Et lui qui espérait encore ...

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Dim 18 Mar 2018 - 21:32


Et lui qui espérait encore ...
3 jours. Cela faisait 3 jours qu'il était là. Sa barbe était bien plus longue qu'à son habitude et ses cheveux devenus gras gisaient sur son front, barrant ses yeux éteints. Assis sur le canapé de son ami, il n'avait pas dit un mot depuis, il n'avait même pas osé le regarder, il avait seulement agit comme un mort-vivant. Se mettant à table quand Ryu le faisait, mais bien incapable d'avaler quoi que se soit il s'était contenté de fixer une chose invisible sur la table. Il se levait parfois, surprenant le japonais pour se rendre dans la salle de bain, restant enfermé un moment. Et sans un bruit, il se regardait, yeux dans les yeux avec son reflet, incapable de dire s'il était encore cet homme, s'il était encore seulement humain.

Mais le pire durant ces 3 jours, c'était ce bras.
Cette monstruosité …


Aujourd'hui il s'était de nouveau levé, pourtant dans ses yeux il y avait une lueur, une lueur qui était inconnue à Banjo, mais elle ne l'aimait vraiment pas. Elle qui ne l'avait jamais accompagné, cette fois-ci, elle releva la tête, faisant un mouvement pour prévenir Ryu que quelque chose n'allait pas.

Elis n'était plus que l'ombre de lui-même et bien que Banjo n'ait jamais pensé au pire venant de lui, peu importe les années et les conneries qui lui était tombé dessus, aujourd'hui elle n'était plus sûr de rien et elle avait même l'impression que le lien qui les liait, s'estompait petit à petit, comme s'il était en train d'abandonner.

Le soldat referma la porte derrière lui, trop vite pour que son anima puisse entrer et soudain, elle fut incapable de le sentir, incapable de deviner ce qui lui traversait l'esprit. Comme si cette porte avait brisé ce lien immuable entre un anima et son lié.

Ryu ! Y'à un problème …

C'est à ce moment là qu'un hurlement de rage, de peine et de tout ce qu'il avait put retenir jusqu'à aujourd'hui retenti dans l'appartement. Un cri qui fut si difficile à entendre pour le coyote qui n'arrivait pas à ressentir chaque sentiment qu'elle pouvait entendre dans cet appel à l'aide. Il n'était plus là, il l'avait rejeté et bien qu'elle en souffre, elle avait ce besoin de se rapprocher de lui, d'être en contact avec lui afin de le retrouver et peut-être le faire aller mieux, si seulement cela était encore possible.

Mais cela n'était que le début. Des bruits de miroir brisé remplacèrent les hurlements et elle fut bien incapable de se retenir de hurler à son tour, tel l'animal qu'elle représentait. Elle essayait de le raisonner aussi bien qu'elle le pouvait, de le toucher comme elle le faisait auparavant, elle essayait surtout de lui rappeler quelle était là et elle se sentait impuissante, si impuissante.

Un nouveau cri, il souffrait, pourtant celui-ci se termina sur un rire qu'elle put facilement identifié comme un rire de satisfaction. Puis l'odeur qu'elle redoutait tant. Le sang envahit ses narines, il lui fallut un moment pour réagir, qu'avait-il fait ? Elle se jeta alors sur la porte, grattant celle-ci, mais Elis la retenait de son bras, celui dont la force était devenue surhumaine. Il les empêchait de rentrer et elle ne pouvait penser qu'au pire. Un nouveau cri, et la porte céda alors qu'elle entendit le corps d'Elis chuter dans la salle de bain.

Elle n'attendit pas une seconde de plus et sauta à l'intérieur pour constater de la gravité de sa connerie. Les yeux fermés, adossé et la tête contre le mur face à la porte, Elis tenait son coude gauche, son coude mutilé à la guerre d'où coulait à présent une rivière de sang. Le coude d'où émergeait une abomination, le bras de la créature avec qui il devait cohabiter.

J'ai voulu le retirer, mais on dirait que même sur ça je n'ai pas le contrôle.

Un rire glissa de ses lèvres abîmé en un nouveau soupir de résignation , un rire cynique qui inquiéta Banjo, mais elle était incapable de dire quoi que ce soit. Elle n'arrivait pas à trouver les mots, parce qu'elle était incapable de le sentir, de ressentir ce qu'il ressentait, elle n'était plus son anima, plus qu'une entité éteinte, un animal doué de parole et bien inutile à son maître.

Elis resta alors assis, recouvrant la plaie autour de cet os qui n'était pas le sien. Il avait essayé de le retirer, de sectionner les muscles, la peau et tout ce qui pouvait le retenir à son corps, retirer cette chose qui avait faillit tuer ceux qu'ils aimaient. Retirer cette preuve de sa monstruosité caché. Ce secret immonde qui le dégoutté, dont il avait plus que honte, il le détestait, il se détestait, il ne s'était jamais autant haït qu'aujourd'hui.

Pourtant il se releva, retirant sa main et Banjo put alors observer la lumière sombre qui recouvrait la plaie qui avait cessé de saigner. Il se régénérait. Le monstre soignait son hôte afin de mieux s'en servir. Et sans même un regard vers Ryu, Elis retourna s'asseoir sur le canapé, à la même place que depuis 3 jours, comme si rien n'avait changé, comme si tout était normal. Il était incapable de se relever aujourd'hui, incapable de le regarder, plus maintenant, pas après ça. Et surtout il ne voulait pas qu'il commence à parler, surtout pas, parce qu'il lui dirait que ce n'était pas sa faute, parce qu'il lui dirait que ce n'était pas lui, pourtant au fond de lui, il le ressent, c'était bien sa main, c'était bien son corps, c'était bien en lui que l'idée de tuer son fils était née. Et c'est impardonnable, il ne voulait pas être pardonner, jamais.
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Lun 19 Mar 2018 - 23:39






ET LUI QUI ESPÉRAIT ENCORE ..


FT. RYUNOSUKE + ELIS
Ryū observe du coin de l’oeil l’ersatz de l’homme qu’il a connu assis sur le canapé ; les cheveux gras, la barbe frissonnante et les yeux creux, vidés de cette vie, cette rage, cette colère, et ce dégoût qui le faisait vivre, qui le faisait vivre, qui faisait de cette personne autre chose que le pantin d’un monstre assoiffé. Cela fait trois jours que cet homme — non, cette chose observe sa table, les yeux dans le vagues, les épaules renfermées sur elles-mêmes, son anima inquiet, gisant à ses pieds. Tel un automate il se lève quand Ryū lui demande, un robot qui serait en mode économie d’énergie, à peine présent ; à peine vivant.

Ryū boit une gorgée de café brûlant, à peine adoucit par ses crèmes qu’il rajoute habituellement. Il n’est pas d’humeur pour une douceur sucrée, pas quand Elis semble perdu sur son canapé. Pas quand il n’arrive pas à atteindre son meilleur ami, celui qu’il a connu depuis des années. Il le voit s’éteindre, si ce n’est pas déjà le cas, petit à petit. Ses yeux si vivants auparavant ne sont plus que les fantômes d’un être passé, rongés par les regrets qu’il n’arrive pas à surmonter.

Le japonais sort de ses pensée lorsqu’il voit son ami bouger et Banjo aboyer en sa direction. Il se lève, posant brutalement sa tasse sur le comptoir pour se diriger vers le coyote paniqué. Le hurlement empli de rage résonne dans l’appartement ; jusque dans ses os et Ryū n’hésite pas à se précipiter jusqu’à la salle de bain où Elis s’est calfeutré. Son anima gratte furieusement la porte, désespéré alors que son hermine se cache au creux de son cou terrifié. Ryū tente une fois, deux d’ouvrir la porte, mais son hôte la maintient fermée.

Éclat brisé.
Quelque chose semble enfin réveiller le dragon qui se met à hurler, le poing contre la porte.
— « Elis, si tu ne m’ouvres pas tout de suite, je te jure que- »
Un nouveau cri — suivit d’un rire l’interrompt et Ryū sort de ses gonds ; littéralement, faisant fondre les parties métalliques qui maintenait la porte dans la chambranle, celle-ci s’écroule sous son propre poids, laissant le passage libre pour un japonais furieux et un coyote sur le point de s’évanouir sous le stress, la pression, les émotions de cette situation.

Il reste figé face à la scène qui se dévoile ; son ami, baignant dans son propre sang, son miroir brisé, son bras mutilé et un rire amusé ourlant les lèvres d’Elis — rire désabusé, rire désespéré. Il n’a jamais vu cet homme dans un tel état et il ne sait pas comment réagir, statue de sel face à cette dure réalité. Alors que Ryū essaye d’avaler ; de comprendre ; de digérer, Elis se relève chancelant, son bras encore mutilé, son os visible et le sang coulant le long de cette plaie à peine coagulée. Il revient prendre sa place, comme si tout ceci n’était qu’un hallucination, le fruit d’un esprit mal réveillé. 

Pourtant il n’a pas imaginé ces cris ; ces rires et ce hurlement terrifié qui avait déchiré la gorge de l’anima abandonné.

Ryū hésite un instant, avant de poser une main sur la tête du coyote qui semble si frêle à ses côtés. Ils ne sont pas censés les toucher ; trop intime, après tout un anima est une partie de leur âme qui s’est matérialisée. Mais Ryū ne peut pas laisser Banjo ainsi, isolé, devant une marre de sang qui appartenait à son lié qui vient de s’auto-mutiler. Et c’est en voyant cet air désolé ; ces yeux qui deviennent aussi vides que ceux de son lié que Ryū sent enfin la colère remonter ; revenir telle une deuxième vague après que la première se soit échouée sur le sable doré.

Ryū prend le coyote contre lui, le portant comme un enfant terrifié, réprimant le frisson qui monte en lui face à ce contact qui ne doit être partagé qu’entre deux partenaires ; deux amants qui se feraient assez confiance pour laisser l’autre littéralement toucher une partie de leur âme. Il revient dans le salon pour trouver le même mort-vivant qu’il héberge maintenant depuis trois jours. Il se plante devant et y dépose le coyote qui réagit à peine, tout aussi amorphe que son lié.
— « Tu me dégoûtes Elis. » sont les premiers mots qui sortent d’entre ses dents serrées. « Que tu détruises ma salle de bain, soit, ça montre juste ton égoïsme profond, mais ce n’est pas nouveau » dit-il, calmement, trop calmement. « mais ce que tu fais à ton anima, à banjo, à ta propre âme, c’est ça qui est monstrueux, c’est ça qui est abjecte. »
Sa main vient caresser la fourrure hirsute de Tsubaki, lovée, son nez contre sa clavicule, clairement terrifiée par ce qui vient de se passer. Mal à l’aise face à l’air hagard de Banjo qui ne sait plus où se placer. Ryū décide d’enfoncer le clou pour enfin faire réagir ce fantôme qui hante son apparement depuis bien trop longtemps.
— « Tu es pitoyable Elis. Tu te plains de ne pas avoir de contrôle, mais si je devais cohabiter dans le même espace mental que le mollusque que tu es, je voudrais aussi prendre le contrôle. » dit-il, en réfléchissant un instant. « Au final, tu n’es qu’un pleureuse qui se plaint de ce qu’il n’a pas, ou pense qu’il n’a plus, tout en rejetant ce qu’il a effectivement. As-tu oublié que tu as réussi à te contrôler ? Que tu as réussi à imposer ta volonté à cette bête qui hante tes pensées ? Tout ça pour la laisser gagner en rejetant ton anima, en te laissant aller. Tu me fais vraiment pitié, mais je sais pas si tu mérites encore que je ressente quoique ce soit. » finit-il, fusillant son ami du regard.


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Mar 20 Mar 2018 - 20:04
et lui qui espérait encore ✩
Elis & Ryû & Yong-Sun

depuis 3 jours, l'appartement était hanté
c'était du moins comme ça qu'il avait fini par le voir

Une ombre inquiétante se déplaçait parfois d'une pièce à l'autre, vide et muette. Dans son sillage, un silence aussi lourd que ses pas. Yong-Sun n'aimait pas le silence, ça avait un don pour le rendre bizarrement nerveux. Appréhensif. Comme si quelque-chose se préparait et qu'il n'avait aucun moyen de deviner quoi. Cet appartement n'était jamais bien silencieux lorsqu'il y séjournait.

et Elissanne non plus

(pas dans son souvenir)
(mais voilà longtemps qu'il ne l'avait pas vu)

que lui était-il arrivé ?

Les questions lui brûlaient la gorge mais le silence l'enserrait. Kyong lui conseillait d'être patient. Elle avait raison, comme à chaque fois, mais ça ne l'empêchait pas d'être mal à l'aise. L'ombre s'attardait dans leur monde sans avoir l'air de savoir pourquoi, ne réagissant qu'aux occasionnelles interpellations de Ryûnosuke. A table, son assiette restait intacte, comme si interagir avec le monde matériel n'était plus de son ressort. Yong-Sun n'avait pas croisé son regard mais se surprenait à l'éviter.

il n'avait pas peur
(il s'efforçait de s'en convaincre)

mais il était inquiet
de ce qu'il y trouverait
(ou ce qu'il n'y serait pas)

Allongé sur son lit, Yong-sun s'efforçait de mémoriser un cours quand le silence s'effondra avec perte et fracas. Si l'aboiement du coyote n'attira que l'attention de Kyong, le hurlement qui suivit fit tomber son crayon. Si c'était ce que préparait le silence des jours précédents, il aurait préféré qu'il persiste moins longtemps. Ca aurait peut-être été moins violent.

(ou peut-être pas)
(il ne prétendrait pas s'y connaitre)

Les murs n'étaient pas en carton, mais après quelque-chose aie éclaté, le cri lui parvint comme s'ils étaient dans la même pièce. Ce rire à glacer le sang. Et le vacarme qui suivit. Quittant sa pile de livres, Kyong vint se frotter contre sa main désormais libre, ignorant le crayon ayant roulé sur le sol de sa chambre. Il tremblait, remarqua-t-il après-coup. La tension accumulée ne semblait pas être descendue. Pas avec le venin qu'il entendit dans la voix de son père, bien qu'il lui soit impossible de séparer des mots.  

c'était sans doute mieux comme ça
il ne devrait pas s'en mêler

Mais Yong-sun doutait de pouvoir se concentrer. Il peinait déjà avant les bruits qui avaient retenti, les notions fondamentales du chapitre en cours ne faisant qu'entrer et sortir de sa tête sans laisser de traces. L'inquiétude lui tordait désagréablement l'estomac lorsqu'il reposa ces notes qu'il ne lisait plus, pressant le pas vers la porte de sa chambre. Kyong volait dans son sillage, jaugeant sa réaction.

elle le sentait mal à l'aise
plus inquiet qu'il ne le manifesterait

(désespéré de comprendre ce qui se passait)
(d'apporter de l'aide, aussi minime soit-elle)

elle vint se poser sur sa tête
il s'efforça d'avoir l'air désinvolte

(mais ses mains tremblaient toujours)
(les cris de tout à l'heure ne sonnaient pas très humains)

Il pénétra dans le salon qu'il évitait depuis 3 jours d'un pas faussement assuré, mais la scène sous ses yeux manqua de l'arrêter net. Sa première pensée fut que c'était très rouge. Ca sentait le métal, comme le premier soir de la Lune Rouge mais il ralentit ses pensées avant de s'en rappeler clairement. Ses yeux sombres passèrent rapidement sur l'ombre d'Elissanne, assise sur le canapé comme si de rien n'était. Le sang venait de ce bras qu'il s'efforçait de ne jamais fixer trop longtemps, avec le peu de tact dont il était capable (et sur la suggestion de son Anima, surtout).

s'attarder sur l'expression de Ryû fut une erreur

il l'avait souvent vu en colère
mais jamais comme ça

« ..Charmant. » il sonnait plus sec qu'il n'aurait voulu

Honnêtement, les sarcasmes étaient son seul réflexe efficace pour l'instant. Si Kyong gonfla ses plumes, il ne formula aucune excuse. N'approchant pas le canapé, il se dirigea plutôt vers la source des bruits de tout à l'heure, jetant un regard éberlué au désastre. La porte enfoncée, le miroir brisé, la marre de sang. Cette odeur n'avait plus rien d'étonnant.

il retint un haut-le-coeur
ce n'était pas le moment

« Ca fait beaucoup.. un murmure, surtout pour lui-même, Est-ce qu'il faut que j'appelle de l'aide ou on attend que.. je sais pas, que ça passe tout seul ? » le ton était bref, encore une fois

mais la flaque dans la salle de bains ne présageait rien de bon
(est-ce que ça s'était déjà arrêté ? il n'avait pas vu)

Yong-sun s'obligea à regarder vers le canapé une fois de plus, ses yeux plus inquiets qu'il ne s'en rendait compte passant rapidement d'Elissanne à son père, puis à l'anima coyote qui avait sans doute vu de meilleurs jours. Banjo, non ? Curieux qu'elle soit dans les bras de Ryû plutôt que son lié. Il ne la fixa pas longtemps, mal à l'aise, essayant de procéder la marche à suivre.

electric bird.
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Dim 22 Avr 2018 - 19:53


Et lui qui espérait encore ...
Toujours assis. Encore et toujours dans cette même position. Les yeux dans le vide, il était incapable de réagir. Même le frisson étrange qui prit son corps lorsque Ryu s'aventura à toucher son anima ne l'éveilla pas. Quand chaque fois, on lui demandait de se relever, quand chaque fois, on lui demandait de ne pas abandonner, qu'il avait une femme, un fils, des amis, une famille, il faisait cet effort, le corps en miette, l'esprit brisé, il se relevait parce qu'il le devait, enfin… C'est ce qu'il avait cru chacune de ces fois. Puisque ceux qu'ils aimaient le lui demandaient, il se devait de le faire, pour eux, pour mériter leur amour et de faire parti de leur vie. Ça avait été des efforts incommensurables, pendant des années, mais il l'avait fait. Pourtant, aujourd'hui, il comprenait enfin une chose : sa vie n'apportait rien de bon à ses proches. Comme il avait voulu mourir des années auparavant, aujourd'hui il ne voyait pas ce que vivre apportait à ce monde. On lui dirait que son fils a besoin d'un père, mais un père qui risque de le tuer ne mérite même pas ce titre. On lui dirait que son ex-femme ne l'a pas oublié, il répondrait, qu'elle aurait du, qu'elle le peut encore. Et Ryu lui rappellerait qu'il est là, comme toujours et il lui dirait… Il lui dirait ...

Ryu … Abandonne.

Abandonne moi. N'essaye plus de me retenir. N'essaye plus de me maintenir dans ta vie, dans celle de ta famille. Abandonne cette idée fixe que tu es celui qui doit me sauver chaque fois que je m'effondre. Abandonne Ryu.

Il a écouté les mots de son meilleur ami, acide, blessant, provoquant, c'est comme ça qu'il fonctionne après tout, il cherche à l'atteindre par la colère, il essaye de lui faire ressentir quelque chose, mais aujourd'hui ça ne marchera pas.

Elis caresse alors Banjo à présent sur ses genoux, ses oreilles puis le haut de sa tête. Immobile, elle semble plus perdue encore que lui-même.

Ryu, qu'est-ce que tu ferais à un homme qui aurait tenté de tuer ton fils ?

L'ex-soldat ne relève pas les yeux, fixant ses doigts se perdre dans le pelage de son anima fragilisé.

Qu'est-ce que tu ferais à une personne n'ayant ne serait-ce que l'idée de s'en prendre à ton fils ?

Il connaît la réponse, car il connaît Ryu. Il l'aurait brisé, détruit, car c'est ce que fait un père quand il sait son enfant en danger. Il se bat, il ferait tout pour que la chair de sa chair soit saine et sauf. Il sait aussi que Ryu détruirait quiconque tentera de s'en prendre à son neveu. Ici, pourtant, il ne voit pas le danger, soit parce qu'il ne le veut pas, soit parce qu'il est trop têtu pour s'en rendre compte.

Je suis un danger Ryu, je pourrais te tuer, tuer ton fils, ta sœur, et même Xiél.

Ce n'était plus une simple hypothèse aujourd'hui, il savait qu'il en serait capable s'il venait encore une fois à se transformer.

Alors dis moi Ryu, qui ferais-tu du danger qui risquerait de faire du mal à ton fils ?

Tu le détruirais, l'annihilerais jusqu'à ce que tu sois sûr et certain qu'il n'existe plus.

Elis a bien entendu Yong-Sun les rejoindre alors il dépose une Banjo qui semble reprendre des forces sur le canapé. Le Philia se lève avant de s'approcher de l'adolescent.

Qu'est-ce que tu ferais si jamais la vie de ton fils était en jeu Ryu ?

Il relève alors son bras monstrueux en direction de son neveu, laissant ses doigts squelettiques attraper sa nuque sans la moindre violence. Seulement ce bras est celui qui a tenté de tuer Ryu, celui qui a tenté de tuer Xiél, ce bras qu'il déteste tant.

Elis finit par relâcher Yong-Sun, après tout, il souhaitait seulement faire comprendre à Ryu que sa colère, son venin ne marcherait pas aujourd'hui.

Alors abandonne moi Ryu, se sera bien mieux pour tout le monde.

Banjo rejoint alors son lié, se glissant à ses pieds, les oreilles baissées, attristées par ce qu'elle entend. Pourtant même elle en a conscience, elle est incapable d'aider son lié à contrôler son pouvoir. Elis lui caresse alors le haut de la tête pour lui faire comprendre qu'il ne lui en veut pas à elle pour ça.

Je vais nettoyer tout ça, puis je partirai…
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Sam 5 Mai 2018 - 23:35






ET LUI QUI ESPÉRAIT ENCORE ..


FT. RYUNOSUKE + ELIS
Ryū sent sa gorge se serrer ; il sent le sang quitter son visage sans qu’il ne puisse le contrôler. Il se sent pâlir sous l’effet de cette rage incontrôlée — de cette colère si intense qu’elle se fait silence. Malgré son tempérament tempétueux, il connait sa colère ; il connait cette sensation qui le prend au creux du ventre, aux tripes et qui ne veut pas le lâcher. Il sait comment hurler ; frapper. Il sait comment se faire remarquer ; que cette colère se transforme en une tempête bouillonnante, brûlante. Elle brûle, elle hurle, elle ne se calme que lorsque ses poumons se sont essoufflés, que lorsque l’ouragan est passé.

Mais cette colère ; cette rage est différente, elle est synonyme d’impuissance. Comme lorsqu’une flamme tellement brûlante ; tellement concentrée qu’elle en devient bleutée. Comme lorsque la glace devient tellement glacée qu’elle se met à brûler. Il est cet état ; il est ce feu glacé, il est cette glace enflammée. Il sent ses entrailles geler, son corps se fermer ; son cerveau cesser de fonctionner. Instinct bestial ; instinct primaire. Celui de protéger. Celui de faire face à l’adversité que pose cet homme qu’il pensait pourtant sensé.

Il en avait presque oublié son fils, qui, pour une fois avait décidé de rester dans l’appartement, cloîtré dans sa chambre afin d’éviter cette tension qui le fait étouffer. Mais bien-sûr tous ces cris, ces bruits l’avaient alerté. Et bien sûr il était venu pour observer ce désastre ; ce massacre composé d’une salle-de-bain ravagée et d’une amitié sur le point de se briser. Puis Elis franchit le pas ; celui qu’il savait, ferait réagir Ryū comme il l’avait envisager. Comme quoi l’américain n’était pas si idiot lorsqu’il s’en donnait les moyens.

Une peur viscérale, primal le prend aux tripes. Lorsqu’il voit cette main écorchée, ensanglantée, gangrenée s’approcher de la nuque de son fils. Son fils qui venait seulement demander s’il fallait aider. Son fils qu’il avait placé dans cette situation sans même le consulter. Ce même fils qu’il s’était promis de protéger, au point de se sacrifier. Ce fils qui était maintenant en danger. Il le sait, qu’au fond Elis ne lui fera pas de mal, que c’est juste pour l’impressionner, le faire craquer, le faire jouer dans sa main, dans ce qu’il a prévu dans un coin de son esprit embrumé.

Ryū le sait.
Ryū le sait.
Ryū le sait.
Ryū le sait.
Ryū le sai-. Un de ses piercings se transforme en un senbon — fine aiguille métallisée qui vient se planter dans le bas d’Elis. Elle s’enfonce comme dans du beurre, se logeant dans la chaire noire, presque brûlée. Quelques gouttes tombent au sol, rejoignant cette mare de sang qui ne fait que stagner.Ce n’est pas une vraie attaque ; ce n’est pas même pas réfléchit, pensé. Ce n’est qu’une réaction instinctive voyant ainsi son fils menacé ; un réflexe imbriqué au plus profond de ses idées, de son cerveau embourbé, en train de rebooté.
— « Dégage. » dit-il, calmement.
Elis l’avait cherché et Elis avait trouvé bien pire qu’un Ryū énervé, qu’un Ryū qu’il connaissait et pouvait gérer. Elis avait obtenu le fruit de ses efforts, de tous ces discours, de toutes ces actions qui autrefois auraient enragées Ryū. Oh, il était bien plus qu’enragé. Il avait atteint un tel état que tout semblait gelé, comme pris dans des milliers de particules cristallisées.
— « Dégage.» répète-t’il. « Va crever comme le chien que tu es dans un caniveau, va finir bouffé par une Beast enragée. C’est ce que tu veux au final, non ? » demande-t’il, un sourire mesquin au bout des lèvres, ses yeux plissés comme une fouine amusée.
Tsubaki émet un petit son, inquiète. Elle pose ses pattes contre la jour de Ryū qui passe un doigt rapide sur sa tête, sans jamais quitter Elis du regard.
— « Mais si jamais je te croise un jour, que ce soit à trainer autour d’Ayame, pas loin du lycée d’Hitoshi ou même par hasard au Bronx, je te jure, je te buterai. » finit-il, montrant légèrement ses dents mais sans jamais hausser le ton.
Il se tourne finalement vers son fils, ayant fini de dire sa partie. Son regard se fait plus tendre en se posant sur ces mèches ébènes et ce regard violet. Il passe une main dans ses cheveux et demande doucement.
— « Ça va ? »


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Mar 15 Mai 2018 - 0:55
et lui qui espérait encore ✩
Elis & Ryû & Yong-Sun

la conversation n'était pas terminée
venait-il de les interrompre ?

Une voix lui soufflait qu'il aurait dû rester dans sa chambre, mais Yong-Sun avait un talent incroyable pour l'ignorer la plupart du temps. Pourtant, force étant de constater qu'il n'était pas très à l'aise. (qu'il lui donnait un peu raison) Entre le sang sur le sol et la tension dans l'air, il se sentait presque suffoquer. On aurait dit qu'un orage avait gonflé ses nuages noirs et lâché quelques grondements d'avertissement avant d'abandonner l'idée d'éclater. L'air restait lourd, la pression accumulée avait été coupée dans son élan; si bien qu'elle persistait, incapable de se redescendre.

Son oncle avait l'air aussi détruit que la salle de bains, incitant Yong-Sun à éviter de regarder trop longtemps sa silhouette affaissée sur le canapé. Difficile pour lui de ne pas faire écho aux quelques mots qu'il avait entendus de son père. Il faisait peine à voir, pour ne pas dire pitié. Quelque-chose en arrière plan grondait que ce n'était pas en restant prostré qu'il arrangerait la situation. Mais pour changer, Yong-Sun garda ses remarques acides au fond de sa gorge: il entendait déjà Kyong lui dire qu'il était abrasif et que ce n'était pas le moment.

qu'il devrait être patient
que c'était l'approche la plus sûre

Elis était un danger, parait-il. Le concept sonnait étranger dans son esprit, quand bien même il fallait admettre que l'aspect de son bras en inquiéterait plus d'un. Yong-Sun plissa les yeux en se demandant s'ils l'avaient entendu, mais ne voyant pas davantage de sang, il n'insista pas. Son impression fut confirmée lorsque le fantôme se leva, marchant dans sa direction. Sans doute fut-il trop absorbé de le voir se déplacer de son propre chef après ces 3 jours à se laisser exister pour avoir un mouvement de recul.

sa main était sur sa nuque
il ne réagit même pas

Kyong gonfla ses plumes une fois de plus, étirant ses ailes brunes comme elle le ferait impressionner un adversaire, mais son lié resta immobile. Il n'avait pas peur (plus besoin de s'en convaincre), mais peut-être qu'il devrait. Parce que ce bras n'était pas humain, pas fait de chair et de sang, et pas toujours sous contrôle s'il avait bien compris là où voulait en venir son oncle. Un frisson courut dans son dos, glacé: il ne voyait pas le danger, comme souvent, mais peut-être qu'il devrait. Yong-Sun fronça les sourcils, pas certain de ce qu'Elissanne essayait d'accomplir comme ça.

« Oncle El- » un éclair argenté l'interrompit

Ce qu'il ne voyait pas, Ryû le voyait très bien, semblait-il. Il regarda le sang dégouliner de la blessure avant de s'arrêter, le bras monstrueux se rétracter. Il ne l'avait pas blessé, aussi difforme et inhumain soit-il; difficile de s'imaginer qu'il en aie même eu l'intention. Mais lorsque le dragon se mit à gronder, ses mots plus acérés que l'aiguille qu'il avait projetée, Yong-Sun comprit que le réel objectif était atteint.

'Abandonne-moi', disait-il
c'était bien parti pour

Il n'avait pas besoin d'être violent pour donner cette impression. Il n'avait pas besoin de mordre pour laisser des marques. Kyong quitta la tête de son lié pour occuper son avant-bras, le laissant caresser ses plumes de sa main libre. (sans doute pour l'empêcher de trembler) Ryû ne s'adressait même pas à lui et ses paroles le secouaient bien plus que la main squelettique qui avait flotté trop près de ses artères principales. Se prendre la tête avec son père était quelque-chose de courant, mais cette colère froide dépassait ce qu'il avait pu voir.

Lorsque Ryû se tourna vers lui, son expression s'était un peu détendue. Les angles s'arrondissaient, la furie de tout à l'heure presque oubliée tandis qu'il caressait les cheveux de son fils. Yong-Sun scruta son visage en se demandant ce qu'il avait pu voir pour réagir comme ça sur une fausse menace. Qu'avait-il vu ce bras détruire hormis la salle de bains ? Il se mordit la langue pour ignorer la question.

« Sûr, papa, l'appeler autrement ne semblait pas approprié, mais c'est pas le vrai problème, on dirait.. Toi, ça va ? » ça n'en avait pas l'air

Sa voix lui était venue plus petite qu'il ne s'y était attendu. Peut-être avait-il un peu peur, finalement. Elissanne partait, donc. Ca ne connectait pas. Des pensées tournaient en boucle et son regard chercha la silhouette qu'il avait évitée le plus clair des jours précédents. Ryû avait parlé de tuer son oncle. Calmement. Il avait l'air sérieux. Yong-Sun esquissa une grimace, incapable de rester impassible bien longtemps tandis que son regard revenait au dragon.

« Parce que je te vois pas vraiment le tuer. » marmonna-t-il, pas sûr de vouloir qu'on l'entende

il ne le voyait même pas tuer pour commencer
que ça soit Elis ou qui que ce soit d'autre

Son père était désagréable, buté et colérique quand il s'y mettait, mais aux dernières nouvelles, pas un assassin. Parce qu'Elissanne était son ami aussi loin que Yong-Sun s'en souvienne et il ne voyait pas comment la rupture avait pu s'opérer. Sans doute y avait-il beaucoup de détails qu'il ignorait. Difficile de déterminer si ça valait mieux ou pas.

il voyait les choses tomber en morceaux
et pour ne rien arranger, il lui manquait des pièces

electric bird.
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Ven 18 Mai 2018 - 22:08


Et lui qui espérait encore ...
Elis était un danger, bien trop dangereux pour vivre avec son fils ou même Ryu et son neveu. Il l'avait compris à l'instant même où il s'était réveillé du choc que sa dernière transformation avait provoqué en lui. Et son ami le savait très bien aussi, il était juste trop dévoué à sa famille pour l'abandonner. Mais puisqu'il refusait de le faire, Elis allait l'y pousser et la manière forte était la seule qui fonctionnerait, sinon leur amitié n'aurait jamais survécu jusqu'à aujourd'hui. Quoi qu'il avait pu arriver, Ryu était toujours revenu, avait toujours été présent serait même plus juste. Même lorsque leur amitié avait été usée jusqu'à n'être plus qu'un mélange de colère, de regrets et de remarques cassantes. Il y avait toujours ce lien entre eux et aujourd'hui cela brisait le cœur d'Elis de devoir en arriver à une telle bassesse, mais il n'y avait pas d'autre solution.

Pourtant, son cœur manqua un battement lorsque l'aiguille traversa son bras. Elis était un danger, il le savait. Pourtant se rendre compte qu'il faisait réellement peur à Ryu lui brisa le cœur. C'est ce qu'il avait attendu, pourtant… Pourtant, putain ce qu'il avait mal. Ce geste lui donna pourtant raison, ce geste plus symbolique que dangereux puisque la plaie de son bras se refermait déjà. Il releva alors ses yeux desquels il tentait de masquer ce qu'il ressentait. Il soutint son regard tout le long de sa tirade, subissant ses mots sans ne rien montrer, Ryu était hors de lui et il ne l'avait vu qu'une seule autre fois dans cet état : lorsqu'il avait quitté Ayame. Puis quand Ryu se tourna vers son fils, Elis sentit qu'il n'avait plus sa place dans cette vie, il n'apportait que des problèmes à ses proches. Il devait avancer de son côté.

Tu as raison. Il ne me tuera pas, il en est incapable.

Cette remarque n'était ici pour provoquer le dragon, seulement, c'était un fait qu'Elis avait appris en se réveillant chez Ryu suite à son attaque envers Xiél. Il aurait du le tuer.

Pas même après que j'ai tenté de le tuer, pas même après que j'ai failli tuer Xiél.

La deuxième partie de sa phrase sortit avec difficulté de sa gorge, mais il ne pouvait pas une fois de plus se laisser aller sur le canapé de Ryu, usant de sa présence pour se rétablir pour avancer. Il devait assumer ce qu'il était et faire un choix, un choix très simple.

Tu le sais Ryu, si je me transforme, je ne peux pas me contrôler. Je voyais tout, je ressentais tout, mais j'étais incapable de bouger, de parler, d'agir. J'étais impuissant alors que j'aurais dû protéger Xiél, pas tenter de le tuer.

Il baissa un instant, les yeux, sa voix se faisant moins déterminée, moins forte.

C'est pour ça que tu es terrifié face à ma main…

Il l'était aussi. Voilà pourquoi il avait essayé de la retirer afin de ne plus l'avoir sous les yeux, pour ne plus être nargué par cette chose en lui qui rit, encore, toujours. Elle avait choisi Xiél parce qu'elle savait que c'était la meilleure cible pour le détruire et étrangement, il ne comptait pas lui faire ce plaisir, il s'était assez laissé aller. Il trouverait un moyen de la battre, de se contrôler pour Xiél, pour Ayame, mais aussi pour lui, Ryu. Pour qu'il n'ait plus à avoir peur de lui.

Tu es le seul Ryu.

Il se stoppa, s'approchant du japonais, son regard animé d'une flamme de vie se ravivant. Il avait fait son choix et il était aujourd'hui déterminé à le suivre. Il allait enfin se battre pour lui-même et pas seulement pour eux, parce qu'ils le veulent. Il devait lui aussi le vouloir pour réellement se relever, sinon il ne ferait que chuter encore et toujours, comme jusqu'à aujourd'hui.

Tu es le seul qui peut me ramener, à chaque fois, c'est toi. Banjo n'y arrive plus depuis la première fois, ça n'a pas fonctionné avec Xiél …. Tu es celui qui m'a réveillé à chacune de mes transformations.

Ca semblait être quelque chose de positif, avoir trouvé la solution à ses problèmes, pourtant ce n'était rien de tout ça.

C'est pour ça qu'il faut que je parte.

Elis approcha sa main humaine vers le visage de Ryu avec un geste lent, il posa avec douceur son index sur sa joue avant de remonter ses mèches rebelles derrière son oreille. Ryu. Son ancre, son guide, son confident, la personne dont il avait le plus besoin depuis des années, celui qui le connaît mieux que personne, et même lui-même, celui qui a toujours été là, celui sans qui il ne pourrait vivre.

Elle te tuera la prochaine fois. Parce que maintenant, elle le sait elle aussi, elle tuera tout ce qui peut la retenir en moi, et cela, jusqu'à ce que je ne me réveille plus.

Un léger sourire apparu sur le coin des lèvres du cowboy malgré ces paroles graves, ce même sourire qu'il portait ce jour-là, lors de leur première rencontre, ce sourire éblouissant d'une naïveté douce et agréable. Ce sourire encore pur de toutes difficultés. Et dans les yeux de Ryu, il put revoir celui que le japonais était, ce gars un peu exclu, dont les autres parlaient souvent et peu de fois en bien, Elis avait alors ignoré les rumeurs et les idioties de ceux avec qui il avançait dans le monde pour lui offrir ce sourire et le faire ainsi entrer dans sa vie. Elis ne changerait rien de ce jour, parce qu'il avait alors rencontré la personne la plus importante dans sa vie.

Il s'approcha alors encore, faisant une chose qu'il n'avait plus fait depuis des années, et cela, même à son propre fils. Il enroula ses bras autour des épaules de Ryu pour le serrer contre lui. Une étreinte simple, ni trop forte, ni trop faible, juste assez pour le ramener des années auparavant et revoir tout ce qu'ils avaient vécus depuis.

Je refuse de te perdre Ryu. Tu es trop important. Sans toi, j'aurais abandonné la première que j'ai chuté, alors merci. Merci pour tout ce que tu as fait, et ce, depuis le premier jour.

Elis finit par le relâcher, laissant le temps à Ryu d'admirer son sourire retrouvé une dernière fois avant de retrouver son expression habituelle, celle de l'homme brisé. Bien qu'au fond de ses yeux, on puisse observer une nouvelle flamme brûler.
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le monstre ne se cache pas forcément sous ton lit, il est peut-être celui qui te borde tous les soirs, celui qui vient en aide aux plus démunis, celui qui malgré son sourire enferme une colère infinie.
- elis
#882222
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Mer 13 Juin 2018 - 0:19






ET LUI QUI ESPÉRAIT ENCORE ..


FT. RYUNOSUKE + ELIS
Ryū ne sait pas quoi penser. Il y a quelques instants — quelques secondes à peine, poignées de sables envolées — il aurait continué. Il se serait enfoncé dans cette rage ; ce puit sans fond qui s’était creusé. Cette mélasse noir — ce désespoir dont il n’aurait pas pu se débarrasser. Toutes ces paroles ; ces actes ; ces pensées qu’il n’aurait pu oublier. Ces futures nuits passées à observer un ciel glacé, à repenser à cette journée, à ce qu’il aurait pu — ce qu’il aurait dû se passer. Il est familier avec ce sentiment ; ce regret qui le prend à la gorge comme un chien enragé ; ces paroles insensées qu’il lâche et qu’il ne peut pas rattraper. Il connaît — il se connaît. Même si cette colère est comme un serpent mal apprivoisé ; il est usuel ; une habitude qu’il n’arrive pas à oublier, dont il n’arrive pas à se débarrasser. Pourtant ces traînées de feu ; ces flammes qui brûlent ses entrailles et ses pensées se sont transformées en routes gelées. Cette colère froide ; glacée ; à laquelle il ne pourra jamais s’habituer — trop rare, bien trop rare, presque jamais provoquée — est comme une arme qu’il n’a jamais manié.

Elle le rend dingue — irraisonnable, irraisonné. Elle est telle un ouragan, une tempête qu’il ne peut plus maîtriser. Pourtant, elle est fragile, telle une statue de glace, elle fond sous la chaleur d’une main ; d’un regard ; d’une pensée. Alors elle ne devient plus qu’une brise fraiche ; réchauffée ; qui caresse plus qu’elle ne blesse. Les paroles de Yong-sun résonnent en lui ; glas final pour annoncer que la tempête est passée. Sa gorge se sert ; il déglutit difficilement alors qu’il tente de se justifier ; de dire quelque chose pour contrer ces quelques mots murmurés ; qui n’étaient pas destinés à être écoutés.

Ses dents grincent sans qu’il ne puisse s’en empêcher alors qu’Elis leur répond. Il se retourne pour le fusiller du regard, sentant ces flammes glacées se raviver. Il est le fuel qu’on jette sur les tisons en train de s’éteindre pour que cette tempête de rage ; à la fois brûlante et glacée, soit ranimée. Ça a toujours été ainsi, depuis des années — malgré les années passées. Il réagit toujours trop — trop fort, trop émotionnellement — au moindre acte, à la moindre parole déplacée de ce presque-étranger qui se trouve au milieu de son salon délabré.

Ryū s’apprête à rétorquer ; une remarque cinglante bien placée, mais Elis lui coupe la parole, continuant sur sa lancée. Et puis ce feu qu’il avait rallumé est soufflé par ce qu’il est en train de raconter. Toute envie de répondre à ces accusations ; de se défendre ; d’appuyer le fait que — oui, il était capable de le tuer — meurent dans sa bouche comme tant de paroles ravalées. Comme tant de sentiments qu’il aurait dû étouffer il a bien longtemps, comme tant d’émotions qu’il n’a jamais réussi à réprimer. Et Elis qui continue de parler, qui continue d’enserrer son cœur ; sa gorge ; son être tout entier pour finir par le piétiner. Ce n’est pas sa bête qui aurait raison de lui ; ce sera ce monstre humain dans lequel Elis s’est transformé ; cet être toujours caché sous la surface, qui n’a même pas conscience d’exister et qui pourtant, se montre toujours sans pitié.
« Je l’aime comme je n’ai jamais aimé personne »
« Tu es le seul, Ryu »
Rire étranglé, avorté ; sa gorge se sert, les ersatz de sa colère soufflés, oubliés, noyés sous les regrets et les larmes qui commencent à perler. Parce que, au final, ça a toujours été comme ça entre eux. Ryū hurle ; s’énerve ; s’agite pour finir par se calmer, alors qu’Elis, lui est bien plus insidieux, il semble gronder, mais au final c’est lorsqu’il est calme qu’il est le plus vicieux. Sans même s’en rendre compte — et c’est peut-être le pire au final. Parce qu’il n’a pas conscience des coups qu’il peut porter, il n’a pas conscience de leur portée.
« C’est pour ça qu’il faut que je parte »
Dernière balle, finale. Sa main vient caresser sa joue abimée. Ryū se fige, incertain. Ces quelques mots, fin mot de la pensée d’Elis sont les derniers coups contre un mur érigé depuis tant d’années. Un mur en béton armé qu’il avait construit suite à cette confession ; suite à cette demande ; suite à cette réalisation. Amour ; mariage ; enfant. Tout ce qu’il ne pourrait jamais lui apporter ; tout ce qu’il avait trouvé auprès de sa sœur bien aimé ; tout ce qu’il venait d’abandonner. Un mur qui avait tenu toutes ces années, qui avait réussi — un tant soit peu — à le protéger, à protéger ce cœur battu, maltraité, écrasé sous les remords et les regrets qui se sont empilés. Alors qu’il veut retenir cette main qu’il sent glisser contre sa tempe, ramenant une de ses mèches échappées, il sent le corps d’Elis se rapprocher en une étreinte inattendue — perdue.

Perdue après toutes ces années d’hostilités.
Perdue après tous ces regrets, ces non-dits, cet amour qu’il a étouffé.
Perdue après toutes ces paroles, ces joutes, ces insultes lancées.

Lorsqu’il sent Elis se retirer, il ne peut pas s’empêcher de le retenir ; dernier acte désespéré. Il sait que le cowboy a pris sa décision, que peu importe ses supplications, il partira, peut-être à jamais, il disparaitra pour ne plus jamais figurer dans ce salon, à leurs côtés, dans sa vie qui ne fait que spiralé hors de portée. Un sourire — un dernier, qu’il devrait savourer et qui pourtant lui donne envie de gerber. Synonyme du début et de la fin de leur épopée. Ses doigts glissent sa réussir à s’accrocher alors que ce corps s’éloigne de sa portée. Finalement, ils entourent ce poignée difforme ; décharné ; charbonné et recouvert de sang coagulé.

Cette main ; ce bras ; ce monstre qui effraie tant Elis qu’il souhaite tout abandonner. Ce monstre qui l’a déjà battu ; qui l’a déjà incapacité jusqu’à ce que Elis retrouve la raison. Deux fois déjà ; deux fois cette créature l’avait menacé et il avait réussi à reprendre le début. Deux fois qu’il avait réussi à lui imposer sa volonté. Pourquoi pas une troisième ; une quatrième ; une infinité de possibilités. Ils ne sauraient pas sans tenter et Ryū comprend ce dont Elis est terrifié. Il le comprend tellement, et pourtant il ne peut pas lâcher ce membre déformé. Il l’apporte, porte cette main contre sa joue mal rasée, ferme les yeux et se pose contre cette peau rugueuse et ensanglantée. Alors qu’il y a quelques instants, celle-ci la terrifiait, posée contre la nuque de son enfant. Alors qu’il y a quelques instants, il était prêt à la réduire à néant.
— « Elis, Yong-Sun a raison, tu as raison … Je ne pourrai jamais me tuer. » souffle-t’il, ses yeux fixés dans ses compères. « Et comme je ne pourrai pas y arriver, toi non plus tu n’arriveras pas à me tuer. » dit-il, ignorant Elis qui essaye de lui répondre, de batailler, d’engager une nouvelle fois ce débat bien huilé. « Cette bête m’a blessée, elle m’a mis à terre et a brisé quelque chose en moi, tout comme tu m’as brisé il y a déjà des années. » continue-t’il, son regard glissant vers le sol, incapable de soutenir ces yeux qu’il a tant observé pourtant. « Vous n’êtes pas si différent, au fond. Elle fait partie de toi, tout comme Banjo n’est qu’un reflet de toi. Elle reflète quelque chose qui te terrifie, que tu ne veux pas accepter et je te comprends — ce côté est terrifiant. »
Ses doigts se resserrent, empêchant Elis de fuir comme il le fait si bien. Ryū est bien décidé à le garder ici, à ses côtés. Fuck les risques, au final, il sait que son fils est bien assez grand, il sait qu’il sera capable de gagner du temps — au cas où seulement, et il sait, pertinemment, que cette bête n’est qu’un reflet déformé des émotions négatifs d’un Elis qui ne veut — peut — s’accepter.
— « Et comme tu ne pourras jamais me tuer, ce monstre, cette bête, cette abomination, peu importe comment tu la nommes, ne pourras jamais m’achever. » finit-il, ses iris sombres retournant se plonger dans celles hésitantes d’un Elis n’ayant toujours pas bougé.


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Hier à 15:03
et lui qui espérait encore ✩
Elis & Ryû & Yong-Sun

encore des morceaux de puzzle
l'image se précisait lentement

S'il ne vacilla pas sous le coup de toutes ces nouvelles informations, Yong-Sun s'éloigna de quelques pas. Difficile de ne pas avoir le tournis. Difficile de croire qu'Elis aie attenté à la vie de Ryû et de son propre fils, aussi. Mais puisqu'il le disait lui-même, inutile d'être dans le déni. La colère du dragon n'avait plus rien de surprenant. Pas plus que l'aiguille qu'il avait projetée en voyant sa main difforme approcher Yong-Sun.

Apparemment sensible au malaise son lié, Kyong vint frotter sa tête contre la joue de ce dernier. Il ne pouvait pas savoir, s'il n'était pas là. Si on ne lui avait pas dit. Il n'avait pas à se sentir stupide de n'apprendre ça que maintenant. Peu importe ce qu'en disait cette voix grinçante dans un coin de sa tête.

(certes, il avait d'autres choses à faire)
(mais c'était tout de même de sa famille qu'il était question)

Il écouta la suite sans un mot, collectant attentivement les informations sur la chose. Celle qui vivait en Elis, particulièrement dans son bras, et semblait bien décidée à ne pas lui faciliter la vie. (celle qui effrayait ce père qui lui avait longtemps paru inébranlable) La Lune Rouge avait été cruelle sur certaines mutations, mais Yong-Sun ne s'était pas imaginé qu'elle pourrait aller aussi loin. Déposséder quelqu'un du contrôle sur son propre corps, voilà quelque-chose de bien tordu.

(les marques d'affection le firent reculer vers la salle de bains)
(il avait l'impression de voir quelque-chose qu'il ne devrait pas)

Au moins Ryû ne criait-il plus, se dit Yong-Sun en reportant son attention sur son oiseau. Au moins la tension de tout à l'heure ne le prenait-elle plus à la gorge. La situation lui avait paru inextricable, sans compter tout ce qu'il ne comprenait pas, mais il avait l'impression qu'ils s'en tiraient. Qu'ils étaient en voie de trouver un compromis. Quelque-chose d'un peu mieux que laisser Elis se mettre à la porte, aussi déterminé à le faire puisse-t-il être.

L'approche qu'avait son père du monstre avait du sens, dans sa tête. Bien sûr il ne l'avait jamais vu (et sans doute cela valait-il mieux), mais avec le peu qu'il en savait, son raisonnement paraissait logique. C'était muté, difforme, violent, mais ça restait Elis. Si ça faisait partie de lui, ça ne pouvait pas être entièrement mauvais. Ni entièrement incontrôlable.

mais cette conversation prenait un tour au moins embarrassant
il ne rata pas son occasion de s'éclipser

« Puisque personne ne compte plus tuer personne, je vais chercher un balai. »  lâcha-t-il se tournant vers la cuisine

Lâchant un sourire maladroit à l'attention des deux hommes, il alla chercher de quoi nettoyer les débris. Autant s'occuper du sang une fois l'espace à peu près dégagé. S'il était assez efficace, les tâches écarlates ne seraient pas encore sèches quand il tenterait de les effacer. Quittant son bras, Kyong sembla rire de sa réaction. (la fourbe, il croyait avoir son soutien) Mais Yong-Sun était devenu très doué dans l'art d'ignorer son anima.

généralement, c'était parce qu'elle avait raison
mais en l'occurence, elle était juste pénible

« Toi et ta bête pouvez bien rester, oncle Elis, je doute qu'être à la rue présente moins de risques. lança-t-il en repassant par le salon, Enfin, je dis ça.. c'est ta décision, mais sois pas stupide. » ajouta-t-il en haussant les épaules

'sérieusement', disait l'expression de Kyong
mais il n'avait jamais été doué pour le tact

Il continua sa route vers la salle de bains, balai en main pour dégager l'espace. En espérant qu'Elis ne garde pas en tête l'idée de faire de même avec sa personne. S'il ne contrôlait pas ce monstre, aller il ne savait trop où, entouré de gens pas au courant et/ou pas capables de se défendre ne sonnait pas comme la meilleure décision.

peut-être qu'il se mêlait de ce qui ne le regardait pas
peut être qu'il était trop tard pour ne pas s'impliquer, aussi

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