j'ai des trous dans la tête ✿ ft. zoé

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Mar 6 Fév 2018 - 2:21






j'ai des trous dans la tête


ft. SAERI'I + ZOÉ
Tu te sens terrible, Saeri’i. Cette sensation de nausée ; familière après tant d’opium dégusté. Tu te sens chavirer ; balloté par les flots de ton estomac malmené. Alors que les vapeurs se dissipent et que ton client s’en va, amenant une bouffée d’air frais dans ton salon saturé, tu sens un nouveau haut-le-coeur te frapper. L’épine dans ton flanc se rappelle à toi et bientôt, tu sens pulser cette douleur que tu avais réussi à oublier. Doucement, lentement, tu la sens revenir ; incessante.

Tes doigts caressent sans vraiment y penser les gouttelettes de sang séchées qui ornent tes joues comme des dizaines d’étoiles ; cousines lointaines de tes tâches de beauté qui s’élancent sur tes pommettes dorées. Un pétale solitaire est encore accroché à tes cils salés ; ersatz de la tragédie passée.

Tu sens ta petite Wisteria s’agiter ; ses tentacules commencent à voguer dans ton espace privé. Elles volent autour de toi, rubans translucides agrémentés de quelques tâches colorées ; de quelques fleurs aussi arrachées pour être remplacées. Ton esprit est embrigadé ; emporté par le flot des images que ton anima souhaite te faire partager. Ces souhaits ; ces pensées sont teintées d’un éclat violet comme les pétales de la fleur qui t’a blessé.

Son inquiétude est palpable alors que des petits trèfles ornent ses tentacules agitées. Tu lui offres un sourire tendre pour la rassurer ; ce n’est pas grand chose, qu’une simple éraflure qui ne saurait tarder.

Tu te diriges vers un des miroirs de ton salon ; celui que tes clients aiment s’approprier pour s’abreuver avidement des changements que tu apportes sur — et sous — leur peau abimée. Sous leurs yeux se dévoilent quelques animaux ou autres végétaux qu’ils auraient commandés ; d’autres préfèrent les motifs tribaux dont ils ne sauraient comprendre la complexité. Et puis certains, plus discrets, viennent pour se faire recouvrir la nuque, pour pouvoir enfin vivre et survivre hors de se trou-à-rat, pour éviter les hordes d’Agapès et d’Éros toujours à les talonner. Ce n’était qu’un tatouage de plus à réaliser ; transformer ce qui les marquait comme des criminels, des hors-la-loi à arrêter pour devenir la blanche colombe que la Garde s’acharnait à protéger.

Tu ne t’es jamais décidé à recouvrir ces ailes ; symboles d’une liberté oubliée ; enfermées par ce gouvernement sans-pitié. Et puis, tu les trouve même à ton goût ces ailes brisées, même si elles t’empêchent d’aller voir ta soeur ; comme tu le sens, au gré de tes envies et de tes sentiments. Mais après ces années, tu t’y es fait finalement, et ce n’est plus qu’un petit regret ; une asphodèle qui éclôt doucement le long de ta nuque, recouvrant ce tatouage par ses pétales d’une blancheur immaculée.

Finalement tes prunelles azurées se placent dans leurs comparses et tu remarques enfin ta vision troublée. Ce n’était donc pas un effet de tout l’opium que tu as ingéré ; c’est un miracle que tu aies réussi à finir le tatouage que l’on t’avait commandé.

Un sourire éberlué peint tes lèvres séchées ; tu ne sais pas trop quoi penser de ce tableau qui se dessine sous ton nez. Il est clair que tu ne pourras pas continuer en te laissant aller ; tes mains agrippent sans même y penser le petit appareil que ta soeur t’as refilé. Un appareil dernière génération qui te permet d’accéder au steamgram sans trop te faire repérer. Tes doigts pianotent doucement sur les touches, tu changes le mode de ton appareil pour passer sur la fréquence propre au Bronx, aux échanges autre magouilles qui prennent place entre ses habitants.
« J’ai un petit problème dans ma plantation et mon œil gauche est hors-compétition, aurais-tu un remplaçant sous la main ? Je te fais un tatouage totalus gratuitus si tu as ça. Thnx — Hylo. »
Tu soupires et te détourne de ce reflet déformé ; abimé. Wisteria a déjà lu dans tes pensées et à ouvert la boite que tu gardes précieusement à côté de tes pipes ornées. Pavot séché et un vieux zippo malmené. Tu choisis au hasard une des pipes alignées avant de la fourrer ; de l’allumer ; tu la portes à tes lèvres et prends une bouffée salvatrice. Il n’y a plus qu’à attendre et patienter ; quelques coquelicots pointent déjà le bout de leur nez au creux de tes cheveux tressés.


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Épine d'Aubépine - Douleur
Trèfle - Inquiétude
Asphodèle - Regrets
Coquelicot - Tranquilité
 



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Ven 9 Fév 2018 - 12:48


Trous dans la tête.

Sapristi ! Ils étaient tenaces, ceux-là. Ça devait bien faire une heure qu'ils me courraient après à travers le Bronx, même mes passages préférés pour semer des poursuivants n'avaient pas suffit ! J'avais connu des Eros motivés mais là, ça forçait le respect : même s'ils voulaient me vendre à Maxwell, je ne pouvais que les féliciter. Enfin, bon, je n'allais pas les laisser réussir pour les récompenser non plus. Ils étaient trois, trop pour que je l'emporte au combat, et je n'avais aucune envie de pourrir en prison, d'être pendue ou… pire.
 - Allez Zoé ! On va les avoir, t'inquiète, ils fatiguent ! Personne ne nous bat à la course-poursuite ! Duo Ostensiblement Célère, c'est nous !
Je lui aurais bien répondu, mais je partageais moyennement son optimisme. Mieux valait économiser mon souffle… Saleté, le pouvoir d'un des trois était de les rendre infatigables ou quoi ? Je devais trouver un plan B, utiliser ma tête et non mes jambes…

A ce moment, ma poche se mit à vibrer. Ha ! Peut-être une solution ! Je saisis mon Steamgram tant bien que mal, et lu le message. Bon, niveau aide, on repassera. C'était pas un combattant, je ne pouvais pas aller chez lui pour qu'il m'aide ! Saleté de connerie de purée de merde, j'allais finir en décoration suspendue de la place publique si ça continuait ! Je savais qu'ils avaient l'air bizarre, et leur proposition aussi. Toute une nuit entière à qua- Ha bha ça confirmait en fait, l'un d'eux avait un pouvoir d'endurance. Super ! Heureusement que je les avais envoyé bouler en-
 - C'est même pas vrai, t'avais dit oui et c'est moi qui ai essayé de mordre son anima écureuil et ils ont cru qu'on avait brûlé leur couverture. Et du coup ils ont pas pu te mettre sous la leur !
Je savais déjà que Lenny aimait pas trop qu'on me touche, mais pour le coup, ça nous avait plutôt aidéMême si j'étais pas tirée d'affaire… Vite, vite, un truc, n'importe quoi, qui pourrait m'aider ! Me servir de mon environnement, c'était une de mes forces et ils allaient y goûter !

Et là, mon œil de lynx repéra ce qu'il me fallait. Un groupe de Dués pas très sobres, le genre qui a l'air bien bagarreur. Paaaarfait !
 - Hey vous ! Il y a trois de ces connards d'Eros derrière, donc barrez-vous vite ! Ils sont trop forts même pour vous !
Instant de surprise ; puis les rictus se dessinaient. Ils me reconnaissaient – on était revenu près de chez moi – et ne pensaient qu'une chose : si ces mecs foutaient les boules à la Zoé, ça promettait d'être un putain de combat. Ils allaient montrer à cette pétasse qu'ils étaient plus forts que ces trois abrutis, et donc qu'elle !

J'étais pas spécialement manipulatrice, mais n'importe quel idiot aurait compris que demander de l'aide aurait eu l'effet inverse. Mes trois poursuivants se heurtèrent au groupe imbibé ; pourvu qu'ils les retiennent assez longtemps ! Un croisement, deux chemins possibles : je m'embarquai dans l'un, renversai brutalement une poubelle qui traînait et pris l'autre. Un coup assez basique, mais qui se révélait parfois salvateur…

Après une dizaine de minutes de course, je me stoppai et attendis. Je devais être sûre que plus personne ne me suivait avant d'aller chez Sae, 'pas envie de lui apporter des ennuis. Et puis, quand j'eus attendu assez longtemps, je me dirigeai vers la maison de mon ami, en passant par ma planque pour prendre un œil. C'était plutôt dur à collecter : contrairement aux organes internes, si je le piquais à quelqu'un de vivant, ça le handicapait : il ne voyait que le cube et ma planque, ce qui était ni cool pour lui, ni pour moi. Du coup, je devais trouver des gens morts récemment, avant que l'œil ne soit abîmé. Mais pour un tatouage et un ami, ça en valait la peine !

Je frappai à sa porte, et Lenny annonça joyeusement :
 - Service des Contrôles Sanitaires, veuillez ouvrir ! Nous avons reçu une plainte sur la présence de plantes nées d'un mauvais entretien dans votre salon de tatouage !
Parfois, Lenny était encore meilleur que moi quand il était question d'entrée en scène ♪
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Dim 8 Avr 2018 - 22:15






j'ai des trous dans la tête


ft. SAERI'I + ZOÉ
T’es pas très net, Saeri’i.
T’es jamais net, soyons honnête. Tu prends une énième bouffée, observant lentement la fumée s’enrouler devant tes yeux explosé. Tu t’es installé dans un des fauteuils qui ornent ton salon de tatouage. Hérité de l’ancien proprio — ton maître de stage, celui qui t’avait tout enseigné. C’était un miracle que tout soit encore en état une fois la lune rouge passé. À croire qu’une quelconque divinité veillant encore sur toi — ah, la bonne blague.

Tes doigts viennent caresser sa pommette abimée, n’osant pas approcher de cet oeil crevé ; éclaté ; pupille étoilée, iris ensanglantée. C’est drôle de voir ; d’observer ce qu’une simple sensation, une simple émotion peut détruire ; peut créer. Alors tu te drogues, pour oublier. Tu te drogues pour calmer cette marée qui monte en toi dès que tu te mets à penser. Tu n’es pas construit pour réfléchir à la vie, Saeri’i. Il vaut mieux se laisser aller, vivre la vie du bon côté et perdre quelques heures — ou secondes à rêvasser.

Ces minutes coulent et s’écoulent ; elles s’éclatent et se dilatent.
Après tout, le temps n’est qu’un concept ; une idée créé pour l’humanité afin de se repérer. Pourquoi ne pas créer ta propre entité ; décréter que tout ce temps ; cette substance lasse faite de mélasse qui vient de passer était en fait une unité — une succulente. Tiens, ce serait drôle de penser en succulent. Tu t’imagines déjà dire à Au’ura qu’elle peut passer dans deux succulentes et demi, et ne sois pas en retard hein soeurette !

Un jardin violet ; pourpre ; magenta ; bleu électrique se forme sur tes avant-bras. Tant de gloires du matin qui montrent ton amusement presque enfantin ; face à ces découvertes ; face à ces inventions ; face à ces drôles de formes, ces couleurs, ces sons. Un coup — deux — trois, comme le début d’une pièce de théâtre.
— «  Service des Contrôles Sanitaires, veuillez ouvrir ! Nous avons reçu une plainte sur la présence de plantes nées d'un mauvais entretien dans votre salon de tatouage ! »
Éclat de rire étranglé ; tu t’étouffes avec cette fumée que tu viens d’inhaler. Tu ne t’attendais pas à entendre cette voix ; presque criarde. Tu ne t’attendais pas à entendre ces mots ; décalés. Ton rire se fait plus prononcé alors que tu essayes d’énoncer un
— « Entrez ! »
Tu ne tergiverses même pas avant de les inviter. Tu les connais ; malgré ton esprit un peu fatigué. Tu sais bien qui vient enfin d’arriver — après une succulente, déjà tout ce temps passé ! Ta tête roule contre le dossier de ton trône de cuir ; ta nuque de brise pour les regarder dans un miroir déformé ; la tête par terre et les pieds au plafond. Tu t’esclaffes une nouvelle fois face à cette vision et leur fait signe ; ta main bouge indistinctement, de s’approcher.
— « Zoé ! Lenny ! Lenny ! Zoé ! Zonny ! Loé ! Vous êtes arrivés ! » déclare-t’il, sa voix un peu enrouée.
Ton anima semble alors se réveiller, quelques crocus dorés le long de ses longues tentacules se créent. Celles-ci s’agitent — soubresauts incontrôlés pour tenter de dire bonjour au requin qui vient d’entrer. Elle se pose délicatement sur le haut d’une des armoires afin de ne pas blesser le pauvre Lenny qui n’aurait rien demandé.  
— « Vous n’allez pas me confisquer mes plantes hein ? Sonic c’est toute ma vie, regardez comme il est joli. » dit-il, se relevant subitement pour aller prendre un petit cactus orné d’une simple fleur orangée. « Je l’ai appelé Sonic parce qu’il a du piquant. Ah ! Get it ? » finit-il en rigolant.


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Mer 2 Mai 2018 - 13:44


Trous dans la tête.

Nous entendîmes un drôle de bruit de l'autre côté, entre rire et étranglement. Hou là, Lenny allait vraiment finir par tuer quelqu'un de rire…
 - Entrez !
Tch, Saeri'i ! Il devrait fermer à clé, je le lui avais dit cent fois ! Déjà que c'était pas un grand combattant, mais drogué en plus… Parce que eh, manifestement, il avait déjà commencé. Le v'là la tête renversée, mort de rire devant son reflet.
 - Zoé ! Lenny ! Lenny ! Zoé ! Zonny ! Loé ! Vous êtes arrivés !
J'avançai sans hésiter, mais Lenny restait en retrait.
Et bien ?
… J'aime pas quand vous êtes bizarres.

Ha bha ça ! C'était la meilleure ! C'était lui le plus bizarre de tous, ce que je ne manquai pas de lui faire remarquer
C'est pas la même chose ! Moi je rigole pas comme un débile devant un miroir et je mélange pas les noms !
Mais t'inquiète pas, on est plus cons mais pas plus méchants.
Mwé… Wisteria au moins, elle est aussi bizarre mais pas flippante !

Sur ces mots, il alla rejoindre la méduse sur l'armoire, tout en essayant de ne pas se frotter aux tentacules. Bon, il grimaça une ou deux fois quand il les toucha par accident, mais il préférait en rire.
 - Vous n’allez pas me confisquer mes plantes hein ? Sonic c’est toute ma vie, regardez comme il est joli. Je l’ai appelé Sonic parce qu’il a du piquant. Ah ! Get it ?
 - Ça, mon bon monsieur, vous connaissez la règle ici : la corruption ou la sanction ! Quelques tatouages devraient faire l'affaire. J'ai plusieurs idées, mais à vous de me conseiller… Mais je vous confisquerai quand même ces plantes sur vous, ça donnera bien dans mon salon. Ho, et…
Je saisis une préparation d'opium et continuai d'un ton sévère :
  - De mieux en mieux ! Substances illicites ! Vous aggravez votre cas !
La règle ici, c'était que tout le monde était sous opium. Pour la douleur d'une part, puis parce que sinon, c'était la fête florale dans son corps. J'avais pas trop envie qu'une épine lui perce l'œil au moment de me percer la peau… J'étais là pour le débarrasser de ses plantes, pas en ajouter ! D'ailleurs, je sortis le globe oculaire que j'avais pris avec moi, et mon matériel de découpe
  - Vilaine plaie à l'œil, en tout cas. Ce modèle te va ? Bon, ça te fera des yeux vairons, mais avoue que c'est un vert superbe. Si ça te va, tu peux déjà t'allonger pour que je coupe les plantes. Joli jardin, en tout cas ! C'est quoi ça, comme plante, dans ton œil ?
Eh, tant qu'à faire de la botanique – je me sentais parfois plus jardinière que médecin –, autant en apprendre le plus possible.

De son côté, j'entendis Lenny demander à Wisteria :
 - Alors, quoi de neuf depuis la dernière fois ?
Je souris légèrement : d'habitude, il ne manquait pas de commencer par raconter ses propres histoires, pendant des heures. Je lui avais dit de faire un effort pour écouter l'autre avant, et il semblait suivre le conseil ! Et puis, c'était pas très passionnant de me voir opérer ou de voir Saeri'i tatouer, alors heureusement qu'il y avait l'autre anima pour l'aider à passer le temps…
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Sam 25 Aoû 2018 - 23:10






j'ai des trous dans la tête


ft. SAERI'I + ZOÉ
Tu en ris Saeri’i.
Tu en ris jusqu’à en pleurer Saeri’i.
Parce que, au final, la douleur n’est plus qu’une arrière pensée, perdue comme tous les ersatz de fumée en train de se disperser. Ton cerveau a du mal à assimiler, tu n’arrives même plus à aligner deux réflexions avant d’abandonner. Au final, tout est plus doux dans ce monde embrumé, tout est plus simple lorsqu’on laisse son cerveau de côté. Tu rigoles face à Zoé, face à cette belle demoiselle qui est venue sans sourciller, qui n’hésite pas à te confier sa peau alors que tu as parfois du mal à parler. Dans un autre monde, dans une autre vie, tu te serais peut-être émerveillé face à cette amitié — mais tu sais mieux que tout ceci n’est que le reflet brisé de la vie étrange que vous tentez de mener. Alors, tu te laisses simplement aller ; riant à pleine dents.

Tu déposes ton cactus sur le coin d’une table, maintenant qu’il ne t’est plus d’aucune utilité. Déjà ton esprit est parti vers d’autres contrées, essayant d’imaginer ce qui pourrait marquer la peau de Zoé. Tes pensées tournent et se retournent autour de l’encre que tu pourrais utiliser ; des aiguilles pour perforer ; du motif qui va se dessiner au bout de tes doigts abimés. Tu t’avances ; tu tangues avant de te stabiliser sur le dossier du canapé. Tu as peut-être un peu trop forcé la dose d’opium, mais ça faisait longtemps que ton système nerveux n’avait pas été touché. Et puis, tu vois, la dépendance ça fait aussi des dégâts.

Tu t’allonges sur ton fauteuil à tatouer — va savoir comment tu y es arrivé et offres un grand sourire à celle qui veut bien te soigner.
— « C’est un colchique, c’est joli n’est-ce pas ? » dis-tu, en caressant du bout des ongles les pétales violacés couverts de taches sanguines à moitié séchées. « Tu peux tuer quelqu’un avec, suffit de l’ingérer, c’est un poison assez puissant tu sais ? On l’appelle parfois le tue-chien, mais j’aime pas qu’on tue les chiens moi. C’est gentil un chien, quand ça te voit ça remue la queue, et ça a l’air tellement heureux ! Parfois j’aimerai pouvoir devenir un chien, je pourrai courir partout et me gratter les puces tranquillement. » 
Quelques fleurs blanches se mêlent aux éclats rouges du pavot au creux de tes cheveux, de quoi réapprovisionner ton antidouleur préféré. La douce odeur du jasmin chasse un peu celle de la fumée — un peu comme une bougie parfumée. Uh, tu te demandes un instant si tu peux t’allumer mais ton esprit vagabond est déjà passé à une autre préoccupation. Dans la main de Zoé se trouve un oeil à l’iris verdoyante, comme tu l’as toujours rêvé. Tes yeux brillent de mille feux et comme un enfant tu relèves le regard pour t’exclamer.
— « Wow c’est trop joli, on dirait la couleur de la carapace un scarabée ou non, attends mieux ! Celle d’une mouche à merde. Merci merci merci Zoé c’est parfait. » dis-tu, ravis, un sourire au coin des lèvres et quelques gerberas rejoignant la marée dorée de tes clavicules dévoilées.

De grosses anémones violacées prennent place sur tes jambes dénudées alors que Wisteria t’envoie une image amusée, elle-même couverte de petites fleurs rouges et dorées. Elle tournoie doucement autour de Lenny, essayant de faire attention à ses tentacules rassemblées pour ne pas blesser le requin-tigre qui l’amuse tant. Elle essaye de lui communiquer ses nouveautés à grand renfort de tourbillons et de gesticulations, ne pouvant pas vraiment faire autrement.
— « Tu veux que je rajoute quelques colchiques au milieu de tes nuages ? Cette petite te correspond bien, elle peut tuer mais aussi sauver quand elle est bien préparée. Et puis la couleur met tellement tes yeux en valeurs, comme deux bonbons qu’on a envie de dévorer. » dis-tu, ton unique oeil vaillant fixant ces prunelles dont tu viens de parler.


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Colchique - Nostalgie
Jasmin - Rêve
Pavot - Rêve
Crocus jaunes - Joie
Gerberas - Joie
Anémone - Spontanéité
 



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