Le bonheur existe. Dans ce lointain passé.

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Mer 13 Juin 2018 - 22:55


Le bonheur existe.
Dans ce lointain passé.
Les yeux d'Elis se plissent alors qu'il essaye de comprendre cette avalanche de chiffres, de lettres et de symboles tous plus incompréhensibles les uns que les autres. Les maths, cette torture légale qui avait le don de faire fondre ses derniers neurones encore productifs. Et alors que son visage affichait une expression mi-terrorisé mi-confuse, il osa observé ses camarades, ceux qui prennent des notes, ceux aux visages sérieux et qui hochent la tête pour marquer leur compréhension. Il est vraiment trop stupide, sa sœur avait raison sur ce point ...

Il laisse alors sa tête heurter la table derrière laquelle il se noie, trop bruyamment pour que le prof ne le remarque pas. Evidemment.

Monsieur d'Ilgar Fon, vous feriez bien d'écouter et de prendre des notes, car encore une fois vous avez eu la pire note de votre classe.

Le professeur, qu'Elis appelle affectueusement "M.Moustache", n'arrivant absolument pas à se souvenir de son vrai nom, s'approche alors vers lui, déposant une copie où s’enchaîne ratures et lignes de calculs illisibles, mais surtout sur laquelle trône d'un rouge puissant un E- qui semble lui sourire avec sadisme.

Un rire général semble anima l'ensemble de ses camarades qui affichent des copies marqués de A et de B, tous plus souriant les uns que les autres, échangeant leur bonne réponse avec enthousiasme. Alors Elis cherche, un espoir, de l'aide, une personne qui comme lui aurait abandonné ne serait-ce que l'idée d'apprendre à écrire le mot "Matémathiques". -il n'a jamais su où allait se foutu h- Mais tout ce qu'il voit, c'est sa voisine qui s'éloigne, rejoignant sa meilleure amie pour recompter leur point et vérifié que ce A- n'est pas un A+.

Lui qui ne cesse d'être aduler lorsqu'il est là bas, dehors, sur ce terrain boueux. Lui dont les filles veulent absolument le numéro avant de crier hystérique qu'enfin elles ont osé lui demander, lui qui essaye pourtant de ne pas se laisser atteindre par cette fausse gloire d'être apprécié et envié parce qu'il sait courir avec un ballon, parce qu'il a un physique plus attirant que la moyenne, parce qu'il est un de ces gars chanceux qui arrive à devenir le roi de promo à chaque fête organisée par le lycée.  Tout ça n'a pas d'importance, aucune importance. Il frissonne déjà alors que la voix de ses parents résonne dans son esprit, sa mère, son père, en cœur, lui rappelant qu'elle déception il a toujours été.

Soupir.
Il retrouve son sourire.
Il continue de cherche du regard.
Quelqu'un.
N'importe qui.
Seulement pas un de ses "amis" qui aujourd'hui le jugent en silence parce que pour une fois ils sont meilleurs que lui.


C'est à cet instant que ses yeux dérivent sans vraiment y penser vers la table du fond, deux rangs derrière lui. Vers ce gars qui ne cherche pas à connaitre les notes de ces camarades afin de se comparer, vers ce gars qui se fiche totalement des étiquettes, des on-dits, vers ce gars exclu parce qu'il ne veut pas jouer à tout ça, ce jeu de celui qui sera le meilleur partie une fois le diplôme obtenu. Elis l'envie pour s'être fait embarqué là dedans sans vraiment s'en être rendu compte. Il avait seulement voulu jouer au foot, il avait seulement été doué, il était devenu capitaine en seconde, chose improbable selon le coach, mais il avait le physique pour, le talent et surtout ce mélange de hargne et de bienveillance qui en faisait un jour pariculièrement acharné et fairplay. Il était alors entré dans ce cercle, celui des hypocrites et des populaires, alors il soupire encore une fois, observant le A+ trônant sur la table de ce gars à qui il n'a surement jamais encore adressé la parole.

Hé ! Ryono ... Non ... Ryunonuke ... Hum ... Ça te va si je t'appelle Ryu ?

Elis se lève, s'imposant de toute sa stature bestial en face de ce gars qui n'avait rien demandé à part peut-être qu'on le laisse tranquille. Le quaterback attrape finalement la chaise face au japonais pour lui parler plus facilement, Il pointe alors du doigt la note de celui-ci avec un franc sourire, celui derrière lequel on ne peut voir que sincérité et bienveillance.

T'as l'air vachement balaise, plus encore que tous les autres ! Ça te dirait de m'aider à faire grimper mes notes ?

Les autres, ceux qu'ils considèrent comme des amis et pourtant ceux sur qui il ne peut compter. Jamais il ne pourrait leur demander de l'aide, son égo qu'il ignore pourtant si bien, ne peut se faire à cette idée. Pourtant, Elis sourit encore, toujours, de ce large sourire amical, sans aucun jugement, tel celui d'un gosse innocent et curieux. Il se gratte un instant le haut du crâne avec nervosité, le visage rougi par la gêne que lui impose le fait de devoir demander de l'aide.

L’entraîneur a dit que si je n'avais pas la moyenne dans toutes les matières, il ne me laisserait pas jouer.

Il baisse alors les yeux vers cette veste qu'il porte tous les jours, celle du quaterback, celle du capitaine de l'équipe et surtout celle qu'il risque de perdre.  Ce n'est pas tellement qu'il tient à sa place, seulement, il a besoin de jouer, terriblement besoin de ça pour oublier la pression, pour avoir l'impression d'être doué en quelque chose, pour obtenir quelques victoires, celle qu'il ne peut avoir en matémathiques.

Et franchement , sans moi, cette équipe ne passera même pas les qualifications.

Il se met alors à rire, glissant entre ses lèvres comme une douce mélodie alors que son regard n'a pas quitté celui de son camarade un seul instant.
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- elis
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Mer 13 Juin 2018 - 23:52






LE BONHEUR EXISTE, DANS CE LOINTAIN PASSÉ.


FT. RYUNOSUKE + ELIS {FLASHBACK}
Ryū regarde au loin, son regard posé sur ces formes colorées ; gesticulant ; bougeant sur le terrain de sport de son lycée. Ce qu’il ne donnerait pas pour être dehors, loin de ces regards et paroles murmurées. Il n’a jamais aimé rester enfermé dans ces salles de classes surchauffées — et le voilà à rempiler une nouvelle année. Ce n’est pas sa faute s’il se laisse distraire par le battement d’aile d’un papillon, si ses yeux papillonnent au loin, perdu dans ses pensées, sa tête remplie de rythmes et de pas à danser.

Un écouteur glissé dans une de ses oreilles percées, son pied tape doucement sur son bureau alors que sa copie lui parvient finalement. A+, comme ses parents le lui ont demandé. Après tout, les maths sont aisées, de simples chiffres qu’il faut savoir calculer ; additionner ; diviser ; fractionner. C’est bien plus simple que ces cours de littérature qui lui demandent d’extrapoler sur une simple phrase ; quelques mots imprimés que tout le monde tente de compliquer ; de trouver une nouvelle destinée, un sens, un but, alors que peut-être ce n’était qu’une envie subite d’un auteur décédé. C’est ce qui l’a fait pêcher l’année passée, les cours de littérature mais aussi de l’histoire d’un pays qu’il préfèrerait oublier. Les maths, la physique, la chimie, tout s’était bien passé — comment pour confirmer les stéréotypes des asiatiques surdoués. Sauf que tout ce qui est littéraire l’a juste emmerdé, sans oublier ses difficultés, encore à 18 ans à parler, discuter, écrire, argumenter dans cet anglais qu’il préfèrerait répugner.

Perdu dans ses pensées, une main posée contre sa bouche, ses yeux sombres perdu dans l’immensité de la nature à portée, il ne fait pas attention au bruit des chaises qui raclent sur le sol ; aux murmures qui commencent à s’élever ; aux rires qui résonnent contre les confins de cette salle de classe abimée. Il ne remarque pas qu’un élève l’approche, sa démarché décidée, un sourire peint sur ses lèvres ourlées. Ryū ne lève son regard lorsqu’il commence à massacrer son prénom, fronçant les sourcils d’un air agacé. Une remarque acerbe sur le bout de la langue, il attend de voir ce que l’américain lui veut. Un doigt pointé à sa copie lui apprend tout ce qu’il veut savoir et il est prêt à se détourner pour retourner à son observation et ses pensées. La voix du quaterback — comment ne pas remarquer cette veste si distinctive des jocks, des rois de l’école, de ceux qui décide qui est digne d’intérêt et qui peut finir sa vie dans la benne à l’entrée du lycée.

Ryū n’a jamais vraiment parlé avec l’un d’eux, il se contente de les observer de loin, ou bien d’ignorer leurs insultes et leurs moqueries. Il n’est pas leur cible privilégiée ; trop absent, mais lorsqu’ils se sont décidés, il a déjà fait le fruit de leurs regards mesquins et de leurs injures non-sollicitées. Ses cheveux semblent les faire marrer, parce que, après tout, vu leur longueur c’est forcément un PD. Et s’il les laisse pousser c’est pour mieux se faire se faire baiser. Alors il préfère les éviter, serrer les dents et la poignée de son sac de danse avant de partir libérer toute cette frustration au studio à côté.

Il l’observe un instant, s’arrêtant sur sa carrure, ses yeux bruns et son sourire mutin. Il sent le bout de ses oreilles rougir d’un coup, parce que franchement, comment ne pas résister à ces lèvres rosées. Cachant sa gêne — et sa légère humiliation, il répond doucement, sa main encore devant la bouche.
— « C’est pas comme si vous aviez une chance de gagner de toute façon.»
Ryū fini par enlever sa main et se gratte l’arrière de la nuque, réfléchissant un instant à la proposition de l’américain. Tant que ça ne prend pas le pas sur ses entraînements, il ne voit pas pourquoi il lui refuserait l’opportunité. Il n’a jamais été de ses bully, et il a l’air presque sincère, comme un golden retriever qui vient apporter une balle à ses pieds, plein d’espoir et d’envie de bien faire. Masquant un sourire amusé, Ryū fini par lui répondre.
— «Ça marche, en espérant que tu ne sois pas un cas désespéré. » dit-il, un léger rictus au coin des lèvres. « C’est quoi ton nom déjà ? Ann quelque choses non ? » demande-t’il, presque mesquin pour lui renvoyer la balle. « Quand est-ce que tu serais libre pour travailler ? Mardi, Mercredi, Vendredi et Samedi je suis occupé. » finit-il, plus sérieux.



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Ven 15 Juin 2018 - 0:49


Le bonheur existe.
Dans ce lointain passé.
Elis rit, son visage s'illuminant, absorbant chaque rayon de lumière dans ce sourire bien trop magnifique pour être vrai. Ce n'est que ça, la raison de sa popularité, il essaye la plupart du temps de ne pas y penser, après tout, être attirant n'a jamais été un défaut, mais cela ne lui apporte que peu de crédibilité, puisqu'il n'est que ça. Une belle gueule totalement vide. Il ignore ce sentiment, ignorant cette impression de vide alors qu'il est pourtant tant entouré et son sourire se teinte de provocation face à la remarque du japonais.

Tu dis ça seulement parce que tu ne m'as jamais vu 'jouer'.


Un lueur malicieuse fait alors briller ses yeux bruns alors que son sourire mutin semble défier Ryu de continuer à insinuer qu'il ne sait pas jouer. Elis flirte, parfois sans même s'en rendre compte, c'est comme une seconde nature, alors qu'il plonge son regard encore plus profondément dans celui de Ryu. Puis il rit de nouveau, retrouvant cet air bienveillant et amical qu'il portait jusque là. Et alors qu'Elis allait se présenter à son camarade, une pompom girl, sa voisine de classe s'approche de lui, attrapant son biceps entre ses deux mains pour qu'il reporte son regard sur elle.

Elissanne, tu viens avec nous ce soir ? Billy a dit que c'était à ton tour de payer les conso et puis tu es le seul avec une voiture de sport !

Le quaterback attrape alors sa nuque de sa main libre, affichant un sourire légèrement gêné alors que la jeune blonde se frotte à lui, comme si cela suffirait à lui interdire de prononcer non.

Euh ... C'est que je pensais réviser pour le prochain contrôle ...


Dire non n'étant pas dans ses habitudes, il ne trouve pas ça étrange ou abusé lorsque la pompom girl semble s'énerver face à son refus.

Allez ! Les deux autres sont fauchés, on a besoin de toi ! Tu peux pas dire que tu manques de frics hein ... Un rire manipulateur sort de cette bouche trop bien dessinée. Et puis si tu me fais assez boire, ça pourrait finir comme au nouvel an ...

Elis continue de sourire, d'un sourire qui se teinte de gêne parce qu'il sait qu'il est coincé, il ne peut pas dire non, il n'a jamais su.

On pourra en reparler plus tard ? ...

Une moue boudeuse sur le visage, elle pose son regard sur Ryu, plissant les yeux pour lui faire comprendre qu'elle n'apprécie pas qu'Elissanne préfère continuer de parler avec lui que de venir avec elle. Elle s'éloigne alors d'un pas assuré pour rejoindre la troupe de ceux que le sportif appelle habituellement ses amis. Il pousse alors un long soupir, il essayerait de réviser avant d'aller les chercher, ça semble être une bonne idée. La seule qui lui vient à l'esprit à ce moment là. Oh la proposition de la pompom girl était plutôt alléchante, il n'allait pas le nier, mais ses privilèges en tant que fils de riches allaient rapidement lui être retiré s'il venait à rater son année.

Désolé, elle peut s'avérer plutôt autoritaire parfois ...

C'est à cet instant qu'il l'entend alors qu'elle ne cherche même pas à se cacher.

Il est ok, c'est bon les gars.

Le cancre tente alors de faire comme si il n'avait rien entendu, cherchant de nouveau à plonger son regard dans celui de Ryu, non sans que sa lueur n'en soit obscurci.

On dit Lundi et Jeudi alors ... ?
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- elis
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Ven 15 Juin 2018 - 22:11






LE BONHEUR EXISTE, DANS CE LOINTAIN PASSÉ.


FT. RYUNOSUKE + ELIS {FLASHBACK}
Ryū se fige tel une biche, figée au milieu de la route, les quatre pattes écartées et le regard affolé. Il n’aurait jamais imaginé que cet idiot d’américain puisse insinuer autant de chose avec un simple verbe. ‘Jouer’, il sent déjà la pointe de ses oreilles rougir sous le métal qui les transperce de part en part. Il n’a que quelques anneaux disséminés, hélix et deux industriels traversant son cartilage déjà abimé. Sa sœur lui dit souvent, en rigolant, que bientôt il fera autant de bruit qu’un elfe du père Noël ou que leur chat Mistigri — bien que Ryū l’ait nommé Susanoo.

Avant qu’il ne puisse se reprendre et répondre — il ne sait pas quoi — à son camarade de classe, une belle blonde pulpeuse vient s’accrocher à son bras, pressant ses seins démesurés contre le biceps du sportif. Fronçant les sourcils, Ryū ne peut s’empêcher de claquer sa langue percée contre ses dents — agacé. Il n’est pas du genre à se mêler des affaires de la plus haute caste du lycée. Mais voir cette fille ainsi collée, les hanches cambrées et un sourire lascif au bout des lèvres lui donne envie de gerber. Il entend même la voix de Jyacintha se moquer au creux de ses pensées, lui disant d’arrêter d’être aussi gay. Le nez retroussé face à l’attitude de jeune fille, il répond mentalement que même s’il pouvait trouver ses courbes attirantes, le vide intersidéral se trouvant entre ses deux couettes serait assez pour le rebuter.

La réponse gênée d’Elis — il se souvient maintenant de son prénom, souvent répété par les profs, hurlé par les pom-pom girls lors des entraînements, et scandé lors des matchs. Il aurait pu être contrit de ne pas s’en souvenir, mais il ne passe pas vraiment assez de temps au lycée pour s’en soucier. Rien qu’à l’instant, il brûle de pouvoir retourner au studio et d’oublier cette stupide histoire, juste vider son esprit et ne plus se concentrer sur ses pensées.

Malheureusement la voix criarde de la jeune femme le sort de ses doux rêves éveillés. Le sourire qu’arbore le jeune homme est tellement différent de celui qu’il lui a offert il y a quelques instants. Rictus crispé, accompagné d’une main gênée et d’yeux à moitié fermés. Et voilà qu’il cède — faible — pense Ryū à la fois fatigué et dégoûté d’être embarquer dans cette histoire. La jeune fille le fusille du regard sans même se gêner, ce à quoi le japonais répond un haussement de sourcil désintéressé. Ce n’est pas comme s’il constituait le moindre danger aux plans de la demoiselle — après tout, il était déjà occupé aujourd’hui, étant vendredi et leur séance de révision serait certainement organisée lundi.

Pourtant, alors que Elis tente de s’expliquer contrit, Ryū entend cette voix criarde, reconnaissante entre mille, annoncer joyeusement la participation du pauvre gars qui avait l’air tellement désespéré à l’idée de réviser. Le japonaise plisse les yeux un instant, réfléchissant à peine avant de se lever, de faire le tour de son bureau, et s’enlacer son bras autour de la nuque de l’américain qui n’avait rien demandé.
— « おい、だまれ糞ブス*!» aboya-t’il pour attirer leur attention. La jeune femme lui répondit sans tarder. « Nah mais qu’est-ce qu’il nous veut le chintok ? »

* « Oi, ferme-là putain de laideron »
Ryū, pour une fois décida de laisser couler l’insulter. Après toutes ces années, ces attaques sur son physique et sa nationalité n’étaient plus que des piqures d’insectes, ennuyantes mais pas vraiment importantes. Il lui offre alors son plus beau sourire moqueur, ses paupières légèrement abaissées, envoyant un regard sensuel. Il approche son visage d’Elis, ne lâchant pas des yeux la pimbêche furieuse.
— « C’est dommage, Emilie, mais Elis et moi on a déjà un truc de prévu ce soir. Il ne sera donc pas disponible pour votre petit rassemblement.» dit-il, rictus mutin au bout des lèvres.
Il n’attend pas leurs réponses pour attraper son sac, sa copie et trainer ce pauvre Elis vers la sortie, agitant joyeusement sa main vers la demoiselle et ses amis pour leur dire au revoir. Une fois la porte de la salle de classe fermée, son sourire disparaît et déjà il s’éloigne de l’américain, laissant tomber son masque.
— « Le vendredi je m’entraîne seul, donc je peux reprogrammer cette séance plus tard, mais tu avais vraiment l’air peu motivé à les accompagner ce soir, désolé de m’être impliqué. » murmure-t’il, se rendant compte qu’Elis ne souhaitait peut-être pas qu’il l’emmène ainsi dans son délire.


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Lun 18 Juin 2018 - 19:42


Le bonheur existe.
Dans ce lointain passé.
Sa sœur se moque souvent de sa façon de se laisser marcher dessus, de ce contraste impressionnant avec ce qu'il est au quotidien et ce monstre de violence qu'il peut devenir sur un terrain de foot. Après tout, elle n'a pas le souvenir de l'avoir vu s'énerver, pas une seule fois. Mais c'est seulement parce qu'elle ne l'a jamais su, seul son père a été mis au courant ce jour-là et il avait refusé d'en parler, peut-être parce qu'il avait trop honte de son fils, incapable de se contrôler. Il était alors venu payer les témoins et victimes afin que personne n'en entende plus jamais parler et depuis ce jour, Elis tente par tous les moyens de ne pas se laisser submerger par cette colère, pour que cela n'arrive plus jamais et surtout parce qu'au fond il a peur de ce qu'il pourrait faire si jamais il venait à craquer une nouvelle fois.

Voilà pourquoi le foot est si important pour lui. Une manière de se défouler sans blesser personne, ou presque. Voilà pourquoi il ne dit rien lorsqu'Emilie se moque ouvertement de lui. Voilà pourquoi il se laisse faire sans un bruit. Ce qui ne semble pas être au goût de tout le monde.

Elis ne comprend pas tout de suite, il entend Ryu parler, il le sent s'approcher, glisser son bras autour de lui, changer totalement de comportement face à la pompom girl. Il ne dit pourtant rien, son regard fixant d'abord le japonais avant de glisser en direction de sa voisine de classe, il semble confus, tout comme lorsqu'il avait tenté de comprendre les équations à deux inconnues. Son cerveau surchauffe alors qu'il n'arrive pas à assembler toutes les pièces du puzzle, tout va bien trop vite pour lui et soudain il est sorti sans même qu'il ait compris comment.

Puis les liens se font, se tissent, les mots s'entrelacent et il comprend, les raisons de son propre mouvement lui reviennent en tête et il referme sa bouche qui jusque là était resté à demi ouverte lui donnant un air bien plus idiot qu'il ne l'est en réalité, ou presque. C'est alors qu'il se met un rire, un fou rire qui fait tourner la tête de tout ceux passant dans le couleur à ce moment là, comment le louper, ce rire presque contagieux alors qu'il frappe sa cuisse du plat de sa main pour essayer de se calmer. Mais comment pourrait-il avec l'expression horrifié d'Emilie tournant en boucle dans sa tête ? Il avait rêvé de l'envoyer dans les roses et finalement Ryu l'avait fait pour lui. Il claque alors sa main sur l'épaule de son sauveur en ravalant ses derniers tressautement de rire.


C'était génial ! Vraiment … Tu es génial ! Merci, vraiment.

Sa main toujours sur l'épaule de Ryu il resserre un peu sa prise comme il l'aurait fait avec n'importe lequel de ses camarades footballeurs, un geste amical, peut-être trop amical pour une personne avec qui il vient juste d'échanger sa première vraie discussion.


Je te revaudrais ça, c'est promis, quand tu veux, où tu veux, tout ce que tu veux, demande moi et j'exaucerais ton vœu.

Et de nouveau son sourire mutin apparait. Il ne peut s'en empêcher alors que ses yeux bruns et brillant encore de ce rire incontrôlé se plonge dans le regard bien plus sérieux de son homologues, cherchant peut-être à les allumer de la même lueur.
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Lun 27 Aoû 2018 - 22:10






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FT. RYUNOSUKE + ELIS {FLASHBACK}
Ryū se retrouve figé — décidément ça devient une habitude à laquelle il faut remédier.

La main du footballeur claque dans son dos, l’envoyant légèrement valser. Le japonais lui offre un regard médusé, ses yeux louchant sur les doigts qui s’agrippent à son épaule. Pâlissant d’horreur, ils remontent vers le visage souriant de l’américain, se demandant ce qu’il peut bien lui passer par la tête. Il avait, certes, initié le premier contact dans la salle de classe, mais ce n’était pas une invitation pour le tripoter de cette façon !

Parfois il se sent un peu trop japonais dans sa façon de penser. Son espace reste quelque chose de sacré, cette bulle personnelle que peu de monde peut percer — et uniquement s’il l’a décidé. Il frissonne légèrement et tente de se déloger sans trop se faire remarquer, après tout il n’a pas envie de se faire écraser par cet américain bien trop grand et souriant.

Un sourire crispé peint ses lèvres gercées lorsque, enfin, il réalise ce qu’Elis est en train d’insinuer. Rougissant furieusement, Ryū pose son regard sur le sol gêné, voir humilié. Il connait les rumeurs qui courent à son sujet au lycée, et il ne s’en ait jamais caché au final. Il sait l’image qu’il projette avec ses longs cheveux attachés en une queue de cheval rivalisant avec les plus coquettes des pom-pom girls. Il sait que malgré ses piercings et son jeans déchiré, les gens préfèrent le placer dans la case PD plutôt que dans celle des rebelles.  Il ne l’a jamais nié, mais il ne l’a jamais avoué. Il aurait préféré réussir l’année suivante et s’envoler de ce lycée, mais hélas il s’est raté et il en paie maintenant le prix. Maintenant, en plus d’être une tapette, il est le chintok qui a redoublé. Ce serait trop demander à ces babouins de faire la différence entre tous les asiatiques qui peuplent le monde entier.

Ryū prend sur lui et ravale sa gêne, regardant ses bottines cloutées.
— « Pas la peine de me rembourser. » dit-il finalement, ses yeux toujours fixés sur ses lacets à moitié fait. « Et puis, les autres vont pas mal te charrier pour ce que j’ai insinué. » souffle-t’il en grimaçant légèrement.
Il n’y avait pas pensé, mais cette altercation allait vite faire le tour du lycée. La réputation d’Elis allait en prendre un coup et tout ça pour une simple soirée que l’américain n’avait pas réussi à refuser. Il aurait peut-être mieux valut qu’il se la ferme sur le coup, mais il était trop tard pour regretter ses actes trop impulsifs, de toute façon il n’avait jamais réussi à se contrôler.

Il glisse une de ses mèches derrière son oreille et fini par relever ses yeux vers leurs homologues brillant avec amusement et félicité.
 — « On peut aller travailler au studio, j’ai les clés. Y’aura moins de monde et on sera tranquille pour travailler. » décide-t’il avant de continuer, hésitant. « Tu as bien pris tes affaires avec toi en sortant n’est-ce pas ? » demande-t’il, en regardant Elis afin de déceler son sac de cours. Ce serait idiot de devoir retourner dans cette classe remplie d’attardés.


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Jeu 30 Aoû 2018 - 8:29


Le bonheur existe.
Dans ce lointain passé.
Elis ne se rend compte de rien, ni de la gêne qu'il provoque, ni même du malaise qui peut toucher son camarade. Il a déjà du mal à comprendre ce qu'il ressent lui-même, alors ce que quelqu'un face à lui, impossible. Il ne sait pas décrypter les signes pourtant visible, le rougissement, la gestuelle qui indiquerait une gêne quelconque, comme lorsque le japonais baisse les yeux au sol. Il ne remarque pas tout ça ou alors il le voit sans vraiment donner de sens à ces choses, les ignorant en se disant que tout le monde finit par bouger à un moment ou un autre sans qu'il ait une raison à cela. Parce que lui au fond il se fiche bien de ce que peuvent penser ses idiots de lui, après tout, certaine fois il l'encourage avec ferveur, parfois il le traite avec tant de mépris qu'il se demande si se sont bien les mêmes personnes. Il n'a jamais eu comme habitude de juger les autres, parce qu'il est si facile de se tromper alors les jugements ne le touche que peu.

Oh tu sais, dans une semaine il y a un match, ils auront vite oublier et puis ça me dérange pas, ils peuvent bien s'imaginer ce qu'ils veulent, tu es le seul à m'avoir soutenu.

C'était rare, peut-être même que ce n'était encore jamais arrivé. Alors Elis sourit de nouveau à ce gars à qui il n'avait jamais parlé jusque là en se disant qu'il aurait surement du le faire plus tôt. Si c'est à ça que ça ressemble lorsque quelqu'un se soucie un temps soit peu de lui, il doit malheureusement s'avouer à lui-même qu'il est clair que ses amis, n'en sont pas vraiment.

En plus, j'ai déjà vu il est courant que les joueurs fassent des choses bien plus sensuelles dans les douches après un bon match. J'ai de quoi me défendre si jamais ils viennent de nouveau t'ennuyer.

Se défendre lui-même ? Ca ne lui vient même pas à l'esprit. Il est vrai que parfois, certaines remarques le mettent hors de lui, mais sa réparti disparait et il se contente de bouillonner, ses poings se serrant et ses muscles tressautant lorsqu'il se retient de les frapper pour les faire taire. Idiot d'impulsif. Les mots de son père pour décrire son comportement et au fond il n'a pas tort. Et encore une fois il le prouve lorsque ses deux yeux s'ouvrent comme deux soucoupes. Son sac. Il n'avait même pas réfléchi à celui-ci.

Euh … Non … Mais ne t'inquiète pas, j'ai beau être un idiot, j'ai une chose contre quoi ils ne peuvent luter.

Elis retire alors sa veste de football, découvrant son tee-shirt blanc à l'effigie d'une équipe connue de footballeurs tentant bien malgré lui de ne pas craquer sous les bras travaillés du lycéen. On pouvait à présent presque voir chaque ligne tracés par ses muscles, son torse cherchant à s'extraire de ce vêtement qui semblait bien trop serré. Il tend alors sa veste à Ryu avec un petit clin d'œil.

Je suis bien plus impressionnant qu'eux.

Il ouvre alors de nouveau la porte de la salle, faisant un large sourire à Emilie qui affichait alors un air boudeur. Ignorant sa colère il range ses affaires et récupère son sac à dos et juste avant de quitter la salle, il leur fait un signe de la main, son sourire tournant en un rictus provocateur.

À demain les gars ! Amusez vous bien ce soir, parce que moi je compte bien le faire.

Nouveau clin d'œil et il quitte la salle. Avant ça il n'aurait eu le courage de se défendre de la sorte, mais le sauvetage de Ryu et l'amusement qu'il en avait tiré l'avait poussé à se montrer moins gentil. Après tout, il ne méritait pas ça et ces idiots se montraient bien trop arrogant pour des gens qui ne font que profiter de lui. Rejoignant Ryu, son visage affiche une fierté qu'il n'a que peu porté dans sa courte vie. Il se permet alors d'attraper son nouveau prof personnel du bras, celui-ci glissant sans hésitation sur les épaules du japonais comme un geste anodin. Après tout, pour lui, il l'est.

Je te suis.

Nouveau sourire alors que leur visage semble si prêt l'un de l'autre. Proximité qui ne dérange pas le moins du monde le quaterback, parce que contrairement à son camarade, c'est un idiot.
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