He’ll say Hallelujah, you’re home ft. Camel [1.0]

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Dim 5 Mar 2017 - 20:42
he’ll say hallelujah, you’re homeCAMELLe brun se laissa tomber sur la première chaise venue, se débarrassant de son sac par la même occasion. C'était devenu une étrange habitude, de se ramener chez Camel sans prévenir, sans même savoir s'il serait présent.  Mais étant donné que ce dernier le lui rendait bien, Yong-sun ne s'inquiétait pas trop de la potentielle impolitesse de la chose. Bien sûr, Kyong n'approuvait pas. Mais Kyong ne pouvait pas l'empêcher d'entrer. Ignorant son air déconfit, il sortit une dizaine de feuilles carrées de son sac pour les poser sur la table, se demandant par quelle couleur il devrait commencer. Son anima vint se poser sur le haut de son crâne, rappelant qu'il devrait continuer sa série d'exercices au lieu de glandouiller, mais il n'était pas d'humeur.

Ou plutôt il ne l'était plus.

Disons que ses tentatives pour avancer les exercices en rentrant des cours ayant été trop laborieuses à son goût -s'il n'oubliait pas de convertir l'unité à chaque fois, aussi-, le brun avait préféré passer chez Camel. Il s'y remettrait plus tard. Genre en rentrant. Ou carrément le lendemain si ça ne fonctionnait vraiment pas. Enfin, c'était à supposer qu'il soit en mesure d'arrêter au lieu de s'obstiner dessus comme il l'avait déjà fait plus d'un soir. Parfois les avertissements de son anima l'arrêtaient mais parfois.. il ne prenait pas la peine d'écouter.

" Il faut ramener le coin vers le centre. "
" ..Je m'en rappelais. " il ne s'en rappelait pas

Il n'avait essayé cet origami que trois ou quatre fois et les étapes ne lu revenaient pas aussi vite que d'habitude. Faut dire, un samurai, ça restait un peu plus complexe qu'un papillon. Le brun ramena donc le coin vers l'intérieur, marquant la pliure en faisant courir son ongle sur le papier pour s'assurer de faire les choses correctement. Peut-être qu'il aurait été plus simple de prendre une plus grande feuille, mais le papier rouge correspondait trop bien pour en choisir un autre. Et puis il avait une plus petite feuille de même couleur pour faire son katana. Quelle esthétique, il se surprenait tout seul.

A vrai dire, Yong-sun n'avait jamais essayé de faire manier un objet à l'un de ses origamis. Il ne savait pas trop si sa mutation lui permettait de donner la moindre 'force' à ses créations, en quelques sortes. Il essaierait après avoir fait quelques grues histoire de se mette dans le bain, un truc comme ça.

Il manqua de sursauter en entendant la porte s'ouvrir.

Tournant la tête en direction du bruit, il ordonna silencieusement à l'une des trois grues de s'y diriger également. Ca arrivait qu'il fasse ça à Ryû, quand il n'était pas de trop méchante humeur. Essayer de faire atterrir l'oiseau sur sa tête, plus ou moins pour le fun. Dans les bons jours ça fonctionnait.

Mais il n'était pas dans un bon jour, apparemment.

" Pff, fragile. Ca doit faire une heure.., marmonna-t-il en voyant la grue tomber, J'ai fait un samurai grave cool cela dit, tu veux voir ?" demanda-t-il en reportant son attention sur Camel

En réalité il ne savait pas trop si ça faisait une heure qu'il avait animé cette grue, mais son pouvoir avait tendance à lui échapper plus facilement, avec cette phase de lune. Ca ne le surprenait pas vraiment. Il mit son samurai sur pieds sans tenter de l'animer, tenant son arme dans l'autre main et adressant un sourire vaguement gamin à son interlocuteur. Etrange comme il n'avait pas trop peur de se conduire comme un gosse avec Camel. Sans doute était-ce arrivé trop souvent pour qu'il sen inquiète.

" J'en avais marre de la physique, du coup je suis passé., indiqua le brun en se laissant retomber contre le dossier de la chaise, Kyong dit que tu vas finir par me mettre à la porte, je dois m'inquiéter ? "  ajouta-t-il en haussant un sourcil, même pas à moitié sérieux

Parce que Kyong lui disait effectivement qu'il n'avait pas de manières, mais ce n'est pas comme s'il avait besoin de manières. Enfin il n'en avait pas l'impression.


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Dim 5 Mar 2017 - 21:01
ft. yong-sun

Les yeux rivés face au noir devant toi. Il fait nuit. Il fait froid. Il fait noir. Tu n’es pas serein, Camel, n’est-ce pas ? Comment l’être. Tu as toujours eu une peur bleue du noir. Alors tu t’empresses d’avancer et de te glisser dans les endroits difficilement éclairés par la lumière. Un peu de lumière. C’est tout ce que tu recherches. C’est tout ce que tu as toujours recherché.
Un peu de lumière.
Un peu de lumière, là, au bout du chemin. Alors tu avances vite. Tes chaussures claquent sur le sol, sur les pavés de la ruelle. Les rayons de la lune pèsent, encore, sur le monde détruit. Elle est là, à tous vous accueillir, dans un sourire sanglant. Dans un rouge de haine, d’amour, de passion, de destruction.
Elle est là. Elle baigne les rues dans une teinte de peur. Elle teinte les rues dans une teinte de mort. Et tu avances, toujours plus vite. Tu as peur, Camel. Tu respires presque la peur. Tu n’as jamais, oh non, jamais aimé la nuit.
Avance.
Encore.
Plus vite.
Ne te perds pas. Est-ce la bonne rue ? Tu ne sais pas.

Tu n’aurais peut-être pas dû accepter ce travail, qui te fait rentrer aussi tard. Mais est-ce que tu en as réellement le choix ? Tu connais la réponse tout aussi bien que je la connais. Non. Tu n’as le choix de rien. Tu n’as jamais plus eu le choix. Enfin, si, peut-être un, celui de garder ton corps pour la personne que tu es, et de ne jamais le partager. Ce doit être un des seuls choix qui t’ont été offerts. Et, tu repenses parfois, à ces connaissances inexploitées qui resteront là, au fond de ta mémoire, ce qu’il te reste de ta mémoire, en tous cas.

Froid.
Bruit.
Claquements de tes pieds sont le bitume abîmé.
Tu crois voir des gens passer devant toi, pas loin. Tu n’y prêtes pas attention, tu as appris à ne pas y prêter attention. Tu n’as rien pour te défendre. Ton beau sourire ? Inutile. Tes pouvoirs ? Lesquels ? Rien. Alors tu as appris à baisser la tête et à avancer. Tu n’aimes pas les problèmes. Qui les aime ? Mais tu sais qu’un jour ça arrivera, Camel. Mais tu attends. Tu attends que les choses se passent. Que les événements se trament. Que le monde se déclenche et que tout se remettre en marche. Car ça fait un long moment que plus rien ne marchait. Pas même toi.
Les choses vont repartir. De plus belle. Et tu y assisteras.
Tu l’espères.

Soulagement.
Elle est là. Devant toi. La porte de ton immeuble. Tu ouvres doucement, et monte rapidement les marches. L’ascenseur ne marchera sans doute plus jamais. Peu importe. Tu grimpes les escaliers à une vitesse folle. Les ténèbres semblent te poursuivre, et tu ne les aimes pas plus qu’il y a cinq minutes.
La porte, elle est devant toi, enfin. Tu y glisses ta clef, mais réalises bien vite que la porte est ouverte. Ta porte n’est jamais, jamais. Non. Jamais, ouverte.
Alors, tout doucement, tu tournes la poignée et, délicatement, tu ouvres la porte. Trois origamis en forme de grue se précipitent vers toi, et s’écroulent lamentablement au sol. Inertes.

Soupir.
La pression redescend. Tu aurais dû le savoir. Savoir que c’était lui. Ce n’est pas la première fois, pas la dernière, non.
Tu fixes le jeune homme devant toi, un origami en forme de samouraï posé sur la table.
Exaspérant, cet enfant, parfois.

Vas-y, montre, temps de pause, la prochaine fois, pense à fermer la porte, tu dis, calmement en posant ton sac sur la table.

T’asseyant sur une chaise, tu prends l’origami dans tes mains et le fixes, attentif. Tu es toujours étonné de sa capacité à faire de simples feuilles de papier, un être animé, avec une personnalité. Intéressant.

C’est nouveau ? Et arrête de croire ce que Kyong te dit.

Ersal sort de ton pull et fait un petit tour dans la pièce avant de venir se poser près de la fenêtre. Tu n’as jamais réellement su si elle appréciait Kyong, non. Ersal a un débit de paroles trop important pour que tu ne retiennes ne serait-ce qu’un seul élément. Sans doute te l’a-t-elle déjà dit. Peu importe.





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Sam 25 Mar 2017 - 15:07
he’ll say hallelujah, you’re homeCAMELIl hocha la tête avec une grimace quand Camel lui parla de fermer la porte, oubliant de s'excuser comme il le faisait souvent. Kyong le fit à sa place de toutes manières, sans doute un peu coupable à l'idée de ne pas le lui avoir rappelé. Comme s'il ne pouvait pas y penser tout seul. Enfin cette fois il ne l'avait pas fait, effectivement, mais bon..

Un rare sourire fit son apparition lorsque Camel souleva le samurai pour l'examiner. Honnêtement c'était plus réussi que ce à quoi il s'était attendu. Surtout avec le peu de pratique. Bon, certains coins n'étaient pas exactement pointus et il savait avoir foiré quelques plis, mais rien qui menace l'aspect général de la chose.

Il rit tandis que son anima hérissait ses plumes, exagérant son agacement suite au commentaire de son interlocuteur. C'est avec un bruit faussement outré qu'elle alla se poser plus loin, les laissant à leur conversation. Yong-sun lui jeta un bref regard moqueur avant d'en revenir à son ami.

" Je crois que j'ai échappé à un sermon. " fit-t-il en jouant avec son épée de papier du bout des doigts

Elle était plus longue que les bras de son guerrier en papier, et lorsque sa tentative d'animation se solda d'un échec, il en conclut que la lune lui en voulait. Elle en voulait à tout le monde, de toutes façons, ses rayons écarlate donnant un air franchement glauque à la ville de nuit. Comme pour leur rappeler à quel point ils étaient tous plutôt dans la merde, si les Beasts récupéraient des mutations similaires aux leurs un de ces quatre.

" J'avoue, ça a rien de nouveau, c'est juste.. , il se retint de jurer en coréen; pour une fois, huh. Je sais pas, toujours les mêmes erreurs de calcul, ça devient frustrant. Ca me donne envie de squatter chez toi, c'est dire. " ajouta-t-il avec un sourire en coin

A vrai dire, il n'avait pas besoin de ça pour vouloir squatter chez Camel, mais c'était un détail. Le jeune homme n'avait que deux modes de fonctionnement en définitive: ou il s'obstinait inutilement ou il échappait simplement au problème. Aujourd'hui, il avait pris la seconde option.

" Et puis c'est pas comme si les profs allaient répéter.., gronda-t-il en levant les yeux au ciel, Enfin, t'as pas ce problème, tu bosses déjà. T'as fait quelles études, d'ailleurs ? "  demanda le brun curieusement

Il ne se rappelait pas lui avoir demandé un jour, peut-être que ça ne lui était simplement jamais venu à l'esprit. Peut-être qu'il n'avait simplement pas fait d'études supérieures, aussi, ça coûtait plutôt cher.


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Dim 26 Mar 2017 - 22:27
ft. yong-sun

Des études. Ces connaissances, que l’on accumule, encore, et encore. Parfois juste de la théorie, parfois de la pratique. Parfois des langues, parfois des cultures. On en apprend chaque jour, un peu plus, sur l’être humain, sur les sciences, sur tout. Tu aurais aimé continuer tes études. Tu sais. Tu te souviens très clairement de ce que tu faisais, avant la Lune Rouge, avant qu’elle te prenne tout. Tu te souviens, tu voulais devenir psychologue, ou quelque chose qui ressemblait à ça. Tu voulais étudier le comportement humain, tu voulais comprendre et aider les gens. Tu voulais. Tu voulais.
Ce ne sont que des désirs volés, par la Lune. Ecrasés, par la Société. Tués, par ton Désespoir.
Evidemment, que tu aurais aimé.
Evidemment, que tes travaux, par-ci, par-là, ne t’intéressent pas plus que ça. Tu n’y fais rien. Tu rencontres seulement, chaque jour, des gens. Tu découvres une autre société, où le plus fort règne. Et tu aimerais parfois y échapper. Mais il y là cette marque, ce tatouage, apposé sur ta nuque, qui te rappelle chaque jour que tu n’es plus rien, si même un jour tu avais été quelque chose.
Il y a là, cette marque qui t’a retiré toute impression d’humanité, qui t’a fait te sentir comme du bétail, un vulgaire animal que l’on condamne à l’abattoir. Vous tous, les Philias.
De vulgaires animaux, condamnés à la mort, par un tatouage rose. Une couleur qui aurait pu être si douce, si elle n’avait pas été si sanglante.

J’ai fait quatre ans de psychologie.

Goût amer, qui traîne sur le bout de tes lèvres. Une petite pointe de jalousie perce, dans tes yeux. Légère. Tu aurais aimé que les choses se déroulent autrement. Parfois tu songes, à ce que tu aurais été, si tu avais eu un pouvoir, comme beaucoup. Tu songes, tu serais peut-être devenu un agapè, dans un désir de protéger les autres. Tu aurais peut-être oublié, ou jamais trouvé, les principes que tu as actuellement. Tu n’aurais peut-être pas été Camel. Du moins, pas le même que tu es ou que tu as sans doute été.
Tes poings se serrent. Un soupir s’échappe de tes lèvres, et peut-être même que les larmes te montent aux yeux. Ta gorge se serre, alors que tu songes à ces rêves bafoués, piétinés, abandonnés, parce que tu n’es rien de plus qu’une simple bête perdue au milieu de bêtes et de gens stupides.

Et tu penses à l’image que tu dois renvoyer. Tu ravales doucement ta rancœur, et tu tentes un sourire, avant de te lever et d’aller fouiller dans les placards, tout en demandant au jeune homme s’il veut quelque chose à grignoter.

Tu n'as plus rien, à vrai dire, Camel. Tu as perdu. Tu as perdu une vie qui devait sans doute être meilleure. Des souvenirs, des rêves, de la famille, peut-être ? Tu as perdu ce statut d'humain. Ou peut-être qu'au fond, tu l'as gagné, puisque tu n'es plus qu'un simple humain perdu dans un monde brusque et bercé dans un chaos qui semble être à peu près contrôlé par un homme, là-haut. Un petit rire s'échappe de tes lèvres, à ces pensées amères et pleines de réflexions qui ont déjà été faites et refaites, tournées dans tous les sens. Des réflexions vues depuis ton esprit, Camel. Un esprit fractionné, brisé, en pièces, que tu as dû et que tu dois encore reconstituer, pour espérer un jour te reconstruire toi-même, de façon entière.

Je ne sais pas si ces années serviront un jour, mais on verra bien, tu sais.

C’est en réalité déjà tout vu, Camel.
Rancœur.





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Sam 8 Avr 2017 - 23:02
he’ll say hallelujah, you’re homeCAMEL4 années de psychologie.

Yong-sun pencha la tête avec un sourire vaguement encourageant, attendant curieusement qu'il développe. Ce n'était pas exactement un domaine qu'il connaissait. Ou qui l'avait intéressé, pour commencer. Ou alors de loin, de très loin. Parce que les autres, leur tête, leurs pensées, on ne peut pas dire que ça soit un truc qu'il aie un jour très bien appréhendé. On ne peut pas dire qu'il aie un jour été très poussé dans leur direction, en tout cas pas sur ce plan-là. Plutôt du genre à rester dans son coin, à se fermer pour ne pas avoir mal, à bien se garder de compliquer les choses en réfléchissant à eux en plus de lui parce que le brun avait toujours eu horreur de réfléchir inutilement.

Si ça n'avait pas de retentissements directs, ça ne valait pas la peine qu'il s'y penche.

Mais il était capable de respecter les gens que ça intéressait. Qui étaient capables de s'y intéresser et d'y comprendre quelque-chose. Qui avaient la vocation d'aider les autres au lieu de les fuir et être sur la défensive en permanence. Parce qu'il avait beau n'envoyer bouler personne quand on lui demandait assistance, le coréen faisait bien rarement le premier pas.

Oh, et avec son honnêteté brutale, il n'était clairement pas doué quand on sortait d'une aide 'matérielle'.
Il avait souvent l'impression de faire plus de mal qu'autre-chose.

C'est sans doute pour cela qu'il préféra ne pas faire de commentaire quand son interlocuteur sembla avoir autre-chose à rajouter. Quand ses poings se serrèrent, un soupir qui sonnait comme du regret lui échappant. 4 ans, était-ce assez pour exercer ? Peu importe la réponse, une question persistait dans l'esprit du brun: pourquoi son boulot n'avait-il rien à voir avec ça ? C'était tout de même dommage d'avoir suivi cette formation s'il ne la poursuivait pas. Ou s'il ne poursuivait pas quelque-chose dans le même domaine, du moins, le cursus ayant sans doute été supprimé suite à la Lune Rouge.

L'étudiant s'apprêtait à poser la question lorsqu'il se dirigea vers la cuisine en demandant s'il voulait manger quelque-chose. Quelque-chose lui disait de ne pas lui imposer sa présence (sans doute Kyong, en fait) mais il était vaguement curieux. Du coup il déclina la proposition mais lança que s'il avait du thé, ça irait tout aussi bien.

" Sans doute, avec la Lune Rouge y'a sans doute pas mal de gens qui ont besoin d'un ..psychologue, je suppose que ça s'appelle comme ça ? " répondit-il en haussant les épaules

Psychologue, il ne savait pas trop si c'était ce que voulait faire Camel. Il ne savait pas exactement ce qu'on pouvait faire avec des études de psychologie, ni même s'il avait utilisé le bon mot. Sa compréhension de l'anglais restait assez approximative dans certains domaines, mais les mots lui avait assez ressemblants pour avoir un lien.

" Mon cursus aussi a été supprimé avec la Lune Rouge mais j'ai choisi autre-chose d'assez proche, commenta-t-il , mais toi tu..n'as rien trouvé d'intéressant ? Ou tu préférais juste bosser ? " interrogea-t-il, un peu incertain

Lui aimerait bien déjà bosser, pour tout dire. Déjà se rendre utile plutôt que d'accumuler de la théorie. Ou déjà pouvoir rejoindre la Garde Royale, pour avoir une action concrète. Mais il savait qu'il ne ferait pas ça sans venir à bout de ces études. Sans avoir assez de connaissances. Alors il s'appliquait à ne pas rater trop de cours.

Ca paierait, un jour.

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Dim 9 Avr 2017 - 22:51
ft. yong-sun

L’eau, qui chauffe lentement, et ton regard qui se perd, fixé sur l’eau qui laisse apparaître de temps en temps de minuscules bulles d’air. Et tu es là, le regard vide, à te demander, à tout te demander. Ce sourire amer, toujours présent sur tes lèvres qui rêvent de folie. Ces yeux qui se plissent, parfois, dans un silence qui se veut pesant. Tu commences à te demander, pourquoi tu es là, aussi bas. Tu devrais peut-être songer à la haïr, cette Lune. Elle t’a tout pris, à vrai dire. Même ce que tu aimais faire, ton métier. Elle t’a pris jusqu’à ton envie d’aider les autres, de les comprendre. Elle t’a tout pris, et t’a laissé, là, pantelant, le regard absent et la tête vide de tout. Elle t’a laissé, là, à la recherche de la compréhension non plus des autres, mais bien de la tienne. Elle t’a laissé, là, condamné à te sauver seul, à vivre, à survivre sans doute.

Et, il te ferait presque rire, avec cette naïveté presque encore enfantine. Tu pourrais en rire ; oui, sans doute, il y a des gens qui doivent en avoir besoin, de psychologue. Des gens qui ont besoin de se confier, des gens qui ont besoin de laisser passer les traumatismes, d’évacuer, de partager. Des gens qui ont besoin de nombreuses choses, que, un psychologue pourrait leur apporter. Que tu aurais pu apporter. Mais Camel, il y a ça. Il y a cette marque, pesante, rose, qui orne ta nuque, qui sourit à tous ceux qui passent et te laisse cette impression d’être un marginal. Tu n’es rien Camel, rien de rien. Tu crois encore être un simple humain, qui n’est rien de rien, un humain qui est tombé au mauvais endroit, au mauvais moment. Une personne sans mutation, avec une apparence physique encore normale. Tu n’as sans doute ta place nulle part. Pas chez les Philias ; ni nulle part ailleurs. Tu ne sais même pas encore pourquoi tu te plies à cette société. Tu n’en sais rien Camel.
Tu n’en sauras jamais rien.
Tu aimerais que les choses bougent, que chacun puisse vivre avec le sourire aux lèvres. Tu aimerais cette égalité pour laquelle beaucoup se battaient avant. Mais tu es un rêveur. Tu rêves de ces choses bien longtemps oubliées, reléguées au rang du passé.

Alors, peut-être qu’il serait mieux qu’il sache, car, il a l’air encore ignorant. Ignorant de ces choses qui se passent sous ses yeux ; car c’est toujours ainsi. On vit, dans le bonheur, on évite les problèmes, et on n’est pas confronté à ce qu’il se passe, là, sous nos yeux. On n’est pas confronté à toutes ces choses qui défilent et ne s’arrêtent pas, car personne n’y fait rien.

Je n’ai pas eu le choix. J’ai dû travailler, Yong’. Tu sais, quand on est un philia, on n’a pas le droit à tout ça, aux études, on n’a plus le droit à grand-chose. Pause ; tu te retournes pour le regarder droit dans les yeux. On n’a plus le droit de vivre, on n’a plus le droit de se balader librement dans la ville.  On est un peu comme du bétail.

Tes mots sont crus, Camel, et sans doute que tu risques de le heurter. Mais ta voix semble légèrement cassée, comme s’il y avait ce sentiment de colère. Contre tout, contre tout cela, tout ce qui t’entoure.

Le silence est jeté sur la pièce. Ersal ne fait plus un bruit, toi non plus. Il n’y a presque plus aucun son. Et tu n’ajoutes rien, Camel. Tu n’ajoutes rien, même si tu aimerais. Il n’y a, tu crois, plus rien à dire. Tu n’y crois pas, tu ne crois pas changer les choses ; tu pourrais peut-être lui parler de tout ça, de toutes les injustices de cette société, mais ce serait complète vanité.
Et, derrière toi, l’eau s’agite, à l’image de ton état intérieur.




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