pareille était presque inespérée. Car depuis la Lune Rouge, combien de fois avait-il vu des gens blessés, livrés à eux-mêmes pour penser leurs blessures ? Blessures qui ne guérissait pas toujours. Auxquelles les malheureux ne survivaient pas toujours. Des vies envolées qui, avec les soins de quelqu’un de compétent, auraient pu être sauvées. Alors oui, aujourd’hui, Ike ravalerait ses doutes et sa fierté, et se laisserait soigner. Cet étranger le lui avait promis.


« …Nh ! »


Difficilement, le Philia se redressa, grimaçant sous la douleur encore vive. Les minutes avaient passées et – son esprit maintenant désembrumé – il sentait à présent beaucoup mieux son corps. Après un dernier effort, il parvint à se hisser sur ses deux jambes. Ses genoux flageolaient, et ses mains, tremblantes, serraient toujours fermement draps et couverture contre lui. Il attendit une poignée de secondes, puis, il se rallongea sur ce même lit où il s’était éveillé un peu plus tôt. Un soupir retentit. Mine de rien, ce simple effort lui avait arraché une dose considérable d’énergie, il se sentait toujours un peu faible. Mais ça irait maintenant… Ça irait, n’est-ce pas ?
Les yeux dorés du jeune homme se reposèrent alors dans ceux du blond face à lui, le jaugeant quelques secondes. Puis, lentement, ils descendirent sur son propre corps, et avec hésitation, sa main fine et blanche souleva un pan du drap blanc, dévoilant parfaitement son flanc. A vue d’œil, le bandage devait mesurer une quinzaine de centimètres. Ce n’était pas très large, mais Ike, au vu de ce qu’il ressentait, pouvait aisément deviner une blessure relativement profonde, une de celles qui ne guérisses pas facilement. Il allait sans doute déguster dans les semaines à venir.
Ses yeux remarquèrent ensuite qu’une large partie de ses écailles étaient à découvert, sur le haut de son flanc et sa hanche... Elles étaient abimées, certaines arrachées, rien de suffisamment grave pour se retrouver également sous le bandage, mais à cet instant, Ike aurait préféré qu’elles soient, elles aussi, bien cachées. Sa part reptilienne lui faisait honte. Et soudain, quand il réalisa avec horreur qu’il lui faudrait d’avantage un vétérinaire qu’un médecin, il serra les dents, honteux, furieux, triste aussi un peu.

Voulant cacher aux yeux de l’inconnu son regard à présent voilé et humide, il tourna son visage de l’autre côté, face au mur, et son bras vint recouvrir son visage, dissimulant ce qu’il ne voulait pas exposer ; Ses écailles sur sa joue. Sa gêne. Sa faiblesse… Tout de lui. Il parvint toutefois à murmurer quelques mots, d’une voix qu’il voulait assurée et un tantinet exigeante.


« Je te laisse faire monsieur le docteur. Mais ne regarde pas mes écailles, d’accord ? ... C’est dérangeant. »


Il savait que cela n’avait aucun sens de formuler pareille demande dans une telle situation. S’il devait le soigner, l’homme serait forcé de regarder. Il ne pouvait en être autrement. Ike en était conscient mais.. il ne pouvait pas s’empêchait de penser que le regard de quelqu’un d’autre sur ce qu’il était vraiment serait insoutenable. Alors, son propre regard détourné de la scène, le Philia se plairait à imaginer un pseudo médecin suffisamment doué pour le soigner les yeux fermés.


« N’ai pas peur d’y aller franchement, plus vite ça sera terminé, mieux ce sera. Et … une fois que tu auras fini, prête-moi des vêtements s’il te plait. Je n’ai pas pour habitude d’être si découvert. »

Son ton était ferme, mais pas agressif. Il ne se permettrait pas de l’être. Il ne se permit pas non plus de demander quoi que ce soit pouvant cacher ses mains et son visage. Il en demandait déjà bien assez à cet homme dont il ignorait même encore le nom, il ne voulait pas non plus passer pour un assisté ou un opportuniste ; Il se passerait donc de son masque et ses gants quelques temps. Un pantalon et un pull chaud ferait sans doute parfaitement l’affaire. Simplement de quoi traverser la ville enneigée jusqu’à chez lui sans mourir de froid, et tant pis pour ceux dont les yeux un peu trop curieux apercevraient par malchance ses écailles.

« Au fait, moi c’est Ike. »








...








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